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Entreprendre CCI du Lot n°160
GASTRONOMIE LOTOISE : Le Lot, terre de saveurs
Des produits d’exception, des producteurs de talent et une tradition culinaire d’excellence, sans cesse renouvelée... En ce début d’été, Entreprendre vous propose un tour d’horizon, par essence non exhaustif, des actualités de la gastronomie lotoise.
A savourer, sans modération.
Julien Poisot, chef du Château de Mercuès « Je veux m’inscrire dans la durée »



Julien Poisot a décroché sa première place de chef à 23 ans (à la Manufacture, le restaurant de l’hôtel Le Colbert à Châteauroux), avant d’exercer ses talents pendant six ans au sein du Groupe Bernard Loiseau, à Paris (chef chez Tante Louise) et Saulieu (sous-chef au Relais Bernard Loiseau – trois étoiles au Michelin). Depuis avril, ce talentueux bourguignon s’exprime à la table du Château de Mercues. Entretien.

Qu’est-ce qui a motivé le bourguignon que vous êtes à rejoindre le Lot et les cuisines du Château de Mercues ?
Julien Poisot : L’envie de relever un nouveau défi : reprendre un établissement, conquérir ma première étoile… J’ai posté mon CV sur le site du réseau Relais & Châteaux et c’est là que j’ai découvert le Château de Mercues, son cadre splendide, son réel potentiel. Puis j’ai visité le Lot ; je suis moi-même originaire de la campagne et je suis tombé sous le charme de ses paysages et de ses produits. J’ai su que j’avais en main toutes les bonnes cartes pour réussir mon objectif. Ici, je veux m’inscrire dans la durée.
Comment définiriez-vous la cuisine que vous réalisez ?
Julien Poisot : Mon ambition est de proposer une cuisine qui reflète l’âme de ce château, un bel ouvrage, mêlant raffinement et force de caractère. En l’occurrence, j’ai beaucoup appris pendant trois ans aux côtés de mon mentor, Patrick Bertron (NDLR : chef du Relais Bernard Loiseau), qui a fait évoluer ma vision de la cuisine pour rechercher en profondeur dans chaque produit toutes les pertinences de saveurs. J’aime beaucoup travailler les garnitures et les sauces. Les associations de goûts sont fabuleuses avec un légume comme la blette par exemple. J’aime aussi les épices, les baies séchées en particulier, ou le safran que j’ai l’intention de travailler à ma façon. Au-delà, chaque plat a une histoire. Petit clin d’oeil à un « classique » de Bernard Loiseau, je propose à notre carte un dos de sandre rôti, cuit en cocotte aux aromates miroir de Malbec, assorti d’un méli mélo de jeunes pousses.
Personnellement, quel est votre péché mignon ?
Julien Poisot : En fait, j’aime tout et j’adore découvrir ce que je ne connais pas. Mais si je ne devais choisir qu’un seul plat, ce serait certainement des rognons de veau, accompagnés d’une purée de pommes de terre.
L'Allée des Vignes cultive gastronomie et authenticité

A Cajarc, L’Allée des Vignes revisite le patrimoine culinaire régional et casse les codes de la gastronomie traditionnelle avec un concept innovant et évolutif qui fait recette.

INTERNET, VECTEUR PRIVILÉGIÉ DE COMMUNICATION Dès sa création, L’Allée des Vignes s’est doté d’un site Internet présentant son concept innovant et son équipe, ainsi que d’une page Facebook pour tisser du lien social avec ses clients. Tous les lundis, le restaurant envoie à un fichier de plus de 600 contacts son menu bistronomique de la semaine.





 

 

 


Claude-Emmanuel et Evgenia Robin

Lui est franco-mexicain, elle est russe. Tous deux ont une âme de globe-trotter et ont voyagé dans différents pays du monde avant de poser leurs valises dans le Lot en 2009. Riches d’une diversité de cultures et d’un parcours professionnel exigeant (voir encadré), ils ont ouvert au printemps 2011 un restaurant au concept innovant dans l’ancien presbytère de Cajarc. « Deux ans de travaux ont été nécessaires pour réhabiliter cette bâtisse de caractère et son jardin. Nous voulions jouer sur les contrastes, rehausser l’élégance de son architecture avec une décoration contemporaine, apporter une touche de convivialité tout en conservant le calme inhérent à l’esprit de ce lieu », explique Claude-Emmanuel Robin.
Ces jeux de contrastes, les propriétaires de L’Allée des Vignes les déclinent également dans leur cuisine, qui marie avec talent gastronomie régionale et notes slaves ou sud américaines.
Mais ce qui fait de L’Allée des Vignes un endroit atypique, c’est l’originalité de son concept. « Nous avons imaginé une carte qui propose des compositions gastronomiques modulables en trois tailles (dégustation, demi plat ou plat) pour répondre aux envies et aux appétits de chacun, détaille Claude-Emmanuel Robin. Cette formule n’existait pas dans la restauration gastronomique. En termes économiques, le modèle implique de ne plus raisonner sur la base d’un ratio par plat, mais d’un ratio global garantissant une réalisation entièrement maison avec des cartes plus courtes, sans diminuer les possibilités de choix. »

TROUVER LE BON MODÈLE ÉCONOMIQUE…
Fin 2011, L’Allée des Vignes crée une carte « bistro » dédiée à la cuisine traditionnelle, avec menu bistronomique du jour. A Paris, les restaurants « bistronomiques » (contraction des termes « bistrot » et « gastronomie »), dont le principe est de proposer une cuisine authentique et raffinée à un prix accessible, poussent comme des champignons. Claude-Emmanuel et Evgenia Robin s’inspirent de cette tendance pour affiner leur concept autour du patrimoine gastronomique régional et déposent la marque « La Table Bistronomique ». Aujourd’hui, cette formule est proposée à midi, tous les jours de la semaine sauf le dimanche. « L’objectif est d’offrir une formule rapide mais toujours de qualité, à une clientèle qui ensuite retournera au travail ou visitera un site touristique dans l’après-midi. Le client y vient car il est assuré de la signature régionale de son déjeuner et d’un bon rapport qualité / prix ».
Parallèlement, ils créent « L’Atelier des Saveurs » pour mieux segmenter leur offre de cuisine gastronomique, réservée à la clientèle en soirée et le dimanche midi.


« A l’inverse de “La Table Bistronomique”, le client s’y rend pour découvrir, ou se remémorer une signature propre à l’établissement. Il vient partager un moment de détente en couple, en famille ou entre amis. Une cuisine inventive et un côté plus formel dans le déroulement du service correspondent aux exigences de la gastronomie », poursuit Claude-Emmanuel Robin



 

 

 




L'Allée des Vignes côté jardin.

… À L’ÉCOUTE DE SES CLIENTS
« En l’occurrence, notre concept évolue en permanence au contact de nos clients, sachant que nous ciblons essentiellement une clientèle locale et de propriétaires de résidences secondaires dans la région. Notre zone de chalandise s’étend sur une trentaine de kilomètres autour de Cajarc, mais nous avons aussi des réservations depuis Toulouse le week-end. Pour séduire ces clients, nous devons leur proposer de la diversité. C’est pourquoi, nous renouvelons régulièrement nos menus et notre carte à chaque saison. »
Dans le même esprit, L’Allée des Vignes a ouvert fin 2012 sa propre vinothèque sous la marque « Les 120 de l’Allée ». « Nous proposons 120 références, des vins les plus légers aux plus charpentés, et les appellations du Sud-Ouest représentent environ 45 % de nos ventes. Nous travaillons en partenariat étroit avec les producteurs, ce qui nous permet d’offrir à nos clients un très bon rapport qualité / prix sur les vins de la carte, ainsi que la possibilité d’acheter à moitié prix une bouteille supplémentaire à emporter », ajoute Claude-Emmanuel Robin.
L’Allée des Vignes propose par ailleurs aux gastronomes amateurs d’art de découvrir des expositions : gravures sur zinc, vitraux, pastels, encres de chine… Cette initiative, baptisée « Un Artiste à Table », a été montée en partenariat avec l’association lotoise Ateliers Nomades d’Artistes (ANA). A chaque nouvelle carte, un nouvel artiste est exposé, pour mieux réinventer en permanence le restaurant.
A noter enfin que l’établissement est entré il y a quelques semaines dans le club prestigieux des Bonnes Tables du Lot (voir ci-contre).

