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Entreprendre CCI du Lot n°179
Communautes de communes : L’economie redecoupee
Depuis le 1er janvier 2015, le Lot compte 12 communautés de communes au lieu de 21 en 2013. De fait, le département se retrouvent avec 12 territoires qui défendent autant d’ambitions économiques différentes, voire contradictoires ou, parfois, concurrentes. Ce dossier fait le point sur les vocations actuelles de chacun, mais il est certain que ce découpage va encore évoluer : le Lot pourrait ne compter à terme que 4 à 7 entités.
Etat des lieux.


Les communautés de communes, ou les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, ce qui désigne à la fois les communautés de communes, les communautés d’agglomération, les communautés urbaines et les métropoles*) sont les collectivités qui prennent aujourd’hui le plus d’importance, notamment en ce qui concerne les sujets économiques. Pourquoi ? D’une part, parce qu’elles ont repris de nombreuses compétences aux communes qui les composent (dont, le plus souvent, la gestion des ordures, la voirie, les zones d’activité, les équipements culturels et sportifs, les crèches, les maisons de santé…) et que ces transferts vont se multiplier aux cours des années à venir. D’autre part, parce que les communautés de communes prennent progressivement le pas sur les départements et que les régions, de plus en plus vastes, vont devoir s’appuyer sur des relais locaux forts pour faire partager une même ambition à des territoires quelquefois distants de plusieurs centaines de kilomètres. Ce sera le cas pour la grande région Midi- Pyrénées/Languedoc-Roussillon : par exemple, il faut parcourir plus de 500 kilomètres, via le réseau autoroutier, par aller de la Communauté de Communes du Mont Bouquet (Gard) à la Communauté de Communes de Cazals-Salviac (Lot). Dans tous les cas, les élus s’accordent pour dire que les EPCI vont devoir mettre en place de nouveaux partenariats pour développer leur économie, notamment avec les chambres consulaires (chambres de commerce et d’industrie, chambres de métiers et de l’artisanat et chambres d’agriculture). Par contre, comme le montre ce dossier, la question de savoir quelle est la « bonne taille » pour un EPCI n’est toujours pas tranchée et, là, les avis des élus sont très différents.


* Le Lot compte aujourd’hui 11 communautés de communes et une seule communauté d’agglomération (le Grand Cahors). La principale différence est que les dotations accordées par l’Etat sont plus importantes pour les communautés d’agglomération que pour les communautés de communes. Par exemple, elle est estimée à 160 € par habitant pour la communauté d’agglomération du Grand Cahors contre 78 € par habitant pour la communauté de communes du Grand Figeac.
 

12, EST-CE ENCORE TROP ?

Les communes et les communautés de communes lotoises ont le sentiment d’avoir fait d’importants efforts pour passer de 21 à 12 EPCI, mais toutes savent qu’il leur faudra aller plus loin. L’Etat a d’abord projeté de leur imposer cette évolution en relevant le seuil, en nombre d’habitants, à partir duquel l’on pourra demeurer
un EPCI : il était de 5 000 et le projet (qui n’est toujours pas voté en ce début de printemps 2015) est de faire passer ce seuil à 20 000. De ce point de vue, seuls 3 EPCI lotois se situent au-delà de ce seuil : la Communauté d’Agglomération du Grand Cahors (43 236 habitants), la Communauté de Communes du Grand Figeac (42 501 habitants) et la Communauté de Communes Causses et Vallée de la Dordogne, ou Cauvaldor (près de 37 200 habitants). Si le seuil des 20 000 habitants est maintenu, il ne reste donc de la place que pour 3 autres communautés de communes. Malgré ses efforts, l’Etat n’est pas parvenu à mettre en place les regroupements nécessaires pour arriver à un tel redécoupage en 7 EPCI, voire moins. Il semble même que de nombreux élus des départements ruraux de France arrivent à imposer qu’il y ait des exceptions à cette règle des 20 000, notamment lorsque les EPCI ainsi constitués seraient trop vastes. Dans les faits, ces dérogations ne seraient pas « exceptionnelles » mais pourraient concerner toutes les communautés de communes situées en zones rurales, soit près de la moitié des EPCI de moins de 20 000 habitants.

La réforme des communes en Europe

En France, le nombre de communes n’avait quasiment pas évolué entre 1950 et 2007. Il en subsiste 36 000 (au lieu d’environ 38 000 un demi-siècle plus tôt), ce qui fait que la France regroupe à elle seule 40% des communes de l’Europe des 27. De fait, l’option en France n’a pas été de supprimer les communes mais de les regrouper au sein d’EPCI. Mais comme on le constate, l’étape suivante, qui consiste à réduire le nombre d’EPCI, se révèle très complexe : le nombre dans l’Hexagone est passé de 2 556 en 2007 à 2 145 en 2014, soit une diminution de 16%. Pour le Lot, le passage de 21 EPCI en 2013 à 12 en 2015 a représenté une baisse de pratiquement 43% du nombre d’EPCI, ce qui peut sembler important. A l’échelle du pays, si les chiffres actualisés n’ont pas encore été publiés, la réduction du nombre d’EPCI est estimée à 25%.

Qu’en est-il dans les autres pays européens ? Une fois n’est pas coutume, c’est la Suède qui a frappé le plus fort, le nombre de communes est passé de 2 281 en 1950 à 290 en 2007, soit une baisse de… 87% ! Le Royaume-Uni n’y est pas allé non plus de main morte : de 1 118 à 238, soit une réduction de 79%. La baisse a été de 57% aux Pays- Bas, de 42% en Norvège, de 80% au Danemark, de 75% en Belgique, de 42% en Autriche, de 81% en Bulgarie, de 46% en République Tchèque ou encore de 41% en Allemagne (du fait de la réunification, ce chiffre ne concerne que l’ancienne Allemagne de l’Ouest). En résumé, la diminution du nombre de communes a été bien plus forte qu’en France dans quasiment tous les pays européens.

