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Entreprendre CCI du Lot n°154
Zones d’Intérêt Régional : Les quatre pôles du Lot
Au-delà de ses 20 Zones d’Activités, le Lot est riche de 4 Zones d’Intérêt Régional (ZIR), et bientôt 5 si Gourdon reçoit effectivement ce label. Présentation.

Une Zone d’Intérêt Régional (ZIR) est une Zone d’Activité sélectionnée par la Région Midi-Pyrénées pour accélérer le développement de pôles d’attractivité sur les huit départements du territoire. Fin 2012, la région comptait 36 ZIR, dont 4 dans le département du Lot : Cahors-Sud, le Haut-Quercy pour le nord du département, la Zone d’Activités des Landes pour le nord-est et Quercypole pour le bassin de Figeac.

Concrètement, l’appellation « Zone d’Intérêt Régional » est un label attribué sur la base de critères environnementaux et de services aux entreprises, notamment l’accès au haut-débit Internet.
Dans le Lot, 4 des 20 Zones d’Activités existantes ou en projet (voir encadré) ont donc le label « ZIR ». Leur poids économique est d’ores et déjà impressionnant : elles réunissent pour l’instant 81 entreprises et plus de 2 200 salariés.

Les chiffres concernant les entreprises et le nombre de salariés ne tiennent compte que des sociétés enregistrées au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) et de leur effectif.

Parc d'Activités du Haut-Quercy
Une zone très bien née
La future Zone d’Activités du Haut-Quercy est située sur le site de l’aéroport de Brive-Vallée de la Dordogne, à proximité de l’autoroute A20 et à quelques kilomètres de l’autoroute A89 (l’axe Bordeaux- Lyon via Brive et Clermont-Ferrand, également appelé la « Transeuropéenne »). C’est donc tout d’abord cette position privilégiée, au confluent de deux autoroutes et d’un aéroport, qui a conduit les collectivités concernées à imaginer la création de cette Zone d’Activités.

Ce pôle s’est d’emblée positionné comme une Zone d’Intérêt Régional, ce qui implique notamment une conception des aménagements très respectueuse de l’environnement. La mise en oeuvre des travaux a donc logiquement pris plus de temps que de coutume pour une Zone d’Activités : ils auront lieu pour l’essentiel en 2013 pour le premier lot et les premières entreprises s’installeront sur le site en 2014.

En ce qui concerne l’offre, elle porte sur 78 hectares de terrain, avec une première tranche de 15 hectares qui devrait être réalisée en 2013.

La ZIR du Haut-Quercy aura une vocation mixte : autrement dit, tous les types d’activité pourront être représentés.

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Danielle Deviers, vice-présidente du Conseil Général du Lot en charge du développement économique
Danielle Deviers
Vice-présidente du Conseil Général du Lot (en charge du développement économique, de l’industrie, du commerce et de l’artisanat)

« Le potentiel de développement du Parc du Haut-Quercy est impressionnant ».

Dans ce contexte, le Conseil Général du Lot porte donc une voix prépondérante pour fixer les orientations du futur parc d’activités. « Cette zone d’activités va occuper une place stratégique pour le développement économique du Lot, explique Danielle Deviers, vice-présidente du Conseil Général du Lot, chargée de l’économie. Sa proximité de deux axes routiers orientés nord-sud et est-ouest, d’un aéroport international et d’un très haut débit Internet en font un pôle d’attractivité potentiellement très puissant. Comment le Lot peut-il associer la qualité de vie et les moyens de transports et de communication les plus modernes ? Le Parc d’Activités du Haut-Quercy sera une réponse pertinente à cette question complexe. »