Né à Nice, Claude-Emmanuel Robin a passé une partie de son enfance en Nouvelle-Calédonie et en Equateur. De retour en France, il prépare un BTS option Art de la table puis obtient un Master de Management des métiers de service et de tourisme à l’Ecole de Savignac, en Dordogne. En 2005, il décroche un poste de manager du département restauration d’un établissement quatre étoiles à Londres, où il rencontre celle qui deviendra son épouse, Evgenia, diplômée du Leeds Met University, où elle s’est formée au management hôtelier. Ils occupent en France différents postes à responsabilité au sein du groupe hôtelier Accor, avant de créer L’Allée des Vignes à Cajarc, qui emploie aujourd’hui quatre personnes.
Pascal Bardet, chef du Gindreau « Cuisiner c’est avant tout donner du plaisir et des émotions »

En juillet 2013, Pascal Bardet a repris avec son épouse Sandrine le restaurant Le Gindreau, fondé il y a 40 ans par Alexis Pelissou à Saint-Médard. Un retour aux sources pour ce Figeacois d’origine dispensant une cuisine dans l’air du temps, généreuse et savoureuse.

Avant de reprendre Le Gindreau, Pascal Bardet a travaillé 18 ans aux côtés d’Alain Ducasse. Il fut notamment chef des cuisines du mythique trois étoiles monégasque, le Louis XV.


Pascal et Sandrine Bardet

Vous avez repris le Gindreau il y a tout juste un an, comment s’est passée cette première année ?
Pascal Bardet : Comme nous l’avions imaginé. Simplement parce que le projet de reprise du Gindreau a été le fruit de deux ans d’échanges entre mon épouse Sandrine, moi-même et Alexis et Martine Pelissou. Nous l’avons bâti pas à pas en amont et ce projet suit tranquillement son cours. Nous avons un retour positif des clients et le Guide Michelin nous a accordé sa confiance (Le Gindreau a conservé son étoile en 2014), mais nous devons continuer à travailler. J’ai pris le relais d’un chef lotois qui s’est inscrit dans le temps, nous ferons le point dans 40 ans…

Comment a évolué la carte du Gindreau ?
Pascal Bardet : Notre carte évolue sept fois par an, au rythme des produits de saison. En ce moment par exemple, je travaille le cèpe, la girolle… J’ai grandi sur ce terroir lotois au sein d’une ferme, j’ai été nourri par la cuisine généreuse de ma mère et de ma grand-mère et j’aime profondément la relation avec les producteurs. Aujourd’hui, j’achète en direct plus de 50 % de mes produits. Au-delà, il y a dans la cuisine une notion de plaisir et d’émotion, un supplément d’âme. Depuis quelques temps, j’ai mis des écrevisses à la carte. Gamin, j’adorais aller les pêcher avec mes copains.

A l’instar d’autres chefs lotois, vous vous impliquez dans des initiatives au service de la gastronomie régionale. Quel est pour vous le sens de cet engagement ?
Pascal Bardet : Ce type d’initiative est essentiel car il est basé sur l’échange et le partage. Chaque chef porte l’image de sa maison, mais lorsque nous participons à des événements tels que Lot of Saveurs par exemple, sous la bannière des Bonnes Tables du Lot, nos individualités sont gommées. Nous travaillons en réelle symbiose dans un même but : promouvoir la gastronomie lotoise.

Les Bonnes Tables du Lot : Talent et générosité au service de l'art culinaire

Depuis 14 ans, l’association des Bonnes Tables du Lot multiplie les initiatives pour promouvoir la gastronomie lotoise. Elle accueille cette année de nouveaux talents et déploie sa stratégie de communication sur Internet et les réseaux sociaux.


Fin avril, l’assemblée générale des Bonnes Tables du Lot se tenait au restaurant Le Vinois à Caillac. L’occasion pour l’association, présidée par Gilles Marre (Le Balandre à Cahors), de dresser le bilan de l’année écoulée et d’exposer sa feuille de route pour 2014. « Aujourd’hui, ce que nous prônons depuis toujours, à savoir la valorisation de produits de qualité, est plus que jamais d’actualité dans tous les types de restauration. Pour cela, nous travaillons notamment en étroite collaboration avec le Comité de promotion des produits du Lot. De la même manière, nous poursuivons notre mission de défense du savoir-faire et de transmission, en participant activement aux manifestations gastronomiques du territoire, par exemple pour les 30 ans de l’agneau du Quercy et autour de la truffe l’hiver dernier, ou encore dans le cadre du festival Lot of Saveurs cet été (voir article en page 9) », explique-t-il.

Au chapitre des actualités, Les Bonnes Tables du Lot, qui rassemblent 28 membres, accueillent cette année deux nouveaux chefs : Julien Poisot (Château de Mercues – voir article en page 4) et Claude- Emmanuel Robin (L’Allée des Vignes à Cajarc – voir article en page 5), ainsi que David Blanco (Côté Sud à Cahors) qui réintègre le giron de l’association.

DÉVELOPPER LE MARKETING VIRAL
Du nouveau également sur le terrain de la communication, avec la création d’une commission réunissant Alexandre Marre (Le Balandre), Pascal Bardet (Le Gindreau), Stéphane Chambon (Pont de l’Ouysse), Pierre Sowinski (La Belle Epoque) et Laurent Tayebi (Les Vieilles Tours), destinée à développer la notoriété des Bonnes Tables via Internet et les réseaux sociaux. « Le site de l’association (http://- www.bonnestables-lot.fr), a été refait il y a deux ans et reçoit une nombre croissant de visiteurs. Ils ont été près de 25 000 en 2013, pour un total de 79 000 pages vues, précise Alexandre Marre. Les internautes apprécient tout particulièrement les fiches de recettes en ligne. Désormais, chaque membre dispose sur le site d’une page de présentation de son établissement et de son chef ; chaque présentation faisant également l’objet d’une vidéo postée sur la plateforme Youtube, accessible directement depuis le site Internet. Par ailleurs, l’association a créé sa page Facebook au début de l’année, qui permet de suivre en direct les actualités des chefs. »

Enfin, de nombreux autres projets devraient se concrétiser, notamment le développement d’une version mobile du site web, afin de permettre aux internautes de s’y connecter via leur portable ou leur tablette. « Nous proposerons également aux chefs d’intégrer un QR code (NDLR : tag lisible par les téléphones portables) sur leur carte de visite, pour développer de nouveaux usages marketing », conclut Alexandre Marre.

Flash-back sur les « Cahors-Malbec Days 2014 »

Le Pont Valentré transformé en espace lounge sous un jeu de lumières enchanteur.


Organisés tous les deux ans par l’Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors (UIVC), les « Cahors Malbec Days » ont pour objectif d’internationaliser l’image, la notoriété et les ventes de l’AOC Cahors. Cet évènement stratégique pour le vignoble et son territoire avait lieu du 16 au 22 juin derniers.

Depuis 2007, l’UIVC valorise le Cahors Malbec sur le marché international, sachant que l’enjeu n’est pas de rivaliser avec les gros producteurs de malbec, mais de progressivement s’imposer comme le “french malbec” et donc comme la référence qualitative. L’option paraît d’autant plus raisonnable que le malbec AOC Cahors ne représente que 10 % de la production mondiale.
Pour y parvenir, l’UIVC mise sur les Etats-Unis, marché “phare” du malbec, mais également sur la Belgique, le Danemark, la Grande- Bretagne, les Pays-Bas et l’Allemagne. Les 130 prescripteurs et acheteurs invités aux « Cahors Malbec Days 2014 » étaient donc tous originaires de ces pays.

Aujourd’hui, tous vins confondus, la France exporte près de 30 % de sa production, contre seulement 22 % pour le vignoble de Cahors, et ce malgré un “boom” de ses exportations depuis 2011. Désormais, l’objectif de l’AOC Cahors est d’exporter au moins 35 % de la production à l’horizon 2018. Un objectif que l’appellation a bon espoir d’atteindre, sachant que ses exportations ont encore progressé de 22,6 % au premier quadrimestre 2014.

ANIMER UNE COMMUNAUTÉ D’ACHETEURS ET PRESCRIPTEURS INTERNATIONAUX…
Pour rattraper son retard à l’export, l’UIVC a créé en 2008 les « Journées Internationales du Malbec » (désormais nommées « Cahors Malbec Days »), de manière à inviter les prescripteurs et acheteurs professionnels jugés stratégiques pour le développement international du vignoble (journalistes, blogueurs, sommeliers, importateurs, distributeurs et détaillants).
Véritable séminaire professionnel de quatre jours sur le thème du Cahors Malbec, cet événement s’organise autour d’un symposium en présence d’experts (historiens, oenologues, agrobiologistes, marketeurs…), de dégustations thématiques, de dîners gastronomiques, et offre la possibilité de visiter les vignerons et négociants de son choix.

