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Entreprendre CCI du Lot n°154
DOSSIER INDUSTRIE
De l'héritage à la conquète
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Pourquoi les deux premiers employeurs privés du département sont-ils un confiturier et un sous-traitant de l’aéronautique ? Pourquoi le Lot est-il aujourd’hui à l’abri des plans sociaux massifs que connaissent d’autres territoires et d’autres secteurs industriels, notamment dans l’industrie automobile ? Pourquoi Cahors est-elle dans le monde entier associée aux composants électriques ? Concrètement, une réponse commune s’impose à toutes ces questions : l’Histoire. Les histoires agricoles, les histoires minières, les « success stories » industrielles et, parfois, les histoires de famille..

Dépourvu de richesses minières facilement mobilisables et de moyens de communication adaptés, le Lot a souffert de handicaps structurels importants pour développer une industrie moderne. Il aborde le 19e siècle dans un état de sousdéveloppement flagrant : en 1840, le département n’était encore doté que de deux industries manufacturières de plus de 20 salariés. Certes, les origines de certaines filières lotoises remontent à des temps très anciens, mais leur modernisation s’organise en trois étapes bien distinctes, qui ont marqué les deux siècles derniers.
19e SIÈCLE : QUAND LE SOUS-SOL LOTOIS DEVIENT UNE RICHESSE
chambre Mal exploitées en raison d’un manque de capitaux, les carrières étaient malgré tout nombreuses et parsemaient le paysage lotois depuis le 17e siècle. Elles fournissaient des matériaux très divers : le marbre, la pierre serpentine, la terre argileuse, les phosphates, la houille, le fer, le plomb, l’argent, etc.
Une importante fonderie de fer, implantée en 1 700 à Bourzolles, près de Souillac, produisait des chaudières, des marmites, des ustensiles de cuisine et parfois des canons. Son fonctionnement nécessitait 150 ânes, chevaux et mulets, conduits par 20 enfants de moins de 16 ans, 30 femmes et 50 hommes.
Le Lot n’était encore doté en 1840 que de deux manufactures employant plus de 20 salariés.

En 1830, on recensait 81 fours à tuiles et briques. Valorisée localement, cette activité a largement concouru à l’effort de construction et d’amélioration de l’habitat lotois. La commune de Reyrevignes, entre Figeac et Livernon, hébergeait les Grandes Tuileries Mécaniques, première entreprise industrielle du Lot au début du 20e siècle avec 75 salariés.

L’imprimerie est une tradition encore plus ancienne, puisque la première trace d’un atelier d’imprimeur, à Cahors, remonte à 1472, soit peu de temps après les découvertes de Gutemberg (1440), mais les industries de ce secteur sont restées de taille modeste et avaient quasiment toutes disparu au début du 20e siècle.

Avec seulement quelques entreprises de taille modeste, non adaptées à l’évolution des besoins et des techniques, le Lot entre dans le 20e siècle dans un état de sous-industrialisation. Pourtant, face aux besoins générés par le développement et la modernisation de la France (densification du réseau ferré, naissance de l’aviation, électrification…), quelques industriels font leurs premières armes dans le secteur des biens d’équipement et acquièrent rapidement une bonne notoriété.

Partenaire des grands programmes Caravelle, Concorde, Airbus, ATR…, parmi les principaux héliciers mondiaux, grand spécialiste d’équipements d’avions, Ratier - Figeac a suivi les gloires mais aussi les crises (1948, 1977) de l’industrie aéronautique mondiale.

La première entreprise industrielle du Lot au début du 20e siècle, avec 75 salariés, était les Grandes Tuileries Mécaniques, à Reyrevignes, entre Figeac et Livernon.

L'usine Ratier au début des années 1960

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UNE POIGNÉE D’INDUSTRIELS LOTOIS VA TOUT RÉVOLUTIONNER
En 1904, Paulin Ratier crée à Figeac un atelier de menuiserie spécialisé dans la fabrication d’hélices en bois pour l’aviation. Plus tard, il inventera l’hélice à pas variable en vol, fer de lance de sa notoriété. A force de succès, le petit atelier de menuiserie deviendra cent ans plus tard le spécialiste mondial des hélices pour l’aviation, employant plus de 1 000 salariés dans l’usine lotoise de 52 000 m2. Fondée en 1910 sous la dénomination Éclairage Général, la Manufacture d’Appareillage Électrique de Cahors (MAEC) naît avec les débuts de l’électrification et fabrique des appareils de tableaux, des disjoncteurs et des interrupteurs. Elle utilise les pièces de porcelaine produites par l’usine Virebent, créée en 1924 à Puy l’Évêque (150 salariés en 1935). Fournisseur d’importants clients comme EDF, la SNCF et des entreprises de branchement, la MAEC se développe rapidement et occupe 192 personnes en 1948. La mise en marché d’un nouveau produit, le Paninter, coffret en matériau composite qui protège les compteurs d’électricité et de gaz, lui permet ensuite de se tailler une place de leader sur le marché. Au cours des décennies suivantes, les diversifications des activités et les acquisitions furent à l’origine du Groupe Cahors, qui compte aujourd’hui 15 filiales dans le monde et emploie près de 2 000 personnes. A la même époque, deux entreprises cadurciennes, les Etablissements Meyrat et Artigues (photo en page 7) et les Etablissements Dubois-Desprats-Crespeau et Cie (jusqu’à 250 salariés en 1948 à elles deux) assurent 95 % de la production nationale des poignées de porte, soit 2 millions d’unités par an. Cette activité reste aujourd’hui représentée par la société Dubois Industries, qui emploie une vingtaine de personnes. Elle continue de fabriquer des poignées de porte, tout en concevant des produits innovants dans le domaine des contrôles d’accès (voir page 15).
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L'Éclairage Général, dans les années 1920, qui deviendra la MAEC.

C’est incontestablement après la Seconde Guerre mondiale que prend corps l’industrialisation du département du Lot. Elle s’appuie sur les quelques entreprises qui ont réussi à passer ce cap difficile, dirigées par des promoteurs perspicaces, saisissant les opportunités offertes par la reconstruction de la France, et qui vont profiter du boom de la société de consommation pour mettre sur le marché des produits adaptés aux besoins de la mondialisation.

Le lin du Lot était très réputé au 4e siècle, spécialement en Italie. 17 siècles plus tard, l’Italie est le premier client pour les nouvelles valises fabriquées avec une résine de lin conçue par… la PME lotoise Hacoma.

EFFORT DE RECONSTRUCTION ET MONDIALISATION : DEUX DÉFIS SURMONTÉS

L’industrie lotoise des biens d’équipement poursuit ainsi son essor autour d’entreprises toujours plus grosses et taillées pour la compétition mondiale. Les succès industriels et les besoins en sous-traitance de proximité (notamment avec la montée en puissance d’un pôle aéronautique et spatial en Haute-Garonne) vont favoriser l’émergence d’un tissu de PME de la mécanique et du travail des métaux, hautement spécialisées et compétitives : fabricants de machines, de pièces spéciales, bureaux d’études, etc. Elles forment l’actuelle Mécanic Vallée, qui fédère sur un petit territoire (dans l’Aveyron, la Corrèze et le Lot) plus de 200 entreprises et 12 000 emplois.

Autre carte maîtresse du département : l’industrie agroalimentaire, dont les leaders sont issus, là encore, d’histoires singulières : à Biars-sur-Cère, deux familles négociantes en noix et châtaignes depuis les années 1920, Chapoulart et Boin, se lancent dans la commercialisation des confitures artisanales, puis industrielles après-guerre, et rencontrent un destin hors du commun. Deux beaux-frères, Pierre Chapoulart et Jean Gervoson, fondent Andros en 1948, puis la marque Bonne Maman en 1971 dont le symbole, inchangé depuis, se résume à un simple couvercle au dessin Vichy évoquant les nappes campagnardes et la cuisine familiale traditionnelle.

