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Entreprendre CCI du Lot n°174  
Quand le commerce Lotois a trouvE ses voies
L’évolution du commerce dans le Quercy est très liée au développement des voies de communication sur ce territoire : un premier essor sous l’Empire Romain, un millénaire de quasi autarcie durant le Moyen Âge et un regain à partir du XIXe siècle, dans le sillage de la mise en place d’infrastructures de transport fiables et sécurisées.
Les Romains importent dans le Lot leur système d’organisation, leur maîtrise des grands travaux et… leur sens du commerce. Du temps où elle s’appelle encore Divona, la ville de Cahors est ainsi élevée au rang de cité par l’empereur Auguste et devient une opulente capitale provinciale. Un système de grandes voies rayonnant autour de la ville contribue alors efficacement à l’essor de la cité, ainsi qu’à la croissance du commerce et des échanges dont bénéficient d’autres communes, comme Duravel et Varaire pour les plus importantes. Des thermes sont construits, ainsi qu’un forum, un théâtre, un réseau d’assainissement et un aqueduc de 33 kilomètres qui amène les eaux du Vers. Les échanges commerciaux avec les pays de l’Empire Romain, essentiellement le Languedoc et l’Italie, concernent surtout le blé, le vin et l’huile de noix.
DE L’ESSOR À L’AUTARCIE

Mais dès la chute de l’Empire Romain, le Quercy s’enfonce dans une période sombre. Au Moyen Âge, les guerres féodales, les invasions barbares et les luttes religieuses apportent insécurité, disettes, épidémies et engendrent la destruction des voies commerciales, ainsi que des quelques foyers d’artisanat et d’industrie locaux. Contraint à l’autarcie, le Quercy se trouve coupé de l’extérieur pour une grande partie de ses échanges pendant près de 1 000 ans.

Localement, les échanges portent sur les produits de première nécessité (alimentation, animaux, étoffes) et s’établissent dans des foires qui durent plusieurs jours. Les plus connues se situent à Cahors, Figeac, Fons, Gramat (foire de la Saint-Michel créée en 1277), Cajarc, Catus et Salviac. Mais leur rayonnement trouve ses limites dans les difficultés d’acheminement des marchandises, même pour quelques kilomètres, en raison d’une insécurité permanente et des problèmes de pénétration des seigneuries qui imposent taxes, octrois et péages. Quant aux rares actes de commerce vers l’extérieur, ils portent sur des produits nobles : blé, noix, truffes, toiles. Ils ne sont le privilège que d’une toute petite élite avertie. Cahors et la partie occidentale du Quercy exportent vers l’Angleterre par la Guyenne et le port de Bordeaux. La partie orientale commercialise vers le Languedoc, au travers de l’ancienne voie romaine à destination de Nîmes.

L’état de la Voie Romaine qu’empruntaient encore au début du XXe siècle les marchandises pour rejoindre Rodez.
MISE EN PLACE DES MARCHÉS LOCAUX
La Renaissance et ses grandes découvertes marquent un tournant important dans l’histoire économique de la France. Mais, faute de structures de base nécessaires, le Quercy n’en tirera profit que tardivement, à mesure que les voies de communication s’amélioreront. En effet, jusqu’au XIXe siècle, le commerce reste en grande partie localisé. Mais avant cela, une évolution déterminante a lieu au XVIIIe. Les grandes foires commerciales perdent de leur importance au profit d’autres, plus modestes mais plus proches des lieux d’habitation. Chaque canton inaugure la sienne et instaure son propre calendrier. C’est le début de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le terme de «marchés ».

Au-delà d’un lieu de commerce pour les biens de première nécessité, ces foires permettent à toute une population locale de prendre connaissance de l’évolution des prix et de la qualité des produits, de se rencontrer, de nouer des contacts et d’effectuer quelques démarches administratives au bourg. A une époque où les communications difficiles contraignent à l’isolement et où l’information circule peu, elles jouent également le rôle de brassage de populations et de couches sociales.
Au Moyen Âge, des foires de plusieurs jours ont lieu à Cahors, Figeac, Fons, Gramat, Cajarc, Catus ou encore Salviac. L’une des plus connues est la foire de la Saint-Michel créée en 1277.


Cahors, foire aux moutons au début du XXe siècle.
BEAUCOUP TROP DE CONTRAINTES NUISENT AU COMMERCE JUSQU’AU XIXE SIÈCLE

Le commerce avec l’extérieur est limité à quelques produits et le manque d’organisation des commerçants quercynois ne leur permet pas d’en tirer tous les bénéfices, comme l’écrit J. F. Henry de Richeprey dans son Journal des voyages au XVIIIe siècle, prônant également la fin des entraves imposées par les Bordelais sur le vin de Cahors : « Le commerce a peu d’aliments et personne ne s’y livre avec avantage. Ce sont des étrangers qui font les plus grands profits sur celui des vins qui mérite seul quelque considération. Il est bien essentiel que cette branche de commerce soit encouragée parce qu’elle est la plus essentielle du pays. Une entrave est qu’on n’estime ni n’aime le commerçant ». Donnant la parole au peuple grâce aux Cahiers de Doléances, le Conseil royal peut lire à la même époque ce que les commerçants et artisans lotois lui font parvenir dont, à titre d’exemples : la communauté de Soulomès demande à ce que « le commerce soit facilité » ; Caillac souhaite « que les douanes soient reculées jusqu’aux extrémités du royaume » ; Saint-Cernin de Causse se plaint également des impôts qui « retombent sur le laboureur et les commerçants tandis que les suppôts de la ferme et le traitant cruel boivent le sang des peuples dans des coupes d’or » !

« Ce sont des étrangers qui font les plus grands profits sur celui des vins qui mérite seul quelque considération.»

Par ailleurs, la route de Paris à Toulouse, par Souillac et Cahors, n’est disponible en totalité à la circulation qu’au début du XVIIIe siècle. Les dessertes de Figeac et Aurillac sont ouvertes vers 1770, celles de Figeac-Gramat - Gourdon vers 1790 et celles de Figeac- Cahors vers 1830. Malgré tout, ces progrès semblent encore bien insuffisants, comme en témoigne en 1837 le Maire de Cahors :«Nos débouchés commerciaux sont restreints. Nous ne ferons de progrès sensibles que lorsque la canalisation du Lot et des routes (…) nous fourniront des moyens de transports prompts, fiables et peu coûteux ». Car en effet, outre les mauvaises routes, les voies navigables sont déplorables. Les nombreux rochers entraînent de fréquents naufrages et les incessants transbordements imposés par le manque d’écluses rallongent considérablement les trajets. En termes de franchissement des rivières, les choses ne sont pas plus aisées : à Cahors, le pont romain sur la voie principale Paris-Toulouse est miné par les crues successives du Lot. Le pont Louis-Philippe ne sera bâti qu’en 1834. Le Pont-Neuf s’écroule en partie en 1758, ce qui ruine les plaines de Cabessut et d’Arcambal qui ne peuvent plus écouler leurs produits agricoles. La réparation n’interviendra qu’au début du XIXe siècle. Le pont Valentré sera le seul à permettre l’acheminement des denrées dans la ville. A Souillac enfin, il n’y a pas de pont sur la route de Paris et la traversée de la Dordogne se fait en bac jusqu’en 1822.


La quincaillerie Joffre, à Puy-L’Évêque, au début du XXe siècle.

Jusqu’au XVIIIe siècle, la grande diversité des monnaies et des poids et mesures contribue à l’instauration d’une économie parallèle basée sur l’échange et le troc.

De plus, le commerce connaît un troisième facteur limitant : avant le XVIIIe siècle, la grande diversité des monnaies et des poids et mesures ne favorise pas le développement des activités du commerce mais, au contraire, accentue la méfiance et la suspicion visà- vis des négociants. Elle contribue à l’instauration d’une économie parallèle basée sur l’échange et le troc, très souvent régie par des règles locales, et qui restera vivace et fortement ancrée dans les milieux ruraux.

Grâce à la levée progressive des entraves commerciales et à l’amélioration des conditions de circulation, la quantité des produits échangés avec l’extérieur se développe mais seules deux villes, jouissant d’une situation privilégiée, en tirent profit : Cahors sur le Lot et Souillac sur la Dordogne. La première se spécialise dans l’exportation de vin et de blé vers Bordeaux, l’Angleterre, les pays du nord de l’Europe, les Antilles, et l’importation d’huiles, sucre, café, épices, poissons. Souillac, se situant au point extrême de la Dordogne navigable, favorise la descente vers l’Aquitaine des bois et merrains de l’arrière-pays et approvisionne ce dernier en sel qui remonte des salines du littoral.
VERS LES FORMES MODERNES DU COMMERCE
Pendant longtemps, comme évoqué plus haut, les lieux officiels de commerce se sont limités aux foires. Puis, un modèle supplémentaire apparaît : le modèle coopératif. Représentée à l’origine par des groupements de producteurs constitués en syndicats agricoles pour la réalisation d’achats en commun, la coopération se développe à la suite de l’effondrement catastrophique du marché des céréales provoqué par la crise de 1929. Elle ne s’installe véritablement dans le Lot qu’après la Libération et concerne de nombreuses filières telles les fournitures, la collecte et le stockage de céréales, le vin, le lait, etc.
LES TROIS ÉTAPES DU PETIT COMMERCE : SÉDENTARISATION, URBANISATION, CONCENTRATION

Par essence, le petit commerce reste la manifestation première de la vitalité économique et sociale des plus petites communes. Revers de la médaille, la moindre dépopulation ou le moindre déplacement du centre de gravité économique d’un territoire peuvent affecter la rentabilité de ces commerces et déstructurer un réseau indispensable de services de proximité.

Au XIXe siècle, finies les visites des colporteurs et des marchands ambulants, le petit commerce lotois tient boutique.

