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Entreprendre CCI du Lot n°180 <
« Il faut faire savoir que le Lot recrute ! »
Dans un entretien exclusif accordé au magazine Entreprendre, la nouvelle Préfète du Lot*, Catherine Ferrier, souligne le potentiel de recrutements du département. Également fondé sur une enquête menée auprès de plus de 250 entreprises locales et sur des témoignages sur les freins à l’embauche, sa conviction dresse le portrait d’un territoire « apaisé, entreprenant et innovant », et dont le potentiel d’emplois est important.


Quelles-sont vos premières impressions sur la dynamique économique du Lot ?
Catherine Ferrier : Ce qui me frappe c’est la diversité des activités économiques; le développement du Lot est équilibré. L’agriculture y reste très importante et ses produits sont le plus souvent labellisés. Mais l’industrie est aussi très présente, et pas seulement sur le secteur de Figeac : le taux d’emploi industriel est supérieur à la moyenne nationale et régionale et le Lot est l’un des rares départements où l’emploi industriel est en nette hausse, surtout depuis 2009. La filière bois est en cours de structuration et va créer des emplois. Le secteur artisanal et commercial reste dense avec un nombre d’artisans par habitants qui est l’un des plus élevés de France : 250 pour 10 000. Et je relève aussi la dynamique de l’économie sociale et solidaire qui a un fort potentiel d’innovation.

En quoi l’économie sociale et solidaire peut-elle être considérée comme innovante ?
Catherine Ferrier : On peut déjà parler d’une véritable filière. L’économie sociale et solidaire représente actuellement 785 employeurs et 7 284 emplois, soit 15% des salariés du département, dont 6 352 équivalents-temps plein. Son essor est très rapide et va encore s’accélérer à la faveur des dispositions de la Loi du 31 juillet 2014. Tout en reconnaissant les acteurs historiques de ce domaine – comme les associations, les mutuelles, les coopératives, les fondations… cette loi a ouvert le champ de l’économie sociale et solidaire aux entreprises ; elle a aussi créé des outils spécifiquement adaptés au financement de l’innovation sociale, ce qui a permis de mettre en place des passerelles entre l’économie sociale et solidaire et l’économie dite « classique », notamment au travers des Pôles Territoriaux de Coopération Economique ou PTCE.

L’économie lotoise n’est-elle pas trop dépendante de centres de décision situés à l’extérieur du département ? Catherine Ferrier : C’est une idée reçue, tout d’abord contredite par les chiffres. D’une part, de tous les départements de MidiPyrénées, le Lot est l’un des moins dépendants de centres de décision extérieurs. Cela concerne moins du tiers des salariés lotois contre, par exemple, près de 60% des salariés de Haute-Garonne. D’autre part, l’économie du département a plutôt tendance à « rayonner » audelà de ses frontières administratives : les entreprises locales recrutent près de 20% de leurs salariés en dehors du département. Sur ce critère, elle se place en tête des départements de Midi-Pyrénées, quasiment à égalité avec la Haute-Garonne.
* Catherine Ferrier a été installée Préfète du Lot le 9 mars 2015.

Selon vous, on ne doit donc pas parler de déclin pour l’économie lotoise ?
Catherine Ferrier : je n’ai pas non plus dit cela, à vrai dire certains signes m’inquiètent. D’abord je suis préoccupée par l’âge moyen de nos chefs d’entreprises et d’exploitations. Il approche voire dépasse selon les secteurs 55 ans, et cela vaut aussi pour les médecins. Dans quelques années, que se passera-t-il si nous ne préparons pas dès maintenant leur relève ? Je constate que le taux de reprise est très faible dans la plupart des secteurs. Donc je voudrais comprendre pourquoi. A-ton un problème général d’attractivité ? Y a-t-il des obstacles spécifiques comme l’accès au foncier pour l’agriculture ? Est-on collectivement assez organisé ? C’est sur cet aspect du collectif que j’ai une autre inquiétude. Je trouve que les territoires s’opposent trop facilement au lieu de valoriser leur complémentarité. Je trouve que les petites entreprises du BTP fragilisées par la crise peinent à se regrouper pour répondre aux appels d’offres. Je me demande si la profession viticole est assez unie face à la concurrence, notamment dans la perspective de la nouvelle région. Je constate que beaucoup de choses se passent dans le département sans que cela soit très lisible pour un non lotois. D’ailleurs je me réjouis de la création prochaine de l’association des professionnels du tourisme. Enfin ! Ma troisième source d’inquiétude est le nombre d’emplois non pourvus.