La fabrication du foie gras et sa commercialisation à grande échelle apparaissent après 1945 au travers d’une quinzaine d’unités artisanales fabricant en saison : Bizac fait partie des précurseurs ; en 1946, Jean Larnaudie reprend l’affaire paternelle de volailles en gros et développe une activité de conserves de champignons qu’il reconvertit en 1973, après une récolte catastrophique, en fabrication de foie gras et autres plats cuisinés. L’arrêté du 3 mars 1981 obligera les conserveurs à respecter des normes plus drastiques, ce que certaines entreprises parviendront mieux à atteindre (Godard et Valette notamment) que d’autres.

Nombre d’autres filières, qui font la renommée lotoise, sont en réalité issues de produits agricoles très anciens. C’est le cas du vin, puis de la culture du noyer et de la fabrication de son huile, qui sont introduits par les Romains ; des premiers abattoirs de viande, des moulins fariniers et des distilleries, qui voient le jour aux 13e et 14e siècles ; du cabécou, ce petit fromage rond au lait cru entier de chèvre, cité depuis le 15e siècle ; et de la truffe noire du Lot, la plus réputée de France dès 1850…

DÉVELOPPEMENT DE NOUVEAUX FLEURONS

Dans la première transformation des métaux, quelques entreprises nouvelles viennent conforter, après 1940, un secteur essentiellement occupé par la fabrication de poignées de portes, activité alors affaiblie par un affaissement du marché. C’est à cette époque que, dans le Lot, la tréfilerie d’acier trouve ses premiers développements, que s’implante la fabrication de charpentes et constructions métalliques, ainsi que l’usinage de capsules et bouchons pour flacons de parfums… Résultat : ces trois filières appartiennent aujourd’hui aux fleurons de l’industrie lotoise.

Plus récemment, le secteur de la chimie, pharmacie et parachimie va apporter une nouvelle corde à l’arc déjà bien fourni de l’industrie lotoise : ce secteur trouve son origine dans la fabrication de bougies, représentée notamment par les Etablissements Fénelon, créé en 1743, et qui se diversifie plus récemment dans les articles religieux. Elle employait encore 50 salariés en 1990 et exportait 10 % de ses fabrications, mais a dû fermer dans les années 2000. De création plus récente, la SOB (peintures), CMPC (produits chimiques), Pierre Fabre Médicaments (pharmaceutique), Phyt’s, les Laboratoires Ducastel et Tridyn (cosmétique), Simeca (travail du caoutchouc), etc. redonnent vie et notoriété à cette branche d’activité.

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Panoplie de poignées de porte présentée par les Etablissements Meyrat et Vidal lors des Expositions coloniales de Marseille en 1922 et de Strasbourg en 1924.
VERS LE « MADE IN LOT »

Le Lot peut se féliciter de voir son industrie se développer dans un contexte économique réputé peu favorable. Les récentes innovations permettent en effet l’introduction de matériaux composites dans de nombreux procédés industriels. Et notre département n’est pas à la traîne dans ce domaine, puisque quelques entreprises font partie des leaders mondiaux et développent des produits aux débouchés aussi stratégiques (les transports ou l’énergie) que surprenants (la bagagerie).

En l’occurrence l’histoire sait « boucler la boucle ». Ainsi, au 4e siècle, le Quercy était réputé pour la qualité de son lin, qu’il vendait notamment jusqu’à Rome. Or, au 21e siècle une entreprise quercynoise vient de découvrir un autre débouché pour ce produit naturel : elle l’incorpore notamment dans la fabrication des valises. Développée en 2012 en résine de lin par l’entreprise lotoise Hacoma, cette valise ultramoderne élargit la gamme du français Delsey dont le premier débouché européen n’est autre que… l’Italie !

L’industrie dans le Lot : une filière ambitieuse

Que l’économie mondiale soit en crise, personne ne peut le nier, ou faire comme si la situation n’était pas préoccupante en Europe et particulièrement en France. Pour autant, il y a bien d’autres choses à dire et à faire.

En l’occurrence, la filière industrielle lotoise a beaucoup à dire, et beaucoup à faire. Tout d’abord, il faut dire et répéter que l’industrie lotoise cherche à embaucher et voudrait recruter davantage. Ces embauches, la filière industrielle lotoise aimerait bien les concrétiser. Paradoxalement, il y a dans le département plus de postes à pourvoir que de candidats potentiels, et ces postes sont dans des fonctions variées, pouvant impliquer des compétences commerciales, techniques et linguistiques élevées.

Voilà donc une action immédiate à mener : former sur place et attirer les talents dans le Lot. Cette année, en Midi-Pyrénées, et notamment grâce à la filière aéronautique, l’industrie embauchera près de 10 000 personnes, dont plusieurs centaines dans le Lot. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est ce qu’indique l’indicateur le plus fiable de tous : les carnets de commandes des entreprises de l’industrie !

En l’occurrence, la plupart des industriels lotois intervient sur des secteurs de « niches » ou de « soustraitance » qui évoluent à leur propre rythme. Et du rythme, il y en a, puisque plusieurs acteurs majeurs de l’industrie du département ne cachent pas que leurs carnets de commandes sont remplis pour les douze mois à venir, pour 2014, voire, pour les années suivantes.

De quoi parle-t-on alors, si l’on ne parle pas de crise ? Concrètement, nous abordons dans ce dossier des enjeux opérationnels tels que le développement des exportations, les investissements dans la recherche et l’innovation, le développement durable, la responsabilité sociétale des entreprises ou la transmission. Voilà quels sont les principaux sujets pour les acteurs de l’industrie du département.

Les témoignages le montrent : les normes et les réglementations peuvent devenir des leviers de croissance. On le sait : une autre option consiste à ne les considérer que comme des freins et des contraintes. Cette façon de voir les choses ne mène nulle part.

Dans ce dossier, nous proposons des solutions, des exemples d’entreprises qui s’engagent et, aussi, des raisons qui doivent conduire les industriels lotois à se vanter de leurs engagements. Parce que le Lot peut et doit être fier de son industrie.
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Les arguments du « Made in Lot »

L’industrie lotoise évolue à contre-courant de l’évolution nationale : le Lot n’est pas touché par la désindustrialisation, il n’enregistre pas de disparitions importantes d’entreprises et encore moins de plans sociaux à grande échelle. C’est ce que nous allons démontrer à travers la deuxième partie de ce dossier, avant d’aborder les grands défis que l’industrie lotoise doit relever si elle veut préserver sa place, voire la conforter.

Premier constat : le Lot est un département bien plus industriel qu’on l’imagine. L’emploi industriel lotois représente ainsi 15 % de l’emploi total et génère près de 30 % du chiffre d’affaires de l’ensemble déclaré par les entreprises lotoises.

En matière d’industrie, le Lot n’a rien à envier à la capitale régionale et poumon de l’aéronautique : l’emploi industriel en Haute- Garonne ne représente que 12,8 % de l’ensemble (contre 15 % dans le Lot) et 5% des entreprises (contre 6,3 % dans le Lot). Le dynamisme de cette filière dans le département est encore plus évident si on se focalise sur la valeur ajoutée : l’industrie représente à elle seule 20 % du total. Mieux, l’emploi industriel a progressé de 4,5 % dans le Lot au cours de la dernière décennie : on pourrait pratiquement parler d’une « industrialisation » du Lot…

CONSTRUCTION ÉLECTRIQUE ET ÉLECTRONIQUE, MÉCANIQUE ET AGROALIMENTAIRE : LES TROIS PILIERS DE L’INDUSTRIE LOTOISE

Comme le montre la première partie de ce dossier, les activités industrielles dans le Lot sont une tradition qui s’est affirmée dès le XIXe siècle, notamment avec la fabrication de tuiles, de briques et de poterie (cette exploitation de la terre du département occupait 81 fours en 1831, selon la Statistique de Département du Lot de Jacques-Antoine Delpon), ou la fabrication de conserves alimentaires et de produits du terroir. Au XXe siècle, le développement important de la filière aéronautique et spatiale en Haute- Garonne a logiquement conduit à la création d’entreprises de soustraitance dans les départements de Midi-Pyrénées.
Cette vocation industrielle a abouti à la situation suivante : l'industrie du Lot compte près de 1 400 établissements (soit 6,3 % du total lotois), pour plus de 10 000 emplois ; la majorité étant située dans le nord et l’est du département. Concrètement, les savoir-faire industriels dans le Lot sont reconnus et sont mis en valeur au sein de quatre principaux pôles de compétitivité : Agrimip, Aerospace Valley, Mecanic Vallée et ViaMéca.

