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Entreprendre CCI du Lot n°181
Mécénat : les entreprises à l’affiche
Pour 100 € investis dans une association, l’entreprise mécène peut déduire 60 € de ses impôts et ne dépense donc finalement que 40 €. C’est la principale conclusion de ce mode d’emploi du mécénat. Ce focus cite également plusieurs exemples de partenariats et l’avis d’associations et d’entreprises sur le sujet.

Comme le montre cette enquête, la vocation du mécénat n’est pas d’être une forme directe de publicité (voir notamment l’article en page 8). Le plus souvent, le mécénat prend la forme d’un partenariat qui engage les deux parties pour plusieurs années.

Cette forme de partenariat ne permet pas à l’entreprise d’être entièrement remboursée de ses investissements, mais elle lui permet de récupérer 60 % de ses dépenses vers des associations, ce qui est considérable. Il faut rappeler que les entreprises françaises bénéficient depuis la Loi Aillagon (2003) d’un régime particulièrement favorable, puisque les avantages fiscaux ont été quasiment doublés par rapport à ce qui était proposé auparavant. Pour avoir une vue d’ensemble du mécénat d’entreprise, cet article propose cinq points essentiels sur ce sujet.

1. LE MÉCÈNE N’EST PAS UN SPONSOR

Le dispositif fiscal du mécénat est avantageux. Il faudrait donc s’en tenir à une définition stricte du mécénat mais elle n’existe pas en France. Le seul texte légal connu est paru au Journal Officiel voici plus de 15 ans et indique qu’il s’agit d’un « soutien matériel apporté sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une oeuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général, s’étendant aux champs de la culture, de la solidarité et de l’environnement ».

2,5 milliards d’euros investis dans le mécénat par 23 % des entreprises de plus de 20 salariés

En France, l’Etat souhaite tout d’abord distinguer le “mécénat” et le “parrainage” (ou sponsoring). Concrètement, le mécène ne recherche pas de contrepartie à son don (même si son nom peut être cité), tandis qu’un “parrain” cherche à faire la publicité directe de son activité (présence sur les maillots des joueurs pour une association sportive locale, par exemple). Par contre, si le nom de l’entreprise apparaît plus discrètement (sur un des panneaux du stade ou sur une affiche), le dispositif fiscal du mécénat est applicable. Un autre texte indique : « Le bénéfice du dispositif en faveur du mécénat ne sera remis en cause que s’il n’existe pas une disproportion marquée entre les sommes données et la valorisation de la “prestation” rendue par l’organisme bénéficiaire des dons » (instruction fiscale publiée au BOI 4 C-5-04 n° 51). Autrement dit, il ne peut être question de mécénat si le don n’est pas très largement supérieur aux recettes (il faut faire attention, notamment, aux espaces publicitaires dont bénéficie le mécène, car s’ils sont trop nombreux ou importants, cela devient du parrainage !).La limite entre les deux notions étant une question de contexte, il est important que l’entreprise se renseigne au préalable.

2. LE POIDS DU MÉCÉNAT EN FRANCE

Du fait du quasi doublement des avantages fiscaux liés au mécénat en 2003 (loi n° 2003-709), ce type de partenariat a fortement progressé jusqu’à la crise financière de 2008. A cette date, un sondage indiquait que 23 % des entreprises de plus de 20 salariés en France pratiquaient le mécénat et avaient investi 2,5 milliards d’euros (ADMICAL-CSA).

Il faut également noter que la loi n’impose aucun montant minimal en ce qui concerne le chiffre d’affaires ou les dons, notamment afin que les PME s’impliquent davantage. De même, le régime fiscal autorise désormais l’association à citer le nom ou à faire apparaître le logo de l’entreprise mécène sur ses supports de communication.