Peut-on chiffrer les emplois non pourvus dans le Lot ?
Catherine Ferrier : Cela bouge tous les jours, mais j’ai quand même voulu que l’on creuse la question. Les Sous-Préfets y ont travaillé avec Pôle Emploi et la CCI nous a aidés avec son enquête. Si l’on ne compte que les postes les plus difficiles à pourvoir en complétant (sans double compte) les données de Pôle Emploi avec celles des agences d’intérim, on arrive à 650. Et quand j’interroge les chefs d’entreprises, ils me disent qu’ils pourraient recruter plus. Donc il y a bien une dynamique, et il y a bien des freins. Pourtant le gouvernement met en place beaucoup de dispositifs en faveur de l’emploi pour s’adapter à chaque public. Donc il faut lever les freins ; il y a toujours des solutions si le problème est bien posé. Nous repérons déjà pas mal d’actions qui vont dans le bon sens.

Enquête « Le Lot recrute » :

LES RESULTATS

La CCI et les Sous-Préfectures du Lot ont interrogé en mai 2015 un panel de 2 465 entreprises lotoises sur les difficultés relatives au recrutement dans le département.

Nombre de réponses reçues

Part des réponses

Part dans l’économie lotoise

Bâtiment, travaux publics

51

21%

14%

Commerce de détail en magasin

36

15%

15%

Commerce de gros

10

4%

2%

Hôtel, café, restaurant, camping, site touristique

59

24%

7%

Industrie, fabrication, transformation

37

15%

9%

Services aux entreprises

23

9%

8%

Services aux particuliers

26

11%

11%

Transport, logistique

5

2%

2%

TOTAL général 247 100% *
*Les secteurs de l'administration publique et de l'agriculture ne sont pas représentés dans cette enquête

• Avez-vous des perspectives de recrutement ?

Plus d’une entreprise sur deux annonce des projets de recrutement, dont 49 % à court et moyen terme. Il est important de noter qu’un tiers des entreprises n’employant aucun salarié souhaite embaucher, et donc se développer. 50 % des entreprises entre 1 et 10 salariés et 77 % de celles employant entre 10 et 49 salariés souhaitent également recruter. Les secteurs souhaitent le plus massivement recruter, à toutes échéances, sont l’industrie, les services aux entreprises, l’hôtellerie-restauration (dont une part non négligeable de projets uniquement saisonniers) et les activités de transports. Dans le BTP, seuls 29% des répondants annoncent des projets (chiffre plutôt flatteur au vu de la crise actuelle).

• Quel(s) organisme(s) sollicitez-vous habituellement pour effectuer une embauche ?

Pôle Emploi est le canal le plus utilisé par les entreprises pour recruter, cité dans 54% des réponses (119 fois sur 220 entreprises répondantes). A noter que 22% des entreprises ne citent que « Pôle Emploi » dans leur réponse, cet organisme étant donc, pour elles, le seul canal de recrutement. Les agences de travail temporaire apparaissent en deuxième position (32% des entreprises). A noter que 12% des entreprises disent ne faire appel qu’aux agences d’intérim pour recruter. Le bouche à oreille et le réseau restent un vecteur important de diffusion des offres d'emploi sur le département, cité par près d’un quart des entreprises.

Vous avez parlé de solutions concernant les emplois non pourvus : quels sont les principaux dispositifs dédiés aux jeunes ?
Catherine Ferrier : Divers dispositifs dédiés aux jeunes existent, où ont récemment été mis en place, pour leur permettre un accès à l'emploi facilité, quel que soit leur niveau de scolarisation ou formation, tout en assurant un degré de simplification et un coût réduit pour les entrepreneurs.

- Pour faciliter l'insertion d'un jeune de moins de 26 ans sans qualification, les entreprises peuvent embaucher, sous contrat, avec la Mission Locale, en dispositif « Garantie Jeunes ». L'entreprise lui donne une première expérience professionnelle pendant un durée d'un an, renouvelable, sans aucun coût financier pour la structure. - En recrutant un jeune en Contrat d'Apprentissage, l'entreprise lui offre une expérience professionnelle couplée à un accès à la qualification par la formation qu'il reçoit en parallèle. Sachez que le niveau de qualification s'échelonne du CAP/BEP au niveau Ingénieur. Vous noterez que si le candidat est âgé de moins de 18 ans et que l'entreprise compte moins de 11 salariés, elle ne paye rien la première année (nouveau dispositif TPE Jeunes apprentis) et peut bénéficier d'une Prime régionale à l'apprentissage de 1 000 euros par année de contrat. Dans les autres cas, pendant toute la durée du contrat, l'entreprise est exonérée des charges sociales (à l'exception éventuellement de la cotisation patronale d'accidents du travail et maladie professionnelle).