Par ailleurs, on ne peut s’arrêter sur la forte proportion de très petites entreprises parmi les acteurs locaux de l’industrie. Certes, 91% des établissements industriels lotois possèdent moins de 10 salariés, mais ceci n’est pas propre au Lot et n’est pas lié au fait qu’il s’agit d’un département rural : les données sont similaires en Haute- Garonne, par exemple.

UNE INDUSTRIE QUI COMPTE PLUSIEURS LEADERS MAIS MANQUE DE NOTORIÉTÉE
Riche de sa diversité, l’industrie lotoise possède de nombreuses entreprises leaders dans leur domaine. Pourtant, ces entreprises sont souvent méconnues du grand public, car il s’agit généralement de sous-traitants qui ne vendent pas de produits en direct. En effet, même si les industriels lotois sont extrêmement performants, ils demeurent très discrets sur le plan local, dans la mesure où la quasi-totalité de leurs ventes sont réalisées hors des limites du département, voire au-delà des frontières françaises. Pour mieux comprendre cette particularité, il est nécessaire de faire un rapide panorama sur les principales composantes de la filière industrielle lotoise. chambre
Peu de Français le savent, mais Andros est Lotois.
Ratier-Figeac : premier hélicier mondial, grand exportateur et pourtant peu connu
chambre Il y a deux populations qui pensent bien connaître l’entreprise Ratier-Figeac (groupe UTC Aerospace Systems) : les professionnels de l’aéronautique, qui le connaissent en tant que leader mondial de l’hélice, et les Lotois, qui considèrent l’entreprise comme l’un des plus gros employeurs du département. Par définition, les clients de Ratier-Figeac ne se trouvent pas dans le Lot, mais plutôt en Europe et, pour 40 % d’entre eux, en dehors de la zone euro. Quels sont les principaux freins au développement de l’entreprise ? « Le premier frein, c’est l’attractivité du Lot, estime Michel Férey, Président de Ratier-Figeac : il faut la renforcer pour que son industrie attire les talents et les compétences qu’elle mérite. Quant aux atouts du département et sa qualité de vie, toutes celles et tous ceux qui vivent dans le Lot les connaissent. L’enjeu est de les faire connaître ailleurs. En ce qui concerne les freins plus “traditionnels”, comme la force de l’euro ou les réglementations européennes, ce ne sont pas des problèmes pour nous.
Nous évoluons sur un marché où la devise de référence est le dollar, et cela nous concerne autant que nos concurrents, nos fournisseurs ou nos clients. J’ai la même analyse en ce qui concerne les réglementations : elles s’imposent à tous et notre valeur ajoutée consiste justement à anticiper leurs évolutions plutôt qu’à nous mettre en conformité au dernier moment. Concrètement, ce ne sont pas des freins et nous avons enregistré une croissance en 2011, nous annonçons une croissance pour 2012 et nous prévoyons d’être en croissance en 2013. »
UN SECTEUR AGROALIMENTAIRE PUISSANT

Cette industrie regroupe les activités spécifiques de transformation de produits issus de l’agriculture locale ou extérieure. Il s’agit le plus souvent d’un héritage de savoir-faire familiaux, que l’on retrouve dans l’ensemble du Sud- Ouest de la France. Encore fallaitil que cette valorisation des richesses du terroir et de sa gastronomie soit reconnue. C’est dans ce domaine que des progrès déterminants ont été réalisés : la plupart des productions lotoises bénéficient aujourd’hui de signes officiels de qualité (AOC, AOP, Label Rouge, etc.).

Une des forces de la filière agroalimentaire lotoise est ainsi d’avoir à la fois un « N° 1 » (Andros, pour les confitures) et plusieurs productions protégées et largement récompensées, comme le foie-gras (plus de 25 médailles lors du Concours Général Agricole 2013), le fromage de Rocamadour (présenté en mars 2013 par le chroniqueur culinaire Vincent Ferniot comme « un des trois meilleurs chèvre du monde » et qui a décroché 2 médailles lors du dernier Concours Général Agricole), l’agneau fermier du Quercy, doté d’un Label Rouge, qui alimente les circuits d’abattage et de transformation (dont l’abattoir Ovin de Gramat, la SOGEAG, premier site en France pour les agneaux) et de distribution lotois, sans oublier le vin de Cahors (20 médailles lors du dernier Concours Général Agricole) et les autres vins du Lot (8 médailles), ou les rillettes de canard (4 médailles) ou encore les magrets (2 médailles), l’huile de noix et la bière (1 médaille chacun).

A quoi servent ces médailles ? « Elles servent, d’une part, à faire goûter nos produits à des experts et à recueillir leurs avis et, d’autre part, à communiquer vers le grand public, qui se fie de plus en plus à ces distinctions, surtout dans les points de vente où il n’y a pas de conseillers spécialisés », explique François Sudreau, dont le foie gras entier de canard gras mi-cuit a obtenu cette année la médaille d’or. En d’autres termes, la médaille devient un argument plus puissant que la marque elle-même en grande distribution.
Le Lot, avec plus de 60 médailles lors du dernier Concours Général Agricole, occupe une position appréciable.

 

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Le jésuite aux amandes, une spécialité de chez Rey Surgelés
L’agroalimentaire regroupe environ 300 établissements et 3 000 emplois, principalement dans les domaines suivants : la viande, le lait et le fromage, les fruits et légumes, le travail des céréales et les vins et autres boissons.
UNE FILIÈRE MÉCANIQUE FORTE
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Ballons industriels réalisés sur mesure par Lacaze Énergie pour l’entreprise auvergnate TBI.

Souvent peu connues pour les raisons citées plus haut (la principale restant leur statut de soustraitants et donc le peu de notoriété des marques), les 400 entreprises lotoises de la mécanique emploient ensemble plus de 3 000 salariés. C’est d’autant plus remarquable que les perspectives d’embauche dans ce secteur sont énormes. Qu’en pensent les responsables de la filière au niveau régional ? « Nous avons la chance dans cette région d’avoir une industrie porteuse avec des milliers de postes à pourvoir, souligne Jean Luminet, Président de l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie de Midi-Pyrénées (UIMM-MP). De fait, en 2012, le secteur a embauché entre 12 000 et 13 000 personnes, dont 5 000 dans l’aéronautique. Dans les deux années qui viennent, les prévisions de recrutement sont de l’ordre de 9 000 employés, de l’ouvrier qualifié au cadre en passant par le technicien. »

En l’occurrence, le Lot se situe dans la sphère d’influence de Toulouse, berceau de l’aéronautique en France, qui a soit essaimé des entreprises, soit engendré des vocations entrepreneuriales. On a ainsi vu émerger des entreprises plus ou moins grandes (de Ratier-Figeac qui emploie plus de 1 000 salariés à de nombreuses PME et TPE), mais qui possèdent toutes un savoir-faire bien spécifique et souvent de renommée très large.

Dans ce domaine, l’industrie lotoise, comme celle de Midi- Pyrénées, semble en décalage avec le discours national tant entendu sur un déclin de l’industrie. « Face à la désindustrialisation française, le contexte en Midi-Pyrénées est asynchrone. Les entreprises industrielles ont connu ici une croissance de 6,2% en 2012 et de 9,6% pour la seule aéronautique. Il y a dans ce secteur des métiers qui paient », commente Alain di Crescenzo, Président de la CCI de Toulouse.