VERS L’ÉCLATEMENT DES PETITS EPCI

Comme le montre ce dossier, les responsables des « petites » communautés de communes (dans le Lot, 5 comptent moins de 10 000 habitants et 3 moins de 5 000) envisagent généralement deux scenarii : soit l’EPCI rejoint un EPCI plus important (mais si ce n’est pas déjà fait, c’est que les réticences sont fortes), soit l’EPCI « éclate » et les communes qui la composent rejoignent les EPCI voisins, y compris celles de départements limitrophes : 8 communautés de communes lotoises qui sont potentiellement concernées.
Cette hypothèse conduirait à avoir deux niveaux forts dans le domaine économique : les régions et les intercommunalités, lesquelles adopteraient des contours plus proches des bassins d’emploi et des bassins de vie. Certes, cela implique une diminution drastique du nombre d’entités administratives, mais de nombreux pays européens sont déjà allés plus loin que n’ira jamais la France, comme le montre le focus page 4 sur « La réforme des communes en Europe ». Il semble d’ores et déjà acquis que la réforme dont l’adoption est en cours au Parlement, NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République), sera largement plus timorée.

De plus, un autre changement est en cours de préparation et, s’il est moins médiatique, ses conséquences sur le développement économique des territoires est largement aussi important : il s’agit des SCOT (Schéma de COhérence Territoriale).

SCOT : LES NOUVELLES FRONTIÈRES DES TERRITOIRES ?

Les SCOT offrent une grille de lecture différente pour envisager l’évolution des territoires du département. De ce point de vue, il n’existe que 5 zones dans le département, dont l’une (le causse du centre du Lot) ne fait d’ailleurs pas encore l’objet d’un SCOT. Deux sont en cours d’élaboration et devraient être finalisés en 2017 : d’une part, Cahors et le Sud du Lot, d’autre part, Pays de Figeac, du Ségala au Lot- Célé. Un a été défini par arrêté préfectoral et est sensé aboutir l’année suivante : Pays de la Vallée de la Dordogne. Un 5e est dit « en émergence » : Pays Bourian, avec la perspective de n’être achevé qu’en 2020. Voici donc 5 territoires (4 si le causse central est partagé entre les autres zones) qui pourraient préfigurer les futures entités du département.

Déjà, pourtant la cohérence de ce découpage est remise en cause, car elle n’épouse pas les découpages par bassin d’emploi ou par bassin de vie (voir pages suivantes).

Ce dossier propose donc un panorama des 12 EPCI lotois existants, de leurs structures déjà créées ou programmées (notamment pour les zones d’activité). Par définition, il ne peut anticiper les regroupements à venir. 

Zones d’activité : la course au foncier

Officiellement, il n’existe que 20 zones d’activité dans le Lot, dont 4 sont classées parmi les Zones d’Intérêt Régional, ou ZIR (Cahors-Sud, Quercypôle, Les Landes et Haut-Quercy, cette dernière étant encore en projet). Dans les faits, le nombre de zones d’activité est bien plus important, comme le montre ce dossier, mais la préoccupation partagée par toutes les communautés de communes est paradoxalement la recherche de terrains, que ce soit pour étendre les zones existantes (la plupart d’entre elles arrivent à saturation) ou pour en créer de nouvelles.

Comme le montre ce panorama des EPCI lotois, ils en revendiquent ensemble 32, en incluant tous les types de zones d’activité ainsi que celles qui sont en projet. Par ailleurs, les tailles des zones, en nombre de salariés travaillant sur le site, sont très différentes, puisque cela va de quelques dizaines à près de 2 000 (chiffre annoncé par la Communauté de Communes Cère-et-Dordogne pour la zone industrielle de Biars-sur-Cère et Gagnac-sur-Cère).

4 ou 5 territoires d’ici 2020 pour le Lot ?

A l’oeuvre depuis 2010, la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI) a organisé plusieurs dizaines de réunions en vue de favoriser les rapprochements entre les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale). Dans un premier scénario présenté en 2011, l’Etat proposait, par le biais du Préfet du Lot, la création de 7 intercommunalités. Cette proposition a été rejetée et la nouvelle carte, entrée en vigueur au 1er janvier 2015, dessine 12 EPCI. Chacun le sait, il ne s’agit que d’une étape. L’Etat, la nouvelle Préfète du Lot (Catherine Ferrier, qui a pris ses fonctions le 9 mars 2015) et la CDCI auront à coeur d’aller plus loin. Jusqu’où ? Officiellement, personne n’avance de chiffres définitifs sur le nombre d’EPCI dans le Lot d’ici 2020.

Cela étant, les hypothèses de travail qui sont évoquées lors des réunions de la CDCI du Lot tablent sur 4 à 5 grandes entités d’ici 5 ans, que l’on pourrait préfigurer en les renommant « très Grand Cahors, très Grand Figeac, grand Cauvaldor, plus un ou deux autres EPCI. De fait, comme certains Présidents d’EPCI l’envisagent (voir pages suivantes), certaines communautés de communes pourraient se « diviser », certaines communes rejoignant des EPCI lotois voisins, ou des EPCI des départements limitrophes. Cela étant dit, plusieurs Présidents de communauté écartent ce scénario et misent sur le fait que c’est la densité de population et non le nombre d’habitants qui servira de base de calcul, ce qui permettrait le maintient de petits EPCI dans les zones rurales. Ce débat sera tranché courant 2015.

Outre les différences entre les EPCI en termes de nombres de communes, d’habitants ou de superficie, on note d’importantes variations en ce qui concerne le revenu net moyen déclaré par habitant (de 16 648 à 22 842 €), la proportion de personnes de plus de 60 ans (de 28,2% à 43,6%) ou le nombre d’entreprises (de 324 à 5 895 établissements).

GRAND CAHORS
Encore plus grand 
Seule communauté d’agglomération du département, le Grand Cahors est l’EPCI le plus peuplé (43 236 habitants). Si elle se veut « multispécialisée », l’économie du Grand Cahors s’appuie notamment sur 6 zones d’activité, dont la plus forte en termes d’enjeux – Cahors-Sud – comprend désormais environ 700 emplois.