Au début du XIXe siècle, le petit commerce lotois connaît une véritable révolution : il se sédentarise ! Finies les visites des colporteurs et des marchands ambulants, le commerce ne vient plus au client mais il tient boutique, souvent en lieu et place des anciennes échoppes d’artisans qui abandonnent leurs fabrications au profit de productions industrielles (voir le dossier Emploi du n°173 - www.lot-cci-magazine.fr). Puis, privé de clients dans les campagnes à cause de l’exode rural, le commerce va jouer un rôle central dans le phénomène d’urbanisation de la société. Il transfère ses points de vente vers les communes de plus grande importance ainsi que vers les villes industrielles qui bénéficient d’un apport de population. Les villes se développent en quartiers et hébergent un appareil commercial mieux étoffé et plus dynamique. Le mouvement est d’importance, s’installe dans la durée, et amorce déjà la disparition des commerces dans les campagnes. Dans les années 1960, le mouvement s’accélère encore avec la troisième étape de la mutation du commerce : la concentration. En effet, 1969 marque l’implantation à Cahors du premier supermarché lotois. Ce phénomène de concentration amplifie l’érosion du petit commerce, en particulier celui de l’alimentation générale et des métiers de bouche. L’évolution est continuelle, le Lot hébergeant à ce jour 59 grandes surfaces à dominante alimentaire. Les supermarchés, souvent bénéficiaires d’une renommée et d’une force marketing d’envergure nationale, exercent une forte attraction et fragilisent les commerces de bourgs et de centre-ville. Cette mutation profonde, face à laquelle le commerce de proximité n’a jamais su répondre, ne semble pas pouvoir s’inverser de sitôt, tant les atouts de la grande distribution restent nombreux.

Emplacement des Nouvelles Galeries et du Grand Bazar, à Figeac, en 1906.

Source : « Histoire de l’économie lotoise » rédigé par la CCI du Lot (rédacteur Marcel Darnaud) en 1994.

Durant la seconde moitié du XXe siècle, le commerce joue un rôle central dans le phénomène d’urbanisation de la société.

Une quatrième étape voit actuellement le jour : la numérisation (voir notre article page 18). Ce nouveau mode de commerce entraîne une véritable révolution dans le rapport commerçant-consommateur. Dématérialisé, transfrontalier, déshumanisé, l’acte d’achat s’affranchit de toutes les contraintes matérielles et temporelles : le consommateur a désormais accès, de n’importe où et à tout moment, à l’ensemble des produits de la planète. Le commerce de proximité devient mondial.

La proximité est un bel engagement

L’expression « petit commerce » n’est plus adaptée. La qualité d’un point de vente n’est pas liée à sa taille mais à la richesse des liens qu’il tisse avec ses clients, son environnement, son territoire. Voilà pourquoi il est plus adapté de parler de « commerce de proximité ». La proximité est en effet un bel engagement des commerçants envers les autres. En plus, ce mot permet de rappeler que gérer un commerce ne se limite pas à vendre.

 


DANIÈLE FOURNIOLS, Vice-Présidente de la CCI du Lot (secteur commerce), Vice-Présidente de l’Union Régionale du Commerce de Midi-Pyrénées

 

Quels sont ces rôles ? Nous pouvons en retenir trois principaux.

Le premier, c’est le maintien du lien social. Nous avons tous le sentiment de le savoir mais il faut le rappeler : les commerces sont des lieux de vie où les habitants se rencontrent et échangent. Aujourd’hui, l’enjeu est que ce lien social existe également entre les commerçants, notamment afin qu’ils luttent ensemble contre la principale menace pour les communes rurales : le “mitage commercial“, la disparition de commerces et la réduction de l’offre.

Le deuxième, c’est la valorisation des communes. A tous les sens du terme, les commerces sont la vitrine des centresbourgs et des centres-villes. L’offre commerciale est le premier message qu’adresse un territoire à ses visiteurs, et c’est souvent celui qui leur donnera envie de rester, de revenir ou de recommander l’endroit.

Le troisième, c’est l’animation des territoires. Les commerçants jouent un rôle de plus en plus important dans la création et l’organisation des évènements qui rythment la vie des communes. C’est notamment à ces occasions qu’ils doivent tenter de parler d’une seule voix et devenir des interlocuteurs incontournables pour les collectivités territoriales.

Voilà les piliers du commerce, que ce soit au niveau du Lot comme à l’échelle de la région. Voilà qui justifiait la création de l’Union Régionale du Commerce de Midi-Pyrénées, ce qui a été fait en juin 2013 à l’initiative de la CCI de Midi-Pyrénées.

Les chiffres clés du commerce dans le Lot

447

commerces de détail alimentaires

Le commerce alimentaire se décompose comme suit :
• 59 grandes sur faces alimentaires ;
• 86 alimentations générales ;
• 73 boucheries-charcuteries ;
• 141 boulangeries-pâtisseries ;
• 53 commerces de vins et produits régionaux ;
• 10 commerces Bio ;
• 25 commerces alimentaires spécialisés.

Source : Schéma de développement commercial du Lot et CCI Lot

73

boucheries-charcuteries dans le Lot

Il reste encore 73 activités de détail de boucherie-charcuterie traditionnelle dans le département du Lot. Le nombre de points de vente baisse régulièrement depuis une quinzaine d’années (130 points de vente en 1999). 40 communes du Lot ont au moins une activité de boucheriecharcuterie.

Source : Schéma de développement commercial du Lot et CCI Lot

8

pôles commerciaux

regroupent 55 % des activités de commerce et de services du Lot : Cahors-Pradines, Figeac-Capdenac-le- Haut, Saint-Céré, Gourdon, Souillac, Gramat, Prayssac-Puy L’Evêque, Biars/Cère-Bretenoux. Les commerces de ces centres-villes sont fragilisés par le développement de la concurrence d’autres formes de commerce (commerces de périphérie et commerce à distance) et l’évolution des comportements des consommateurs. Le maintien de commerces en ville n’est plus seulement l’affaire des commerçants…

Source : Fichier des entreprises CCI Lot

2197€

C’est le chiffre d’affaires moyen au m2 de surface de vente réalisé par les commerces de bricolage et de jardinage en France en 2012.

Dans une conjoncture difficile, les commerces de bricolage et de jardinage ont affiché une légère croissance en 2012 (+ 2,2 %). Le département du Lot compte 46 commerces de bricolage et de jardinage qui représentent plus de 76 500 m2 de surface de vente.

Source : LSA Expert et CCI Lot/p>

20 %

des commerces lotois sont concentrés dans l’agglomération cadurcienne

Sur les quelque 3 000 commerces et services ayant un point de vente dans le Lot, 20 % sont regroupés à Cahors, ville préfecture, qui compte un peu plus de 20 000 habitants.

Source : Fichier des entreprises CCI Lot

Grande distribution : 75 % de la surface de vente alimentaire

La surface de vente totale cumulée des 59 hypermarchés, supermarchés et autres grandes et moyennes surfaces alimentaires représente 66 000 m2. Les 388 “petits” commerces alimentaires du département du Lot ont une surface de vente totale cumulée de 20 000 m2.

Source : Schéma de développement commercial du Lot et CCI Lot

49 000 €

C’est le résultat moyen brut,

c’est-à-dire avant versement des cotisations sociales dues par le chef d’entreprise d’une TPE (Très petite entreprise du commerce et de l’artisanat) en 2012. Ce chiffre était de 50 000 € en 2011. Toutes entreprises confondues, 17 % des chefs d’entreprise gagnent moins de 16 500 €, 32 % gagnent entre 16 500 € et 33 000 €, 21 % gagnent entre 33 000 et 49 500 € et 30 % des chefs d’entreprise ont un revenu brut supérieur à 49 500 €.

Source : Fédération des Centres de Gestion Agréés

40

communes du Lot accueillent régulièrement un marché de plein air

Les marchés de plein air à dominante alimentaire participent à la vitalité et à l’animation des communes. Ils sont un lieu d’échanges et de convivialité très apprécié par la population locale et par les touristes et visiteurs en période estivale. Ils ont 6,7 % de part de marché.

Source : Schéma de développement commercial du Lot et CCI Lot

16

associations de commerçants et d’artisans dans le Lot

Elles ont un rôle indispensable à jouer dans la dynamique commerciale des villes et des centres-bourgs. Dans le département du Lot, 16 associations de commerçants ont une activité régulière. Elles organisent des animations et des actions pour dynamiser le commerce et maintenir des relations avec la clientèle locale tout au long de l’année, et proposent des manifestations pour accueillir et divertir les touristes en période estivale. Elles regroupent un millier d’adhérents. Elles font partie de la Fédération départementale des associations de commerçants du Lot (FDAC).

Source : Schéma de développement commercial du Lot et CCI Lot

62

commerces ruraux lotois ont bénéficié du soutien de l’Etat par le biais du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) entre 1985 et 2013.

Ce dispositif d’aide au commerce a permis la création ou le maintien de commerces de proximité dans une soixantaine de communes du département. 55 dossiers ont été réalisés sous maîtrise des Mairies et 7 dossiers ont été réalisés par des commerçants (avec l’aval des Mairies). Le FISAC a permis également la modernisation de nombreux pôles commerciaux du Lot ( Prayssac, Puy- L’Evêque, Saint-Céré, Gramat, Souillac, Figeac, Cahors) entre 1990 et 2010. La plupart de ces programmes d’action ont, par effet de levier, pu bénéficier d’aides des collectivités locales et de l’Europe et de financements bancaires. Ce dispositif de l’Etat fait actuellement l’objet d’une réforme qui interviendra dès 2014.

Source : CCI du Lot secteur commerce

21 %

C’est la progression du chiffre d’affaires des commerces en franchise depuis dix ans.