… ET FÊTER LE CAHORS MALBEC AVEC LE GRAND PUBLIC
Comme à chaque édition, les « Cahors Malbec Days 2014 » se sont terminés par un programme destiné aux amateurs (master classes au Cahors Malbec Lounge, dégustations festives sur le Pont Valentré, barbecue dans un domaine viticole), avec en point d’orgue la Cahors Malbec Party du 21 juin, animée par le groupe électro « Something A La Mode ».

Les prochains « Cahors Malbec Days »

En 2015, et pour la première fois, l’UIVC organisera les « Cahors Malbec Days » à l’étranger. Pays choisi : les Etats- Unis. Pour cela, un Cahors Malbec Lounge éphémère sera créé dans une ou plusieurs villes américaines (New York, Chicago, Washington) afin d’y organiser des séminaires et réceptions à caractère professionnel. Pour le grand public, des Cahors Malbec Parties seront imaginées dans des “espaces partenaires”. En 2016, toujours la troisième semaine de juin, l’évènement fera son retour à Cahors et permettra d’accueillir à nouveau un groupe de 130 invités professionnels.

 

 

 

 

 

 

 

130 professionnels originaires de six pays
ont participé
à cette édition.

Action de la CCI du Lot :
La CCI du Lot a apporté son soutien financier à cet événement à hauteur de 12 000 euros.

Lot of Saveurs imprime sa marque dans le paysage de la gastronomie événementielle

Pour sa 6e édition, le festival de la gastronomie lotoise sublime l’art du « bien manger ». Sous les feux des projecteurs à Cahors du 4 au 6 juillet, les grands chefs lotois jouent cette année les prolongations tout l’été dans les villages sur les marchés Lot of Saveurs.

Depuis maintenant six ans, le festival cadurcien Lot of Saveurs célèbre la gastronomie lotoise, ses produits, ses producteurs, ses chefs… De la truffe noire à l’agneau du Quercy, en passant par le Rocamadour, la noix, le safran et le melon, sans oublier le vin de Cahors, des Côtes du Lot et des Coteaux du Quercy, cette manifestation gourmande et festive met à l’honneur les 11 produits labellisés de notre territoire. Des produits sublimés par le talent des chefs de l’association des Bonnes Tables du Lot (voir notre article en p. 7) qui, le temps de ce festival, quittent les cuisines de leurs restaurants pour partager avec le public des moments de plaisirs gourmands.
Au menu de cette édition 2014 : le traditionnel banquet de Lot of Saveurs, ouvert à 2 000 convives sur les Allées Fénelon et qui a obtenu cette année le label « Grande Tablée », décerné par le Ministère de l’Agriculture pour récompenser, entre autres, la valorisation du savoir-faire régional et la création de lien social.
Parmi les autres temps forts de la manifestation, le repas gastronomique concocté par les chefs des Bonnes Tables du Lot pour quelques 450 convives dans le cadre patrimonial d’exception du Foyer Lamourous.

L’ART CULINAIRE DANS TOUS SES ÉTATS…
Lot of Saveurs, c’est également la transmission du patrimoine culinaire. Ainsi, pendant tout le festival, les chefs multiplient les initiatives pour proposer à un public de tous âges un large programme d’animations participatives : ateliers découverte dédiés aux enfants, démonstrations, ateliers culinaires, concours de cuisine amateur en partenariat avec le site Internet « 750 grammes »…
A noter que pour la première fois cet été un concours de cuisine est organisé à l’intention des jeunes cuisiniers professionnels, qui devront séduire en direct un jury présidé par le chef lotois Alexis Pélissou et composé, entre autres, de Bernard Vaussion (ancien chef de l’Elysée), parrain de l’édition 2014 de Lot of Saveurs.


 

 

 

 

 

 



Carrousel d'animations dans les rues de Cahors.

Enfin, pour célébrer la création gourmande sous toutes ses formes, un programme autour de l’art culinaire ponctue les trois jours de festival. Il marie expositions photo (en partenariat avec le Festival International de la Photographie Culinaire), théâtre, animations de rues, cinéma de plein air, ballades gourmandes patrimoniales… Un vrai régal !







Des recettes qui mélangent
avec brio tradition et modernité.


Lot of Saveurs en chiffres

• 3 jours de festival à Cahors
• 10 jours d’exposition
• 8 marchés Lot of Saveurs pendant tout l’été dans les communes de l’agglomération cadurcienne
• 50 producteurs locaux
• 10 chefs des Bonnes Tables du Lot et de nombreux chefs invités
• 20 artistes, designers, blogueurs, plasticiens et photographes
• 100 agents de la collectivité mobilisés pendant 2 mois et 40 bénévoles
• 10 000 festivaliers attendus

COMMERCES DE MEUBLES ET DE LITERIE : Quand les outils numeriques valorisent la qualite
La situation est bien connue : en période d’économie tendue, les marchés de biens d’équipements tels que le meuble sont directement concurrencés par d’autres priorités chez les ménages : le logement, le chauffage, l’alimentation, l’automobile, les voyages... Pourtant les professionnels implantés dans le Lot témoignent d’une bonne résistance de leur activité dans ce contexte a priori peu porteur. L’adaptation aux attentes, la souplesse des offres et la présentation des produits restent les conditions premières de la réussite. Si l’apport d’Internet a un temps troublé le jeu, le web s’impose désormais grâce à une fonction incontournable : faire franchir au client virtuel la porte de points de vente... bien réels.

Deux chiffres en guise d’introduction : en 2011, l’INSEE mesurait à 114 l’indice (base 100) du chiffre d’affaires national du commerce de meubles. En 2013, ce même indicateur marquait un repli à 108,3. Ce constat est illustré, en amont, par la disparition de nombreuses fabriques traditionnelles ces dernières années, un peu partout en Europe. Il est également confirmé en aval, à l’échelle locale, avec la fermeture de commerces spécialisés, que ce soit à Cahors ou dans les autres communes du Lot.

Une situation générale marquée par un léger tassement ou au moins une relative stagnation chez la plupart des commerçants, moins ressentis cependant par les professionnels ayant consenti à négocier certains virages cruciaux, sur lesquels nous reviendrons.
EN MOYENNE, UN LÉGER TASSEMENT
PLUTÔT QU’UNE FORTE BAISSE

Le secteur du meuble, certes confronté à des difficultés liées au contexte économique et à la relative atonie du marché de l’immobilier, conserve suffisamment d’atouts sur lesquels appuyer son dynamisme. La presse spécialisée et les émissions de télévision reflètent un intérêt soutenu de la part des consommateurs, les salons professionnels sont toujours très fréquentés. Les offres globales, présentant du petit mobilier et des éléments de décoration, gagnent des parts de marché au détriment des spécialistes de l’ameublement. Dominées par l’attractivité du géant suédois Ikea, les enseignes connotées « jeune habitat » sont en croissance, grâce à des produits design bon marchés, faciles à monter, modulables : adaptés à une société dans laquelle les budgets des étudiants, des premiers emplois et des jeunes ménages sont limités et où la mobilité devient la règle commune.




Pour cueillir les fruits d’une telle situation, les commerçants lotois attaquent résolument le segment de gamme « moyen-haut ». « Nous abandonnons le bas-de-gamme à la www. l o t . c c i . f r 11 grande distribution », relève Benoît Guiral, responsable du syndicat départemental et gérant des Meubles Guiral & Gautier à Espère. De ce point de vue, tous les professionnels doivent nouer des partenariats avec des marques en vogue, se regrouper au sein de centrales d’achats afin d’obtenir des prix compétitifs, etc. L’heure n’est plus au commerce indépendant, peu armé sur le plan des conditions d’approvisionnement comme sur celui des stratégies commerciales.

DEVANCER LA MODE
Autre clé du succès, s’aligner autant que possible avec une demande bien perçue, voire devancer des tendances de consommation en évolution permanente. « Nous devons rester très réactifs, anticiper sur les modes : si on se contente de les suivre seulement, on est toujours en retard », constate Julien Rey, du groupement « Géant du Meuble » à Figeac. Les responsables des magasins travaillent leurs aménagements, la fluidité des circulations, soignent l’identification des corners liés aux marques, tablent sur les mises en ambiance qu’ils renouvellent périodiquement, toujours afin de relancer l’attrait de leur point de vente.