Jean-Marc Vayssouze,
Président du Grand Cahors

Le Grand Cahors et ses 39 communes est l’EPCI le plus peuplé du Lot, avec 43 236 habitants, juste devant le Grand Figeac, qui couvre un territoire plus vaste (80 communes pour 42 501 habitants). C’est également la seule communauté d’agglomération du département, les 11 autres EPCI étant des communautés de communes.

Jean-Marc Vayssouze, Président du Grand Cahors et Maire de la ville, estime que la cité ne doit « négliger aucune piste pour accélérer son développement économique ». Ce développement peut s’envisager à la périphérie de la ville-préfecture. Les zones les plus actives se trouvent donc autour de la cité, que ce soit au nord (Les Matalines, Englandières, la plaine de Labéraudie, les Grands Camps) ou au sud (l’entrée sud de Cahors et, surtout, la zone d’activités de Cahors-Sud.

Reste que le projet de reconstruction de « la ville sur la ville » (cinéma multiplexe dans le centre, reconquête du secteur sauvegardé, écriture d’un quartier du XXIème siècle avec la construction de l’hôtel Best Western Divona et d’une auberge de jeunesse à vocation internationale) constitue une source majeure de développement.

700 EMPLOIS À CAHORS-SUD

Le développement de nouvelles activités économiques à Cahors permettrait à la ville de se débarrasser de l’image de « ville administrative » qui lui colle à la peau. « Pour proposer un développement économique pérenne, il faut disposer de ressources foncières mobilisables et adaptées, ajoute Jean-Marc Vayssouze. Or, ces ressources se trouvent aujourd’hui principalement sur la zone de Cahors- Sud, avec un potentiel de 300 hectares supplémentaires à viabiliser. » A titre de comparaison, les 230 hectares déjà occupés accueillent 66 entreprises pour 700 emplois. Le Grand Cahors vat- il se spécialiser, comme peut l’être par exemple le Grand Figeac dans le secteur aéronautique et mécanique ? « L’économie de ce territoire est historiquement diversifiée et a vocation à le rester, répond Jean-Marc Vayssouze. En ce qui concerne Cahors-Sud, la proximité de l’échangeur autoroutier et de l’aérodrome favorise logiquement l’implantation d’acteurs de la logistique ou des activités dites “de bord de piste”, mais sur l’ensemble du Grand Cahors, nous ne négligerons pas le tourisme, le commerce, ni l’importance que ce territoire conserve sa vocation agricole ». 

GRANDIR ENCORE ?

« L’agglomération se révèle être la bonne échelle car elle épouse les contours des bassins d’emploi et de vie, reprend Jean- Marc Vayssouze. Aujourd’hui, le Grand Cahors réunit déjà 39 communes et la priorité n’est pas de grossir mais assurément de coopérer davantage avec les EPCI voisins, notamment dans le cadre du SCOT. En résumé, le but n’est pas de nous adjoindre de nouveaux territoires mais de gérer l’espace autrement, notamment en reconstruisant la ville sur la ville, les villages sur les villages. Nous devons en finir avec la segmentation des espaces entre ceux où l’on travaille et ceux où l’on réside. Cette vision de l’urbanisme est dépassée et la multifonction des quartiers essentielle. »

Autre réflexion importante pour le Grand Cahors : la Voie Verte*, « qui pourrait devenir un argument touristique très efficace pour le département, avec un parcours qui irait de Douelle à Capdenac ». En l’occurrence, c’est encore le Département, et donc le Conseil général, qui est décideur concernant des projets situés à cheval sur plusieurs Communautés. 

* Le projet de « Voie Verte » entre Douelle et Capdenac consiste à créer une piste dédiée aux randonneurs et aux cyclistes sur l’ancienne voie ferrée qui reliait les deux communes sur plus de 70 kilomètres.

Grand Cahors
• Nombre d’habitants : 43 236
• Siège de l’EPCI : Cahors
• Superficie : 593 km2
• ZA : 6 (Les Matalines, Englandières,
la plaine de Labéraudie, les Grands
Camps, l’entrée sud de Cahors et Cahors-Sud).

GRAND FIGEAC
Un territoire exemplaire 
Le Grand Figeac est une communauté de communes dont le rayonnement dépasse les frontières du département, notamment parce qu’il réunit 80 communes (75 dans le Lot et 5 dans l’Aveyron) et qu’il propose à lui seul 9 zones d’activités.

Grand Figeac
• Nombre d’habitants : 42 501
• Siège de l’EPCI : Figeac
• Superficie : 1 103 km2
• ZA : 9 (Quercypôle à Cambes, Leyme, Lacapelle-Marival, Bagnac-sur-Célé, Livernon, Capdenac-le-Haut, Capdenac-Gare et deux zones à Figeac, Lafarrairie et L’Aiguille).


Martin Malvy,
Président du Grand Figeac

Depuis le 1er janvier 2015, le Grand Figeac fait partie du « top 20 » des EPCI les plus importants de France, en nombre de communes : 80. De fait, c’est également la communauté de communes la plus vaste du département, avec 1 103 km2, soit un cinquième de son territoire, et 42 501 habitants, près du quart de la population lotoise. D’autres données font du Grand Figeac un territoire exemplaire, dont la présence de 9 zones d’activités.

« Nous avons effectivement parcouru beaucoup de chemin en moins de deux décennies, explique Martin Malvy, Président du Grand Figeac. Il faut se souvenir qu’à sa création, en 1996, la communauté ne comptait que 6 communes ». Comment expliquer un tel développement ? « Une des forces du territoire qui s’est forgé, c’est qu’il correspond à un réel bassin d’emploi et de vie, répond Martin Malvy. Une des illustrations de cette dynamique, ce sont les 9 zones d’activité qui s’y sont développées et qui toutes aujourd’hui sont pratiquement arrivées à saturation. Nous avons lancé une étude sur le besoin de foncier “économique” du territoire. Il faut soit agrandir, soit créer de nouvelles zones à échéances de quelques années.»