DES CHAMPIONS À VALORISER
Il est difficile de faire une liste exhaustive des « champions » de l’industrie lotoise, mais on peut notamment rappeler les points suivants.
- Ratier-Figeac est le premier hélicier mondial, avec plus de 1 000 salariés (voir encadré page 7).
- Matière, avec près de 100 salariés sur le site lotois, est l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la construction de ponts métalliques ainsi que dans le domaine des passerelles. Matière a notamment inventé le Pont Unibridge, concept innovant de pont métallique à montage très rapide (moins de 2 jours), déjà livré à de nombreux exemplaires dans le monde entier.
- Aérofonctions est l’un des leaders mondiaux du travail des matériaux composites pour l’aéronautique.
- Hacoma est l’un des grands d’Europe pour le travail des matériaux composites pour le BTP, l’industrie, et même dans des débouchés surprenants comme la bagagerie.
- Brown Europe est l’un des meilleurs spécialistes européens pour le tréfilage d’aciers spéciaux.
- Sermati, Cinetic Machining, RGI, etc. sont des spécialistes reconnus dans la conception et la fabrication de machinesoutils pour l’industrie.
- Solev est l’un des leaders mondiaux de la décoration de packagings pour la parfumerie et la cosmétique de luxe (voir encadré).
- Hugon-Sport, avec 20 salariés, est spécialisé dans fabrication de tribunes et compte des clients partout en France.
- Lacaze Energies, qui emploie 76 salariés, s’est imposé dans le secteur de la fabrication d’éléments de stockage d’eau.
Solev, le luxe à la lotoise
chambre Labellisée en 2012 « Entreprise du Patrimoine Vivant », Solev est un bel exemple d’entreprise lotoise au savoirfaire industriel d’excellence. Fondée en 1984 par Philippe Pivaudran, sur la base d’un accord inédit avec la marque Chanel, l’atelier lotois spécialisé dans la décoration de packaging pour la parfumerie et la cosmétique de luxe, emploie aujourd’hui 268 personnes à Martel et jouit d’une reconnaissance mondiale. « Cette reconnaissance est à la fois le fruit de notre dynamique industrielle et de notre vision stratégique des métiers du luxe, estime Mathieu Pivaudran, Directeur Marketing & Création de Solev. Pour répondre aux exigences d’excellence de ce marché, Solev a investi en 2000 un an de son chiffre d’affaires, afin de doubler la surface de son usine, d’intégrer de nouveaux outils industriels de pointe, d’optimiser les compétences des collaborateurs, d’instaurer de nouveaux modèles d’organisation du travail… » Grâce à sa maîtrise de technologies complexes, telles que la reprise au laser, le laquage intérieur ou la sublimation, Solev habille aujourd’hui les flacons des plus grands noms du luxe : Jean-Paul Gaultier, Lanvin, Dior, Hermès, Guerlain…
Pour accélérer sa croissance et asseoir sa pérennité, l’entreprise lotoise a franchi en 2011 une étape clé de son développement en intégrant le groupe de packaging de luxe Pochet. « Notre intégration stratégique dans ce groupe familial, à la fois client et partenaire de longue date, a beaucoup de sens, souligne Mathieu Pivaudran (en charge depuis lors du marketing pour Pochet du Courval), notamment parce qu’elle nous a ouvert les portes de clients prestigieux, comme les groupes L’Oréal (Lancôme) et Procter & Gamble (au travers de ses marques Gucci et Dolce Gabbana), que notre taille ne nous permettait pas de servir. » Forte de la confiance de ses nouveaux actionnaires, confirmée depuis 2011 par la poursuite d’investissements dans l’outil de production de Martel, Solev se diversifie aujourd’hui dans la décoration de flacons de spiritueux.
CONSTRUCTION ÉLECTRIQUE ET ÉLECTRONIQUE : UNE FILIÈRE DE RENOMMÉE INTERNATIONALE
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Conception de circuits électroniques chez CRDE
Deux spécialités implantées sur le pôle d’activités de Cahors se dégagent de ce secteur : la fabrication de matériel de protection et de comptage, la conception et la réalisation de systèmes électroniques. Parmi les champions lotois dans ces secteurs, citons notamment :
- la MAEC, qui appartient au Groupe Cahors (15 filiales dans le monde entier, près de 2 000 salariés) et emploie 450 salariés. Elle conçoit et teste dans ses laboratoires de chimie, physique et électronique, une gamme complète de matériels issue de deux savoir-faire complémentaires : distribution, branchements et comptages des fluides (électricité, gaz ou eau) ; jonction de dérivation et de raccordement des câbles pour réseaux de moyenne et basse tension et de commutateurs.
- CRDE, qui appartient également au Groupe Cahors et compte 80 salariés, conçoit, fabrique et intègre des cartes électroniques pour tous secteurs industriels.
- FEM AERO, avec 41 salariés, qui s’est spécialisée dans la fabrication de câblage électronique et de logiciels d’informatique industrielle.
- Berges Luminaires, qui compte 17 salariés et est considérée comme un expert pour la conception et la fabrication d’appareils d’éclairage électrique.
DES CHAMPIONS « HORS-CATÉGORIES »
Au-delà des principales filières, d’autres secteurs, moins importants en nombre d’entreprises et d’emplois, sont également issus de l’histoire, de la géographie et de la géologie du département. Entre autres, le travail du bois, l’extraction de matériaux, les bureaux d’études, la cosmétique… (La liste n’est par définition pas exhaustive.)
FORTE EXPERTISE DES BUREAUX D’ÉTUDES LOTOIS *
- Le CEA de Gramat emploie plus de 300 salariés, possède un laboratoire et un bureau d’études pour des applications civiles et militaires.
- Gérac compte 67 salariés et est spécialisé dans la maîtrise des environnements électromagnétiques. - EP3E conçoit des convertisseurs de puissance, emploie 3 salariés et a des clients dans le monde entier.
- ITHPP conçoit des générateurs d’impulsions électriques à très haute tension, emploie 21 salariés et a également des clients civils et militaires dans le monde entier.
- Thiot Ingénierie : avec 15 salariés, ce laboratoire d’analyse de physique des chocs vend ses prestations sur tous les continents.
- Euro Pulse, spécialisé dans les générateurs d’énergie. Cette entreprise emploie 5 salariés et compte des clients civils et militaires dans le monde entier.
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Lanceur HERMES, banc d’essai en physique des chocs maîtrisé par Thiot Ingénierie.
-Whylot, avec déjà près de 10 salariés, conçoit et fabrique des systèmes électromagnétiques et des moteurs à aimant permanent.
* Voir le dossier d’Entreprendre n° 162 sur le marché de l’électronique de haute puissance.
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Façonnage d’un pont Unibridge chez Matière
LA FILIÈRE BOIS POSSÈDE DES ATOUTS DÉTERMINANTS

La forêt, dans le département du Lot, occupe 38 % du territoire et caractérise le paysage de son empreinte. Le travail du bois, malgré le progrès et l’évolution des techniques, demeure une tradition solide, aussi bien en première qu’en deuxième exploitation. L’exploitation forestière mobilise 35 entreprises environ et près de 200 emplois dans le Lot.

Le bois du Lot, ou transformé dans le Lot, sert à la fabrication de parquets, de charpentes et à l’ameublement. Parmi d’autres, on note la spécialisation de la société Sidénergie, basée à Lavalde- Cère, 23 salariés, qui dépollue les traverses de chemin de fer usagées et les recycle en charbon de bois.

L’INDUSTRIE EXTRACTIVE, VIEILLE TRADITION LOTOISE, EXPLOITE ET TRANSFORME DES PRODUITS QUALITATIFS

Les activités extractives et les matériaux de construction dans le Lot profitent essentiellement aux entreprises du BTP, mais ont également leur importance auprès des particuliers. Cette filière représentait une trentaine d’entreprises dans le Lot en 2012, depuis l’extraction des sables et graviers jusqu’au concassage de roches de carrières. Les matériaux extraits peuvent aussi servir à la fabrication de béton prêt à l’emploi et d’éléments béton pour la construction.

Par ailleurs, dans la région de Crayssac, près de Cahors, des artisans exploitent des carrières à ciel ouvert, produisent et façonnent la « pierre du Lot », pierre plate de construction essentiellement mise en oeuvre pour le dallage de terrasses extérieures.

Occitanie Pierres qui exploite des carrières en Dordogne, façonne la pierre pour la construction et l’aménagement intérieur et possède des clients dans toute la France, aussi bien des professionnels que des particuliers et des enseignes comme Leroy Merlin.

COSMÉTIQUES, LES INDUSTRIELS DU LOT SUR DES CRÉNAUX PORTEURS

- Phyt’s, 80 salariés, développe et fabrique des produits « Bio-cosmétiques » aux ingrédients d’origine naturelle.
- Ducastel, 70 salariés, fabrique des produits de coloration capillaire, produits techniques, coiffants et soins.