Le secteur de la franchise pèse lourd dans le paysage commercial français. Le nombre de points de vente a progressé de 77 % entre 2004 et 2013 (de 37 000 à 65 000 magasins). Dans le Lot, les enseignes de commerce en franchise qui se sont installées à Cahors, Figeac et Saint-Céré depuis une dizaine d’années ont apporté un nouveau dynamisme dans les centres-villes.

Source : Commerce magazine et CCI du Lot secteur commerce

203 m2

C’est le ratio moyen de mètres carrés de supermarché dans le Lot pour 1 000 habitants.

Ce ratio est supérieur à la moyenne nationale qui est de 127 m2 pour 1 000 habitants. Par contre, le même ratio pour les hypermarchés est inférieur à la moyenne nationale : 108 m2 pour le Lot contre 167 m2 au niveau national. Pour les supermarchés hard discount, le Lot est dans la moyenne France (autour de 59 m2 pour 1 000 habitants).

Source : LSA Expert et CCI Lot

51,1 ans

C’est l’âge moyen des commerçants du Lot.

La transmission de commerces va être un enjeu majeur dans les prochaines années. Il est impor tant de maintenir un maillage commercial équilibré dans le département pour satisfaire les besoins de la population et des nouveaux actifs et accueillir les touristes en période estivale. Le commerce est un élément structurant du territoire.

Un panorama du commerce lotois
Résumer la situation du commerce dans le Lot en affirmant qu’il va mal serait faire une erreur. C’est une idée fausse contredite par la forte croissance de cette filière au niveau global, que ce soit en termes de surface de vente, de chiffre d’affaires ou d’effectifs. D’où nous vient alors le sentiment que le commerce est en difficulté ? Principalement du fait que l’activité commerciale a beaucoup changé, souvent à un rythme si rapide que les entreprises ont du mal à le suivre. Voici une photographie globale du commerce dans le Lot.
ÉVOLUTION DU COMMERCE ALIMENTAIRE
Il existe une façon simple de voir le verre “à moitié vide” : se focaliser, par exemple, sur la baisse du nombre de boucheries-charcuteries dans le Lot au cours des quinze dernières années. Entre 1999 et aujourd’hui, le département est ainsi passé de 130 points de vente dans 51 communes à 73 dans 40 communes (sur 340 au total). Autrement dit, dans ce secteur, quasiment un magasin sur deux a disparu (– 43,8 %, exactement). Puis il y a une façon de considérer le verre “à moitié plein”, qui consisterait notamment à se concentrer sur la progression des effectifs dans les boucheries-charcuteries lotoises : les 73 magasins existants aujourd’hui emploient 27 % de salariés de plus que les 130 points de vente de 1999. Dans un cas comme dans l’autre, ces affirmations donnent un reflet très déformé de la réalité du commerce dans le Lot. Quoi qu’on en dise ou pense, le commerce lotois a progressé sur le plan global. C’est vrai pour la surface totale de vente, c’est également vrai pour l’effectif global et c’est encore plus vrai pour le chiffre d’affaires du commerce dans le département. Dans ce cas, pourquoi a-t-on l’impression du contraire ? La principale explication est que les disparitions ont concerné principalement des petits commerces situés en centre-ville ou centre-bourg, ce qui a rendu cette évolution très visible et sensible. Une autre explication est liée à la montée en puissance de la grande distribution dans le domaine alimentaire.
Source : Fichier des entreprises CCI du Lot 2013 et URSSAF
Emploi : la grande distribution passe en tête
Le nombre de personnes qui travaillent pour un secteur est logiquement une donnée essentielle pour mesurer son poids dans l’économie d’un territoire. En l’occurrence, un basculement a eu lieu à la fin des années 2000 : la grande distribution est alors devenue un plus gros employeur que le petit commerce. En 2013, le rapport de force est le suivant : 1 543 salariés dans la grande distribution dans le Lot, contre 1 270 personnes travaillant dans le petit commerce (avec un statut de salarié ou non). C’est probablement l’évolution qui a le plus marqué les esprits, plus que la diminution du nombre de points de vente dans le petit commerce alimentaire (de 492 magasins en 1999 à 388 en 2013, soit – 21 %), et plus que la progression de la surface de vente dans la grande distribution alimentaire (de 45 000 m2 en 1998 à 66 000 m2 en 2013, soit + 46,6 %,).
Thierry Allanot, Directeur des hypermarchés Leclerc de Gramat et de Souillac : « L’opposition grande distribution / petit commerce n’a plus aucun sens »
« Pour lutter contre l’évasion commerciale, il est vital que tous les acteurs du commerce travaillent ensemble au développement de leur bassin commercial, mettent des moyens en commun et affichent une réelle dynamique globale, en cohérence avec les attentes des consommateurs », estime Thierry Allanot, patron des hypermarchés Leclerc de Gramat et Souillac. Depuis maintenant une dizaine d’années, l’enseigne de grande distribution montre l’exemple à Gramat, où elle organise des opérations commerciales (jeux concours, distribution de bons de réduction dans les commerces de centre-ville…) en partenariat avec l’Association des Commerçants et Artisans de Gramat.Autre initiative à Souillac, où le Centre Leclerc qui ouvre le dimanche matin propose, à tour de rôle, aux quatre boulangers de la ville de venir vendre leur pain et leurs pâtisseries dans sa galerie marchande.
Le plancher commercial
Ces quinze dernières années, le plancher commercial alimentaire (nombre de mètres carrés de surface de vente) a fortement évolué dans le Lot : il est passé de 70 000m2 en 1998 (25 000m2 pour le “petit” commerce et 45 000m2 pour la grande distribution) à 86 000m2 en 2013 (20 000m2 pour le “petit” commerce et 66 000m2 pour la grande distribution). Ces chiffres montrent le fort développement de la grande distribution qui regroupe, rappelons-le, les hypermarchés, supermarchés, hard discount et quelques commerces alimentaires spécialisés de plus de 300 m2. Certes, de ce point de vue, on peut considérer que le chiffre d’affaires a bien “changé de mains” mais pas de territoire.
Parts de marché dans l’alimentaire ÉQUIPEMENT DE LA PERSONNE : UNE OFFRE COMMERCIALE DIVERSIFIÉE
74 % ! C’est la part de marché de la grande distribution alimentaire sur un marché estimé pour le département à plus de 447 millions d’euros. Le “petit commerce” ne représente plus que 16,3 % du marché. Ceci dit la grande distribution n’est pas un bloc monolithique. Les enseignes se livrent depuis des années à une concurrence très dure et ont “inventé” des concepts comme le hard discount qui s’est développé dans le Lot (7 magasins en 1999 à 13 en 2013). Les enseignes de la grande distribution “traditionnelle” ont réagi en créant les marques génériques et des communications différenciées pour répondre aux attentes de leurs clients. Depuis quelques mois, on assiste au développement du drive (voir page 21). Aujourd’hui, avec l’évolution des modes de vie et des attentes des consommateurs, la concurrence qui a opposé “grande distribution” et “petit commerce” est complètement dépassée. La concurrence s’exerce maintenant davantage entre pôles commerciaux, dont plusieurs sont situés en limite du département. C’est l’une de ces raisons qui expliquent les rapprochements entre commerces traditionnels de centres-villes et grande distribution pour mettre en place des opérations de promotion commerciale et réduire l’évasion commerciale. Notons que dans le Lot, du fait du nombre et de la diversité de l’offre commerciale, l’évasion commerciale en produits alimentaires est réduite (8 % d’évasion commerciale hors du Lot).

Principalement composé des commerces de vêtements, de chaussures, d’accessoires de l’habillement comme les maroquineries, les bijouteries et les bijouteries fantaisie, le secteur “équipement de la personne” compte, dans le département du Lot, 192 magasins qui emploient quelque 500 personnes (salariés et non salariés).

Depuis une quinzaine d’années, on a constaté une concentration des magasins dans les villes les plus importantes, principalement Cahors, Figeac, Saint-Céré ou Gourdon. Sur l’ensemble des points de vente, seulement une vingtaine a plus de 300 m2 de surface de vente. Ce sont essentiellement des enseignes succursalistes qui se sont installées en périphérie des villes.

Ces dernières années, on a assisté à un fort développement du commerce associé (franchise, succursaliste…) notamment à Cahors et à Figeac. Cette forme de commerce permet une meilleure visibilité auprès des consommateurs et peut être une solution pour faire face à la forte concurrence. Un bon mix entre commerces indépendants et commerces franchisés est un facteur d’attraction commerciale pour une ville.

Pascal Pigeat, boucher à Gourdon : « Nous ne travaillons pas les mêmes produits que la grande distribution »

Pascal Pigeat a ouvert sa boucherie à Gourdon en 1993 et porte un regard pragmatique sur l’évolution de son marché. « Au fond, la concurrence est une bonne chose car elle nous fait progresser. Bien sûr, nous sommes aujourd’hui moins nombreux qu’il y a 20 ans, mais nous sommes tous de vrais professionnels. J’achète mes bêtes sur pied, je conseille mes clients, je cherche à leur faire plaisir, car au final c’est davantage leur boucherie que la mienne », témoigne-t-il.