Emploi : l’État a nommé deux chargés de mission dédiés pour le Lot

Les Sous-Préfectures (Figeac et Gourdon pour le Lot) assurent une mission de veille et d’appui en matière économique (détection des entreprises en difficultés, animation de la politique de l’emploi, relance et développement des activités, appui au montage de projets au service des entrepreneurs). Deux chargés de mission interviennent pour le compte des Sous-Préfets sur ces thématiques..

• Aurore MAURICE

• Gaël SOUBRIÉ

  à la Sous-Préfecture de Figeac :
05 65 34 89 82 - aurore.maurice@lot.gouv.fr
  à la Sous-Préfecture de Gourdon :
05 65 41 78 24 - gael.soubrie@lot.gouv.fr

De façon plus globale, le bureau de la coordination et du pilotage de la performance de la Préfecture du Lot, représenté par Amélie Le Goupil, pilote les commissions au redressement productif : 05 65 23 12 40 - amelie.le-goupil@lot.gouv.fr

Quelle est, selon vous, la durée maximale de trajet (aller-retour) quotidien acceptable pour retenir une candidature ?

92% des répondants estiment qu’il n’est pas acceptable de retenir la candidature d’une personne habitant à plus d’une demi-heure de l’entreprise. En cause, bien-sûr, la topographie des routes du Lot (et des zones limitrophes des départements voisins), qui rend les longs déplacements fatiguants, dangereux, onéreux, etc.

Avez-vous, en ce moment, des offres d’emploi non pourvues ?

21% des entreprises répondent qu’elles possèdent au moins une offre d’emploi non pourvue. Pour les entreprises de plus de 50 salariés, les résultats sont à nuancer au vu du nombre d'entreprises à avoir répondu au questionnaire. Ce stock d’offres est très difficile à quantifier, car toutes les entreprises ne nous l’ont pas indiqué mais, au total, sur 51 réponses, nous avons recensé 99 offres non pourvues. Nombre et pourcentage d’entreprises qui disent avoir des offres d’emploi non pourvues :

Nombre de salariés dans l'entreprise

Représentation dans l'économie lotoise

Nomnre d'entreprise ayant répondu

Part des réponses

0 salariés

78,7%

5

9,8%

1 à 4 salariés

17,9%

10

19,6%

5 à 9 salariés

 

13

25,5%

10 à 49 salariés

2,8%

14

27,5%

50 à 249 salariés

0,5%

7

13,7%

250 salariés ou plus

2

3,9%

Total général

100%

51

100%

Recrutement : des freins différents suivant les niveaux de formation

Les questions relatives aux difficultés que rencontrent les recruteurs ont été posées en distinguant les niveaux de formation recherchés. Pour des recrutements de niveau BAC et inférieur, les déficits d’expérience et de qualification sont les deux principaux points durs, nettement plus cités que les autres thèmes. Il apparaît donc une réelle nécessité d'adapter les candidats à l'emploi, par les employeurs.
La pénibilité du poste entre aussi, mais dans une moindre mesure, en ligne de compte pour des recrutements de niveau CAP-BEP. Pour des niveaux BAC, c’est le niveau de salaire attendu par le candidat qui apparaît comme 3e facteur le plus souvent cité. Au contraire, pour des recrutements de niveau supérieur à BAC+2, les difficultés sont plus disparates, et ont certainement davantage trait aux secteurs d’activité, aux lieux ainsi qu’à la taille des entreprises. Globalement, l’attractivité du territoire, le niveau de salaire attendu par le candidat et le déficit d’expérience sont les difficultés les plus couramment citées. La problématique de mobilité est un peu moins citée. La situation professionnelle du conjoint apparaît de façon plus problématique pour les cadres que pour les autres niveaux de recrutement.

Le logement a-t-il déjà été une cause d’échec à l’embauche d’un candidat préalablement retenu ?
84% des employeurs sondés répondent « non » à cette question.

Avez-vous renoncé par le passé à des recrutements faute de candidatures appropriées ?
59% des entreprises ont déjà renoncé à des recrutements faute de candidatures appropriées.

Avez-vous mis en place des démarches particulières afin de lever les freins au recrutement ?
Les entreprises qui ont mis en place des démarches afin de lever ces freins agissent principalement sur trois aspects du recrutement :
• les conditions de travail et avantages proposés au nouveau salarié :
exemple : logement de fonction ou aide à la recherche du logement, aide à la recherche du travail du conjoint, augmentation du salaire, avantages (tickets restaurant, mutuelle, oeuvres sociales),
• la technique de recrutement :
exemple : amélioration de la recherche de candidats en multipliant les canaux de diffusion des offres ou en travaillant plus étroitement avec Pôle Emploi, en faisant appel à des agences de travail temporaire ou cabinets de recrutement, en organisant des visites de l'entreprise, etc.
la formation :
exemple : développement de la formation en interne, promotion interne, recours à l'apprentissage, prise en charge de la formation pour les travailleurs intérimaires, formations pour le conjoint.