De plus, le mécénat n’est pas uniquement fondé sur une aide financière. On parle ainsi de mécénat en nature pour le don d’un bien immobilisé (véhicule, mobilier, matériel, etc.), pour la fourniture de marchandises en stock (équipements sportifs, téléviseur, ordinateur…), pour l’exécution de prestations de services (réparation, entretien, imprimerie, etc.) ou encore pour la mise à disposition de compétences (communication, comptabilité, gestion, expertise juridique, etc.), de techniques ou de savoir-faire.


Le dossier Mécénat de 24 pages, publié par l’Etat et téléchargeable sur Internet, contient nombre d’informations très utiles, différents exemples, ainsi que les formulaires nécessaires à la démarche.

Pour donner des exemples de ces mécénats en nature, on peut citer le cas d’une agence de communication qui réalise la maquette du journal de l’association, d’un imprimeur qui reproduit ce journal en mille exemplaires, d’une entreprise de transport qui fournit un véhicule pour transporter le matériel de la fête, d’un boulanger qui offre cent croissants pour une conférence-débat, d’un supermarché qui autorise son comptable salarié à se rendre, une demijournée par semaine, dans les locaux de l’association pour gérer ses affaires financières*.

(*) Dans cette situation de prêt de maind’oeuvre, l’entreprise reste l’employeur au plan juridique et social.

3. LE DISPOSITIF FISCAL DU MÉCÉNAT

Le mécénat permet d’obtenir une réduction d’impôt égale à 60 % des sommes versées, mais il y a une condition : la somme versée ne doit pas être supérieure à 0,5 % du chiffre d’affaires. Par exemple, une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de 500 k€ ne peut pas faire un don supérieur à 2 500 €. Autre exemple, une entreprise réalisant 2 M€ de chiffre d’affaires et devant acquitter 30 000 € d’impôt sur les bénéfices peut effectuer un don jusqu’à 10 000 €, ce qui réduira son impôt de 6 000 € (60 % de 10 000 €). Elle n’acquittera donc plus que 24 000 € d’impôt sur les bénéfices (30 000 – 6 000) et le “coût réel” de son don ne sera donc que de 4 000 € (10 000 – 6 000). La réduction d’impôt s’impute aussi bien sur l’Impôt sur le Revenu que sur l’Impôt sur les Sociétés (IS).

Pour être assuré de bénéficier du régime fiscal du mécénat, le mécène doit demander à l’association un “rescrit fiscal”, que l’Etat présente de la manière suivante dans son manuel dédié : le rescrit fiscal est codifié à l’article L 80 C du Livre des procédures fiscales. Cette procédure de consultation préalable prévoit que l’association peut demander aux Services Fiscaux confirmation de sa capacité à délivrer un reçu fiscal (l’instruction du BOI 13 L-5-04 précise les modalités d’utilisation de cette procédure, destinée à sécuriser juridiquement l’opération et les partenaires). La demande doit être adressée à la Direction Départementale des Services Fiscaux.

4. LA NÉCESSITÉ D’UNE CONVENTION DE PARTENARIAT

La signature d’une convention n’est pas exigée dans le cadre du mécénat, mais elle fortement conseillée par les services de l’Etat. L’intérêt d’une convention est notamment de rassurer les deux parties sur la durée et la portée de leur engagement. Elle se révèle notamment utile pour prévenir d’éventuels litiges liés à des prêts de matériels ou de salles, vis-à-vis des assurances.

5. COMMENT BÉNÉFICIER DES AVANTAGES FISCAUX DU MÉCÉNAT ?

Pour les dons en nature (matériel, véhicule, etc.) ou en compétences, l’entreprise fournit à l’association un document d’évaluation, en euros, de la prestation ou de la mise à disposition (fiche de travail, devis, etc.) au vu duquel l’association peut établir un reçu de don selon le modèle habituel. Un double du document d’évaluation et un reçu de don permettront de passer les écritures comptables et fiscales.

Vous trouverez sur le site, les coordonnées du Centre de ressources et d’informations des bénévoles (CRIB) et celles du Délégué départemental à la vie associative (DDVA), pour le département du Lot.