Qui fréquente son commerce ? « Des habitués pour la plupart ; une clientèle de quartier, mais également de vacanciers qui viennent régulièrement dans le Lot, où ils ont une résidence secondaire, répond Pascal Pigeat. Les nombreuses émissions de cuisine à la télé ont remis au goût du jour l’art de préparer de bons petits plats ; la clientèle est plus sensible à la qualité des produits et devient plus exigeante. Elle tend également à rajeunir, ce qui est très positif. »

Dans sa boucherie, Pascal Pigeat a su recréer l’ambiance des petits commerces d’autrefois. Ainsi, tous les samedis midi, il offre à ses clients un apéritif maison. Un moment d’échange et de convivialité particulièrement apprécié depuis maintenant plus de dix ans…

Une forte évasion commerciale
Les “petits” commerces de moins de 300 m2 (les boutiques de prêtà- porter, chaussures et accessoires de l’habillement) ont une part de marché sensiblement identique aux commerces spécialisés de grande surface (43,1 % d’un côté et 44,9 % de l’autre). Mais le taux d’évasion des ménages lotois en biens d’équipement de la personne est de l’ordre de 37 %. Les consommateurs sont aujourd’hui très mobiles et se familiarisent très vite avec les nouvelles technologies. Les commerces d’équipement de la personne du Lot doivent faire face, non seulement à la concurrence de commerces d’agglomérations situées dans les départements voisins mais également à la concurrence de la vente à distance notamment celle d’internet, qui représente aujourd’hui près de 10% des dépenses des ménages et, selon une étude de Xerfi-Précepta publiée en octobre 2013, atteindra 12% des ventes en 2015.
Comparatif des dépenses dans l’alimentaire et l’équipement de la personne dans le Lot
DC 2008 : source INSEE IDC 2010 : source ACFCI Ménages 2009 : source AID Observatoire
ÉQUIPEMENT DE LA MAISON : 240 COMMERCES, 1000 EMPLOIS

Ce secteur d’activité regroupe tous les commerces d’équipement du foyer. Le Lot compte 240 points de vente que l’on peut classer en trois catégories :

• 163 commerces de petite surface, généralement installés dans des centres-villes ou centres-bourgs, qui commercialisent fleurs, objets décoration, arts de la table, produits de téléphonie, radio TV ménager mais aussi articles de droguerie et quincaillerie, et qui emploient plus de 400 personnes (salariés et non salariés). A titre indicatif, leur surface de vente cumulée représente 11800m2.

• Une trentaine de commerces de meubles, radio TV ménager de plus de 300 m2, qui emploient plus de 200 personnes (salariés et non salariés) et qui ont une surface de vente totale cumulée de 35 300 m2.

• 46 commerces de bricolage et de jardinage de plus de 300 m2, employant près de 400 personnes et ayant une surface de vente de plus de 76 000 m2, implantés dans 22 communes du département.

Parts de marché

Les parts de marché sont variables selon les catégories de produits :

• Radio-TV-Hifi : 39 % de part de marché pour les grands commerces spécialisés et 12 % pour la vente par Internet.

• Bricolage et jardinage : 67 % du marché pour le grand commerce. Le taux d’évasion commerciale pour les biens d’équipement de la maison est évalué à 25%. Hors département, les consommateurs lotois vont acheter dans des zones commerciales limitrophes du Lot.

• 6 magasins de sport, dont cinq sous enseigne de commerce associé (Intersport et Sport 2000) auxquels on peut ajouter une dizaine de commerces de cycles.

• 8 magasins de jouets, dont cinq sont sous enseigne de commerce associé (Joueclub et King jouet).

• Une dizaine de photographes ayant un point de vente.

La grande distribution alimentaire, notamment les hypermarchés, propose des rayons livres, CD/DVD et jouets importants. Le taux moyen d’évasion commerciale représente 28%. La révolution numérique de ces dernières années qui a changé les comportements des consommateurs a eu un impact très fort sur le fonctionnement des commerces de ce groupe d’activité.
Répartition des dépenses par forme de vente en biens d’équipement de la maison
DC 2008 : source INSEE IDC 2010 : source ACFCI Ménages 2009 : source AID Observatoire
CULTURE & LOISIRS
Les commerces classés « culture loisirs » regroupent des activités diverses comme les librairies, les commerces de CD et DVD, les photographes, les commerces de jouets et les commerces d’articles de sport. Peu nombreux dans le Lot, ces commercces sont concentrés dans les principales villes : • 8 librairies spécialisées, deux moyennes surfaces spécialisées dans les biens culturels et une douzaine de maisons de la presse qui ont développé un rayon “livres” conséquent.
PHARMACIE & OPTIQUE
Les pharmacies assurent des services à la personne indispensables dans le département du Lot, d’autant que la population, plus âgée que la moyenne nationale a besoin de la présence rassurante d’une pharmacie à proximité du domicile. Le Lot compte 67 officines de pharmacie qui emploient plus de 400 personnes (salariés et non salariés). Elles sont implantées dans 42 communes du Lot. Le nombre d’opticiens a augmenté dans le Lot depuis cinq ans. La concurrence entre enseignes du commerce associé est forte. Plusieurs nouvelles enseignes se sont installées dans l’agglomération cadurcienne et de nouveaux magasins d’opticiens mutualistes sont venus renforcer l’offre commerciale dans plusieurs villes. Le Lot compte 26 points de vente d’optique, auxquels il faut ajouter 5 opticiens mutualistes. Cette profession emploie une centaine de personnes (salariés et non salariés).
CARBURANT : UNE CONCURRENCE ACHARNÉE
Si le Lot a effectivement vu le nombre des points de distribution de carburant divisé par deux entre 1989 et 2009 (de 189 stations à 94), le nombre de stations sur l’ensemble de la France a lui été quasiment divisé par trois (de 34 600 en 1985 à 12 522 en 2009). Au niveau national, la part de marché de la grande distribution augmente régulièrement et représentait en 2010, 60 % du marché. Pour les années à venir, il semble que la part de la grande distribution ne pourra qu’augmenter dans le Lot, notamment parce qu’elle est le seul acteur à pouvoir mobiliser les investissements nécessaires (montée en puissance des automates, principalement) et à pouvoir s’engager durablement dans une politique de prix bas.
Commerce & tourisme : le tandem gagnant
Le Lot est un département à forte vocation touristique et c’est une très bonne chose pour le commerce ! Selon plusieurs enquêtes auprès des commerçants lotois effectuées par la CCI du Lot, il apparait que la clientèle touristique assure en effet aux commerçants lotois un complément de revenus significatif, estimé, en moyenne, à 15 à 20 % de leur chiffre d’affaires annuel. Un complément de plus en plus indispensable à l’équilibre d’exploitation de bon nombre de commerces, notamment en zone rurale. « Cajarc compte seulement 1 200 habitants, mais une dizaine de restaurants, 3 boucheries, 2 salons de coiffure, 2 boulangers, 1 pâtissier, 3 hôtels et de nombreuses chambres d’hôtes… Pourquoi ? Tout simplement parce que l’été nous attirons plus de 80 000 vacanciers sur notre zone de chalandise, bien située entre Figeac et Saint-Cirq-Lapopie, témoigne Thierry Scheid, le patron du tabac-maison de la presse de Cajarc. En ce qui me concerne, je multiplie mon chiffre d’affaires mensuel par deux en juillet et en août. » Pour séduire cette clientèle vacanciers, ce dernier propose une offre de produits évolutive au fil des saisons : bâtons de marche, accessoires de plein air, bijoux, objets souvenirs, cartes postales… ainsi qu’un vaste rayon presse et librairie. L’été, il est ouvert de 7 h à 19 h 30 non stop.
Source : Fichier consulaire CCI du Lot, juin 2012
3 100 ENTREPRISES ET PLUS DE 10 000 EMPLOIS
D’après le fichier des entreprises de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot, le département du Lot compte 3 100 commerces de détail et de services ayant un point de vente qui emploient 10300 personnes : 7 300 salariés et 3 100 chefs d’entreprise non salariés. Il se caractérise par son caractère rural. Excepté Cahors, qui dépasse les 20 000 habitants, et Figeac avec près de 10 000 habitants, aucune commune n’atteint 5000 habitants. Le tissu commercial est structuré dans les mêmes proportions : 8 pôles commerciaux et 32 coeurs de village dans le département (voir carte). De ce fait, une partie des lotois est attirée par les grosses agglomérations de départements limitrophes. Plutôt qu’une opposition systématique “petit commerce / grande distribution” au sein de chaque territoire, le commerce lotois s’oriente vers une concurrence entre les pôles commerciaux, notamment des départements voisins. C’est ce que l’on constate en observant les opérations d’animation et de promotion communes des différentes formes de commerces dans plusieurs communes du Lot.
Le commerce lotois s’organise autour des territoires
Les commerçants lotois ont pris une orientation déterminante au début des années 2000 : la proximité dans le territoire plutôt que l’appartenance à un réseau national.
Premier constat : le nombre d’habitants dans le Lot progresse (de 150 000 en 1975 à 173 000 en 2012), mais c’est une progression relativement lente qui ne remet pas en cause le caractère rural du département. Voilà ainsi plus de 30 ans que la population lotoise se développe à un rythme de 0,7 % par an en moyenne. En 2009, malgré cette croissance constante, l’INSEE indiquait que le Lot restait l’un des départements les moins peuplés de France (87e rang). Aujourd’hui encore, le Lot ne compte donc que neuf villes de plus de 2 000 habitants (voir le tableau ci-dessous). La plus grande d’entre elles – Cahors – rassemble environ 20 000 habitants. La seconde en taille – Figeac – flirte avec les 10 000. Ensuite, le département compte quelques “petites” villes, une trentaine de gros bourgs et près de 300 communes peu ou très peu peuplées.

Or les modèles qui ont guidé l’organisation du commerce dans toutes les régions de France, sont fondés sur la situation du commerce en zone urbaine. Pendant plusieurs décennies, à partir des années 1970, les acteurs du commerce se sont concurrencés dans le Lot au sein de chaque zone de chalandise ou pôle d’activité en fonction de leur “appartenance”, soit à telle filière (alimentation, équipement de la maison ou de la personne, etc.), soit à telle forme de commerce (commerce sédentaire ou non, petit commerce ou grande distribution…).

Ce “découpage” de la filière a été lourd de conséquences pour le commerce lotois, qui prenait l’allure à l’aube du nouveau millénaire d’une mosaïque d’intérêts individuels contradictoires.