- En embauchant un jeune en Contrat de Professionnalisation, l'entreprise améliore le niveau de qualification du candidat via la dispense de formation théorique suivie de la mise en pratique dans l'entreprise. L'entreprise bénéficie alors d'une exonération de certaines cotisations patronales, et, dans le cas où le candidat est âgé de 26 ans ou plus, peut recevoir une prime de 2 x 1 000 € (aide forfaitaire à l'employeur). La montée en qualification dans les entreprises lotoises contribuera également, j'en suis persuadée, à la résorption des offres d'emploi non pourvues.
- Le CIE - Contrat Initiative Emploi - qui est un contrat de droit privé destiné au secteur marchand permet de recruter un candidat sans emploi de tout âge, moins de 26 ans compris. Pour l'entreprise, l'aide à l'insertion peut atteindre 47 % du SMIC horaire brut et peut se cumuler avec une aide du Conseil Départemental si le salarié était bénéficiaire du RSA avant de signer ce contrat.
- L'entreprise peut aussi se tourner vers un emploi d'avenir pour embaucher un jeune sans emploi, titulaire au mieux, d'un CAP-BEP, tout en veillant à ce qu'il reçoive une formation parallèle finançable par les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés tels que Agefos, Fongecif, Unifaf...), permettant au jeune recruté de parfaire ses compétences. La prise en charge publique de la rémunération de l'employé atteint 35 % du SMIC brut.
- Enfin, le Contrat de Génération qui consiste en l'embauche d’un jeune de moins de 26 ans en CDI couplée au maintien en activité (âge minimum 57 ans) ou au recrutement (âge minimum 55ans) d’un senior, me paraît être le plus adapté pour anticiper sur la gestion de la pyramide des âges et préparer la transmission de l'entreprise. L'aide à l'embauche est dans ce cas de 4 000 euros par an pendant trois ans maximum.
- J'ajoute que par ailleurs, il existe un nouveau dispositif pour les jeunes. Il consiste en un engagement volontaire au service de l'intérêt général et est ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans (seuls comptent les savoir-être et la motivation). Cet engagement de 24 heures par semaine minimum, indemnisé 573 euros par mois, peut être effectué dans des associations ou collectivités territoriales et va contribuer à la dispense d'expérience professionnelle chez les jeunes.
Il faut retenir donc, à défaut de pouvoir être exhaustif, qu’il existe différentes solutions adaptées au profil des jeunes selon qu’ils sont qualifiés ou non, en recherche d’emploi ou en recherche d’orientation. Mais je n’oublierai pas d’agir aussi pour aider les entreprises qui recrutent. L’immersion dans les entreprises qui recrutent, pour combattre les idées reçues, est une des pistes. Il faut aussi mieux faire connaître le nouveau service qu’a mis en place Pôle Emploi : 10 personnes sont totalement dédiées à l’appui aux entreprises ; et depuis 2 mois que ce service existe, 90 % des offres traitées ont été pourvues.
Ce que je crois c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras.

La mobilité des salariés et des candidats est-elle un facteur déterminant pour le recrutement ? Catherine Ferrier : Les résultats de l’enquête réalisée en mai 2015 confirment que les entreprises ne souhaitent pas que leurs salariés aient à faire plus de 30 minutes de trajet pour aller de leur domicile à leur lieu de travail. Un des moyens de lever les freins à l’embauche est donc de faciliter les possibilités de logement à proximité du lieu de travail. Plusieurs territoires lotois travaillent déjà dans ce sens. L’analyse des flux du marché du travail dans le Lot fait apparaître que 10% des actifs résidents dans le Lot travaillent en dehors du Lot tandis que 10% des emplois occupés localement le sont par des personnes qui habitent en dehors du Lot. Les bassins d’emplois où ces mouvements pendulaires sont les plus importants sont ceux de Figeac et du Nord du département. Quoiqu’il en soit 84 % des entreprises qui ont répondu au questionnaire nous disent que le logement n’est pas un frein. Il faut sûrement travailler encore plus sur la connaissance des métiers très tôt pendant le parcours scolaire. J’ai rencontré un chef d’entreprise qui n’a aucune difficulté de recrutement, pourtant sur des postes industriels répétitifs : il envoie tout simplement un de ses salariés qui en partant du bas de l’échelle a vite progressé, avec une formation qualifiante assurée par l’entreprise, parler de ce qu’il fait et de son parcours dans les collèges et les lycées environnants. Et ça marche !