Cahor’s Rock & mécénat : une association toute ouïE
Créée début 2015, l’association Cahor’s Rock réunit plus de 20 groupes de rock de Cahors et de ses environs. En plus des services qu’elle propose pour mettre en place des partenariats et des mécénats, Cahor’s Rock s’est fixée un objectif original (pour un collectif de musiciens) : protéger l’audition des spectateurs ! Voici comment cela fonctionne.

Cahor’s Rock se définit comme « l’asso qui vous nettoie les tympans ». Comment cela ? Dans les faits, elle distribue lors des concerts qu’elle organise des “bouchons d’oreille” afin de protéger l’appareil auditif des plus jeunes, des plus âgés ou des spectateurs qui tiennent à assister à la prestation en restant proches des enceintes. Ils en sont informés par une affiche de deux mètres de hauteur placée à l’entrée, laquelle précise « Vous aimez la musique ? Protégez vos oreilles ! ».

Pour mener à bien cette action, Cahor’s Rock est aidée par des entreprises mécènes, telles que la MAEC (filiale de Groupe Cahors), le Crédit Agricole Nord-Midi- Pyrénées ou les Cheminées Perlot, et crée de nouvelles manifestations et de nouvelles formes de partenariats. Pour préciser ces initiatives, il faut en revenir aux origines de cette jeune association.

UNE PAGE FACEBOOK POUR COMMENCER

En novembre 2013, Olivier Grousset crée une page Facebook : les groupes de musique partagent souvent les mêmes endroits (notamment pour répéter) mais échangent peu entre eux. A la base, son projet se limitait à proposer aux groupes une plateforme commune sur Internet afin que les musiciens communiquent davantage entre eux et vers l’extérieur. Il s’avère rapidement que cette initiative répond à une attente forte.

Les Apéro-Sessions de Cahor’s Rock réunissent en moyenne 190 personnes.

Un an plus tard, ce collectif informel comptait déjà 16 groupes et le projet d’aller plus loin prend forme. De ce fait, l’option de créer une association s’impose. C’est ainsi que naît Cahor’s Rock en janvier 2015. Aujourd’hui, l’association réunit plus de 20 groupes et environ 75 musiciens. Les règles sont simples : « Pour rejoindre l’association, l’un des membres du groupe doit habiter Cahors ou habiter dans un rayon de 30 kilomètres autour de la ville, explique Olivier Grousset, Président de Cahor’s Rock. Ensuite, il faut que le groupe reconnaisse les termes de la charte de l’association, notamment afin qu’elle ne devienne pas un outil commercial tout en lui permettant d’apporter des outils de promotion aux groupes membres ». De plus, comme indiqué plus haut, les groupes doivent cautionner la démarche de l’association concernant la protection de l’audition des spectateurs.

SOLOS MAIS PAS “PERSO”

Pour convaincre les groupes locaux de la rejoindre, l’association lance le concept et le format des “Apéro- Sessions”. Concrètement, Cahor’s Rock a commencé par organiser deux sessions à Montdoumerc (à moins de 20 kilomètres au sud de Cahors) en 2015, dans la salle des fêtes du village, redécorée pour l’occasion en salle de concert. Le principe ? « Trois groupes de l’association viennent jouer gratuitement à partir de 19 heures, précise Olivier Grousset. En échange, l’association assure l’enregistrement audio et vidéo pour chaque groupe, ce qui leur permet d’accéder à des outils de promotion indispensables.

Olivier Grousset, Président de Cahor's Rock.

Il ne faut pas oublier les spectateurs des sessions, soit 190 personnes en moyenne à Montdoumerc. Le public constitue un vecteur de promotion important pour nos futures actions ».