Un temps menacé par l’irruption de l’Internet dans le jeu commercial, le magasin de meubles a su globalement s’adapter à cette nouvelle donne. Dans ce secteur tout particulièrement, le client veut tester, toucher, essayer, comprendre les produits avant de passer à l’acte d’achat, surtout s’il est important en termes de budget. Le conseil, l’expertise du professionnel conservent des vertus rassurantes dès lors qu’il s’agit d’un achat atteignant 2 000 ou 3 000 euros.

 



Quant aux services annexes (par exemple, des bureaux d’études et ateliers capables d’ajuster du surmesure, des aménagements généraux d’une pièce ou d’un appartement nu, des propositions touchant à la décoration…), ils sont très appréciés par une clientèle qui souhaite éviter de partir à l’aventure.
SUR INTERNET, ON ÉLIMINE ; EN MAGASIN, ON CHOISIT !
Les outils numériques, souvent accessibles au public via des bornes interactives implantées dans l’espace de vente, permettent d’intégrer précisément ses propres plans, d’y placer les éléments mobiliers ou décoratifs de son choix, d’observer le résultat en vue 3D, de changer instantanément les tailles, couleurs ou styles, d’obtenir au final une estimation au plus près du montant de ses achats. « Certains fournisseurs nous équipent désormais de telles bornes ou tablettes, sur lesquelles leurs produits sont accessibles en quelques clics. Avec notre aide, le consommateur peut aisément consulter les offres dans un vaste catalogue digital », remarque Benoît Guiral.

L’organisation du marché du meuble

• Spécialistes d’équipement du foyer (Conforama, But...). C’est le principal réseau en France : des gammes très larges, des prix « moyens » à « bas ».
• Généralistes du meuble (enseignes M. Meuble, Mobilier de France...). Ils présentent une offre en ameublement traditionnel tous styles, vendus montés avec service de livraison.
• Spécialistes « jeune habitat » (Ikea, Fly...). Meubles modernes destinés aux jeunes ménages, articles déco, prix peu élevés. • Spécialistes « monoproduits » : proposent des assortiments très larges sur un seul produit (literie, cuisine, salon...).
• Spécialistes ameublement-décoration (Roset, Roche- Bobois, Cinna...) positionnés sur le haut-de-gamme. • Enseignes discount et dépôts-ventes (Le Faillitaire, Troc de l’Île). Prix très compétitifs.
• Spécialistes de la vente à distance (La Redoute, les ventes en ligne...). En plein essor grâce au développement d’Internet.

 

 


 

 

 

 

 

 


De plus en plus de commerçants proposent à leurs clients
de modéliser et visualiser leurs projets d’aménagement intérieur, comme ici les meubles Gautier.

QUI VEUT ACHETER DES MEUBLES EN EUROPE ?

30% des Européens pensent acheter des meubles en 2014 (alors que 49% pensent investir dans les loisirs, 39% dans l’électroménager et 38% dans des travaux). C’est mieux qu’en 2013 pour le meuble et le chiffre est notamment en hausse en Belgique, en Allemagne, en Grande- Bretagne, en Hongrie, en Pologne, en République Tchèque, en Roumanie et en Slovéquie. En fait, il n’y a quasiment qu’en France que les intentions d’achat de meubles baissent en 2014, où la proportion passe de 29% à 24%. C’est 6 points de moins que la moyenne européenne.


L’internet, dont on vante autant les qualités qu’on en craint les effets pervers, est plutôt bien maîtrisé par nos professionnels du meuble. Outre le fait que seul un nombre infime de clients potentiels prend le risque de commander directement, prêtant le flanc à de mauvaises surprises sur le produit ou à des livraisons aléatoires, l’outil Internet développé tant par les fabricants que les commerçants propose des vitrines virtuelles de nature à séduire la clientèle. Beaucoup moins qu’un canal d’achat, le web est un moyen efficace pour attirer le client dans le magasin. Une statistique récente illustre ce mode de comportement : 45 % des acheteurs vont voir les produits sur Internet et les acquièrent ensuite en magasin, quand 20 % réalisent directement leurs achats sans passer par la toile. « Sur internet on élimine, en magasin on choisit », résume judicieusement Bruno Solignac.

En plus de disposer de leur propre site, en lien naturel avec celui de leurs fournisseurs, les points de vente profitent d’un renvoi direct depuis les sites de ces derniers. « Les fabricants de mobilier d’extérieur Fermob, par exemple, notre partenaire Gautier ou d’autres encore référencent tout naturellement les magasins qu’ils alimentent. Grâce à leurs sites-vitrines, j’ai pu toucher des clients de Montauban, Gaillac, Brive et même plus loin. Quant à notre propre site, vitrine-catalogue, il est déjà prêt à devenir vendeur », se félicite Benoît Guiral.
Tournée des magasins lotois : paroles de professionnels
Benoît Guiral, meubles Guiral et Gautier à Espère : « Trouver de nouveaux créneaux et anticiper sur les tendances »
S’il était enseigne Mobilier de France il y a quelques années, Benoît Guiral est aujourd’hui indépendant mais jouit d’un partenariat privilégié avec des marques de forte notoriété. Exception à la règle dans le milieu des commerçants lotois, il estime l’appartenance à une centrale d’achat « contre-productive et trop coûteuse ». Face à son magasin d’Espère, la présence depuis 2012 du magasin Gautier, franchise appartenant à l’un des derniers grands fabricants français basé en Vendée, illustre bien cette volonté de synergie gagnante. Sur 3 000 mètres carrés incluant les deux magasins, le stock et l’atelier, 7 salariés sont aptes à concevoir et construire de A à Z un cadre de vie, vendre du mobilier et le livrer. « Nous nous déplaçons souvent chez le client pour le métré, les plans, la vue en perspective. Le sur-mesure est très important. Cette démarche permet parfois de conclure une vente », remarque Benoît Guiral.
Après deux années en légère baisse, l’entreprise du bassin cadurcien a stabilisé ses résultats. « Avec des charges fixes de 2 300 euros par jour et la concurrence de Montauban et Toulouse, il faut imaginer de nouvelles solutions, fréquenter les salons majeurs, entretenir les relations avec les fournisseurs et prendre des initiatives. Aujourd’hui, nous réalisons environ 20 % du chiffre d’affaires grâce à des collectivités, des administrations ou des entreprises », précise t-il.
Auprès des particuliers, les émissions télévisées qui fleurissent partout popularisent la fonction de l’architecte d’intérieur : un professionnel du meuble avisé doit savoir s’orienter vers ces attentes, réaliser une chambre complète, intégrer un dressing sur mesure, voire prendre en mains la décoration. Aux yeux du commerçant, l’apport de l’informatique au sens large s’avère essentiel : « Le client veut voir sur tablette son canapé fini, sur mesure et aux couleurs choisies. Il profite aussi sur les bornes interactives d’un catalogue complet du mobilier. Et s’il se dirige vers le site des meubles Gautier, il peut aussi organiser son intérieur selon ses voeux et chiffrer le tout », analyse le spécialiste. Vers quels types d’articles se dirige plus volontiers la clientèle ? Les styles rustiques et les gros meubles classiques n’ont plus guère la cote. Les produits modernes, design, les couleurs toniques, les contrastes de matières, parfois la copie d’ancien vitaminé emportent l’adhésion.
Quel est l’intérêt, selon Benoît Guiral, d’une affiliation avec un syndicat présidé par une Toulousaine ? Dans un passé récent, deux opérations ont justifié cette organisation de groupe : « Nous nous sommes battus contre les commerces volatiles venus tenter des coups, comme des ventes au déballage. Ils ont fait du mal à notre profession. Par ailleurs, nous luttons collectivement afin de conserver l’abattement de 30 % sur la taxe TASCOM liée à la surface de vente commerciale ».
Alain Stassart, Meubles Latapie à Capdenac-le-Haut : « L’indice de réussite est directement lié au moral des Français »

Quand il a pris voici trois ans les commandes du magasin, Alain Stassart a quitté Mobiclub pour s’adosser à l’enseigne HO Meubles. « C’était un choix économique mais aussi une formule plus souple en publicité et une puissance d’achat plus importante », constate le responsable. Si l’an passé a été correct, le présent exercice est jugé plus complexe, sauf dans la literie qui se maintient bien. « Les clients sont hésitants, diffèrent ou fractionnent leurs achats. Entre l’envie et le besoin, ce dernier tend à l’emporter en période incertaine. »
1 100 mètres carrés, quatre salariés : les Meubles Latapie rayonnent entre Lot et Aveyron. Sa clientèle, âgée de 30 et 80 ans, est composée surtout de cadres et d’artisans. Dynamique au plan économique, le bassin figeacois est marqué par de forts mouvements dans les entreprises : une situation qu’apprécie un chef d’entreprise qui s’estime « dans les clous » par rapport à ses prévisions lors de la reprise.