Freins à l’embauche : des entreprises témoignent

Métal Formage

à Puy l'Evêque
Spécialisée dans la tôlerie, la mécano-soudure, la peinture ou encore le montage de pièces d'acier, l’entreprise rencontre des difficultés régulières de recrutement de soudeurs, d’opérateurs commande numérique et de techniciens bureau des méthodes. Pour répondre à ces problématiques, l'entreprise a tenté de trouver des solutions de la manière suivante : pour les techniciens méthodes, il s’agit de profils BAC+2, elle a donc des échanges réguliers avec les écoles de formation. Pour les opérateurs en commande numérique : peu ou pas de formations existent. Aussi, les opérateurs sont formés en interne, sur la base de profils BAC. Pour les soudeurs une collaboration a été nouée avec des organismes de formations, et des apprentissages sur site vont être dispensés.

Pradel

à Gourdon
Spécialisée dans la fabrication de pièces pour l’aéronautique, l’entreprise rencontre des difficultés de recrutement notamment pour les postes d’ajusteurs et d’opérateurs sur machines à commande numérique. Le secteur de la mécanique de précision souffre d’un déficit d’image et peu de jeunes du gourdonnais sont formés dans cette branche. Les leviers pour répondre à ces difficultés ont été, par exemple, la formation de deux jeunes gourdonnais à Figeac, qui ont maintenant intégré l’entreprise. La formation en interne est également très développée au sein de la société, bien que très consommatrice de temps et d’énergie.
 

Intermédiaire Quercy Contacts

à Cahors et Montcuq
Quercy Contacts Insertion (entreprise de l'économie sociale et solidaire) rencontre également certaines difficultés pour trouver du personnel au sein de ses chantiers d’insertion : l'entretien d'espaces verts, le nettoyage de locaux (principalement le nettoyage de chenil et le nourrissage d'animaux).
Quercy Contacts Service peine également à recruter sur certains secteurs du Sud Ouest du Lot en raison du manque de transports collectifs. Les publics ciblés sont éloignés de l'emploi et il est difficile d'arriver à les réintégrer dans des postes physiquement exigeants.

SOLEV

à Martel
Spécialisée dans les traitements de surface (métallisation, vernissage), l’entreprise constate également des difficultés récurrentes dans le recrutement de plusieurs types de postes, tous les niveaux de qualification étant touchés : les postes d'exécution (tels que les opérateurs) pour lesquels le travail intérimaire est souvent sollicité (avec de fortes variations dans le volume de production). Les problèmes logistiques directement reliés au territoire sont pointés : inadéquation des horaires et de l'offre de services proposée (garde d'enfants, transport scolaire notamment), mobilité des employés (nécessité d'un véhicule personnel). Pour les postes de techniciens, les centres de formation sont trop éloignés de la zone d’implantation de l'entreprise, et l'attractivité du territoire pour des jeunes extérieurs est évoquée. Enfin, les postes de cadre sont également concernés par cette problématique de recrutement : même si pour certains profils, des quadragénaires en recherche d'un nouveau projet de vie candidatent.

G. Pivaudran

à Souillac
Spécialisée dans la mise en forme de l'aluminium, les traitements de surface et les finitions pour l'emballage de parfums de luxe, elle a lancé plusieurs initiatives pour anticiper ces problématiques : multiplication des visites d'établissements scolaires dans l'entreprise pour sensibilisation au milieu de l'industrie, participation aux forums de l'emploi (Souillac, Cahors, Brive) et à la semaine de l'industrie, accueil très régulier de stagiaires de tous niveaux et des aides proposées pour le logement de ses cadres à leur arrivée.

Sermati

à Saint-Céré
« Lorsque nous recevons un candidat en entretien, nous l'informons que nous transmettrons le CV de son conjoint à notre réseau, explique Gérard Blanchon, DRH de Sermati. Concernant l’hébergement, nous sommes adhérents de CILEO, un organisme action logement qui aide les salariés à trouver un logement. Ce service est efficient et permet régulièrement de conclure une location pour ces nouveaux arrivants, surtout lorsqu'ils viennent de loin. Nous donnons également les différentes informations sur les établissements scolaires et les activités associatives et sportives présents sur le bassin d'emploi afin de donner une vision attractive du territoire. »