Un soutien dédié aux investissements
Les dons apportés par les mécènes sont dédiés aux investissements de l’association dans des achats de matériel (lumière, enregistrement audio et enregistrement vidéo), d’accessoires et de logiciels. Les mécènes amènent ainsi les deux tiers des investissements de Cahor’s Rock, tandis que l’association contribue directement pour le tiers restant. « C’est un choix délibéré de montrer à nos partenaires que l’association participe activement, par son travail, au financement de ses activités », indique Olivier Grousset.

Il faut indiquer que chaque session mobilise plus de 15 adhérents et bénévoles car, au-delà de l’aménagement de la salle, de l’organisation des concerts et de leur enregistrement audio et vidéo, Cahor’s Rock prépare et commercialise des repas sur place. Par ailleurs, Cahor’s Rock renforce le rôle de sa page Facebook, qui intègre à la fois les actualités des groupes du collectif, leurs agendas, les annonces concernant les recherches de groupes, celles liées à la mise en vente de matériels et qui sert également de “boîte à lettres” entre les groupes ou entre les groupes et les 700 abonnés de la page. En 2016, l’association prend une nouvelle ampleur. Elle passe de deux à trois Apéro-Sessions (avec quatre groupes au lieu de trois en 2015), auxquelles vont s’ajouter un nouveau format : les “Show Case”.

Cahor’s Rock affiche systématiquement ce visuel pour prévenir les spectateurs des risques des concerts sur l’audition.

Le prochain rendez-vous aura lieu à Catus fin mai 2016. Quant au premier “Show Case”, il doit être organisé sur le site de la MAEC d’ici la fin de l’année.

Créée début 2015, l'association réunit plus de 21 groupes et plus de 75 musiciens.

Les 21 groupes membres de Cahor’s Rock

Au printemps 2016, les membres de l’association sont :
Eclipse, Darwine, Les Fourmis Rouges, Oz-F, Les
Flagrants Délires, PP Brûle, The Fastards, The Bloody
Guys, Alifie, 4Nothing, The Space Goats, Tell Mama,
Interphase, On the Red, Badson’s, V°, The Premates,
Méta-Martiens, Coyote, Trigger et Mezcal.
Chaque musicien des groupes paie une cotisation
annuelle de dix euros.

UNE ASSOCIATION “D’UTILITÉ PUBLIQUE”

Qu’est-ce qu’un “Show Case” selon Cahor’s Rock ? « Il s’agit d’un concert privé organisé au sein de l’entreprise (note de la rédaction : chez les mécènes uniquement) avec un public restreint, soit une quarantaine de personnes », répond Olivier Grousset. En plus de ses mécènes actuels, l’association souhaite trouver de nouveaux partenaires et de nouveaux lieux pour ses prestations, depuis les casses d’automobiles jusqu’aux chais de propriétés viticoles, en passant par des hangars ou des sites industriels. Là aussi, le groupe qui intervient repart avec un enregistrement audio et un clip vidéo de son concert. Comme indiqué dans l’article précédent, les entreprises mécènes de Cahor’s Rock ont accès à des déductions fiscales qui peuvent atteindre 60 % des sommes investies. Dans ce domaine, l’association est d’autant plus engagée qu’elle a été déclarée “d’utilité publique” du fait de son engagement dans la protection de l’audition. « Nous sommes également entrés en contact avec l’école d’audioprothésistes de Cahors, créée par la CCI du Lot », ajoute Olivier Grousset.

La première session de Cahor’s Rock à Catus aura lieu fin mai 2016

Cahor’s Rock en bref
• Date de création : janvier 2015
• Nombre de membres : 21
• Adresse : 428 quai de Regourds
46000 Cahors
• E-mail : cahorsrock@yahoo.fr
Une autre spécificité de Cahor’s Rock concerne les lieux et les périodes où elle organise ses Apéro-Sessions. On peut en effet se demander pourquoi l’association le fait dans des communes petites ou moyennes plutôt que dans la ville-préfecture, Cahors ? Et pourquoi elle reste inactive durant tout l’été ? « Sur ces point nous avons deux principes importants. Le premier est que Cahors propose un programme musical déjà riche : non seulement nous ne cherchons pas à le concurrencer avec de nouvelles dates, mais nous sommes convaincus que les communes rurales ont, elles aussi, droit à une programmation musicale importante. Le deuxième, qui concerne notre pause estivale, est que nous ne voulons justement pas entrer en concurrence avec les nombreuses animations qui sont organisées dans les zones rurales durant l’été », commente Olivier Grousset, avant de conclure : « consommer local, cela signifie également aller écouter des groupes locaux ! ».
Entreprendre présentera dans ses prochaines éditions d’autres partenariats entre des entreprises mécènes et des associations.