UN CERCLE VERTUEUX?

« Ce territoire a la chance de compter de nombreux champions, que la communauté a souvent accompagnés dans leur développement. Je ne les citerai pas tous mais on peut citer, par exemple Ratier-Figeac, Figeac-Aero, Forest-Liné, Lomaco, Matière, Aérofonctions, Larnaudie, Raynal et Roquelaure… L’éco-système du Bassin de Figeac est remarquable. Il y a aujourd’hui deux fois plus d’emplois industriels sur le secteur qu’il y a 10 ans. L’attractivité de ces sociétés incite de jeunes entreprises innovantes à s’installer ici, à l’image de Whylot », poursuit Martin Malvy. En d’autres termes, le Grand Figeac possède des gisements de croissance, à telle enseigne qu’une des grandes préoccupations des entreprises est d’embaucher. Est-ce une difficulté majeure ?
« Convaincre des salariés compétents et adaptés n’est pas un problème insurmontable si la collectivité consacre justement son énergie à créer un environnement de vie de même nature que celui des zones plus urbaines, dans les domaines de la culture, de l’enseignement, des activités sportives, etc., ajoute Martin Malvy. Cela justifie pleinement nos investissements, dont l’IUT, la Maison Commune Emploi- Formation, le foyer des jeunes travailleurs, les logements étudiants, l’école d’infirmiers… aujourd’hui la médiathèque, le numérique, la programmation d’une quarantaine d’événements culturels chaque année, ou encore la valorisation du patrimoine touristique, car il attire autant les visiteurs que des porteurs de projet ou des habitants potentiels. » Dans ce but, c’est le Grand Figeac tout entier qui a déposé sa candidature pour le classement en « Pays d’Art et d’Histoire » (label aujourd’hui porté par la ville de Figeac uniquement). Le Grand Figeac espère obtenir ce label d’ici deux ans. Ces activités, économie touristique comprise, sont évidemment des soutiens au commerce et à l’artisanat. 

GRANDIR ENCORE ?

Le Grand Figeac est d’ores et déjà le plus vaste territoire structuré du département. La priorité n’est pas de l’étendre à tout prix. « Pour le Grand Figeac, lapriorité est de consolider l’existant, ce qui nous a conduits, par exemple, à prendre en charge la compétence du numérique pour le Lot, indique Martin Malvy. Par ailleurs, nous n’oublions pas que le Grand Figeac est une communauté de communes et non une communauté d’agglomération (note de la rédaction – ndlr : le Grand Cahors est la seule communauté d’agglomération du Lot car le siège de l’EPCI doit compter plus de 15 000 habitants pour obtenir cette appellation et Figeac n’en compte que 10 000), ce qui signifie principalement que nos dotations sont moindres. Dans tous les cas, il faut retenir une chose : avec la nouvelle répartition des compétences qui s’annonce, les communautés de communes et les chambres consulaires vont devenir des acteurs plus déterminants, mieux organisés pour soutenir le développement de l’économie. Nous travaillerons donc de plus en plus ensemble ». Martin Malvy sait de quoi il parle, en tant qu’ancien Secrétaire d’Etat, ancien Ministre et Président de Midi-Pyrénées depuis plus de 17 ans.
 

CAUVALDOR
Le grand multispecialiste 
La naissance de Cauvaldor est assurément le regroupement le plus spectaculaire du redécoupage des EPCI lotois, avec un territoire quasiment deux fois plus vaste que celui du Grand Cahors.

Cauvaldor
• Nombre d’habitants : 37 198
• Siège de l’EPCI : Souillac
• Superficie : 1 028 km2
• ZA : 4 (Bétaille, Cavagnac, Souillac et Rignac) et 1 en projet (Zone d’Intérêt Régional du Haut-Quercy à Cressenssac)


Gilles Liébus, Président de Cauvaldor

Six communautés de communes réunies en une seule (Pays de Souillac- Rocamadour, Martel, Haut-Quercy Dordogne, Gramat, Padirac et Saint-Céré) ! Cauvaldor (contraction de Causses-Vallée de la Dordogne) est assurément l’une des plus spectaculaires de France.

Ce vaste territoire recouvre quasiment tout le nord du Lot, sur une superficie quasiment deux fois plus importante que celle du Grand Cahors. Seul le Grand Figeac est (très légèrement) plus grand. Par ailleurs, la Communauté de Communes de Cauvaldor compte près de 37 500 habitants et n’a aucune inquiètude à avoir concernant le relèvement du seuil à 20 000 habitants, puisqu’elle en réunira bientôt le double. En fait, il s’en est fallu de peu pour que cette communauté devienne la plus grande et la plus peuplée du département. Ce « peu » n’esttoutefois pas rien : il aurait fallu que le regroupement concerne 8 communautés de communes et non 6. Mais les négociations avec les EPCI de Cère-Dordogne et du Pays de Sousceyrac n’ont pas abouti. Cela a privé Cauvaldor de plus de 10 000 habitants, de 21 communes et de plus de 260 km2, ce qui en aurait fait le numéro 1 lotois, en population, en nombre de communes comme en superficie.

L’économie de Cauvaldor est-elle spécialisée ? « Ce territoire a historiquement vocation à être multispécialiste, répond Gilles Liébus, Président de Cauvaldor. Il fait partie des bassins d’emploi et de vie de Brive, a développé ses propres zones d’activité à Bétaille, à Cavagnac, à Souillac, à Rignac, s’appuie sur les trois zones d’activité de Saint- Céré et poursuit le projet d’une zone d’activité à Cressenssac, près de l’aéroport. La communauté de communes est en train d’acquérir le foncier nécessaire au développement de cette zone d’activité du Haut-Quercy, qui sera de plus une Zone d’Intérêt Régional, mais elle doit également gérer le retrait de la communauté de Brive, qui participait initialement au projet. »

PAYS DE SOUSCEYRAC
Un EPCI convoite 
La Communauté de Communes du Pays de Sousceyrac est située à l’extrême nord-est du Lot, avec le Cantal et la Corrèze pour voisins. Composée de 5 communes pour environ 1 500 habitants, cette entité a développé une économie dite « de moyenne montagne ».