Au-delà, d’autres entreprises appartenant à des secteurs différents de ceux que l’on vient de citer, occupent des positions fortes sur des marchés tels que l’industrie du jeu, de l’habillement, de la pharmacie, de la chimie, etc.

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On peut notamment citer :
- Lotoquine, 27 salariés, est un spécialiste de la fabrication de jeux de société. L’entreprise exporte partout dans le monde.
- Degas, 9 salariés, qui fabrique des chaussons de danse et fournit danseurs professionnels et élèves.
- Airgoal, 8 salariés, qui conçoit des équipements sportifs gonflables et des outils de communication. L’entreprise exporte dans de nombreux pays.
- Batisolar, 6 salariés, conçoit et fabrique des panneaux photovoltaïques sur mesure.
- SOB, 50 salariés, qui fabrique des peintures et vernis.
- CMPC : 25 salariés, fabrique des produits chimiques et agrochimiques (détergents, désinfectants, peintures, insecticides…).
RENFORCER LA COMPÉTITIVITÉ DE L’INDUSTRIE LOTOISE
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Installée à Boissières, l’entreprise Degas a séduit des clients prestigieux tels que l’Opéra de Paris.
La première préoccupation des responsables d’entreprises industrielles que nous avons interrogés concerne la force de l’euro, qui reste le principal frein au développement de leurs exportations. « Dans un secteur comme l’Asie, qui représente 60 % de notre activité export, l’innovation est indispensable mais pas suffisante, explique Patrick Thiot, patron de Thiot Ingénierie. Les taux de change jouent un rôle déterminant et il est clair que cela ne nous favorise pas en ce moment. »

Une autre remarque récurrente a trait à la collaboration entre les entreprises au sein d’un même bassin d’emplois. « Il faudrait inciter financièrement les industriels de cette région à se promouvoir mutuellement dans le cadre de leurs démarches de prospection commerciale, explique Pascal Mouzarkel, Président de Dubois Industrie. Un autre avantage de ces échanges serait de favoriser les achats croisés entre fournisseurs locaux. »

Pour conclure ce panorama, rappelons que le Lot a longtemps eu la réputation d’être un territoire peu attractif pour la main d’oeuvre. Est-ce toujours vrai ? Non, à en croire les dirigeants lotois euxmêmes : ils ne sont que 21 % à citer le manque d’attractivité de la zone géographique comme un handicap pour recruter (source : Enquête « Emploi et Formation 2011 » par la CCI du Lot).

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Les entreprises lotoises n’hésitent plus à avancer l’argument « Fabriqué en France »,voire même « Made in Lot », comme la société Batisolar qui a conçu ce logo et l’affiche sur son site internet. En l’occurrence, installer des panneaux photovoltaïques fabriqués en France permet d’accéder à un prix de rachat supérieur de l’électricité.

En cette année de l’industrie, nous avons identifié quelques thématiques fortes, synonymes d’enjeux pour la pérennité et le développement de l’industrie lotoise. Nous les explorons dans les pages suivantes de ce dossier.

Innovation : La stratégie de la matière grise

Dans un contexte de mondialisation des marchés, l’innovation permet de garder une longueur d’avance sur ses concurrents.

Pendant longtemps, on a mesuré la performance d’une entreprise industrielle à sa capacité à produire plus àmoindre coût. C’était avant la mondialisation, l’ouverture des marchés à la concurrence des pays « low cost » et l’accélération des cycles de production...

Aujourd’hui, dirigeants d’entreprises et décideurs économiques ou politiques s’accordent sur le fait que le développement d’une entreprise est fortement dépendant de sa capacité à innover. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’innovation est un levier de compétitivité, qui lui confère un avantage concurrentiel sur son marché, lui permet de se diversifier, d’améliorer la qualité de ses produits et services, les compétences de ses collaborateurs…

Hacoma par exemple, une PME de 5 personnes à Montet-et- Bouxal, est devenue en 7 ans l’un des fleurons mondiaux des matériaux composites thermoplastiques de nouvelle génération et travaille pour le compte de grands donneurs d’ordre de la Défense, de l’aéronautique et de la construction navale. « Sur ce marché, la concurrence est forcément internationale ; l’innovation est notre fonds de commerce », souligne Grégory Hache, co-fondateur de l’entreprise, dont plus de 50 % de l’activité sont générés par la recherche et développement qu’elle réalise pour le compte de ses clients.

GAGNER DE NOUVEAUX MARCHÉS

L’innovation peut s’inscrire à tous les niveaux d’une organisation : création de produits, processus de fabrication, stratégie commerciale et marketing, services, management de l’entreprise… Ainsi, Solev (voir article en page 11) a pu capter de nouveaux marchés en proposant un service inédit innovant de maîtrise d’oeuvre logistique (gestion des achats et des approvisionnements des flacons à destination des usines de conditionnement). Dans un tout autre domaine, la SARL Balitrand (5 personnes à Saint- Paul-de-Loubressac) spécialisée dans la mécanique industrielle de précision, a réussi sa diversification vers le secteur aéronautique en modernisant sa chaîne de production avec de nouvelles machines à commande numérique. Grâce à cette innovation dans son processus de fabrication, elle peut aujourd’hui produire des séries de plusieurs centaines de pièces plus complexes et a plus que doublé ses volumes de production. En parallèle, l’entreprise augmente son savoir-faire.

Facteur différenciateur, l’innovation permet aux PME de rivaliser aux côtés de groupes internationaux sur des marchés de niche. Mais contrairement aux grandes entreprises dans lesquelles le processus d’innovation est généralement bien formalisé, il résulte souvent d’une démarche empirique dans les organisations de taille plus modeste.

STRUCTURER SA DÉMARCHE D’INNOVATION
Bien sûr innover comporte sa part de risque pouvant impacter la rentabilité et le développement. Les contraintes liées à l’innovation concernent principalement l’ingénierie économique, technique, financière, juridique et d’organisation, et doivent toutes être levées pour mener à bien son projet.
INNOVATION : LES PRINCIPALES PHASES DU PROJET

A chaque étape, il est recommandé de raisonner par projet, dans lequel les questions relatives à l’ingénierie commerciale et marketing, technique, juridique, financière, aux ressources humaines et à l’organisation doivent être abordées :
• Veille, recherche d’information : structurer l’idée.
• Etude de faisabilité technico-économique : lever les principaux freins.
• Conception et réalisation d’une maquette ou d’un prototype.
• Développement – industrialisation.

A chaque étape de votre projet, la CCI du Lot vous accompagne.
Contacts :
- Thierry Voirin : 05 65 53 26 80 thierry.voirin@lot.cci.fr

- Géraldine Galvani : 05 65 53 26 80 geraldine.galvani@lot.cci.fr.
Pour en savoir plus sur les aides à l’innovation : www.oseo.fr Pour en savoir plus la protection de l’innovation : www.inpi.fr

BATISOLAR : L’innovation d’usage
Issus de l’industrie du verre, Alain Fauvet et Fabrice Maronnier ont créé en 2008 la société Batisolar sur la base d’un modèle économique innovant. Cible privilégiée de cette jeune entreprise spécialisée dans la fabrication de panneaux photovoltaïques : les corps de métier du bâtiment. Sa particularité : considérer les panneaux photovoltaïques comme un élément de construction. « Nous concevons des modules sur mesure pour nos clients ; et ce sont eux, en quelque sorte, qui orientent notre politique d’innovation », estime Alain Fauvet. chambre
Alain Fauvet, Président de Batisolar

Installée à Fontanes, l’entreprise qui investit chaque année entre 5 et 10 % de son chiffre d’affaires en R&D dispose de son propre bureau d’étude, au sein duquel 2 ingénieurs conçoivent des modules destinés à s’intégrer à tous les styles de support : brise-soleil, verrière, véranda, mur rideau... « Ce qui caractérise une innovation c’est qu’elle rencontre son marché. Typiquement, le brise soleil photovoltaïque producteur d’électricité est aussi un produit innovant par son esthétisme et sa plurifonctionnalité. Il laisse pénétrer la lumière naturelle, limite la surchauffe du bâtiment et garantit de substantielles économies d’énergie ». Autre exemple : Batisolar vient d’installer pour l’éclairage public de Toulouse un premier panneau à concentration, dont le verre de structure pyramidale permet de refroidir le module pour optimiser la production d’électricité.