Le point de vue de Groupe Cahors, Faire du mécénat une action gratifiante

Groupe Cahors est un acteur important du mécénat d’entreprise depuis deux décennies. Du point de vue de l’industriel, ces investissements sont tout d’abord un levier efficace pour développer la motivation des salariés de l’entreprise.

Voici près de 12 ans que l’entreprise porte le nom “Groupe Cahors” mais de nombreux Lotois continuent de l’appeler “la MAEC”. Il faut dire que cet industriel occupe une place particulière dans la villepréfecture du département. C’est tout d’abord vrai en termes d’emplois : 500 salariés sur le territoire de Cahors, c’est-à-dire autant de familles concernées par l’entreprise et ses activités. Parmi ces activités, le mécénat a une fonction bien précise. « Il ne faut pas considérer le mécénat comme un outil de promotion et de publicité, explique Michel Hibon, Pdg de Groupe Cahors. C’est tout d’abord une action gratifiante pour les collaborateurs de l’entreprise, qu’il s’agisse de ses dirigeants, de ses salariés ou encore de ses anciens salariés, partis à la retraite ».

Bien sûr, les avantages fiscaux associés au mécénat en France jouent un rôle important lors des prises de décision. Il faut dire que 60 % des sommes investies sont déductibles des impôts payés par l’entreprise (voir pages 4 et 5).

DONNER DU SENS À L’ACTIVITÉ DE L’ENTREPRISE

Le mécénat permet également à l’entreprise de mettre en évidence ses priorités et ses valeurs, en interne comme vis-à-vis de l’extérieur (depuis les clients jusqu’aux médias, en passant par les partenaires et les fournisseurs).

Les deux principales actions dans lesquelles Groupe Cahors s’est impliqué illustrent cette volonté. La première concerne la formation des jeunes : via sa fondation dédiée, l’entreprise participe au financement de leurs études. La seconde concerne la culture et – plus particulièrement aujourd’hui – le théâtre. Groupe Cahors aide financièrement les jeunes créateurs.

Michel Hibon, Président- Directeur général de Groupe Cahors.

On peut notamment citer le Toulousain Sébastien Bournac et sa troupe Tabula Rasa. Ce choix s’est révélé particulièrement avisé puisque Sébastien Bournac a été nommé en 2015 directeur de l’un des principaux théâtres de la Ville Rose, le Sorano.

L’expérience des Nuits Composites

Après une phase de développement à l’international intense, l’entreprise lotoise était devenue au début des années 2000 un groupe industriel implanté dans huit pays (Afrique du Sud, Chine, Espagne, France, Inde, Maroc, Tunisie et Uruguay) et les cinq continents. De ce fait, la France ne représentait plus qu’un tiers des effectifs mondiaux de Groupe Cahors. Afin de renforcer la cohérence de cet ensemble, Michel Hibon et son épouse Anne ont eu l’idée de créer en 2005 les Nuits Composites. Sept éditions des Nuits Composites ont donc été organisées. « Ces événements ont joué un rôle important pour développer une culture d’entreprise et conforter le rayonnement de Groupe Cahors, explique Michel Hibon. Dans les faits, l’organisation des Nuits Composites a mobilisé de nombreuses énergies, sachant que le principe était d’organiser, chaque année, à la fois des rendez-vous en France et dans le pays de la filiale. Le principe n’était donc pas d’en faire une nouvelle activité et de pérenniser ces actions, mais elle a durablement impliqué Groupe Cahors dans le milieu culturel de la région, qui a été largement sollicité à ces occasions ».