Réalisations Jauzac

à Girac
Entreprise de menuiseries, charpentes et couvertures « Je suis pour l'ouverture de l'entreprise aux jeunes, explique le dirigeant, Bernard Jauzac. J'ai moi-même fait des stages et cela permet de s'éveiller au monde du travail. Nous en retirons une satisfaction lorsque les personnes sont contentes d'avoir travaillé avec nous et certaines ont même été recrutées grâce à cela. Il nous arrive également de les orienter vers d'autres entreprises de notre réseau à l'issue de la période d'apprentissage. Plusieurs organismes nous sollicitent pour accueillir des jeunes ainsi que des moins jeunes au sein de l'entreprise.
Nous accueillons des jeunes de 16 à 22 ans, du niveau CAP au niveau licence et maîtrise.
Ils travaillent dans l'entreprise en moyenne un an en alternance avec des cours.
Nous formons également avec le GEIQ BTP en interne et en externe, notamment des opérateurs à commande numérique. En 2015, nous avons accueilli 15 élèves en stage, du BAC Pro à la licence, venant de plusieurs départements (Lot, Corrèze, Aveyron, Gers, Creuse…). Les stages de découverte au collège permettent aussi de découvrir notre entreprise et nos métiers.
Des personnes issues de l'organisme EREA à Aurillac, ou encore en reconversion

Entreprenariat féminin dans le Lot
Le programme ELFE accueille ses premières porteuses de projets

Lancé en octobre 2014 par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot, le programme ELFE (Entreprenariat Lotois au Féminin) a accueilli début 2015 sa première « couvée » d’entrepreneuses. Présentation de ce dispositif d’accompagnement inédit et des premiers projets accompagnés, marqués au sceau de l’originalité et de la diversité.

Alors que les chiffres de l’entreprenariat féminin peinent à décoller en France, la CCI du Lot a inauguré au début de l’année un dispositif innovant, baptisé ELFE (Entreprenariat Lotois au Féminin), destiné à accompagner les femmes dans leur projet de création - reprise d’entreprise sur le département, et contribuer ainsi à dynamiser le tissu économique local.

Particularité de ce programme inédit dans le département : son double processus d’accompagnement, du projet et de l’entrepreneuse. En l’occurrence, les premières porteuses de projet engagées dans ce dispositif ont d’abord suivi début mars un stage « 5 Jours pour Entreprendre + 1» proposé par la CCI (voir Agenda p 28) et spécifiquement orienté sur l’entreprenariat au féminin lors de la sixième journée. L’occasion pour ces dernières d’améliorer la viabilité de leur projet, en abordant les différentes facettes du métier d’entrepreneur (financement du projet, formes juridiques, fiscalité…). « Personnellement, ce stage très concret m’a beaucoup apporté. Lorsque l’on se lance dans la création d’entreprise, on se pose en effet beaucoup de questions et les conseils de professionnels sont précieux », témoigne Stéphanie Fleury (voir portrait en 11)

A l’issue de leur stage, les candidates du programme ELFE ont présenté le 13 mars leur projet devant un jury, composé de chefs d’entreprises, de professionnels du secteur bancaire, d’élus de la Chambre Consulaire...
« Nous avons été impressionnés par la richesse des parcours et la motivation de ces entrepreneuses, dont certaines se sont installées récemment dans le Lot, souligne Danièle Fourniols, Vice-Présidente de la CCI du Lot et membre du jury du Comité de sélection du programme ELFE. Autre motif de satisfaction : la grande diversité de profils et l’originalité des projets présentés, qui témoignent du bien fondé de développer un programme tel que ELFE sur notre territoire. »

La prochaine étape de cet accompagnement passera par le mentorat, chaque entrepreneuse du programme ELFE bénéficiera ainsi du soutien d’une marraine (ou un parrain) chef d’entreprise, qui sera à même de l’accompagner de façon concrète dans son projet et de lui ouvrir des portes localement (voir article en p 13). « Le point fort de ce programme, c’est l’accompagnement proposé en amont et en aval, estime de son côté Elisabeth Raynal Sigaud (voir portrait en p 11). De plus, ELFE nous a permis de nous rencontrer, de tisser des liens, a généré de l’émulation et de la solidarité. Car si nous avons toutes des projets dans des domaines différents, nous sommes confrontées aux mêmes problématiques. »

Pour plus d’informations
sur le dispositif ELFE :
Yasmina Loiseau
05 65 53 26 81
yasmina.loiseau@lot.cci.fr

 

La Banque Populaire Occitane, partenaire du programme ELFE

La Banque Populaire Occitane a signé début 2015 une convention de partenariat avec la CCI du Lot, afin d’accompagner le développement du programme ELFE. « Ce partenariat s’est concrétisé par un soutien financier et par notre participation au jury de sélection des premières candidates, dont nous saluons la qualité des dossiers présentés », précise Patrick Poujol, Directeur de Groupe Lot à la Banque Populaire Occitane.