Cinq ans après sa création, la PME emploie une dizaine de personnes et ne manque pas de projets : de nouveaux modules intégrant des LED, des images ou des verres de couleurs sont en cours de conception pour satisfaire un nouveau marché : les métiers de la décoration.

DUBOIS INDUSTRIES : L’innovation durable
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Millésime, la poignée vedette de la gamme Dubois Eco-Design.

Entreprise familiale fondée en 1936, Dubois Industries a été reprise en 2008 par Pascal et Florence Moukarzel. « Lorsque la crise a éclaté, nous avons fait le constat que la seule façon d’augmenter nos marges était de proposer quelque chose de différent. Nous avons pris la décision de consacrer 10 % de nos ressources à l’innovation. Nous avons été accompagnés dans cette démarche, notamment par les services de la CCI du Lot, car il est utopique de penser pouvoir en maîtriser seul toutes les composantes », témoigne le PDG. Spécialisée dans la quincaillerie industrielle, qui représentait 85 % du CA au moment du rachat, Dubois Industries a développé son offre dans la sécurité d’accès. Ainsi en 2009, la société lotoise intègre dans ses armoires de gestion de clés électroniques un logiciel de réservation des clés sur Internet. C’est une première sur le marché français ! Elle est également à l’origine d’une poignée électronique innovante bi-technologies, cumulant une fonction de badge (pour l’accès du personnel permanent) et de code (pour des intervenants extérieurs).

« Ces innovations nous ont permis de remporter des marchés auprès de grandes entreprises comme Sanofi, Spie ou Saint-Gobain, et d’équilibrer le chiffre d’affaires de Dubois Industries et de Dubois Sécurité », ajoute Pascal Moukarzel.

Chez Dubois Industries, l’innovation passe également depuis 2010 par la conception de produits respectueux de l’environnement et par le développement durable. Récompensée par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) en 2012, sa nouvelle gamme de poignées Dubois éco-Design, consomme moins de ressources naturelles (-40 %) et produit moins de rejets (-37 %) pour sa fabrication. Autant d’arguments auxquels les consommateurs sont désormais de plus en plus sensibles…
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Nouveaux marchés & exportations : Conquérir
la croissance

Leviers de compétitivité, les nouveaux marchés et l’export sont essentiels pour pérenniser une activité industrielle.

Pour développer son activité, une entreprise peut travailler sur deux axes. Le premier pour diversifier son offre de produits et de services dans des domaines complémentaires à son coeur de métier d’origine. On parle dans ce cas de développement « en profondeur ». La fonderie d’aluminium Diace par exemple, fondée en 1977 à Vayrac par Jean-Paul Hède, travaillait essentiellement pour le secteur du bâtiment avant de réussir une percée décisive chez les équipementiers automobiles, grâce à une nouvelle activité de moulage sous pression. D’autres prestataires lotois ont su trouver des gisements de croissance en ciblant de nouveaux marchés, passant notamment du secteur automobile à l’aéronautique ou au ferroviaire.
Le deuxième axe de développement d’une entreprise consiste à étendre son champ d’action commercial au niveau géographique (développement « en largeur »). Objectif : gagner de nouveaux clients en région, en France ou à l’export (voir l’encadré sur la Maison Godard).
RENDRE L’ENTREPRISE PLUS COMPÉTITIVE ET PLUS SOLIDE
Ces stratégies commerciales conduisent à faire progresser le chiffre d’affaires, mais ce n’est pas le seul intérêt. Elles permettent également à l’entreprise de diversifier ses sources de revenu, et donc de réduire les risques liés à la perte éventuelle de l’un de ses donneurs d’ordres. Elles constituent surtout un levier de compétitivité essentiel pour assurer la pérennité d’une activité industrielle. A l’instar de RGI (voir encadré), les entreprises lotoises qui ont misé à la fois sur une diversification d’activité et de secteur géographique ont enregistré ces dernières années de belles performances… malgré la crise.

S’OUVRIR À DE NOUVEAUX MARCHÉS : LES ÉTAPES CLÉS
• Etude de marché (potentiel, accès, concurrence).
• Définition d’une stratégie à court et moyen terme, et des objectifs à atteindre.
• Evaluation des ressources associées (humaines, financières, de production).
• Mise en oeuvre d’un plan opérationnel, piloté par la direction générale et adapté aux capacités de l’entreprise.

La CCI du Lot vous accompagne dans votre développement à l’export et sur de nouveaux marchés. Contacts :
- Thierry Voirin : 05 65 53 26 80 thierry.voirin@lot.cci.fr
- Géraldine Galvani : 05 65 53 26 80 geraldine.galvani@lot.cci.fr
Pour en savoir plus sur l’export, vous pouvez également consulter le site d’Ubifrance : www.ubifrance.fr

MACHINES-OUTILS ET PRODUITS RGI : Bien cibler ses niches de croissance
L’entreprise lotoise RGI ne doit pas être considérée comme un cas à part même si la part de l’export dans son activité dépasse désormais 70 %. Elle est en fait représentative de la compétitivité de l’industrie française : une très forte spécialisation et un positionnement sur une production de haut de gamme, qui l’amène à produire des machines uniques – c’est-à-dire en un seul exemplaire – pour des clients attachés à la durée de vie et à la performance des produits qu’ils achètent. La démonstration du développement de RGI à l’export et sur de nouveaux marchés est simple : l’effectif venait de passer le cap des 20 salariés en 2007 lorsqu’Entreprendre lui a consacré un reportage (Entreprendre n° 137, pages 22 et 23), RGI en compte aujourd’hui 36 et la barre des 50 personnes est franchie si l’on prend en compte la filiale de RGI, FGD (Fraisage Grande Dimension). chambre
Cette machine gigantesque vient de quitter les ateliers de RGI à destination du Brésil.
Historiquement, l’entreprise de Saint-Céré est spécialisée dans la fabrication de machines- outils ou de sous-ensembles pour les industriels de la mécanique (dont l’aéronautique) et s’inscrit naturellement dans la mouvance de la «Mecanic Vallée ». Reste à savoir comment l’effectif a quasiment doublé depuis 2007. « L’activité a fait un bond de 70 % entre 2009 et 2012, explique Antoine Ramondou, ingénieur commercial et responsable Qualité chez RGI. Cela s’explique notamment par la formidable progression de l’éolien, pour qui nous produisons des tours verticaux de plus en plus grands, ainsi que par la croissance de nos ventes en Asie, où nous disposons désormais d’un réseau d’agents commerciaux. Cela s’explique aussi par la capitalisation de notre savoir-faire qui fait que nous pouvons proposer des machines en (petite) série tout en restant très attentifs aux spécificités qui permettent à nos clients de conserver leur avantage concurrentiel sur leur marché. Nous sommes positionnés sur des segments de marché où la production ne peut pas être massive : nous avons donc relativement peu de compétiteurs et pouvons agir en partenaires de nos clients dès que la commande est très spécifique. »
FOIES GRAS GODARD : La compétitivité par l’export
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Dans les pays où la vente de foie gras est interdite, la Maison Godard propose des produits cuisinés à partir d’animaux non gavés.
«Après plus de 5 ans de travail, l’activité export représente désormais 7 % du chiffre d’affaires de la Maison Godard, explique Amandine Delpech, responsable de l’activité export de l’entreprise depuis 2006. Le développement des exportations est continu et important, mais le potentiel de croissance est énorme ». Qu’est-ce qui a favorisé le succès de la démarche ? « La création d’un poste dédié à l’export a été déterminante, et je précise que cette création a été antérieure au développement des exportations et non une décision prise dans l’urgence suite à l’obtention d’un marché.