Touristic Vallée(s) Lot et Dordogne, L’association des professionnels du tourisme lotois transforme l’essai avec son 1er “Evénement du club” !

Une centaine de professionnels et une quarantaine d’exposants ont participé le 22 mars à la première “Rencontre des acteurs du tourisme lotois”, organisée à Vers par l’association Touristic Vallée(s) Lot et Dordogne (TVLD). Dans le cadre de cet événement convivial et riche en échanges, était également proposé un “Salon des fournisseurs des prestataires touristiques” réunissant une trentaine de sociétés. Coup de projecteur.

Belle affluence et retour très positif des participants à ce premier événement B2B des professionnels du tourisme lotois. Objectif annoncé de cette initiative, pilotée par l’association Touristic Vallée(s) Lot et Dordogne (TVLD) : informer les professionnels, favoriser les échanges entre les différentes filières touristiques sur l’ensemble du territoire lotois et créer des opportunités de business et de partenariats. Un objectif manifestement atteint lors de cette journée ouverte à toutes les entreprises lotoises du secteur et qui a accueilli au total près de 200 personnes. En matinée, s’est déroulée la première Assemblée Générale de l’association TVLD, en présence de ses membres et représentants, notamment sa Présidente Laëtitia De Ménibus-Gravier, ses deux vice-Présidentes, Fanny Duquesne et Christine Vigouroux, et son Trésorier Lionel Marsaud.

Un bilan des activités des deux commissions de travail (“Communication et lobbying” et “Animation- promotion”) a été présenté, ainsi que les projets du club pour favoriser les coopérations entre ses membres, représenter les filières touristiques lotoises auprès des institutions et dynamiser l’écosystème touristique du territoire.

Ainsi, la feuille de route 2016 sera notamment rythmée par trois temps forts : l’organisation dès ce printemps de “Journées Portes Ouvertes Professionnelles”, qui permettront aux membres de l’association de découvrir leurs offres respectives dans le cadre de visites sur site.

Par ailleurs, l’association TVLD participera en septembre au salon “MAP PRO” à Paris et compte également développer des actions de promotion auprès des organisateurs de voyages en groupes et des associations.

L’ÉMERGENCE D’UN CLUSTER DU TOURISME LOTOIS…

Olivier Branche et Stéphanie Salgues, La Ferme des Campagnes : « Nous devons travailler tous ensemble pour prolonger le séjour des touristes sur le territoire »

Marie-France Ourcival, Truffes Passion : « Nous partageons entre professionnels une vision pragmatique de nos métiers »

Olivier Branche et Stéphanie Salgues se sont associés en 2013 pour créer La Ferme des Campagnes à Rocamadour. Capitalisant le savoir-faire familial dans le domaine de l’élevage, du gavage et de la transformation des canards gras, ainsi que de la viticulture (production du vin de Roc-Amadour), ils accueillent aujourd’hui les touristes sur un terrain de camping de 50 places et leur proposent des visites guidées de la ferme, associées à des dégustations de leurs produits. « Cet événement nous a permis de prendre contact avec d’autres prestataires et de découvrir leur offre. C’est important car nous devons travailler tous ensemble pour prolonger le séjour des touristes sur le territoire », expliquent-ils.

Créée à Limogne-en-Quercy par Marie-France Ourcival, Truffes Passion propose aux visiteurs de plonger dans l’univers de la trufficulture, grâce à des démonstrations de cavage, la découverte d’un marché aux truffes et des animations de dégustation. «Nous n’avons pas souvent l’occasion d’échanger entre professionnels, alors que c’est essentiel car nous partageons une vision pragmatique de nos métiers. Cette journée nous a notamment permis de rencontrer des agences et des prestataires que nous ne connaissions pas », témoigne Marie-France Ourcival.