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L’idée de créer une Zone d’Activités dans le nord du département a germé dès que l’implantation du nouvel aéroport de Brive a été fixée sur la commune lotoise de Cressensac. Le syndicat mixte qui gère ce projet a ainsi été créé en juillet 2007, avec une forte implication du Conseil Général du Lot, qui représente à lui seul 47% des parts du syndicat mixte (les autres actionnaires sont la Communauté d’Agglomération de Brive pour 20%, la Communauté de Communes de Martel pour 13%, la Communauté de Communes Haut-Quercy Dordogne pour 10% et la Communauté de Communes de Souillac pour 10%).
Parc d’Activités de Cahors-Sud
La plus grande ZIR de Midi-Pyrénées
L’un des atouts majeurs de la Zone d’Activités de Cahors-Sud est sa superficie : avec 550 hectares projetés pour la ZAC (dont 130 pour l’aérodrome), c’est la plus grande de la région Midi-Pyrénées. Une autre de ses forces est justement son potentiel de développement. A ce jour, 77 hectares sont occupés et l’aménagement de 55 hectares sur quatre communes (au Montat, à Lhospitalet, à Cieurac et à Fontanes) se réalisera en phases opérationnelles successives.
Selon le Syndicat Mixte Ouvert de Cahors-Sud (dont les partenaires sont la Communauté d’Agglomération du Grand Cahors, le Conseil Général du Lot et pour une moindre part la Communauté de Communes de Castelnau- Montratier), gestionnaire de cette Zone d’Activités d’Intérêt Régional, Cahors-Sud compte 679 emplois en 2013 déployés dans 65 entreprises contre 212 en 2009 (pour 22 entreprises) ; l’objectif des 700 emplois prévus pour 2014 devrait être atteint avant cette échéance.

Si la zone tient à conserver son orientation généraliste, sa situation près de l’échangeur n°58 de l’autoroute A20, qui lui confère un positionnement idéal, lui permet de se mettre particulièrement en avant auprès des acteurs des transports, de la logistique, mais aussi de l’agroalimentaire et des travaux publics. Les atouts de cette Zone d’Activités s’articulent autour de sa mixité, de son identité forte et des liens créés entre les entreprises qui y cohabitent.

Cette Zone d’Activités est à dominante industrielle et logistique et n’a pas vocation, à titre principal, à accueillir des activités commerciales.
Les enseignes commerciales doivent avant tout se déployer sur les Zones de la Plaine de Labéraudie et de l’entrée sud de Cahors, cette dernière étant en cours de requalification après qu’auront été résolus les problèmes d’inondabilité des abords du Bartassec. De part sa dimension et son potentiel, le Parc d’Activités de Cahors-Sud est en mesure d’accueillir les porteurs de projet qui souhaitent s’installer, d’être à leur écoute, de leur proposer une solution adaptée à leurs besoins et de les accompagner pour finaliser leur projet.

Cahors-Sud compte de nombreux porteurs de projet en attente d’installation, ayant manifesté leur intérêt pour le Parc d’Activités.
Geneviève Lagarde
Présidente du Syndicat Mixte Ouvert de Cahors-Sud et adjointe au maire de Cahors, vice-présidente du Grand Cahors et du Conseil Général du Lot.

« Dans un contexte économique délicat, le potentiel de développement de Cahors-Sud est optimal »

Lorsqu’elle est questionnée sur le développement très rapide de la Zone d’Activités de Cahors-Sud, Geneviève Lagarde veut écarter toute équivoque : « la plupart des installations sur la zone de Cahors-Sud ne sont pas des relocalisations d’entreprises déjà présentes sur le territoire. ». Sur l’ensemble des entreprises installées entre 2009 et 2012, 28 sont des entreprises exogènes ou créées, soit 61% des nouvelles-venues.