DES ASSOCIATIONS DE COMMERÇANTS RÉANIMÉES ET ASSOCIÉES

L’évolution s’est faite en deux temps à partir du début des années 2000. Dans un premier temps, on a vu naître ou renaître une quinzaine d’associations de commerçants dans le département. Dans un second temps, ces associations se sont elles-mêmes réunies pour donner un sens commun à leurs initiatives. En 2010, elles se sont regroupées sous la bannière de la Fédération Départementale des Associations de Commerçants du Lot (dénommée FDAC 46). Dans quel but ? D’une part, l’enjeu était d’amener les responsables d’associations à se connaître et à échanger des expériences ou des idées. D’autre part, l’objectif était d’organiser des actions collectives visant à promouvoir le commerce et l’artisanat de proximité, et ce à l’échelle de l’ensemble du département du Lot. Il faut noter que ce mouvement a encore pris de l’ampleur en juin 2013, avec la création de l’Union Régionale du Commerce de Midi-Pyrénées.

Le développement de ces associations illustre une tendance lourde du commerce dans les départements dits « ruraux » : il est plus efficace de réunir les différents acteurs du commerce actifs sur un territoire (petits commerces, artisans, grande distribution, voire les professions libérales) que d’avoir des structures spécialisées nationales ou régionales au sein desquelles le Lot n’aurait qu’un poids négligeable. Aujourd’hui, la FDAC 46 regroupe 16 associations, qui représentent ensemble près de 1 000 commerçants et artisans lotois (voir encadré page 17). Cette structure est appelée à se développer et sa marge de progression est importante, mais elle commence à peser suffisamment lourd pour que sa voix soit entendue.

Les associations de commerçants et d’artisans dans le Lot en 2013
Trois questions à Philippe Landrein, Figeac Développement Commercial

Philippe Landrein, Président de l’association Figeac Développement Commercial et Vice-Président de la FDAC 46

– Pourquoi est-il important de s’impliquer dans une association de commerçants ?

Philippe Landrein : Tout simplement parce que le commerce génère de l’emploi et a donc un poids économique et un rôle social important. S’impliquer dans une association de commerçants est un moyen d’être acteur de la vie économique de son territoire. Ainsi, notre association a vocation à développer économiquement le commerce au travers de différentes opérations (cartes de fidélité, chèques cadeaux…) et animations commerciales. Mais elle a aussi la mission de faire entendre la voix des commerçants dans tous les cercles de la vie économique et politique locale. En tant que Président de Figeac Développement Commercial, j’ai par exemple été sollicité dans le cadre de la mise en place d’une GTEC (Gestion Territoriale des Emplois et des Compétences) à Figeac. Je rencontre régulièrement des élus car le développement du commerce est très lié à la politique d’aménagement des villes, des infrastructures de transport, de l’offre de stationnement…

– Quels sont les freins à l’action des associations de commerçants ?

Philippe Landrein : Le fait que nos associations soient composées de bénévoles dont le niveau d’implication reste insuffisant. Le deuxième écueil est le manque d’adhésion. Les commerçants qui ne sont pas membres de notre association sont plus nombreux que ceux qui y adhèrent (une centaine). Or plus les adhérents sont nombreux, plus la voix du Président est forte quand il s’agit de se faire entendre, notamment auprès des élus. Sachant que nous ne sommes pas dans une logique d’opposition, mais de proposition.

– Avez-vous des raisons d’être optimiste ?

Philippe Landrein : Bien sûr ! Tout d’abord parce qu’il y a eu plusieurs créations et reprises de commerces ces derniers mois à Figeac. Ensuite, parce que globalement les commerçants adaptent leurs horaires d’ouverture aux nouvelles tendances de consommation : journée continue, ouverture le lundi… Le commerce reste dynamique sur notre territoire, où il représente de l’ordre de 600 à 700 emplois. Ce qui est particulièrement satisfaisant c’est de voir que notre association fédère toutes les composantes du commerce local, du boucher au supermarché, en passant par l’assureur, le boulanger… Il est essentiel de pouvoir travailler tous ensemble, notamment sur l’attractivité du centreville qui est un défi majeur à relever dans les territoires ruraux.

LE RÔLE DU COMMERCE N’EST PAS UNIQUEMENT ÉCONOMIQUE

S’il ne parle pas encore d’une seule voix, le commerce lotois se fait désormais mieux entendre. Pour dire quoi ? Tout d’abord pour affirmer que le rôle du commerce va bien au-delà des aspects économiques : ses fonctions vont de l’animation des territoires à la mise en valeur des centres-villes et centres-bourgs, en passant par la création d’emploi et l’accueil des touristes. Pour ces raisons, entre autres, le commerce veut être considéré comme un interlocuteur indispensable lors de la préparation des projets qui concernent la vie des territoires, y compris avant l’aménagement de parcs de stationnement ou la mise en place d’un nouveau plan de circulation, par exemple.

Créateur de richesse économique, le commerce joue un rôle moteur dans l’animation de nos territoires.

De leur côté, les associations de commerçants du Lot ne ménagent pas leurs efforts : sur les 24 associations de commerçants et d’artisans créées sous la forme d’une association “loi 1901”, 16 ont une activité régulière (voir carte, pages 14-15). Leur vocation : animer et dynamiser le commerce pour fidéliser la clientèle locale sur l’année, mais aussi séduire les vacanciers avec des opérations telles que « La nuit des soldes », « Les jeudis de l’été », les marchés de nuit, les brocantes et vide-greniers. Elles tissent également des partenariats avec les festivals de musique, spectacles ou expositions, organisent des repas, des braderies, des compétitions sportives, etc.

PROCHAINE ÉTAPE : DES ANIMATEURS DES TERRITOIRES
Sur ce sujet également, le Lot fait entendre sa différence : le concept de «manager de centreville » pour les commerces est logiquement né dans les grandes villes, au point que certaines en sont arrivées à désigner plusieurs “managers” pour un seul centre-ville, le plus souvent un par quartier. Il va sans dire que ce schéma n’est pas adapté pour le département du Lot, qui a d’ailleurs joué un rôle précurseur dans ce domaine : voilà déjà plusieurs années (en 2005, lors de l’opération de modernisation du commerce de centre-ville engagée par la Ville de Cahors) que la principale ville du Lot, Cahors, dispose de son manager de centre-ville.
Le rôle des managers de centreville s’est précisé au fil des années et recouvre aujourd’hui huit missions principales :

• rendre le centre-ville agréable et vivant (entretien des façades, embellissement floral, propreté des rues, qualité de l’éclairage public, présentation des vitrines…) ;

• requalifier certains espaces urbains (création d’espaces commerciaux ou de rues marchandes, aménagements pour le stationnement et l’accès…) ;

• aménager l’espace public (création de plateaux piétonniers, élargissement des trottoirs, développement des espaces verts…) ;

• rendre le centre-ville accessible à tous (dessertes par les transports en commun, mise en place d’offres tarifaires avantageuses, mais aussi accessibilité pour les personnes à mobilité réduite) ;

• faire l’interface entre les différents intervenants (élus, administrations, commerçants, artisans, professionnels du tourisme, des transports, de l’environnement, etc.) ;

• sécuriser le centre-ville (protection des commerces, des bâtiments publics et des usagers) ;

•développer le commerce (développement de l’offre commerciale locale, lutte contre le “mitage” commercial et l’apparition de locaux commerciaux vacants…) ;

• définir une politique de marketing territorial pour le centreville (création d’outils de promotion et d’animation…).

Cahors, première ville du Lot, dispose depuis 2005 de son manager de centre-ville.
Présentée de cette façon, on comprend que la tâche du manager de centre-ville est immense. Mais cette fonction est-elle adaptée pour un département qui n’a qu’une seule ville de plus de 20 000 habitants, disposant déjà d’un manager ? « L’expression “manager de territoire” semble plus adaptée pour un département rural comme le Lot, explique François Sol, Président de l’association Cahors Actif. On peut imaginer qu’il en faudrait trois pour le département du Lot, qui soient des interlocuteurs réguliers des élus locaux, des services techniques des collectivités, des acteurs économiques du département ou des forces de l’ordre. Mais plus que toute autre fonction, la plus déterminante pour le manager de territoire est d’éviter le mitage commercial qui est aujourd’hui le principal fléau pour le commerce. Au-delà, les managers de territoire auront également pour mission d’assurer l’interface entre les associations de commerçants et les instances régionales, nationales ou européennes, notamment afin d’identifier les aides auxquelles le commerce peut prétendre. »
Des actions collectives pour rappeler le rôle du commerce de proximité

Depuis 2010, La FDAC 46 a organisé plusieurs actions collectives simples dans leur mise en place, pour sensibiliser les commerçants et artisans lotois, et démontrer l’intérêt de travailler ensemble à la promotion et à l’animation du commerce :

• diffusion de sacs « made in Lot », principalement pendant les soldes saisonniers d’hiver et d’été ;

• campagne de communication durant la période de la fête des mères, au mois de juin de chaque année ;

• organisation de trois journées de promotion « Les 3 jours du commerce » en octobre 2012 et en octobre 2013.