Des projets diversifiés pour dynamiser l’économie lotoise
Elles sont cinq à avoir intégré la première « couvée» du dispositif d’accompagnement ELFE. Cinq femmes passionnées par les projets qu’elles portent, motivées par l’envie de se réaliser et d’entreprendre. Issues d’horizons très divers, en termes de formation, d’expérience professionnelle ou encore d’origine géographique (car certaines d’entre elles sont arrivées récemment dans le Lot), elles portent des projets originaux et variés, en adéquation avec les besoins intrinsèques de l’économie lotoise. Au programme : recrutement et conseils RH, expertise oenologique et accompagnement des entreprises viti-vinicoles, agence show-room d’architecture, ou encore éducation à l’environnement et commerce de proximité. Présentations.

Nathalie Juillard à Cahors
Recrutement et conseil RH au service de la performance




Psychologue de formation, Nathalie Juillard a travaillé 12 ans comme consultante, en cabinet puis en tant qu'indépendante. Passée du côté opérationnel, elle a géré l'ensemble des recrutements dans une PME industrielle pendant 2 ans. Avant de lancer son projet dans le Lot, elle a créé et développé une agence de relocation à Toulouse.

Son projet : la création d’un cabinet de conseil en ressources humaines centré sur la notion de performance au travail. « L'objectif est de répondre aux différents besoins liés à l'emploi, comme disposer de la bonne personne au bon moment et à la bonne place, s’orienter ou se réorienter vers le métier qui nous correspond, optimiser la performance de l’entreprise en l’accompagnant sur des problématiques spécifiques, telles que l’absentéisme, le turn over, le stress, le conflit… », explique Nathalie Juillard.

Son modèle économique : l’offre cible d'abord les dirigeants de PME/TPE pour les accompagner dans la gestion du facteur humain au sein de leur entreprise. Elle s'adresse également aux DRH et aux collaborateurs (cadres et non cadres), ainsi qu’aux particuliers (demandeurs d'emploi et étudiants). « Les prestations vont du recrutement par approche directe (notamment pour des postes de managers ou des profils spécialisés sur des marchés en tension) au coaching individuel, en passant par des accompagnements spécifiques, par exemple l’évaluation de l’intégration d’un salarié durant sa période d’essai, détaille la porteuse de projet. Beaucoup de PME, en effet, ne disposent pas d’un service RH et expriment des besoins importants en termes
de conseil et de méthodologie. »
A l’intention des particuliers, Nathalie Juillard développe une offre à la carte d’aide à la recherche d’emploi (rédaction de lettres de motivation et candidature, de CV, préparation et simulation d'entretiens…).

Installée à Cahors, elle a d'ores et déjà commencé son activité.

Stéphanie Fleury à Montcuq
Sortir l’architecture des ateliers

 

 

Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie, Stéphanie Fleury a travaillé plusieurs années comme architecte dans une agence de Rouen. « J’avais toujours eu en tête de m’installer dans le Lot, où je venais régulièrement en vacances depuis plus de 20 ans. En ce sens, ce projet est un accomplissement professionnel et personnel ».

Son projet : la création dans le centre bourg de Montcuq d’une agence d’architecture, assortie d’un showroom/boutique d’objets de décoration, design, mobilier et luminaire réalisés par des designers
privilégiant le « made in France ».
« L’architecture est une activité qui suscite beaucoup d’enthousiasme, mais qui reste mal connue. Elle doit sortir des ateliers. C’est pourquoi j’ai choisi d’installer le mien en centre bourg et d’en faire un lieu ouvert sur la vie du village, un outil de diffusion de la culture architecturale et artistique dans son ensemble. Le lien social y sera, je l’espère très présent »
, souligne Stéphanie Fleury.

 

Son modèle économique : repose sur la synergie de deux activités. D’une part, une agence d’architecture proposant des services de conception de projets (maisons individuelles, logements collectifs, équipements scolaires ou culturels…), en construction neuve ou rénovation. D’autre part, une boutique « vitrine » du savoir faire de l’agence et de designers locaux. « Cette approche devrait permettre de toucher des cibles de clientèle distinctes, composées de lotois et néolotois pour la partie architecture et de touristes au travers de la boutique. », précise Stéphanie Fleury, qui a démarré l’activité de son cabinet d’architecte, baptisé l’Atelier 15 juillet.