Joël Périé, Meubles Périé à Gourdon : « Il faut muscler nos outils Internet »

Sous enseigne Mobiclub, adossé à la coopérative d’achat, le magasin gourdonnais fait travailler cinq professionnels - deux vendeurs, trois livreurs-poseurs. Joël Périé dispose aussi de deux adresses à Sarlat, l’une dédiée aux meubles, l’autre aux cuisines. Il évoque sans détours la période difficile que traverse son activité : « Nous constatons, surtout le samedi, une forte évasion vers Brive, accentuée depuis trois ans. Les clients sont devenus très exigeants, ils veulent des prix discount mais des services de qualité traditionnelle. C’est difficilement compatible », regrette-t-il.
Pour soutenir son activité, le dirigeant a développé un espace cuisines car ce secteur est souvent moteur : dans une maison neuve, on articule l’aménagement général à partir de la cuisine, souvent ouverte sur le salon.

Après avoir récemment participé à un séminaire organisé par son enseigne, le spécialiste esquisse quelques solutions : mieux tirer profit des outils numériques et d’Internet notamment. « Nous devons proposer des simulations sur tablettes, démontrer la souplesse de nos solutions, remplacer les inefficaces prospectus par des promotions mieux ciblées sur smartphones. Nous devons aussi inculquer à nos vendeurs l’importance d’un déplacement chez le client : le métré, les photos, permettent parfois de mieux conclure une vente », estime Joël Périé.

Bruno Solignac, M. Meuble à Gramat : « L’appartenance à une coopérative est pour nous cruciale »


Franchise, M. Meuble ? « Non, coopérative » corrige Bruno Solignac, louant la solidarité, le conseil, le contact humain « à l’opposé d’Internet » qui lie les 122 magasins en France. Présence médias, catalogues, opérations promotionnelles sont les volets positifs, tout en laissant quelques coudées franches quant aux approvisionnements. Le magasin gramatois est animé par sept salariés, et privilégie « les conseillers qui vendent plutôt que les vendeurs qui conseillent », souligne le dirigeant. Le sur-mesure est pratiqué et les produits sont adaptés, par exemple des literies spécifiques pour les gîtes et d’autres dédiées aux attentes des étudiants.

Dans un espace de vente de 1 400 mètres carrés au décor « place de village », qu’il faut renouveler périodiquement pour séduire à nouveau le visiteur - une grosse refonte tous les dix ans, une ou deux zones réaménagées chaque année -, on note des marques européennes, certaines cultivant la fidélité « depuis plus de 50 ans ». Des corners illustrent les marques fortes sans budget de référencement mais en partenariat intelligent, un minimum d’espace sur des règles basiques de merchandising.

« Le meuble est un produit à cycle long, l’achat se réalise en plusieurs temps. Le rapport qualité-prix est essentiel. Nous devons présenter des gammes cohérentes à une clientèle exigeante, souvent bien informée : Internet est dans tous les foyers, à nous de relayer la concrétisation réelle des projets », estime Bruno Solignac.

Julien Rey, Le Géant du Meuble à Figeac : « La synergie de sept magasins en Quercy-Auvergne-Limousin »




Sur les 1 000 mètres carrés du magasin figeacois, quatre personnes proposent des gammes moyennes à hautes. Pour situer l’envergure du groupe Rey : ce sont 7 magasins et 80 salariés au total. « Le groupe dispose d’une grande puissance d’achat. Nous sommes de plus affiliés à un groupement d’achats, sans obligation de fournisseurs », mentionne Julien Rey.

Plutôt que généraliste, le jeune directeur qualifie l’enseigne de « multi-spécialiste ». Le meuble en général, mais aussi le salon, la literie et la cuisine occupent l’espace de vente. Agenceur d’intérieur, le magasin Le Géant du Meuble prend en charge des chantiers complets. « Dans tous les cas, les attentes vont vers le modulable, le personnalisable. D’où l’importance des tablettes digitales sur site, permettant aux clients d’ajuster et de chiffrer leurs besoins. Bientôt l’acheteur potentiel pourra profiter chez lui, depuis notre site Internet, de cette souplesse avec vision 3D. Désormais on vend de moins en moins de meubles finis », observe-t-il.

SMS, smartphone… : tous les outils du e-mailing sont déployés chez Rey pour informer les clients des offres promotionnelles. Des canaux jugés indispensables pour fidéliser un consommateur qui reste adepte de son magasin : « Nous offrons des facilités de paiement, une livraison professionnelle, ainsi que tout ce qui reste impossible par Internet », résume le chef d’entreprise.
Bertrand Garrabos, Meubles Simon Mage à Saint-Michel-Loubéjou : « Le service sur-mesure est notre cheval de bataille »

Forts d’une trentaine d’années de présence dans le nord-est lotois, les meubles Simon-Mage sont ancrés dans le paysage. Multi-spécialiste, affilié à un groupement d’achats, le magasin se situe dans une gamme « moyen bas » à « moyen haut ». « Nous sommes un peu l’épicerie dans laquelle on trouve un éventail très large en mobilier, cuisine, salle-de-bains, sur une zone de chalandise de trente kilomètres à la ronde », précise Bertrand Garrabos.

Quatre employés font tourner l’affaire avec un maître-mot : qualité de service, de l’accueil du client jusqu’à la livraison. En passant par un sur-mesure très souple. « Un buffet peut être réalisé sur demande à 1,97 m au lieu de 2 mètres. Notre fournisseur portugais le fabriquera pour un prix compétitif grâce au contact direct que nous entretenons avec lui », souligne le dirigeant. Savoir répondre à des attentes de ce type est une condition de survie pour une entreprise en milieu rural, y compris être capable de fabriquer le mouton à cinq pattes : par exemple un meuble télé dans le style d’une cuisine Mobalpa.

Bertrand Garrabos avoue avoir craint l’irruption d’Internet en observant des gens venir tester des meubles chez lui avant de les commander en ligne. « Mais c’est une tendance qui s’est fortement réduite, heureusement », constate-t-il. Le site de l’entreprise est non marchand, on y trouve surtout des vidéos illustrant la philosophie maison et mettant en scène les spécialistes au travers de conseils.
Economiquement, le magasin situé entre Bretenoux et Saint- Céré poursuit sa petite croissance, de trois points chaque année en moyenne.

Spécialité literie : quelques enseignes dans le Lot

UNIVERS LITERIE est implanté depuis quatorze ans à Cahors. Ce magasin indépendant propose sur 440 mètres carrés une bonne dizaine de marques. « Sur des produits souvent techniques, les clients sont informés notamment via Internet. Ils viennent essayer, découvrir les gammes et les services : livraisons, reprises d’anciens matelas. Nous vendons aussi du linge, des oreillers, des armoires… », décline Pascal Dauteuille, responsable du magasin.

BED & CO, MARCHAND DE RÊVES, est une enseigne spécialisée dans la literie, le dressing, les fauteuils et canapés. « Nous proposons des produits très spécifiques plutôt haut de gamme » explique Gilles Lasvènes, professionnel du meuble de père en fils, depuis quatre générations à Cahors. « Le groupement d’achat permet d’avoir des produits toujours à la pointe des nouvelles tendances, en évolution permanente, pour le bienêtre de nos clients. Il permet également de trouver des idées et des nouveautés qu’un commerçant indépendant isolé ne peut avoir. Le vendeur doit cibler ses propositions en fonction des attentes de chaque client ».

LITRIMARCHÉ dispose dans le Lot de deux adresses : l’une à Cahors depuis quatre ans, l’autre à Saint-Céré depuis six ans. L’enseigne franchise 80 magasins indépendants en France, avec centrale d’achats. D’où des prix bien négociés pour des grandes marques françaises. Toutes les gammes sont disponibles, jusqu’à 1 500 à 2 000 euros pour un lit grand confort. « Globalement, nos chiffres progressent un peu chaque année », souligne Pascal Ostrowski.