Par ailleurs, il est important que la fonction soit bien définie : être responsable de l’export ne se limite pas à savoir parler anglais ; il faut maîtriser les réglementations douanières, sanitaires, fiscales, etc. Il faut veiller à ce que l’entreprise dispose de plaquettes en anglais, en allemand, en espagnol, qu’elle soit présente sur les principaux salons, qu’elle participe aux grandes missions françaises à l’étranger, comme la création en février dernier de la Maison du Sud-Ouest en Chine, à Wuhan, par les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. Enfin, il est important d’assurer une veille constante sur les aides et les appuis dont peut bénéficier l’entreprise.»

Quant aux principaux écueils à éviter ? Le premier serait, selon la responsable, que les entreprises lotoises se privent des débouchés à l’export par crainte ou manque de confiance dans la qualité de leurs produits. « Concrètement, notre activité à l’export apporte des preuves de la compétitivité de nos produits, et je pense que la filière agroalimentaire lotoise a entre les mains un trésor qui reste peu exploité. Exporter, c’est commencer par ne plus avoir peur ! ». Parmi les projets des Foies Gras Godard à l’export pour les mois qui viennent, on peut notamment citer les missions en Finlande (voir Entreprendre n° 170, page 44), en Russie, et la prospection menée au Brésil, pays d’autant plus demandeur de cuisine française qu’il se prépare à accueillir des millions d’hôtes lors des prochains Jeux Olympiques et de la Coupe du Monde de Football 2014.

Transmission-reprise des entreprises
Une priorité pour la filière industrielle

Reprendre une entreprise ne s’improvise pas. La préparation et l’organisation de ce type d’opération sont des facteurs majeurs de réussite. Présentation des étapes incontournables.
Dans le Lot, plus d’un chef d’entreprise sur trois a plus de 50 ans. Concrètement, cela signifie que plus de 2 000 entreprises sont appelées à être reprises au cours des 10 ans à venir dans le département. Tous les témoignages des « cédants » et des « repreneurs » montrent que le principal écueil à éviter est le manque de préparation du dossier. Lorsque ce travail est fait dans de bonnes conditions, l’industrie lotoise est saluée comme un exemple à suivre : cela a été le cas pour Lotoquine, qui a reçu le trophée de « la meilleure reprise d’entreprise de l’année 2012 », décerné par la CCI de Région Midi-Pyrénées et par la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat. Dans ce cas comme pour tous les autres, voici les principales étapes à considérer en amont et en aval d’une transmission d’entreprise (voir encadré page 19).
SCIERIE SÉGUY : « Bien se former et prendre conseil »
La scierie Séguy a été transmise par Christian à son fils Julien en juillet 2012. « Chaque transmission reste un cas à part. Dans le nôtre, elle a été préparée depuis des années, quasiment depuis que j’ai rejoint l’entreprise voilà cinq ans, après un BTS de technico-commercial pour le bois et les dérivés, explique le jeune repreneur. Je pensais connaître les forces et les faiblesses de l’entreprise et je suis arrivé avec des idées neuves, notamment en ce qui concerne l’activité de négoce. Je ne pense pas m’être trompé puisque le chiffre d’affaires a quasiment doublé depuis mon arrivée il y a cinq ans. chambre
La famille Seguy gère la scierie de Goujounac, en Bouriane, depuis 1953.
Julien Seguy a officiellement pris, l'été dernier, la relève de son père à la direction de l'entreprise familiale.
Grâce à ce développement, les conditions d’une transition bien préparée ont pu être réunies : mon père m’a légué 60 % des parts et j’ai plusieurs années pour racheter les 40 % restants. Par ailleurs, j’ai moimême investi dans une SCI pour que l’entreprise dispose de nouveaux locaux, toujours sur le site de Goujounac. Cette expérience m’incite à donner deux principaux conseils. Le premier est qu’il est impératif d’être à la fois formé au métier de l’entreprise et à la gestion d’une société. En la matière, l’aide que m’a apportée la CCI du Lot m’a été très utile. Le deuxième conseil est qu’il ne faut pas hésiter à prendre le maximum d’avis d’experts, dans le domaine financier comme sur le plan juridique ou en ce qui concerne la stratégie commerciale. Tous ces conseils permettent de prendre les décisions en connaissance de cause. Un dernier point, qui est loin d’être anecdotique, c’est l’âge du repreneur. Je n’ai que 25 ans et, dans un premier temps, on me l’a bien fait sentir : j’ai dû démontrer que j’étais au niveau. Pour qu’une reprise soit réussie, je pense que le repreneur doit séduire à la fois ses partenaires financiers, comme les banques, ses clients et les salariés de l’entreprise. Lorsque ces conditions sont réunies, on peut prendre des initiatives et assumer ses décisions. »
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Du côté cédant comme du côté repreneur, il est nécessaire de se préparer bien en amont. Les plus belles réussites de transmission sont celles où la confiance et la transparence réciproques ont été respectées.
A chaque étape de votre projet, la CCI du Lot vous accompagne.
Contact : Thierry Voirin : 05 65 53 26 80
thierry.voirin@lot.cci.fr

Développement durable en entreprise
De nouveaux outils de conquête

L’engagement des industries lotoises dans le développement durable à travers la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est structurant : en plus des économies générées, les initiatives renforcent la compétitivité des PME.
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Non seulement les normes et les labels conduisent les PME dans des démarches structurantes, mais aboutissent également à l’ouverture de nouveaux marchés, à un renforcement des arguments commerciaux et à des économies conséquentes, notamment en ce qui concerne l’énergie.

Concrètement, le développement durable consiste principalement à se donner les moyens d'accroître sa performance globale (environnementale, sociale et économique), à limiter les risques, à répondre au mieux aux exigences de ses clients et donneurs d'ordre, ou encore à prendre en compte l'avis de l'ensemble des parties prenantes (clients, fournisseurs, salariés, actionnaires, collectivités locales…).


Il existe de nombreux labels et normes dont l’intérêt est, non seulement d’engager les PME dans des démarches structurantes, mais également de leur ouvrir de nouveaux marchés et de leur donner des arguments commerciaux forts, dont plusieurs sont cités dans cet article.

ENERGIE : PREMIER GAIN POUR LES ENTREPRISES

Si les démarches de développement durable contribuent à améliorer la performance globale de l'entreprise, elles peuvent également se traduire par des réductions de coûts appréciables. Le premier outil concerné est le bilan énergie, opération pour laquelle la CCI du Lot peut accompagner les entreprises. « Ce bilan énergie a été réalisé pour notre unité de production en août 2012, explique François Sudreau, PDG des Foies Gras Sudreau. Il a mis en évidence trois sources d’économies potentielles, concernant la production du froid, l’isolation et la récupération des eaux chaudes. Les travaux vont donc débuter dès ce mois de juin. » Une démarche comparable a été engagée par une autre entreprise lotoise, Pivaudran. « Le bilan énergie réalisé en 2012 nous a conduit à considérer 3 actions qui pouvaient être menées très vite et qui ont un retour sur investissement rapide, explique Nicolas Biedermann, directeur des Opérations et de l’Amélioration Continue de Pivaudran. Premièrement, une révision de notre contrat électrique. Deuxièmement, la permutation entre des matériels anciens et des nouveaux (dans le cas des compresseurs, elle représente à elle seule une économie annuelle de 3 500 €, par exemple). Troisièmement, le recyclage de l’air afin de réduire nos besoins en chauffage. Dans tous les cas, les actions se traduisent par des économies substantielles et doivent être accompagnées par un changement des habitudes ».

Autre option : trouver une alternative aux énergies fossiles. Ainsi, la menuiserie Ganga, spécialisée dans les produits alu-PVC et installée à Bagnac-sur-Célé, a décidé de mettre en place une chaudière automatique au bois. « Après trois ans d’expérience, je retiens surtout que les coûts sont inférieurs à ce qui était prévu au départ, ce qui amène à considérer autrement l’investissement de départ, qui semblait élevé de prime abord », résume Bernard Ganga.