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Geneviève Lagarde, Présidente du Syndicat Mixte Ouvert de Cahors-Sud et adjointe au maire de Cahors, vice-présidente du Grand Cahors et du Conseil Général du Lot

Syndicat mixte ouvert de Cahors-Sud
- Année de création : février 2010
- Surface occupée : 77ha
- Disponibilité foncière complémentaire : 50ha
- Emprise globale du périmètre du parc d'activité : 550ha
- Nombre d'entreprise : 65
- Nombre d'emplois en 2013 : 679 ; objectif 2014 : plus de 700 emplois
- Commercialisation : Service développement économique, Communauté d'Agglomération du Grand Cahors 72, rue du Président Wilson - 46000 Cahors
- Contact : Yves RAYNAL
Tél. 05 65 20 89 00 ou 05 65 21 52 12 - cahors-sud@orange.fr
- Site web : www.grandcahors.fr
Certaines autres sont endogènes, mais si elles se sont déplacées sur cette zone, c’est pour réaliser un objectif de développement et de croissance de leur activité et de leurs effectifs, ce qui n’était pas réalisable dans leurs anciens locaux. Une Zone d’Activités est par essence un outil de développement pour les entreprises locales et leur agrandissement.
L’élue insiste sur les développements à venir de cette zone, évoquant une croissance exponentielle. 55 nouveaux hectares sont en cours d’aménagement pour recevoir de nouvelles entreprises et font actuellement l’objet d’une étude d’aménagement et de maîtrise d’oeuvre, d’une étude topographique et d’une étude environnementale.
Quant aux noms des entreprises potentiellement intéressées par une installation à Cahors-Sud, la Présidente du Syndicat Mixte est logiquement peu bavarde. Geneviève Lagarde explique : « Nous avons au moins 20 projets dans les “tuyaux” ; parmi eux, une plateforme logistique dédiée au froid et aux produits secs. »
Pierre Denjean
Fondateur et dirigeant
d’Hit Music

« La dynamique de cette zone d’activité bénéficie à tous »

Créée à Cahors en 1991, l’entreprise Hit Music est spécialisée dans les matériels de sonorisation et d’éclairage et a créé ses propres marques en 2004 : Audiophony pour le son et Contest pour la lumière. « Nous nous sommes installés ici en 1996 pour disposer d’un espace plus important : nous sommes passés de 850 m2 à 2 300 m2. C’était un pari à l’époque car la zone était encore quasiment déserte et l’autoroute n’était qu’un projet, souligne Pierre Denjean. « Nous n’avons pas à regretter ce choix aujourd’hui car la dynamique de Cahors-Sud bénéficie à tous. »
En termes de développement, Hit Music a pu passer de 16 salariés en 1996 à 27 aujourd’hui. « Nous sommes une entreprise qui travaille constamment avec les transporteurs et la proximité de l’échangeur de l’autoroute est un atout décisif, explique Pierre Denjean. Par ailleurs, nous travaillons avec 22 usines en Chine pour fabriquer les produits que nous concevons : le fait de disposer du très haut débit depuis quelques années est essentiel pour échanger des volumes de données importants avec nos interlocuteurs. »
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Pierre Denjean, fondateur et
dirigeant d’Hit Music
Pierre Denjean estime que les développements à venir de cette Zone d’Activités impliquent de concevoir de nouvelles infrastructures, notamment pour la restauration. « Ce n’est plus un détail lorsqu’une zone passe le cap des 700 personnes : il est nécessaire d’avoir plus de choix et de capacité dans la restauration. »
La croissance de Cahors-Sud vient-elle d’ici ou d’ailleurs ?
La question a souvent fait débat : le développement de la Zone d’Activités de Cahors-Sud est-elle liée à des entreprises jusqu’à présent absentes du Grand Cahors ou à des déplacements d’entreprises déjà implantées sur cette zone ? La réponse de Geneviève Lagarde, Présidente du syndicat mixte qui gère cette ZIR, est claire : 61% des entreprises qui se sont implantées sur cette zone entre 2009 et 2012 viennent d’ailleurs. Concrètement, la ZIR de Cahors-Sud est située à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville Préfecture de Cahors, sur les communes de Fontanes, de Lhospitalet et de Cieurac. Elle compte 54 entreprises inscrites au Registre du Commerce et des sociétés, qui ont un effectif de 418 salariés.
De plus, la pépinière d’entreprises CADURCIA est positionnée dans cette Zone d’Activités et un projet de création d’un hôtel d’entreprises est à l’étude.
A ces entreprises, il faut ajouter le centre de tri de la Poste, l’aérodrome et le para club de Cahors. Quoi qu’il en soit, cette ZIR connait un fort développement depuis cinq ans. Certes, dans un premier temps, ce sont des entreprises de Cahors qui se sont transférées sur le site de Cahors-Sud, mais le mouvement ainsi créé a entrainé l’installation d’entreprises nouvelles, dites « exogènes ».
Sans trahir de secret, on peut affirmer que plusieurs projets de création sont à l’étude et seront annoncés courant 2013.
ZAC des Landes à Biars et Gagnac-sur-Cère Dans le sillage des confituriers
Une cinquantaine d’hectares : de l’agroalimentaire initial à la chaudronnerie industrielle, des peintures spéciales aux plats cuisinés, 18 entités se partagent ce territoire et font travailler entre 1 500 et 2 000 salariés, suivant les volants d’intérimaires ou de saisonniers. Zone d’Intérêt Régional depuis 2010, la ZAC des Landes jouit aujourd’hui de voiries, cheminements et signalétiques soignés.
Au commencement étaient Andros et Boin : deux poids lourds de la confiture, d’envergure internationale. En 1993 la société Andros, à l’étroit sur son site historique près de la gare de Biars, a voulu s’étendre. La Communauté de Communes Cère et Dordogne n’hésita pas à acquérir et viabiliser plus de 12 hectares, tandis que le Conseil Général du Lot assurait la mise aux normes de la RD 940, desservant la future zone industrielle.
Francis Mallemouche
Président de la Communauté
de Communes Cère et Dordogne