Règlementation sur les déchets
d’éléments d’ameublement (DEA)

Le 3 juin dernier, une réunion sur la filière des Déchets d’Eléments d’Ameublement (DEA) a été organisée par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot. A cette occasion, commerçants, fabricants et artisans des métiers du bois et du meuble ont pu échanger avec une représentante de l’éco-organisme « Eco-mobilier » sur la réglementation et leurs obligations, les modalités d’adhésion et les solutions pour leurs propres DEA.

Retrouvez les comptes-rendus de cette réunion
sur le site Internet de la CCI : www.lot.cci.fr

Pour plus d’informations, contactez : Emilie Londeix, conseillère environnement, emilie.londeix@lot.cci.fr
- 05 65 53 26 80

Financements : il y en a un pour vous !
A travers ce dossier, nous allons illustrer quels peuvent être les leviers de financement selon les thématiques d’activité et la taille des entreprises. Au-delà de ce panorama, les chambres consulaires sont là pour vous aider à trouver le financement qui vous convient, et à monter votre dossier de candidature.
Plus que jamais dans un contexte économique tendu, le financement est une clé de développement et de pérennité des entreprises. Certaines pourtant hésitent à solliciter des aides. C’est d’autant plus dommage que tous les leviers du financement des entreprises sont désormais activés en France. Alors, plutôt que de mettre fin aux échanges avec un définitif « c’est trop compliqué pour moi », les entreprises ont financièrement intérêt à étudier la question. Dans ce domaine, elles peuvent aujourd’hui encore faire confiance à leur chambre consulaire, qui pourra à la fois leur indiquer à quel(s) type(s) d’aide elles sont éligibles et les assister dans le montage du dossier. Il suffit de parcourir le tableau ci-contre pour constater que chacune et chacun peut trouver “chaussure à son pied”. Et pour mieux vous en convaincre, Entreprendre vous présente les témoignages d’une dizaine d’entreprises et d’entrepreneurs qui ont activé les leviers du financement. Bonne lecture.
Capital : investir localement, c’est possible !

L’association Investir Lot a mis sur pied un dispositif qui permet aux investisseurs lotois d’investir dans des PME locales et d’oeuvrer pour le développement économique du territoire sans perdre de vue les retombées que peut attendre tout actionnaire.
Explication.


Jean-Paul Marty, Président d’Investir Lot.

C’est un fait : les entreprises françaises sont trop souvent “sous-capitalisées” et sont de ce fait plus fragiles que leurs concurrents étrangers face aux aléas de la conjoncture économique. Sensible au niveau national, ce handicap est encore plus important pour les entreprises situées dans les départements ruraux, comme c’est le cas du Lot.
Une des solutions consiste à permettre aux investisseurs locaux d’investir sur leur territoire, ce qui suppose de les mettre en relation avec les entreprises lotoises. C’est ce qui a conduit à la création en 2014 de l’association Investir Lot, présidée par le dirigeant du Centre Leclerc de Cahors- Pradines, Jean-Paul Marty. Cette création est l’aboutissement d’une démarche initiée dès 2012 par le Président de la CCI du Lot, Thomas Chardard.

UN INVESTISSEMENT INTELLIGENT
En toute logique, les entreprises qui envisagent d’intégrer de nouveaux actionnaires doivent avoir leur siège dans le Lot. La situation géographique n’est toutefois pas le seul critère : « Investir Lot ne peut pas avoir le comportement d’une association de type “business angels”, car ses critères pour s’engager sont à la fois économiques et territoriaux, précise Jean-Paul Marty. Cela signifie certes que l’entreprise doit avoir son siège et son activité dans le département, mais également qu’elle doit présenter un bilan sain et avoir des projets de développement ».
L’association Investir Lot compte aujourd’hui plus de 30 membres et devrait passer le cap des 50 d’ici fin 2014. Ce sont les membres, sociétés ou particuliers, qui investissent, et non l’association. « Nous avons accordé une attention particulière à la confidentialité des évaluations et des négociations car c’est une condition indispensable lorsqu’on accueille de nouveaux actionnaires, indique Jean-Paul Marty. Dans le même esprit, nous voulons rassurer les entreprises qui pourraient accueillir de nouveaux actionnaires : il ne s’agit en aucun cas de prendre le contrôle des entreprises et les engagements resteront toujours inférieurs, largement minoritaires ».

UN PROCESSUS CLAIR
Toute entreprise lotoise est donc potentiellement concernée. Soit elle est contactée par l’association, soit c’est elle qui prend contact. Ensuite, le dossier est analysé par le Comité Technique, composé de cinq experts (dont le secrétaire général d’Investir Lot). Si le dossier est jugé intéressant, le porteur de projet se présente devant le Comité d’Agrément, composé des membres de l’association, lesquels décident individuellement s’ils s’engagent et pour quel montant. Si l’opération réussit, un des investisseurs est nommé « instructeur » et est chargé du suivi de l’entreprise bénéficiaire jusqu’à la sortie des associés (tel que cela est défini dans le pacte des associés, sachant que les investisseurs s’engagent pour une durée d’au moins cinq ans pour un minimum de 5 000 euros).
« L’objectif était pour nous de trouver un juste équilibre, indique Jean-Paul Marty. Les investisseurs qui nous rejoignent doivent à la fois le faire par conviction et parce qu’ils pensent qu’ils vont y trouver un intérêt financier. Mais qu’on investisse dans le Lot ou sur des marchés très spéculatifs, le risque zéro n’existe pas ! »

NE PAS ÊTRE UN INVESTISSEUR ANONYME
Quels sont les avantages ? Pour l’entreprise bénéficiaire, c’est de constituer des fonds propres additionnels, d’être accompagnée par des investisseurs impliqués et d’avoir la garantie d’une solution “cadrée” par un pacte d’associés. Pour les investisseurs, les avantages sont notamment liés aux déductions fiscales (impôt sur le revenu, sur la fortune ou sur les sociétés). « Une des grandes forces d’Investir Lot, c’est de permettre aux investisseurs comme aux entreprises d’aller au-delà du statut d’actionnaire “anonyme”, conclut Jean-Paul Marty. Constater que votre action conduit à la création d’emplois sur votre territoire est une satisfaction immense ! »

Investir Lot en bref
• Date de création : 2012
• Président : Jean-Paul Marty
• Siège : 107 quai Cavaignac - 46002 Cahors cedex
• Tél. : 05 65 20 35 48
• Nombre de membres (mai 2014) : 31

Prêts Initiative Lot : les entrepreneurs à l’honneur !
Aujourd’hui appelée « Initiative Lot », cette association créée en 1993 a consenti en dix ans 239 “prêts d’honneur” à des entrepreneurs créateurs ou repreneurs d’activités dans le Lot, pour un montant total qui avoisine 2,3 millions d’euros.

En cette année 2014, ce dispositif, porté par une association aujourd’hui appelée « Initiative Lot » et qui s’appelait autrefois « QUID » (QUercy Initiative Développement), fête son 21e anniversaire. Sa vocation : accorder à des créateurs ou repreneurs d’entreprises dans le Lot une aide sous la forme d’un “prêt d’honneur” sans intérêt, dont le montant va de 3000 à 30000 euros, somme remboursable dans un délai de deux à quatre ans. Depuis huit ans, l’association est présidée par Michel Hibon, par ailleurs Pdg du Groupe Cahors et élu de la CCI du Lot. « Voilà plus de 20 ans que ce dispositif fait la preuve de son efficacité, explique Michel Hibon, notamment parce qu’il permet aux entrepreneurs de disposer de liquidités à un moment crucial : juste après la création ou la reprise de l’activité. »

 
Nombre de prêts Initiative Lot accordés
entre 1994 et 2013 : 239 dossiers accordés
et
total des prêts de 2 284 551 €

PRÊT INITIATIVE LOT : MODE D’EMPLOI

• Montage du dossier : l’entrepreneur doit remplir un dossier d’une vingtaine de pages, téléchargeable sur le site Internet de la CCI du Lot (www.lot.cci.fr, rubrique « se développer », thème « financement »). Pour cela, il peut faire appel aux conseillers de la CCI en appelant le 05 65 20 35 01.

• Qui peut obtenir un prêt ? Tous les dirigeants d’entreprises inscrites au RCS du Lot, quelle que soit son activité (à l’exception de la restauration, des bars et des cafés). L’entrepreneur doit justifier d’un apport personnel équivalent à la somme demandée.

• Qui décide ? Un comité d’agrément, composé de représentants des chambres consulaires, de banques, d’experts-comptables, d’entreprises, d’organisations professionnelles… Ce comité se réunit régulièrement pour auditionner les entrepreneurs candidats, qui sont informés de sa décision dans les jours qui suivent la réunion.