Pays de Sousceyrac
• Nombre d’habitants : 1 484
• Siège de l’EPCI : Sousceyrac
• Superficie : 140 km2
• ZA : 1 (zone d’activité du Pays de Sousceyrac)


Francis Laborie, Président
de la Communauté de Communes du Pays de Sousceyrac

La Communauté de Communes du Pays de Sousceyrac accumule les records : c’est le plus petit EPCI du Lot, en nombre d’habitants (environ 1 500) comme en nombre de communes (5 : Calviac, Comiac, Lacam d'Ourcet, Lamativie et Sousceyrac), et c’est également le plus éloigné de la métropole du département, Cahors, distante de plus de 100 kilomètres. Pour apprécier la situation de cette communauté de communes, on pourrait se limiter à rappeler qu’elle se situe quasiment au centre du triangle formé par Brive, Aurillac et Figeac.

De fait, sa situation la conduit à faire partie de plusieurs bassins de vie et d’emploi. En ce qui concerne son économie propre, elle estfondée sur les activités dites « de moyenne montagne », sachant qu’elle fait déjà partie des contreforts du Massif Central (principalement l’exploitation du bois, l’agriculture et l’artisanat, les énergies renouvelables). « Nous imaginons également de développer des activités spécifiques au développement durable et à la transition énergétique, comme le parc d’éoliennes qui sera bientôt opérationnel sur notre territoire », précise Francis Laborie, Président de la Communauté de Communes du Pays de Sousceyrac.

Plus que tout autre EPCI du département, la Communauté de Communes du Pays de Sousceyrac va voir son devenir changer avec l’évolution du seuil exigé, en nombre d’habitants, pour continuer à exister en tant qu’intercommunalité à fiscalité propre. La logique géographique voudrait que les différentes communes qui composent l’EPCI rejoignent les structures limitrophes, mais il est également possible que la communauté de communes dans son ensemble rejoigne celle d’un département limitrophe. 

PAYS DE LALBENQUE
Tourisme et terroir en etendards 
La communauté de communes apparaît aujourd’hui comme une entité de taille moyenne (environ 8 300 habitants) qui mise principalement sur le tourisme et les richesses de son terroir.  
Pays de Lalbenque
• Nombre d’habitants : 8 257
• Siège de l’EPCI : Lalbenque
• Superficie : 445 km2
• ZA : 1 zone artisanale (Lissaure)
Jacques Pouget,
Président du Pays de Lalbenque

«La campagne dortoir » : l’expression colle à la peau du territoire de cette communauté de communes mais son Président, Jacques Pouget, l’écarte tout en faisant de la situation privilégiée de cet EPCI une carte maîtresse. « Cette communauté de communes s’appuie sur une dynamique qui lui est propre, notamment avec le tourisme et les richesses de son terroir. C’est une mutation profonde pour ce territoire : le tourisme est désormais le premier employeur, devant l’agriculture. C’était inimaginable voici encore quelques décennies ! L’autre aspect de cette attractivité, c’est que cette communauté de communes s’impose comme un endroit où l’on apprécie de vivre, tout en allant travailler sur les bassins d’emplois voisins, comme Cahors, Caussade, voir Figeac ou Montauban. » De fait, la Communauté de Communes du Pays de Lalbenque accueille principalement deux types de « nouveaux » habitants : des couples avec de jeunes enfants, demandeurs de services dans le domaine de la petite enfance, mais aussi de la culture, du sport et de la sécurité, ou des personnes âgées, qui aspirent à disposer d’équipement dédiés, notamment dans les domaines de la santé et de la gestion de la dépendance. « Toutes ces mutations ont logiquement fait évoluer l’offre commerciale, précise Jacques Pouget. Quoi qu’on en pense et dise, l’ouverture d’une moyenne surface de la grande distribution nous a permis de limiter l’évasion commerciale vers les pôles voisins. Autres signes de ces évolutions, le village de Lalbenque dispose désormais à la fois d’un salon de thé, d’une maison médicale, accueille plus de 300 enfants dans les établissements publics ou privés, disposera dès 2015 d’une halle couverte et d’une piscine couverte chauffée : toute cela montre que ce n’est pas le territoire qui change, mais ses habitants, qui amènent avec eux de nouveaux modes de consommation et de nouvelles attentes ».
Enfin, il faut rappeler que comme 9 des 12 communautés de communes lotoises, celle du Pays de Lalbenque est bien loin d’atteindre la barre des 20 000 habitants. Si la loi impose ce seuil, cet EPCI devra se réunir avec d’autres ou « exploser ». 

QUERCY BLANC
Proposer des conditions de vie optimales 
Située à l’extrême sud-ouest du Lot, cette communauté de communes souhaite à la fois proposer un cadre de vie attractif et préparer son propre développement économique, notamment avec la création de la zone d’activité des Peyrettes. 

Quercy Blanc
• Nombre d’habitants : 8 183
• Siège de l’EPCI : Castelnau-Montratier
• Superficie : 416 km2
• ZA : 1 (Les Peyrettes à Castelnau-Montratier).