Le Bureau de la FDAC 46

• Présidente : Dominique Hill JouéClub-Bébé9 - 20, boulevard Carnot - 46400 Saint-Céré E-mail : joueclub.stcere@wanadoo.fr - Tél. : 05 65 38 12 69 • Vice-président : Philippe Landrein Allianz Assurances - 2, rue Paul Bert - 46100 Figeac E-mail : philippe.landrein@gmail.com - Tél. : 05 65 34 15 61

• Vice-présidente : Corinne Lèbre L’Atelier de Cor’in - 52, av. Anatole de Monzie - 46000 Cahors E-mail : latelierdecorin@orange.fr - Tél : 05 65 21 79 83

• Trésorière : Karine Godard Babouch’K - 41, boulevard Mainiol - 46300 Gourdon E-mail : babouchk05@orange.fr - Tél. : 05 65 41 36 10

• Trésorièr adjoint : Philippe Balat Artisan peintre - Roquebrune - 46340 Salviac E-mail : philippe.balat@wanadoo.fr - Tél. : 05 65 41 58

• Secrétaire : Corinne Mazet Besoin d’envies - 3, rue Gaillard Bournazel - 46110 Vayrac E-mail : corinne.mazet2@wanadoo.fr - Tél. : 05 65 32 66 09

 

 

• Secrétaire adjoint : Jean-Marc Moissinac ETS Moissinac - 32, avenue Louis Conte - 46500 Gramat www.fdac46.com E-mail : jeanmarc.moissinac@sfr.fr - Tél. : 05 65 38 73 22

www.fdac46.com

UN PROJET DE COMMUNICATION DU COMMERCE LOTOIS
Les énergies qui se fédèrent depuis plusieurs années restent peu visibles, surtout pour les visiteurs. Dans le département du Lot, rural, touristique, doté d’un un habitat diffus et d’un maillage commercial encore bien structuré, le rôle du commerce de proximité mériterait d’être davantage souligné et valorisé. C’est l’objectif que se sont fixé les responsables de la FDAC 46. Depuis plusieurs mois, ils réfléchissent à une campagne de communication. Bien sûr, cette campagne aura pour but de rappeler aux consommateurs locaux le rôle du commerce de proximité sous toutes ses formes (commerce sédentaire, commerce sur les marchés et commerces de tournées), pour assurer les services à la population et participer à l’animation et à l’essor économique des villages, centres-bourgs et petites villes. Mais l’objectif est également de marquer les esprits en dehors du département.
Cette opération devra participer à la notoriété du département du Lot et s’adressera également aux touristes et vacanciers. Ce dossier est en préparation. Un cabinet de communication étudie un plan de communication intégrant un slogan et une signature du commerce lotois. Les responsables de la FDAC 46 et des associations locales de commerçants et d’artisans recherchent des partenariats. Cette campagne de communication du commerce sera déclinée sur les différents médias locaux (presse, radios, affiches…) et sera relayée par des opérations de promotion du commerce organisées par les associations locales dans les différents pôles commerciaux du département. Le commerce lotois a bien l’intention que l’on entende clairement sa voix durant les mois qui viennent…
Les tendances du e-commerce en 10 affirmations
Voici 10 affirmations, vraies ou fausses, sur les évolutions récentes du commerce électronique et sur ses conséquences sur le commerce dit « physique ».
VRAI FAUX
DES CENTAINES DE NOUVEAUX SITES DE E-COMMERCE APPARAISSENT CHAQUE SEMAINE EN FRANCE LE E-COMMERCE REPRÉSENTE DÉSORMAIS LA MAJEURE PARTIE DES VENTES DANS CERTAINS SECTEURS
336 sites marchands en moyenne ont été créés chaque semaine en France en 2012, soit une moyenne de 2 par heure, 24/24 heures et 7/7 jours. En 2008, on dénombrait environ 47 000 sites marchands. Quatre ans plus tard, on en comptait 117 500, soit 2,5 fois plus. Il n’y a pas de secteur où le e-commerce représente la majorité des ventes. En France en 2012, son taux de pénétration le plus élevé atteint 21 % : il s’agit du secteur des produits dits « culturels » (disques, livres, vidéos…). Mais pour l’ensemble des produits non-alimentaires, sa part dans les ventes plafonne à 7 % et à seulement 3 % dans l’alimentaire.
L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE EST PARTICULIÈREMENT BIEN ADAPTÉE POUR FAIRE DU E-COMMERCE IL EST TROP TARD POUR SE LANCER DANS LE E-COMMERCE

Fleuron de l’économie lotoise, l’industrie agroalimentaire est aujourd’hui particulièrement bien placée pour jouer un rôle important dans le e-commerce. L’expérience des Foies Gras Godard est de ce point de vue riche d’enseignements.

En 2012, l’entreprise a en effet enregistré une progression de 27 % de ses ventes via Internet.

«Nous avons lancé notre premier site marchand en 2006, puis nous avons investi dans une vraie boutique en ligne en 2009, sur laquelle nous avons réalisé en 2012 un important travail de refonte des catégories de produits afin d’offrir une meilleure visibilité aux consommateurs », explique Annabel Godard, Directrice Générale de la société.

Pour dynamiser ses ventes Internet, l’entreprise a peaufiné sa stratégie de référencement et mis en place un service de remontée d’avis clients pour sonder la qualité des produits et du service de livraison.

«Nous avons recueilli plus de 1 000 avis dès les quatre premiers mois. Aujourd’hui, notre site recueille une note moyenne de 4,7 sur 5. La mise en oeuvre de ce type de service implique un suivi quotidien ».

En 2013, l’entreprise a par ailleurs relié son site web et son logiciel de vente à distance.

Cela lui permet de gérer ses commandes en temps réel et d’offrir aux clients une meilleure traçabilité de leurs colis.

Aujourd’hui, un site marchand sur deux est lancé par une entreprise “physique”. Dans le Lot, ces nouveaux acteurs du e-commerce ne semblent pas le regretter, comme le montre l’expérience de Hit Music. Fondée en 1991 par Pierre Denjean, l’entreprise est d’abord un fabricant et distributeur d’équipements de sonorisation et d’éclairage (marques Audiophony et Contest), qui s’adresse exclusivement aux professionnels via un réseau national de 530 revendeurs. Mais en 2012, la société décide de s’ouvrir au grand public avec une nouvelle gamme commercialisée en direct sur Internet. Pour cela, elle fonde sa propre marque, Play2Run, ouvre un site web dédié (www.play2run.com) et tisse des partenariats avec des sportifs célèbres pour se faire connaître. En juin 2012, elle lance le premier produit de sa gamme « Sport », le RS4, un casque baladeur MP3 étanche, dont Laurent Jalabert devient l’ambassadeur. « Les ventes ont très vite décollé. A ce jour, nous avons vendu plus de 15 000 pièces », souligne Pierre Denjean. Fort de ce succès, il a lancé en septembre dernier la gamme « City » et son produit vedette, l’UC2 (un casque Bluetooth design avec micro incorporé), popularisé par Laure Manaudou. Bilan : le site Play2Run a reçu 148000 visiteurs uniques en 17 mois et deux personnes ont été embauchées au dernier trimestre 2013 pour développer la marque. Cerise sur le gâteau : en complément de la vente directe sur le Net, Play2Run va maintenant s’appuyer sur un réseau de magasins - conseil “physiques”. Est-ce le monde à l’envers ? Non, car le nombre de « pure players » du ecommerce qui créent des boutiques traditionnelles est de plus en plus important. Même exemple dans le Lot avec l’entreprise Véloclic qui a d’abord créé un site internet avant d’ouvrir un magasin physique de près de 400 m2 en 2011 sur la zone sud de Cahors.
Alain, Annabel, Michèle et Pascal Godard. En 2012, l’entreprise familiale Foies Gras Godart a enregistré un boom de 27 % de ses ventes sur le Net. LES COMMERCES DE CENTRE-VILLE NE PEUVENT PAS FAIRE DU E-COMMERCE

Au Puy-en-Velay (18 500 habitants), les commerçants du centre- ville se sont réunis pour ouvrir un site commun sur la Toile (www.achetezaupuy.com) et ont même créé l’équivalent d’un « drive » de centre-ville :

les clients récupèrent tous les achats réalisés sur Internet à un seul endroit. Ces derniers mois, 15 autres villes françaises ont suivi cet exemple.

IL Y A DES « PURE PLAYERS » DU E-COMMERCE DANS LE LOT LE E-COMMERCE EST UNE AFFAIRE D’ENTREPRISES DÉDIÉES
Une des caractéristiques du ecommerce est justement qu’il peut être lancé depuis n’importe quel lieu et les territoires ruraux ont de nombreux atouts à faire valoir, dont le premier est un prix du foncier plus bas que dans les métropoles nationales ou régionales. Lorsqu’il est nécessaire d’avoir un stock, il est en effet désormais fréquent que ce dernier et le lieu d’expédition se trouvent à un autre endroit que le siège de l’entreprise. Les entreprises qui se consacrent à 100 % au e-commerce (souvent désignées par l’anglicisme « pure players ») ne représentent que la moitié des champions du commerce électronique. En France, sur les 15 premiers sites (en nombre de visites), 7 sont issus du commerce “physique” : la FNAC, la Redoute, la SNCF, Carrefour, Darty, Leroy- Merlin et les 3 Suisses.
Pierre Denjean, le patron de Hit Music, a lancé la gamme de produits grand public Play2Run, ouvert un site web dédié et tissé des partenariats avec des sportifs célèbres pour se faire connaître.

VRAI & FAUX : LE COMMERCE “PHYSIQUE” ET LE E-COMMERCE SONT COMPLÉMENTAIRES

Le commerce “physique” connecté va-t-il tuer le e-commerce ? Cette question n’est pas une boutade : c’est la conclusion de nombreuses analyses réalisées ces derniers mois et les investisseurs reprochent au e-commerce une baisse du panier moyen en valeur plus rapide que prévue. Dans ce contexte, les enseignes annoncent les unes après les autres des stratégies dites « bi-canal » ou « cross-canal » : le commerce “physique” se diversifie avec le e-commerce et inversement. Il est un exemple où ce “meilleur des mondes” se révèle très efficace : les points relais pour le retrait des marchandises. L’association entre des boutiques en ligne et des magasins “physiques” présente sur ce point plusieurs atouts réels : – en créant un point de collecte dans un magasin physique, le ecommerçant fait l’économie (ou réduit son prix) d’un des coûts les plus élevés pour le e-commerce : le (ou les) dernier(s) kilomètre(s) jusqu’au domicile de l’acheteur ; – en recevant les clients du e-commerçant dans son magasin, le commerçant “physique” bénéficie d’un trafic additionnel sur son point de vente (l’association nonalimentaire/ alimentaire semble être la plus efficace en la matière).