Alexandra Delbos, Directrice de l’autocariste Cars Delbos : « Un événement pour présenter nos métiers et tisser des partenariats »

Michel et Françoise Barbier- Damiette, Château de Lantis : « Le collectif est une force ! »

Pour le groupe Delbos, cette “Rencontre des prestataires touristiques lotois” était avant tout l’occasion de présenter à des partenaires potentiels sa riche palette d’activités. « Nous fédérons plusieurs métiers, explique Alexandra Delbos. D’une part, autour du transport via nos filiales Cars Delbos (grand tourisme, excursions, Petit Train Lou Fijagol, transports urbains et scolaires) et Avis Delbos Location (dédiée à la location de véhicules et utilitaires pour professionnels et particuliers). D’autre part dans le domaine du tourisme, au travers de nos agences Fitour Voyages (qui accueille à la fois une clientèle individuelle et groupe) et Fitour Réceptif. Ce salon offre un moment de rencontre privilégié pour tisser de nouveaux partenariats. »

Racheté en 1993 par Michel et Françoise Barbier- Damiette, le Château de Lantis à Degagnac était enfoui sous un tumulus de terre, de gravas et de broussailles. Au terme de 20 ans de restauration, le château a ouvert ses portes à la visite du public et propose aujourd’hui de nombreuses animations (dîners aux chandelles, conférences, expositions, concerts…). « Cette restauration est le fruit d’un travail collectif passionné, expliquent les propriétaires, qui viennent par ailleurs de lancer une opération de financement participatif sur Internet (“crowdfunding”) pour recréer les jardins Renaissance du domaine. De la même manière, nous pensons qu’une association comme TVLD et un événement fédérateur tel que ce salon permettent de faire avancer les choses : il y a de nombreux projets à développer autour du tourisme sur notre territoire. »

Laëtitia De Ménibus-Gravier, Présidente de l’association Touristic Vallée(s) Lot et Dordogne, entourée des deux vice-Présidentes, Christine Vigouroux (à gauche), responsable de la commission “Communication et lobbying” en charge des relations avec les institutionnels et collectivités, et Fanny Duquesne, responsable de la commission “Communication et lobbying” en charge du programme d’actions.

Après une pause déjeuner conviviale, dans le cadre chaleureux et bucolique du Domaine du Mas de Saboth, plus d’une centaine de prestataires touristiques a pu apprécier l’intervention de Jérôme Piriou (enseignantchercheur au Groupe Sup de Co La Rochelle) sur le thème “Développer des partenariats : les clés de la réussite !”, et qui portait notamment sur les clusters tourisme. « Il y a en France deux exemples de clusters, Goazen au Pays Basque et Val d’Europe dans l’Est parisien, qui témoignent du bien fondé et de la pertinence de ce type d’approche pour faire émerger des pôles d’excellence touristique. Nous souhaitons mettre en place ce type de groupement d’intérêt économique convergent sur le territoire lotois, souligne Laëtitia De Ménibus-Gravier, Présidente de l’association TVLD. Pour répondre aux attentes des visiteurs, il est en effet essentiel de tisser des passerelles entre les offres, de créer des circuits… Cela passe notamment par la mise en place de nouveaux outils de veille et de promotion, comme par exemple un observatoire du tourisme territorial, ou encore une plateforme Internet pour donner la parole aux visiteurs… »
Créée officiellement en novembre 2015 et engagée dans une forte dynamique, l’association Touristic Vallée(s) Lot et Dordogne fédère d’ores et déjà une soixantaine d’adhérents, issus de toutes les filières touristiques (hébergeurs, restaurateurs, agences de voyages réceptives, sites de visites, prestataires d’activités…) et originaires des différentes zones géographiques du Lot. Elle ambitionne de rassembler 80 membres d’ici fin 2016 et d’atteindre le seuil d’une centaine à l’horizon 2017.