Jean-Claude Bessou, Président
de la Communauté de Communes du Quercy Blanc
Avec environ 8 200 habitants, la Communauté de Communes du Quercy Blanc est née de la réunion des deux EPCI du sud-ouest du Lot (Montcuq et Castelnau-Montratier). Si sa priorité est d’offrir le meilleur cadre de vie possible aux salariés des bassins d’emploi voisins (tels que ceux de Cahors, de Caussade, voire de Montauban), elle ne renonce pas à préparer son propre développement économique, notamment avec l’extension de la zone artisanale des Peyrettes. « La zone arrivait à saturation, ce qui nous a conduits à viabiliser 6,5 hectares, en plus des 10 déjà occupés, explique Jean-Claude Bessou, Président de la Communauté de Communes du Quercy Blanc. Sur les 12 lots que nous avons ainsi créés, 5 sont déjà en passe d’être pris ». Est-ce une zone concurrente de celle de Cahors-Sud, située à 20 kilomètres ? « Certainement pas, répond Jean-Claude Bessou. Notre volonté était de donner la possibilité à des entreprises de s’étendre ou de s’installer ici dans un contexte où il est difficile d’accéder à du foncier de type “économique” et non de faire concurrence à une zone qui va se déployer sur plusieurs centaines d’hectares. Au-delà, il s’agit pour nous de faire passer un message : ce territoire n’a pas vocation à être uniquement un lieu de vie ; c’est également un endroit qui accueille des entreprises et où l’on peut avoir son emploi. » De fait, au-delà des PME présentes sur la communauté de communes, Quercy Blanc emploie de nombreux salariés dans le secteur public (écoles, collège, la Maison d’Accueil Spécialisé Camille Miret, les bureaux de La Poste, les perceptions, les crèches… « Nous avons également des ambitions légitimes dans le secteur du tourisme, car l’activité prend de l’ampleur et rejoint ou complète l’agriculture, qui reste le secteur dominant du Quercy Blanc », ajoute Jean-Claude Bessou. La principale menace, pour cette jeune communauté de communes, serait que la loi imposant aux EPCI de compter au moins 20 000 habitants soit adoptée en l’état. « Dans ce cas, le risque “d’éclatement” des petits EPCI comme le nôtre est réel », conclut Jean-Claude Bessou.

VALLÉE DU LOT ET DU VIGNOBLE
La conquete de l’Ouest 
La communauté de communes de la Vallée du Lot et du Vignoble est l’EPCI le plus occidental du Lot et le 4e du département en nombre d’habitants : il vient de passer le cap des 15 000. 
Vallée du Lot et du Vignoble
• Nombre d’habitants : 15 087
• Siège de l’EPCI : Puy L’Evêque
• Superficie : 370 km2
• ZA : 4 (Puy L’Evêque, Prayssac, Castelfranc et Luzech) et 1 en projet (Sauzet)

Serge Bladinières,
Président de la Communauté de Communes
de la Vallée eu Lot et du Vignoble

Cet EPCI porte dans son nom deux de ses caractères essentiels : la rivière Lot et le vignoble de Cahors. « Environ 75% de la zone de l’AOC Cahors est située sur notre territoire », s’enorgueillit Serge Bladinières, Président de la Communauté de Communes de la Vallée du Lot et du Vignoble. Ces deux atouts « naturels » en induisent un troisième : le tourisme, car la navigabilité de la rivière et le vin attirent logiquement de nombreux touristes. Cela étant dit, Serge Bladinières ne veut pas que l’économie de ce territoire soit réduite à cette « carte postale », si charmante soit-elle. « Cette communauté est également portée par ses pôles commerciaux et d’activité, comme Prayssac, Puy-L’Evêque, Castelfranc ou Luzech, par des entreprises dynamiques comme Ducastel, Marcouly, MétalFormage… sans oublier notre projet de développer une zone d’activité à Sauzet. Je ne pourrais bien sûr pas citer tous les acteursqui contribuent à l’activité industrielle et commerciale de ce territoire, mais je dois insister sur le fait que ses atouts vont au-delà de la beauté des sites et des richesses de son sol. Il faut également tenir compte des apports d’institutions telles que Boissor (ESAT, Etablissement et Service d’Aide par le Travail), les trois collèges publics, les écoles, les EHPAD, les artisans… »
Reste que, même si l’EPCI vient de passer la barre de 15 000 habitants, elle reste en deçà du seuil hypothétique des 20 000 habitants, qui pourrait être exigé pour rester une communauté de communes dans les années qui viennent. Y pense-t-elle ? « Bien sûr que nous y pensons, comme la plupart des EPCI de France, répond Serge Bladinières, mais cela ne doit pas freiner notre action, dans le domaine des ordures ménagères, de la voirie, de la piscine couverte, des écoles de musique, des bibliothèques et plus tard dans celui des gymnases, par exemple. Dans le même temps, nous discutons bien sûr avec les EPCI voisins, comme ceux de Cazals-Salviac ou du Quercy Blanc. Mais au-delà, nous devons garder à l’esprit que nous participons au bassin de vie et d’emploi voisin de Fumel et du Lot-et- Garonne. En l’occurrence, le déclin de plusieurs gros employeurs à quelques kilomètres de chez nous doit renforcer notre volonté de trouver nos propres leviers de développement. » Parmi ceuxci, on peut annoncer l’ouverture complète à l’été 2015 de la navigation de plaisance « des portes d’Albas à Fumel ». 

CAUSSE DE LABASTIDE-MURAT
Le courage central 
Coeur du département, cette communauté de communes est organisée autour du centre géographique du département, Labastide-Murat. Entourée par les trois principaux EPCI du Lot, cette intercommunalité a voulu conservé son indépendance en créant son propre parc économique, Causs’Energie, et en se dotant de nombreux équipements autonomes.