• Combien peut-on emprunter ? Les prêts ont des montants compris entre 3 000 et 30 000 euros (et jusqu'à 80 000 euros pour des projets innovants). Pour fixer le montant demandé, la meilleure solution est de demander conseil à la CCI du Lot, qui avisera en fonction des besoins et des moyens de l’entrepreneur.

• Quelles sont les conditions ? Il s’agit d’un “prêt d’honneur”, ce qui signifie qu’aucune garantie n’est demandée. Par ailleurs, il s’agit d’un prêt sans intérêt, remboursable dans un délai de deux à quatre ans, avec possibilité de différer.

• Quel est le délai moyen entre la formulation de la demande et la décision du Comité d’engagement ? Moins de trois mois.

Enfin, il faut rappeler que la création ou la reprise doit dater de moins de cinq ans pour que l’entrepreneur puisse bénéficier de ce prêt d’honneur (qui lui est accordé à lui, en tant que personne, et non à l’entreprise).

LE RÉSEAU NATIONAL INITIATIVE FRANCE
Initiative Lot fait partie de Initiative France, 1er réseau associatif pour le financement des créateurs ou repreneurs d’entreprises. Au niveau national, il compte 230 plateformes d’accompagnement et ses résultats pour 2013 sont notamment : plus de 16 500 entreprises accompagnées et près de 40 000 emplois créés ou pérennisés.

Eric Jacquart, PDG de Lotoquine à Figeac : « Ce prêt m’a permis de renforcer mes fonds propres »
« J’ai sollicité l’attribution de cette aide au moment du rachat de Lotoquine, en octobre 2010, et constitué le dossier de demande avec l’aide précieuse de la CCI du Lot. Le jury m’a accordé à titre personnel un prêt de 30 000 euros à taux zéro, dont le dernier remboursement a eu lieu en avril 2014.
Ce financement, couplé à l’obtention d’un prêt complémentaire bonifié auprès du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées de 12 000 euros, m’a permis d’injecter plus de fonds propres dans ma holding, de soutenir le financement de mon besoin en fonds de roulement lors de la période de transition avec le vendeur, et donc de faciliter l’opération de reprise de la société figeacoise. Ce dossier a constitué mon sésame auprès de la CCI avec laquelle je n’ai cessé de collaborer depuis, notamment sur la formation, l’emploi, l’environnement, l’export ou l’innovation.
»

Initiative Lot : l’expérience Lotoquine en bref

• Quand ? Eric Jacquart, repreneur de l’entreprise Lotoquine, a sollicité un prêt en octobre 2010 et a reçu les fonds (30 000 euros) début 2011. Les remboursements ont pris fin en avril 2014.

• Combien de salariés ? Lotoquine emploie environ 30 personnes, principalement à Figeac, où se trouve le siège de l’entreprise (ZI de l’Aiguille).

• Quelle production ? Lotoquine imprime environ 20 millions de grilles de jeux chaque année.

Pascal Rambour, Président de France Quercy à Mercuès : « Initiative Lot m’a permis de reprendre l’activité de l’imprimerie »
L’imprimerie France Quercy est un fleuron de l’industrie lotoise. Elle a employé jusqu’à 130 personnes dans les années 1990. Depuis le début des années 2000, l’entreprise a été fortement chahutée par les restructurations qui ont concerné tous les acteurs de l’impression :
elle est ainsi devenue une filiale d’un groupe européen, puis a été placée en redressement judiciaire en octobre 2013. Elle aurait donc pu disparaître. « Il était indispensable de trouver une solution rapidement afin de ne pas inquiéter nos clients, explique Pascal Rambour, le nouveau dirigeant de l’imprimerie. Par ailleurs, la décision se prenait bien loin de Cahors, au Tribunal de commerce de Nanterre, ce qui impliquait de présenter un projet clair et argumenté. Parmi ces arguments, il y a bien sûr les éléments financiers. En l’occurrence, le prêt d’honneur d’Initiative Lot nous a amené 30 000 euros et nous a aidé à proposer un plan de reprise réaliste et à finaliser la création d’une SAS, ou société par actions simplifiée.

 

Aujourd’hui, le résultat, c’est une entreprise qui :
– retrouve son siège social dans le Lot ;
– porte fièrement le nom de France Quercy ;
– a permis de sauvegarder 47 emplois. Pour cela je tiens à remercier nos clients, nos fournisseurs, les acteurs locaux et le personnel qui nous ont permis de finaliser cette reprise et de préserver ainsi un maximum d’emplois.
»

Initiative Lot : l’expérience France Quercy en bref

• Quand ? Pascal Rambour, repreneur de l’imprimerie, a sollicité un prêt en décembre 2013 et a reçu les fonds (30 000 euros) début 2014. Les remboursements vont débuter début 2015 et prendront fin début 2018.

• Combien de salariés ? France Quercy emploie 47 personnes à Mercuès, où se trouve désormais le siège de l’entreprise.
NACRE : plus qu’une aide financière

Plus de 50 dossiers NACRE ont été lancés depuis la création du dispositif en 2009. Dans le Lot, la CCI accompagne les porteurs de projets durant les phases du montage du dossier, du financement du projet et du développement de l’entreprise.

NACRE signifie « Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise ». Ce dispositif a été créé en 2009 et a fêté son cinquième anniversaire en mars 2014. Depuis, plus de 50 dossiers ont abouti dans le Lot : une aide financière (un prêt à taux 0 pouvant aller jusqu’à 10000 euros) et un accompagnement "post-création" d’une durée de trois ans après la création ou la reprise de l’entreprise visant à appuyer le nouveau dirigeant dans ses choix de gestion et à stimuler le développement de son entreprise, notamment en facilitant l’embauche de salariés.
NACRE a été mis en place au niveau national par la DIRECCTE et la Caisse des Dépôts et Consignations. Dans chaque département, au moins un organisme est labellisé pour suivre l’ensemble du processus (instruction des demandes, montage des dossiers et accompagnement des porteurs de projets). Pour le département du Lot, la Chambre de Commerce et d’Industrie fait partie des établissements qui prend en charge ces différents aspects.

Jean-Loup Lahiré, propriétaire de l’hôtel-restaurant La Gariotte à Gourdon : « NACRE a été un apport appréciable pour notre trésorerie »

NACRE signifie «Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise ». Ce dispositif a été créé en 2009 et a fêté son cinquième anniversaire en mars 2014. Depuis, plus de 50 dossiers ont abouti dans le Lot : une aide financière (un prêt à taux 0 pouvant aller jusqu’à 10000 euros) et un accompagnement "post-création" d’une durée de trois ans après la création ou la reprise de l’entreprise visant à appuyer le nouveau dirigeant dans ses choix de gestion et à stimuler le développement de son entreprise, notamment en facilitant l’embauche de salariés.
NACRE a été mis en place au niveau national par la DIRECCTE et la Caisse des Dépôts et Consignations. Dans chaque département, au moins un organisme est labellisé pour suivre l’ensemble du processus (instruction des demandes, montage des dossiers et accompagnement des porteurs de projets). Pour le département du Lot, la Chambre de Commerce et d’Industrie fait partie des établissements qui prend
en charge ces différents aspects.

« J’ai toujours travaillé dans la restauration, d’abord dans les Ardennes, puis à Chamonix, en Haute-Savoie, en tant que chef de cuisine. En 2012, avec mon épouse originaire du Lot, nous avons repris cet hôtel-restaurant de Gourdon, qui anime la ville depuis une cinquantaine d’années. Pour lancer l’activité, l’aide NACRE a été un apport appréciable pour notre trésorerie. Entre la demande et l’obtention de l’aide, il n’a fallu que deux mois environ. En la matière, les conseils et l’aide de la CCI du Lot ont été déterminants, notamment pour remplir les formulaires. C’est un “coup de pouce” important, lorsqu’on reprend un établissement et que l’on doit concentrer toute son énergie à fidéliser la clientèle traditionnelle de l’établissement tout en séduisant de nouveaux clients. Avec ma compagne Edith, nous pensons que nous avons relevé ce défi avec un certain succès : les menus du midi à 12,90 € fidélisent de nombreux artisans et employés, et nous avons su convaincre les habitants de Gourdon de venir chez nous pour des repas plus festifs, le soir, le week-end ou durant les fêtes. Peut-être que cela aurait été possible sans passer par le dispositif NACRE, mais une chose est certaine : cela aurait été beaucoup plus compliqué. »

NACRE : MODE D’EMPLOI

• Qui contacter ? La CCI du Lot (05 65 20 35 01). Par ailleurs, les porteurs de projets peuvent notamment consulter le site du Ministère de l’Economie : www. economie.gouv.fr/cedef/nacre.