Elisabeth Raynal Sigaud
Conseil oenologique et accompagnement des entreprises viti-vinicoles

 

 

Issue du milieu de la viticulture et entourée d’entrepreneurs, Elisabeth Raynal Sigaud est animée par l’envie d’entreprendre. Pour monter son projet, elle s’appuie sur un solide bagage académique (BTS oenologie-viticulture, Diplôme d’oenologue, Master2 en qualité des produits et sécurité des aliments) et professionnel (ex Responsable Qualité d’une cave coopérative).

Son projet : proposer aux acteurs du monde viti-vinicole des conseils et services techniques dans le domaine de l’oenologie et de la viticulture, mais également de la qualité des produits, des systèmes et des organisations. « L’objectif est de leur apporter une expertise et un accompagnement personnalisé, adapté à leur environnement technico-économique, qui leur permettent de valoriser au mieux leur entreprise et leurs produits auprès de leurs clients », explique Elisabeth Raynal Sigaud.

Son modèle économique : s’appuie donc sur deux axes de développement : le conseil technique en viticulture et oenologie et l’accompagnement des organisations sur les problématiques de qualité et de règlementation. « Les viticulteurs, qui sont des chefs d’entreprise, ont besoin d’être épaulés et accompagnés dans les diverses problématiques qu’ils rencontrent au quotidien et, notamment, face aux nombreuses normes et référentiels qui régissent aujourd’hui les entreprises du secteur agroalimentaire », estime Elisabeth Raynal Sigaud. Ciblant plus précisément les viticulteurs indépendants, les coopérateurs et les coopératives, mais également les sociétés de négoce, la jeune entrepreneuse envisage de démarrer ses premières missions de
conseil pour les vendanges 2015.

Magali Constant à Saint Paul de Loubressac
L’éducation à l’environnement

Titulaire d’un BTS « Gestion et protection de la nature » et animatrice nature depuis plusieurs années, Magali Constant est particulièrement attachée à la préservation de l’environnement. Elle souhaite aujourd’hui mettre à profit son expertise pour sensibiliser les jeunes générations.

Son projet : proposer des ateliers nature, des concepts ludiques d’animation, des mallettes pédagogiques sur le thème de la nature.« Au cours de mes expériences professionnelles, j’ai rencontré des enseignants intéressés par la sensibilisation à l’environnement, mais qui n’étaient pas toujours capables d’assurer des animations sur ce thème, par manque de temps, de connaissances ou d’outils pédagogiques.

Mon objectif est de leur proposer une prestation de services clé en main, adaptée à leur projet dans le domaine de l’éducation à l’environnement ou de la découverte de la nature », explique Magali Constant.

Son modèle économique : l’offre proposée a vocation à toucher un large public, depuis les enfants en classe de Cours Préparatoire, jusqu’aux adolescents et aux adultes. Pour cela, Magali Constant cible notamment les enseignants (projets pédagogiques axés sur la nature, sorties de fin d’année...), les animateurs d’activités périscolaires et de centres de loisirs (ateliers et animations sur site), ou encore les collectivités qui souhaitent promouvoir des projets liés à la protection de l’environnement sur leur territoire, et les particuliers (animations lors de goûters d’anniversaire par exemple). « Je pense que si on connait mieux la nature, on la respecte davantage et je souhaite participer à l’éducation sur l’environnement des jeunes générations », ajoute la
porteuse de projet qui finalise actuellement la mise en place de ses outils de communication et de son site web, pour un démarrage de son activité prévu début 2016.

Gaëlle Alberato à l'hospitalet
Une épicerie pour redynamiser son village


 

 

Au cours de son parcours professionnel, Gaëlle Alberato a travaillé dans le commerce, puis comme auxiliaire de vie pendant une dizaine d’années. Elle souhaite aujourd’hui redynamiser son village, L’Hospitalet, où elle s’apprête à ouvrir une épicerie.

Son projet : installée dans un beau corps de ferme, Gaëlle Alberato a choisi de relancer une activité sur ce site qui faisait autrefois table d’hôtes. « Il n’y avait pas d’épicerie au village, explique-t-elle. Ce commerce de proximité, qui fera également dépôt de pain, permettra aux villageois de se dépanner, mais aussi d’échanger et de tisser du lien social. En outre, les visiteurs de passage pourront y découvrir des produits du terroir. »

Son modèle économique : l’épicerie n’est que la première étape du projet de Gaëlle Alberato. Dans un deuxième temps, l’entrepreneuse souhaite en effet y ajouter un café bar licence III et mettre à profit sa situation géographique privilégiée, au coeur du Quercy blanc sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, pour développer une activité d’accueil et de table d’hôtes à destination des pèlerins.