Causse de Labastide-Murat
• Nombre d’habitants : 3 983
• Siège de l’EPCI : Labastide-Murat
• Superficie : 335 km2
• ZA : 1 zone d’activité
(Causs’Energie à Séniergues)

Aurélien Pradié,
Président de la Communauté du Causse de Labastide-Murat

Comptant environ 4 000 habitants, la communauté de communes du Causse de Labastide-Murat a toujours su présenter de solides arguments pour conserver son statut d’intercommunalité à fiscalité propre « et à taille humaine » : un choix revendiqué et pleinement assumé. « Petit mais costaud », voici notre slogan résume Aurélien Pradié, son Président. Parmi ces arguments, citons son rôle fédérateur pour la zone la plus rurale du département : 11,5 habitants au km2 (contre 70, par exemple, pour le Grand Cahors ou Cère-et-Dordogne). Cet EPCI regroupe ainsi 22 communes sur 335 km2, soit une surface quasiment trois fois plus étendue que celle de la Communauté de Communes de Cère-et- Dordogne, qui ne compte que 16 communes.Cette superficie majeure en fait un espace stratégique. Autre argument de poids, Labastide- Murat est doté d'importants équipements attractifs. Equipement sportif couvert, un Pôle de santé accueillant une antenne du CHU de Toulouse, le siège du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy... Bien décidé à faire vivre sa situation centrale, ce territoire s'est doté d'un Parc d'activités : Causs’Energie. Situé en bordure de l'A20, desservi en fibre optique, ce parc souhaite profiter de sa localisation centrale. Cette zone occupe 11 hectares pour 10 lots, de taille moyenne ou importante (de 4 200 à 13 000 m2) à un coût attractif et bénéficie d'un aménagement particulièrement qualitatif. « Pour nous, cette taille “modeste” est un atout, affirme Aurélien Pradié. La loi nous y autorise et nous avons fait les preuves de notre capacité à agir à un bon niveau de proximité. C'est un atout d'efficacité dans nos actions, de rapidité dans nos prises de décisions, de coûts de fonctionnement réduits, d'un endettement minimal… Notre taille nous impose et nous permet d'investir intelligemment, à la bonne mesure, sans folies. Nous avons en quelques sortes les atouts d'une PME en pleine capacité de répondre aux besoins de notre population. C'est essentiel.»

CÈRE ET DORDOGNE
Un bassin d’emploi puissant 
La Communauté de Communes Cère et Dordogne est l’un des principaux bassins d’emploi du département et, avec environ 2 000 salariés, sa zone industrielle de Biars-sur-Cère et Gagnac-sur-Cère est la plus importante du Lot.

Cère et Dordogne
• Nombre d’habitants : 9 022
• Siège de l’EPCI : Bretenoux
• Superficie : 124 km2
• ZA : 1 (Les Landes à Biars-sur-Cère)
Francis Ayroles, Président
de la Communauté de Communes de Cère et Dordogne

La Communauté de Communes Cère et Dordogne, située au Nord du Lot, porte la plus importante zone d’activité du département : la zone industrielle de Biarssur- Cère et Gagnac-sur-Cère, qui regroupe environ 2 000 salariés, au sein de grands groupes tels qu’Andros, Materne, Arcellor Mittal ou de PME renommées, comme CFM 46, SOB (peinture), Arobois, Mambert, Hydrau Elect, Transports Chaylac et Dumont, ainsi que des entreprises artisanales. L’extension de cette zone sur 12 ha supplémentaires a permis la venue des entreprises Seroma, APR et Richard Métallerie, « et d’autres contacts sont en cours », précise Francis Ayroles, Président de la Communauté de Communes Cère et Dordogne.
En matière d’activité économique, cet EPCI est donc fort bien doté, il compte 16 communes et 9 022 habitants (à comparer avec le Grand Figeac, qui regroupe 80 communes de 43 236 habitants). L’engagement et la volonté forte des élus du territoire autour de l’économie portent ses fruits.
En ce qui concerne les perspectives, le fait que la Communauté de Communes Cère et Dordogne n’ait pas rejoint l’EPCI lotois limitrophe, Cauvaldor (qui est né de la réunion de 6 communautés de communes voisines du département), ne doit rien au hasard. Audelà des rivalités qui animent tous les territoires, il illustre les liens qui se sont renforcés ces dernières années entre le pôle économique de Biars-sur-Cère et le département voisin de Corrèze. De fait, l’attractivité de ce bassin d’emploi et de vie se fait fortement ressentir sur le territoire de la Communauté de Communes Cère et Dordogne, dont l’avenir semble clairement se dessiner avec l’alternative suivante : soit les communes de cet EPCI rejoignent la communauté de communes voisine Cauvaldor, soit elles se regroupent avec la communauté de communes voisine en Corrèze. 

HAUT-SÉGALA
Un caractere independant 
La Communauté de Communes du Haut-Ségala a jusqu’à présent exprimé sa volonté d’indépendance, aux côtés de deux voisins de plus en plus étendus : le Grand Figeac et Cauvaldor, et veut dynamiser sa propre zone d’activité, La Lande, à Latronquière. 
Haut-Ségala
• Nombre d’habitants : 2 281
• Siège de l’EPCI : Latronquière
• Superficie : 180 km2
• ZA : 1 (la Lande à Latronquière)

Olivier Bonnaud,
Président de la Communauté de Communes du Haut-Ségala

Située au nord-est du département, la Communauté de Communes du Haut- Ségala est entourée par trois EPCI lotois : les vastes « Grand Figeac » (au sud, 43 236 habitants) et « Caulvaldor » (à l’ouest, 37 198 habitants) et la Communauté de Communes du Pays de Sousceyrac (au nord, 1 484 habitants).
De son côté, la Communauté de Communes du Haut-Ségala réunit 11 communes et environ 2 300 habitants. S’il semble désormais probable que des exceptions seront accordées pour les EPCI de moins de 20 000 habitants situées en zone rurale, il paraît également assuré que les intercommunalités de moins de 5 000 habitants seront obligées de rejoindre des EPCI voisins. En l’occurrence, on nepeut perdre de vue que le seul département limitrophe du Haut-Ségala est le Cantal, dont les intercommunalités sont également en pleine reconfiguration, et que la Préfecture du Cantal, Aurillac, n’est distante que d’une quarantaine de kilomètres. Comme l’intercommunalité l’indique elle-même dans sa communication, elle se trouve « à seulement 30 minutes de Saint-Céré et de Figeac, 45 minutes d’Aurillac », ce qui résume très bien sa situation géographique et son appartenance à plusieurs bassins d’emploi.
Dans ce contexte, la Communauté de Communes du Haut-Ségala a pris l’initiative de créer sa propre zone d’activité. Installée à Latronquière, la zone de La Lande propose 7 lots de petite et moyenne taille (de 850 à 2 500 m2). « Le territoire du Haut Ségala devrait connaître un développement économique autour de la valorisation des productions agricoles et de l'artisanat, dans lequel la zone d'activité de La Lande a toute sa place pour offrir des lots de qualité et accueillir de nouvelles activités, dont les marchés pourraient dépasser notre territoire », affirme Olivier Bonnaud, Président de la Communauté de Communes du Haut-Ségala. 