FAUX : L'ACHAT SUR INTERNET EST UNE PRATIQUE QUI CONCERNE PRINCIPALEMENT LES CITADINS

Toutes les études récentes sur ce sujet démontrent le contraire : plus les personnes vivent dans des zones rurales et éloignées d’une zone commerciale, plus le taux de “e-acheteurs”* est élevé. Dans une enquête de 2011 concernant Midi-Pyrénées, IPSOS indique que le taux de “e-acheteurs” passe de 27 % pour les zones situées à moins de 5 minutes de commerces à 59 % lorsqu’elles se trouvent à plus de 15 minutes. En ce qui concerne le Lot, une étude de 2011 sur les comportements de consommation des ménages montre qu’Internet représente une évasion commerciale de près de 23 M€ pour les achats non alimentaires ; la vente par correspondance plus traditionnelle (catalogue et offres commerciales par voie de presse et courrier) représentant une évasion commerciale de 12M€ pour les achats non alimentaires. Ces 23 M€ totalisent 16 % de l’évasion commerciale et on peut affirmer qu’Internet est la deuxième “destination” d’évasion commerciale dans le secteur non alimentaire après la Corrèze (34 M€) et devant le Lot-et- Garonne (16 M€). L’étude sur les flux de consommation évalue également l’évasion commerciale vers le Tarn-et-Garonne (13 M€) et la Haute-Garonne (11 M€). Ceci dit, le poids d’internet ne représente que 4,5 % des dépenses non alimentaires des ménages lotois. Ces chiffres montrent cependant que les ménages lotois sont, à l’image des consommateurs français, sensibles à l’effet Internet et que les agglomérations montalbanaise et toulousaine ne sont pas les principales “destinations” d’évasion commerciale.

VRAI & FAUX : LE E-COMMERCE N’EST PAS UN GRAND CRÉATEUR D’EMPLOIS

C’est vrai si l’on considère que le nombre de sites marchands actuels (117 500) est largement supérieur au nombre d’emplois salariés qu’a officiellement créé le e-commerce (75 000). C’est faux si l’on prend en compte le fait que le commerce lotois est composé d’une grande majorité d’entreprises de 0 salarié : le ou les gérants non-salariés d’une entreprise peuvent donc préserver leur niveau d’activité sans nécessairement réaliser d’embauche dans l’immédiat. De ce point de vue, le e-commerce est plus un “sauveteur” d’emplois qu’un “créateur” d’emplois comme on l’entendait traditionnellement.
* Taux de “e-acheteurs” : c’est le pourcentage de personnes qui achètent via Internet dans le nombre de personnes qui utilisent Internet.
Alix Howard, Web Appeal :
Fondatrice et dirigeante de Web Appeal, agence de communication Internet et de marketing digital, Alix Howard est par ailleurs Co-Présidente de l’association toulousaine La Mêlée Numérique, dont elle anime la commission e-commerce. « Paradoxalement, la demande pour de l’achat local n’a jamais été aussi forte »

– Quels conseils donneriez-vous aux commerçants qui envisagent de créer une boutique en ligne ?

Alix Howard :

De procéder comme s’il s’agissait d’ouvrir un nouveau magasin physique. Cette approche va leur permettre d’évaluer en amont les moyens à mettre en oeuvre et les coûts associés. Car contrairement à certaines idées reçues, monter un site marchand coûte de l’argent. Deux points essentiels avant de se lancer : avoir des objectifs clairs, et sonder le marché et la concurrence en ligne pour valider son positionnement. Il faut ensuite se projeter dans le quotidien de manière très opérationnelle pour confirmer la faisabilité du projet : qui fait quoi ? A quelle échéance ? Faut-il que j’embauche et/ou que je forme une personne ? Quelles ressources logistiques et marketing dois-je mobiliser ? Quelle technologie privilégier pour garantir la compatibilité avec mon système d’information ?... En règle générale, les commerçants qui ont un magasin physique ont déjà de “bons réflexes” quand ils se lancent sur la Toile.

– Quels sont les pièges à éviter ?

Alix Howard :

De penser que l’on peut tout faire tout seul. Et, là encore, de sous-estimer les coûts qui seront nécessaires pour donner de la visibilité au site (notamment via l’achat de mots clés sur Google) et pour l’animer au quotidien, en définissant une vraie stratégie de contenu (fiches produits, informations originales, jeux relayés sur les réseaux sociaux…). C’est souvent là où le bât blesse : penser que les ventes vont se faire parce que le site marchand est en ligne… malheureusement cela ne suffit pas.

– Quelles sont les dernières tendances du e-commerce ?

Alix Howard :

Le m-commerce* commence à décoller en France, car la consultation sur smartphones et tablettes se généralise ; il est donc important pour les marques d’être présentes sur les plateformes mobiles. Autre tendance forte, qui peut sembler paradoxale : le ROPO (acronyme de « Research Online, Purchase Offline »), c’est-à-dire le fait d’effectuer ses recherches sur la Toile et de concrétiser ses achats localement dans un magasin physique. Cette tendance va de pair avec les stratégies « web to store » ou « drive to store », développées par les marques et la grande distribution, qui ne visent plus uniquement à augmenter le trafic du site, mais ont comme premier objectif de faire venir les internautes en magasin. Cela leur permet notamment de se démarquer de la concurrence des « pure players » qui réalisent 100 % de leur activité sur le Net.

Grande distribution : l’heure est au drive
La vague des drives arrive dans le Lot. On n’en comptait que quatre fin 2013, mais les projets se multiplient et le phénomène pourrait enfler dans les mêmes proportions qu’à l’échelle nationale.
En réalité, le drive est l’adaptation du e-commerce dans la grande distribution alimentaire. Et lorsque toutes les grandes enseignes de ce secteur décident que cela devient prioritaire, les taux de progression ont de quoi donner le tournis. Le phénomène a pris son essor début 2011 : on ne comptait alors que quelques dizaines de drives en France. En décembre 2013, le cap symbolique des 3 000 drives était franchi. Mais pour mieux apprécier l’ampleur de ce développement fulgurant, il suffit de rappeler qu’il y a désormais 1,5 fois plus de drives en France que d’hypermarchés.
LOT : ÉPARGNÉ OU EN RETARD ?
Pour l’heure, le Lot qui ne revendique que quatre drives (supermarchés Intermarché et Carrefour de Gourdon, supermarché Intermarché Terre-Rouge de Cahors et hypermarché Leclerc de Cahors) est resté relativement à l’écart du phénomène observé depuis 2011. Dans les autres départements de Midi-Pyrénées, le cap des 100 drives, au total, a été franchi fin 2013 : une cinquantaine en Haute-Garonne, une vingtaine dans le Tarn, une quinzaine dans le Tarn-et-Garonne, une dizaine dans l’Aveyron, autant dans les Hautes-Pyrénées… Outre le Lot, seuls le Gers et l’Ariège ont pour l’instant échappé à cette déferlante. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas davantage de drives dans notre département : les tendances observées aux niveaux national et international montrent plutôt que le modèle économique évolue et qu’il faut s’attendre à une deuxième phase d’investissements de la grande distribution dans ce domaine, notamment avec la formule des “lockers”.
LOCKERS : LA PROCHAINE ÉTAPE DES DRIVES ?
Tels qu’ils existent aujourd’hui, les drives ne sont pas des affaires rentables. Il s’agissait surtout pour les dix principales enseignes de la grande distribution* de renforcer leur présence sur Internet, de décourager d’éventuels concurrents (comme Amazon, notamment), et de séduire autrement une clientèle qui ne venait plus dans les magasins. Ainsi, nous avons assisté l’an dernier aux premières fermetures de drives en France. Six fermetures en 2013 pour près de 3 000 drives créés depuis 2011, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, mais la grande distribution sait que le modèle économique doit être amélioré, notamment en permettant aux clients de récupérer leurs courses à n’importe quelle heure. Ce constat a conduit à la création de “lockers”, des casiers dans lesquels le client vient chercher ses achats quand il le souhaite ou le peut. Cette formule permettrait par ailleurs de créer des drives dans les zones les plus rurales sans que cela coûte trop cher. C’est ce qui va arriver en 2014 dans les départements les plus ruraux, dont le Lot.
Loïc Caraes, propriétaire du Carrefour Market de Gourdon : « Le drive est un outil de conquête »

« Le drive du Carrefour Market de Gourdon a ouvert en juin 2012. Il y a moins de produits disponibles en drive qu’en magasin : 8 000 contre près de 35 000.

Mais il y a deux idées reçues qui sont démenties par notre expérience : d’une part, le panier moyen est deux fois plus élevé en drive qu’en magasin, soit 90 € au lieu de 45 € ; d’autre part, le client du drive n’achète pas que des produits dits « secs », car le frais représente déjà 45 % des achats. Dernier point : notre drive arrive à l’équilibre, sachant qu’il est très difficile de rentabiliser les drives en règle générale.