TRANSFORMER LES CONTRAINTES EN ATOUTS COMMERCIAUX
Communiquer sur la conformité de l’entreprise et de ses produits avec les réglementations permet à de nombreuses sociétés de se doter de nouveaux arguments commerciaux. Certaines vont d’ailleurs plus loin. En la matière, on peut citer les exemples d’entreprises comme Phyt’s (cosmétiques bio), qui est en cours de certification ISO 14001 ; CMPC (Compagnie Moderne de Produits Chimiques), certifié ISO 14001, qui a développé une gamme de produits éco labellisés et est en cours de certification pour le management de la sécurité ; SERMATI (voir article pages 42 et 43), qui a aménagé une aire de stockage des déchets, des cuves spéciales pour le fioul et un système de rétention pour l’ensemble des produits ; ou encore de l’Imprimerie France Quercy, qui a obtenu la marque Imprim’vert, a mis en place un système de tri et de valorisation des déchets et ne rejette plus d’eau usée dans le réseau. chambre
L’industrie a fortement diversifié ses recrutements et peut également innover dans les domaines de la formation ou de l’apprentissage.
Les entreprises peuvent faire appel au dispositif ARDAN afin de bénéficier d’une aide financière pour le développement d’activités nouvelles.
« C’est l’ensemble de l’entreprise Phyt’s qui est engagée dans ces processus, résume Raphaèle Caucal, Responsable QSE (Qualité-Sécurité- Environnement) chez Phyt’s. Concrètement, elle s’est investie dans une démarche d’amélioration permanente qui incite à anticiper les évolutions réglementaires. Au-delà de la certification ISO 14 001, nous avons adopté les préceptes de One Voice pour la protection des animaux. De plus, nous n’utilisons que du papier recyclé pour nos emballages certifiés “Imprim’vert”, nous n’employons que des produits de nettoyage qui préservent l’environnement, nous réduisons notre production de déchets et nous nous sommes dotés d’une centrale de prétraitement des eaux usées… Toutes ces actions contribuent à renforcer l’image de la marque, à l’étranger ou en France ».
TRANSFORMER MONTÉE EN PUISSANCE DE LA RSE

Nombre d’entreprises considèrent ces évolutions comme l’opportunité de formaliser de nouveaux profils de postes et d’intégrer de nouvelles compétences, d’optimisier la gestion des compétences et d’assurer la transmission des savoir-faire. « Pour permettre aux candidats en reconversion de concrétiser leur projet de formation et d'emploi dans notre entreprise, nous leur proposons, en lien avec Pôle Emploi, de réaliser un stage d'observation de 2 semaines au sein de nos ateliers de production, en amont du contrat en alternance. », explique Julien Migraine, Chargé de Formation chez Figeac Aéro. Audelà, il faut rappeler que les innovations prises en compte dans les démarches RSE concernent à la fois la diversité des personnes recrutées et les méthodes utilisées pour les recrutements (formations en interne, contrats de professionnalisation…).

« Les métiers au sein des industries ont évolué et la gestion des ressources humaines a logiquement adapté ses méthodes, explique Juliette Sourzac, Chargée de recrutement chez Ratier-Figeac. D’une part, l’entreprise tend à diminuer la pénibilité de ses postes, à l’image des postes créés pour des opérateurs sur machines à commande numérique. D’autre part, afin de prendre en compte les questions de “Qualité- Sécurité-Environnement”, nous avons renforcé nos équipes dans ce domaine. L’entreprise a pour volonté d’accueillir tout type de profils (femmes, travailleurs handicapés…), ces évolutions y contribuent donc. Ce n’est pas uniquement une démarche liée à la réglementation : c’est un atout en termes d’image et de compétitivité. Au-delà, il ne faut pas oublier le rôle essentiel de l’apprentissage dans l’industrie : Ratier-Figeac comptait 53 apprentis au début du printemps 2013 et ce chiffre devrait augmenter l’année prochaine. »

Le constat est comparable chez Figeac Aéro : « Depuis 2007, nous disposons de notre propre centre de formation des apprentis afin de faciliter les démarches (et les apprentissages !) pour les candidats, puisque formations en centre et en entreprise sont réunies. En 2012, nos 7 apprentis en Bac “Technicien d'Usinage” (TU) ont obtenu leur diplôme et 6 d'entre eux ont reçu une proposition d'embauche. Pour le CAP Monteur Cellules Aéronefs (MCA), les résultats sont également encourageants : 6 apprentis sur 7 ont été diplômés et tous ont reçu une proposition d'embauche. Pour la rentrée de septembre 2013, nous pouvons donc accueillir 12 apprentis TU et 12 apprentis MCA », conclut Julien Migraine.

A chaque étape de votre projet, la CCI du Lot vous accompagne.
Contacts :
- Elodie Fleurat-Lessard (Chargée de mission énergie) – 05 65 53 26 80 – e.fleurat@ldi46.fr
- Yasmina Loiseau (Chargée de mission environnement-risques professionnels) 05 65 53 26 80 – y.loiseau@ldi46.fr
- Sandrine Delluc (Chargée de mission Emploi et Ressources Humaines, Mission Emploi RH soutenue par le FSE) – 05 65 20 48 66 – sandrine.delluc@lot.cci.fr

Quelques références utiles…

ENVIRONNEMENT DÉVELOPPEMENT DURABLE

49 exemples de bonnes pratiques énergétiques en entreprise
Réalisation : ADEME
L’ADEME présente dans ces fiches l’expérience d’entreprises qui ont mis en oeuvre des solutions pour économiser de l’énergie. Découvrez à travers 49 fiches de bonnes pratiques énergétiques en entreprise des exemples concrets d’entreprises qui présentent :
- leur démarche et les procédés mis en oeuvre,
- leur bilan énergétique, les bénéfices qualitatifs et les gains financiers qui en résultent,
- les clés du succès,
-leur témoignage.
En téléchargement sur : www.ademe.fr

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INDUSTRIE LOTOISE

Panorama de l’industrie lotoise

Réalisation : Observatoire économique départemental (CCI du Lot / CG 46)

Cette étude présente les chiffres-clés de l’industrie lotoise et de ses principales filières. Elle fait également un point sur les besoins de recrutement et la part occupée par l’export.

En téléchargement sur : http://economie.lot.fr/1209-panorama_ industrie_lotoise.pdf

chambre;
INNOVATION PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
Guide pratique de la Propriété Intellectuelle dans les différentes phases de votre projet
Réalisation : réseau des CCI
Ce guide a été conçu pour tous ceux (inventeurs et dirigeants de TPE / PME, responsables des principales fonctions des entreprises) qui transforment les idées en « réelles innovations ». Il répond à la très grande majorité des questions qu'ils se posent sur la propriété intellectuelle, quels que soient la taille et le secteur d'activité de leur entreprise. Qu'il s'agisse d'initier une première réflexion ou d'entamer une réelle démarche de protection, ce guide vous indiquera les pistes à suivre pour protéger au mieux vos produits, vos procédés et vos savoir-faire, et transformer la propriété intellectuelle en opportunité de développement de votre entreprise !
En téléchargement sur : www.cci.fr
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Contrefaçon : comment vous protéger
Réalisation : CNAC - ACFCI - INPI
La contrefaçon constitue un phénomène en augmentation constante, qui n’épargne aucun secteur de l’activité économique (produits industriels, produits numériques, médicaments…). Ce guide vise, à travers 31 fiches construites sous la forme d'études de cas, à apporter un premier niveau d'information aux PME PMI confrontées à une problématique de contrefaçon. Il fournit également les points de contact utiles pour les entreprises souhaitant obtenir davantage d'information.
En téléchargement sur :
http://www.cci.fr/web/innovation-et-technologies/ guide-pratique-contrefacon
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EXPORT
L’export en 10 étapes Guide à l’usage des nouveaux exportateurs
Réalisation : MOCI
Ce guide actualisé présente les 10 étapes par lesquelles un entrepreneur doit nécessairement passer à un moment ou à un autre de son développement : stratégie, diagnostic, étude de marché, communication, prospection, préparation des expéditions, contrat de vente, s’implanter, recruter. Le MOCI publie également d’autres guides et annuaires : « Foires et salons France-monde », « Annuaire MOCI du commerce international - 2 700 prestataires du commerce international », « Atlas des risques pays », « L'annuaire MOCI des avocats d'affaires à l'international ».
En consultation au Centre de documentation de la CCI ou en vente auprès du MOCI :
www.lemoci.com
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Contact :
Carole Vincens - 05 65 20 35 10
carole.vincens@lot.cci.fr