QUERCY-BOURIANE
Foie gras, bois & tourisme 
Les trois principales filières de l’économie de cet EPCI sont le foie gras, le bois et le tourisme. Bien sûr, les activités de la « CCQB » (Communauté de Communes Quercy-Bouriane) ne se limitent pas à ce trio et ce territoire compte sur ses deux zones d’activité pour en développer de nouvelles. 
Quercy-Bouriane
• Nombre d’habitants : 10 747
• Siège de l’EPCI : Gourdon
• Superficie : 308 km2
• ZA : 2 (la Croix Pierre à Gourdon
et l’Ecopôle de Cougnac)
Marie-Odile Delcamp, Présidente
de la Communauté de Communes Quercy-Bouriane

La Communauté de Communes Quercy- Bouriane (CCQB) s’est organisée autour de sa capitale économique, Gourdon, qui réunit à elle seule près de la moitié de la population de l’intercommunalité (4 500 sur 10 747).
Les 20 communes qui la composent aujourd’hui partagent trois principales filières d’activité : le foie et la conserverie (dont les deux fleurons sont Godard et Valette), l’exploitation du bois (qui sera notamment portée par l’Ecopôle de Cougnac) et le tourisme (dont la grotte préhistorique de Cougnac). De fait, la CCQB est à la fois un bassin de vie et un bassin d’emploi, dont le premier employeur est désormais le secteur tertiaire (banques, assurances, services publics…).
Cela étant, cette communauté souhaite développer son économie localement avec deuxzones d’activité : celle de la Croix Pierre à Gourdon, encore en cours de commercialisation, et l’Ecopôle de Cougnac, en cours d’aménagement. Ensemble, ces deux zones peuvent potentiellement héberger une vingtaine d’entreprises. Pour faire quoi ? La CCQB entend à la fois diversifier ses activités économiques au-delà des filières citées plus haut et favoriser l’émergence sur ce territoire d’un pôle d’excellence autour de l’environnement (tourisme vert, éco-construction. productions artisanales…).

Cette démarche est accompagnée par les nombreux festivals et animations qui rythment la vie des 20 communes de la CCQB : Foire à la poterie d’Uzech-les-Oules, Festival du cinéma de Gindou, Festival Léo Ferré, Festival de Musique de Chambre, Fête du Pain de Gourdon, Médiévales de Gourdon et Peyrilles, etc.
Enfin, même si elle a passé le cap des 10 000 habitants, cette intercommunalité est encore loin des 20 000 que pourrait exiger l’Etat à l’avenir, ce qui la conduirait comme bien d’autres à envisager des rapprochements avec d’autres entités lotoises (lotoises, car la CCQB n’est limitrophe d’aucun des départements voisins). 

CAZALS-SALVIAC
Le phare Ouest 
Bassin de vie avant d’être un bassin d’emploi, la Communauté de Communes de Cazals-Salviac démontre la vitalité de son économie, notamment avec l’extension de sa zone d’activité et la création d’une quinzaine de nouveaux lots.
Cazals-Salviac
• Nombre d’habitants : 5 451
• Siège de l’EPCI : Salviac
• Superficie : 250 km2
• ZA : 1 (zone artisanale de Cazals-Montcléra)
André Bargues, Président
de la Communauté de Communes de Cazals-Salviac
Située au centre de l’axe « nord-sud » du Lot et à l’extrémité ouest du département, la Communauté de Communes de Cazals-Salviac le reconnaît d’emblée : plus du quart des actifs travaillent hors du territoire de l’EPCI, dans les bassins d’emploi des deux départements limitrophes (la Dordogne et le Lot-et-Garonne), à Gourdon ou à Cahors.
De fait, ce territoire ne compte pas de grands groupes industriels mais un tissu relativement dense de PME et d’artisans. Par ailleurs, les 15 communes qui composent cette entité ont conservé une forte activité agricole.
Dans ce contexte, les décideurs locaux ont eu la conviction dès les années 1980 qu’il était indispensable de proposer une infrastructure locale capable d’accueillir des PME et des artisans pour que des emplois soient créés sur place. C’est ainsi qu’est née la zone artisanale située entre Cazals et Montcléra. Aujourd’hui, cet espace est arrivé à saturation et la Communauté de Communes de Cazals-Salviac a donc décidé de l’agrandir, vers le sud, en créant une quinzaine de nouveaux lots, de surfaces petites à moyenne (entre 1 000 et 4 000 m2).
La taille de la communauté est-elle suffisante ? « Il est inutile de consacrer son énergie à ce sujet, répond André Bargues, Président de la Communauté de Communes de Cazals-Salviac. Dans les faits, ce n’est pas la superficie qui importe, mais la densité de population. Cela n’empêche pas un territoire rural comme le nôtre d’engager des projets et de prendre des initiatives. Notre communauté de communes compte des belles entreprises, comme Bargues (note de la rédaction, ndlr : le nom de l’entreprise n’a rien à voir avec celui du Président de l’EPCI), les foies gras Martegoute ou le centre d’appels RST (ndlr : Réseau service télé-secrétariat), à Frayssinet-le-Gélat). Elle a réuni ses offices de tourisme au sein d’une entité unique et a fortement investi, entre autres, dans l’agrandissement de sa zone d’activité. De leur côté, les activités culturelles que nous soutenons génèrent l’équivalent de plus de 15 emplois temps plein. Les retombées économiques sur le territoire du seul festival de Gindou-cinéma représentent plus de 500 000 € et son activité à l’année nécessite 8 employés. Il est vain d’attendre d’agrandir à tout prix le territoire avant de lancer ce type de projets ! »