• Qui est concerné ? Le dispositif NACRE a été créé pour bénéficier en priorité aux porteurs de projets qui rencontrent des difficultés (demandeurs d’emploi ou bénéficiaires de minima sociaux).

• Entrer dans le dispositif NACRE empêche-t-il de recevoir d’autres aides ? Non, cette formule est compatible avec d’autres dispositifs, comme ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) et de nombreux systèmes dédiés à une branche d’activité ou un territoire.

• Comment s’organise l’accompagnement ? Un dossier NACRE est articulé en trois phases :
1. le montage du projet (quatre mois pour une création et six mois pour une reprise d’entreprise) ;
2. le financement du projet (quatre mois pour une création et six mois pour une reprise d’entreprise) ;
3. le développement de l’entreprise (36 mois). Sur l’ensemble du processus, le porteur de projet est donc accompagné sur une période de 44 à 48 mois.

• Pourquoi NACRE apporte-t-il davantage qu’un financement ? Parce que ce dispositif a également pour but de donner accès à une expertise spécialisée, dans laquelle le porteur de projet ne pourrait pas forcément investir sans une aide de l’Etat (elle peut représenter jusqu’à 75 % du coût de l’expertise). Cette expertise peut s’ajouter au financement initial du projet, c’est-à-dire à un prêt à taux zéro de 10 000 euros au maximum, systématiquement couplé avec un prêt bancaire au moins du même montant.

LE CHIFFRE
40 projets financés chaque année en moyenne dans le Lot

Jean-Pierre Rémy, Président d’Encapsulation Technologies : « L’aide NACRE m’a permis de pérenniser et de diversifier mon activité »
« J’ai créé cette entreprise dans le Lot au printemps 2010, après 15 ans passés à l’Institut OEnologique de Champagne (IOC), en tant que responsable de la R&D. Mon projet de base porte sur la production et la vente de levures sèches encapsulées, qui facilitent la fabrication des vins effervescents. L’aide NACRE a été un complément précieux pour la trésorerie de l’entreprise : elle a permis de pérenniser cette activité, mais aussi de diversifier l’offre et les savoir-faire d’Encapsulation Technologies. Désormais, je travaille sur d’autres procédés de fabrication de matériaux encapsulés. Les applications possibles sont très larges car elles concernent toute activité liée à l’eau ou à l’agriculture. Par exemple, nous pouvons faciliter l’assimilation des minéraux par les plantes, nous pouvons favoriser la germination et nous mettons actuellement au point de nouvelles formules d’oligo-éléments à libération prolongée, notamment attendues par la filière de l’agriculture biologique. En conclusion, je préciserai que cette aide a contribué au développement de l’entreprise ainsi qu’à son implantation dans le Lot : dans les mois qui viennent, tout ce qui subsistait en Champagne sera transféré ici, à Sarrazac. »

Midi-Pyrénées Croissance au capital de la Brasserie Artisanale Ratz, Christophe Ratz, fondateur de l’entreprise : « L’appui des acteurs locaux nous a permis de structurer notre haut de bilan »
La brasserie Ratz s’est installée dans la zone d’activités de Cahors-Sud en 2011 et emploie aujourd’hui dix personnes. Cette implantation a pu être réalisée grâce à une consolidation de la structure financière de la société, avec des apports personnels de Christophe Ratz, un prêt d’honneur Initiative Lot et l’entrée au capital de Midi-Pyrénées Croissance, société de capital investissement affilié au groupe IRDI. « Pour avoir une démarche efficace dans le domaine du financement, il est essentiel que les chefs d’entreprises fassent appel aux compétences qui existent dans le Lot, explique Christophe Ratz. Après l’emménagement à Cahors-Sud, l’appui des acteurs locaux nous a permis de structurer notre haut de bilan, ce qui a eu pour incidence de faciliter le financement de la première extension et d’en préparer une seconde, avec à la clé la création de deux nouveaux postes en CDI. »

 

 

 

 

 


 


 

Le bar aménagé à l’accueil de la Brasserie Artisanale Ratz
pour permettre aux clients de goûter les produits
maison
en toute convivialité.

Des contrats d’appui bienfaiteurs
Les entreprises qui investissent peuvent également être aidées par les “contrats d’appui”, qui représentent jusqu’à 20 % du programme d’investissement. Ils sont gérés par la Région Midi-Pyrénées. En voici trois exemples.
Jean-Pierre Lamamy, PDG d’Aérofonctions : « Pour agrandir l’unité de production et acheter de nouveaux matériels »


Les ateliers d'Aérofonctions à Cambes.

Créée en 2003 à Figeac, l’entreprise Aérofonctions avait déjà bénéficié d’aides financières, y compris d’un contrat d’appui. Elle emploie désormais plus de 60 personnes. Cette année, elle a obtenu un contrat d’appui concernant le programme d’investissement qu’elle a lancé pour agrandir ses locaux à Cambes et pour acheter de nouveaux matériels. Concrètement, l’aide financière correspond à 20 % des montants investis : une partie (un acompte) est versée dès l’obtention de l’accord (soit au début de l’été 2014), tandis que le solde est versé sur justificatifs (prestations des artisans ou acquisitions de matériels). « Cette aide va faciliter l’agrandissement des locaux, soit environ 1 300 m2 de plus, et l’achat de nouveaux matériels, comme une cabine de peinture, une étuve, des moyens de stockage et de manutention et un deuxième autoclave* », explique Jean- Pierre Lamamy, PDG d’Aérofonctions.
(*) Un autoclave est un matériel aux parois épaisses qui permet de polymériser les composites sous pression (7 b et 200° C). Dans le cas d’Aérofonctions, le prix est estimé à 500 000 euros pour des dimensions de 5 mètres de long et un diamètre de 2,50 mètres.
Bernard Jauzac, dirigeant de Jauzac Entreprise : « Pour augmenter notre capacité de production »

Le site de Jauzac à Girac

A la base, Jauzac est une entreprise spécialisée dans la menuiserie et la charpente. Mais l’entreprise s’intéresse depuis plus de dix ans à un domaine extrêmement porteur : les “granulés bois”. Le premier argument de ce combustible est désormais son prix, inférieur de 25 % à celui du fioul ou du gaz selon Jauzac. De fait, la demande ne cesse de croître. « Il était indispensable d’investir dans une unité de production supplémentaire, explique Bernard Jauzac. La nouvelle va nous permettre de produire plus de 2 500 tonnes de granulés bois par an, au lieu de 1 000 pour la précédente. Cette aide a été décisive car l’investissement est important, mais c’est aussi la reconnaissance de notre rôle localement : nous récupérons la matière première chez les scieurs, dans un rayon de 50 kilomètres autour de Biars-sur-Cère. » En plus de l’entreprise et de ses banques partenaires, cette deuxième unité de production a mobilisé au niveau de son financement la Région Midi-Pyrénées, le Conseil général du Lot et la Communauté de Communes de Cère et Dordogne.
Sylvain Vayrac, dirigeant d’AEM : « Pour nous permettre de grandir ! »


Le nouveau bâtiment éco-construit
d'AEM
à Rignac

Les Ateliers Electro-Mécaniques sont plus connus sous l’acronyme AEM. L’entreprise lotoise n’est plus une “start-up” (elle fête son 40e anniversaire cette année), mais elle affiche de nombreux projets. Parmi eux, il y a le nouveau bâtiment d’AEM, que Sylvain Vayrac, le dirigeant, présente en ces termes : « C’est un bâtiment de 1 500 m2, entièrement éco-construit, doté d’un toit végétalisé, d’un système de récupération des eaux de pluie… qui a d’ores et déjà conduit à l’embauche de trois personnes et qui va permettre la création de trois nouveaux postes ». En résumé, AEM est une entreprise en croissance (+ 25 % pour le chiffre d’affaires en 2013, qui atteint 2,3 M€, et + 30% prévus pour 2014). « En majorité, nos clients sont basés en France et pour l’essentiel en dehors du Lot. Pour l’instant, l’export ne représente que 7% du chiffre d’affaires mais c’est assurément une voie privilégiée pour notre développement », conclut Sylvain Vayrac. Gageons que ce nouveau contrat d’appui va y contribuer.

Pour en savoir plus sur les différents dispositifs de financement,
consultez le site d’information des CCI : www.les-aides.fr