Le véritable enjeu, c’est de capter un chiffre d’affaires qui risquerait de nous échapper et de conquérir de nouveaux clients. »

* Les 10 principales enseignes pour les “drives” en France sont, du plus important au plus petit en nombre de d’établissements : Magasins U, Intermarché, Leclerc, Carrefour, Casino, Auchan, Leader Price, ChronoDrive, Cora et Simply Market (source : RetailExplorer).
2020: le commerce lotois vu par les commerçants
La CCI du Lot a réuni fin novembre 15 professionnels du commerce lotois afin de les amener à préciser ensemble les actions à mener pour conduire la filière vers des performances exceptionnelles. Un exercice riche d’enseignements.
Le 25 novembre 2013, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot a réuni 15 commerçants lotois représentatifs des secteurs d’activité, des types et tailles de points de vente, de leur localisation dans le département (depuis Cahors jusqu’à Souillac, depuis Figeac jusqu’à Gourdon et depuis Castelnau- Montratier jusqu’à Gramat) ou encore des structures fédératrices, telles que les associations de commerçants. Le but de cette réunion consistait notamment à préciser les atouts qui devraient être ceux du commerce lotois en 2020 et les actions à mener en priorité pour les développer (voir ci-dessous). « Bien des choses qui paraissaient de grands problèmes n’en sont plus quand on a le nez dessus ». Cette citation d’Henry de Montherlant est un constat que tous les professionnels qui ont participé à la réunion auraient pu partager.
LES ATOUTS QUE DEVRA AVOIR LE COMMERCE LOTOIS EN 2020

Les commerçants présents ont tout d’abord exprimé leur vision de ce que devrait être le commerce lotois en 2020. En résumé, ces atouts pouvaient être regroupés au sein de six grandes catégories :

– un niveau de services élevé (ce qui inclut la qualité de l’accueil, la pertinence de la signalétique, la présentation extérieure et intérieure du point de vente, la propreté des locaux…) ;

– un accès facilité (ce qui recouvre à la fois les possibilités de stationner et de circuler) ;

– la puissance des animations (soit le nombre des animations, leur fréquence et la communication nécessaire avant et après les opérations) ;

– l’unité des commerçants (ce qui amène à placer les fronts de la concurrence entre les zones commerciales plutôt qu’au sein de chaque zone) ;

– la qualité et la diversité de l’offre (ce qui fait référence au nombre de marques représentées autant qu’à la possibilité d’acheter tous types de produits et services…) ;

– l’utilisation des outils numériques (ce qui englobe à la fois l’utilisation par les vendeurs de terminaux numériques, la possibilité de payer “sans contact” ou le commerce électronique).

Les 6 actions prioritaires pour les commerçants

1) S’unir

2) Ecouter les critiques

3) Lancer des actions innovantes

4) Travailler différemment avec les élus

5) Se former

6) Animer plus régulièrement les centres-villes et les centres-bourgs

DES CONCEPTS AUX ACTIONS À MENER
Un autre constat important des commerçants présents est lié au décalage entre l’expression de « voeux pieux » (c’est ainsi qu’ont régulièrement été désignées les volontés de « développer le commerce », de « mieux recevoir les clients », de « se remettre en question »…) et les actions qui ont réellement été menées (en matière de formation aux langues étrangères, dans le domaine des heures d’ouverture, de la participation aux opérations commerciales communes…). « Sur les grands concepts, tout le monde est d’accord, mais sur la manière de faire, les divergences sont souvent très importantes », résumait l’un des commerçants participants.
L’EXPLICATION « C’EST LA FAUTE DES AUTRES » N’A PLUS DE SENS
C’est l’un des grands enseignements de cette réunion de professionnels : les commerçants ne cherchent plus à tout prix à désigner des responsables (aux difficultés rencontrées) parmi tous les intervenants extérieurs au commerce (les élus, les comportements d’achats, les nouvelles technologies, les autres territoires, etc.). C’est donc sur cette base qu’ils ont défini six actions prioritaires qui incombent directement aux commerçants. La première de ces actions – c’està- dire celle qui a été considérée comme la plus importante par les participants – est la cohésion des commerçants au sein d’un même territoire (zone de chalandise ou département). « La cohésion des commerçants ne doit pas devenir un nouveau voeu pieux et elle ne se décrète pas : elle passe par le lancement d’actions communes », a estimé un participant de la réunion. De fait, le lancement d’actions innovantes est également l’une des priorités retenues par ce panel de commerçants. Et de poursuivre : « non seulement le commerce de centre-ville peut mieux travailler avec la grande distribution, mais il doit adopter certaines de ses méthodes car il y a de nombreux points où les zones commerciales de centre-ville devraient être gérées comme l’est un centre commercial ».
Un atelier participatif, placé sous le signe de la créativité, qui marque la première étape de la réflexion engagée par les professionnels du commerce lotois.
Le panel des commerçants réunis le 25 novembre 2013

• Françoise Arpaillange (matériaux Point P à Souillac), • Laurent Aymard (peinture Aymard à Souillac),
• Catherine Bouix (prêt-à-porter Mango à Cahors),
• Loïc Caraës (supermarché Carrefour à Gourdon),
• Philippe Carrade (lingerie Carrade à Cahors),
• David Caumon (prêt-à-porter Version Privée à Figeac),
• Danièle Fourniols (pharmacie de Castelnau-Montratier),
• Karine Godard (chaussures Babouchka à Gourdon),
• Emilie Imbert (photographie à Souillac)
• Philippe Landrein (assurances Allianz à Figeac),
• Jean-Paul Marty (centre E.Leclerc à Cahors),
• Jean-Marc Moissinac (jardinerie à Gramat),
• Pascal Pigeat (boucherie Pigeat à Gourdon),
• François Sol (tabac le Balto à Cahors),
• Benoît Terrou (chaussures Papinou à Cahors).

« NOUS DEVONS ÊTRE PLUS CRITIQUES ENVERS NOUS-MÊMES » PAS D’INNOVATIONS SANS FORMATIONS
Très logiquement, les professionnels présents ont estimé que l’une des premières actions à mener par les commerçants était d’être plus “critiques” envers euxmêmes. « Ce travail critique ne consiste pas uniquement à désigner les défauts de nos confrères ou à dénigrer nos concurrents, a expliqué un commerçant. C’est une action positive qui nous amène à nous comparer avec les commerces d’autres territoires et à disposer de nouveaux indicateurs ». De ce point de vue, on doit plus parler d’une veille concurrentielle que d’un exercice d’autodénigrement. Quel est l’intérêt ? Cette analyse des bonnes pratiques issues d’autres secteurs ou territoires permettrait tout d’abord aux commerçants d’aller à la rencontre des élus en tant que force de proposition et non comme des porteurs de récriminations (« des éternels mécontents ! », a plaisanté l’un des participants). Les deux autres actions urgentes (la limite avait été fixée à 6) concernent, d’une part, la formation des commerçants (langues étrangères, gestion, nouvelles technologies, techniques de marketing) et, d’autre part, le lancement d’animations plus régulières et plus médiatiques. Le savoir-faire et le faire-savoir, en d’autres termes. Dans le cas des formations, tous les intervenants ont insisté sur le fait qu’ils étaient « peu disponibles » et que les formations devaient donc à la fois être courtes et éviter de longs déplacements. Conclusion commune : les améliorations ne pourront être mesurées qu’à l’aune de la satisfaction des clients, qu’ils soient touristes ou lotois.
Quelques références utiles…
Commerce alimentaire : quelles évolutions dans les comportements de consommation ?
Le commerce alimentaire connaît de profondes mutations depuis quelques années. Le CRÉDOC a renouvelé en 2012 une enquête réalisée en 2005 portant sur la connaissance des comportements des consommateurs : qui fréquente quel type de magasin ? Avec quelle fréquence d’achat ? Quelle est la satisfaction ressentie dans les différents circuits de distribution ? Quels sont les facteurs qui incitent le consommateur à les fréquenter ou bien à les éviter ? La confrontation des résultats de l’enquête à sept ans d’intervalle permet de mettre en évidence les évolutions intervenues dans ce domaine.
 
En téléchargement sur : http://www.credoc.fr/pdf/4p/263.pdf Le magasin
Le magasin n’est pas mort
Cette étude vise à encourager les commerçants petits et grands à devenir les champions du commerce connecté. Qu’est-ce qui a vraiment changé dans les attentes et les comportements des clients ? Comment le monde du online modifie-t-il les règles de la vente en magasin ? Quand on est commerçant, quels sont les sujets à ne pas manquer pour réussir la transition numérique de son point de vente physique ? L’étude aborde de façon très pratique les sujets à traiter pour réussir la transformation de son commerce vers le cross-canal, avec nombre d’exemples concrets pour passer à l’action, satisfaire ses clients et augmenter ses ventes.
 
Disponible sur : http://www.fevad.com/etudes-et-chiffres/le-magasin-n-est-pas-mort-sortiede- la-nouvelle-etude-de-catherine-barba
Le consommateur européen en mode alternatif
71 % des Européens déclarent ne pas avoir vraiment les moyens de consommer. Pour faire face à une crise qui dure, qui impacte leur moral et leur pouvoir d’achat, les Européens adoptent de nouveaux comportements de consommation alternatifs. Cette consommation alternative va prendre une place de plus en plus importante dans nos vies au cours des prochaines années ; c’est en tout cas ce que prédisent les 6 500 personnes interrogées dans cette édition 2013 de L’Observatoire Cetelem. Fidèle à sa vocation initiale, L’Observatoire Cetelem a donc mené une étude prospective afin de détecter les grandes tendances de consommation des prochaines années.
 
En téléchargement sur : http://observatoirecetelem.com/publications/2013/observatoire-cetelemconsommation- 2013.pdf
L’observatoire des consommations émergentes
Location, produits d’occasion, achats groupés ou à plusieurs, circuits courts, faire soimême… ces pratiques de consommation dites « émergentes » sont aujourd’hui loin d’être anecdotiques. Ne sont-elles que l’expression d’une consommation de crise? Témoignent-elles de l’épuisement du modèle d’hyperconsommation ? L’Observatoire des consommations émergentes a mené une enquête auprès de 4 000 consommateurs. Il publie une analyse approfondie permettant de faire le point sur les nouvelles formes de consommation, évaluer le degré de diffusion des différentes pratiques, identifier le profil des consommateurs impliqués, comprendre les logiques à l’oeuvre.
 

La synthèse de l’enquête en téléchargement sur :

http://www.lobsoco.com/magazines/174/images/pdf/4%20pages_conso_emergentes.pdf

(1re vague - 2012)

http://www.lobsoco.com/magazines/174/images/pdf/Synthse%20CEV2.pdf

(2e vague - 2013)