« Entre ZIR, de précieuses rencontres pour échanger »

Stéphanie Lorblanchet
et Cédric Capel
Co-gérants d’Hydrau-Elect

« Une facilité pour les transports et une aide pour les clôtures, les parkings »

Cheville ouvrière de la ZA de Biars depuis de nombreuses années, Francis Mallemouche se félicite du classement en ZIR. « L’appui de la Région a permis de réaliser des aménagements qui s’imposaient. Nous réfléchissons aujourd’hui à l’opportunité d’implanter une pépinière d’entreprises », annonce-t-il. Andros est aujourd’hui entouré d’entités capables d’intervenir en cas d’aléas : un axe de machine qui casse peut ainsi être réparé sur place dans la nuit. Par ailleurs, la société étudie la possibilité de réutiliser après réhabilitation la voie ferrée pénétrant sur son site : une partie de sa production partirait à terme vers Brive par le rail.

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Francis Mallemouche, Président de la Communauté de Communes Cère et Dordogne

Anciens salariés de cette société implantée très tôt sur la zone, spécialisée dans le pompage, l’électricité et la tuyauterie industrielles, ils ont pris ensemble la gérance de l’entreprise en 2008. Sur un site de 500 m2, Hydrau-Elect salarie 7 personnes. « Lors de notre arrivée aux commandes, l’atelierrelais a été racheté par la Communauté de Communes, qui nous l’a loué. La collectivité nous a beaucoup aidés pour les aménagements extérieurs et le voisinage de grosses unités, comme Andros, facilite les transports. Peut-être qu’à terme, nous pourrons partager des bennes à déchets, les levées du courrier, et pourquoi pas un service informatique ou un accueil téléphonique, si besoin. » De son côté, Stéphanie Lorblanchet souligne l’intérêt de la salle de réunion proposée par la société SOB, dans laquelle se déroulent des réunions du Club RH de la CCI par exemple. « Des formations y sont parfois proposées. Mais peut-être faudra-t-il installer une pépinière d’entreprises avec des locaux et services accessibles à tous ? » s’interroge-t-elle.

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Stéphanie Lorblanchet et Cédric Capel, co-gérants d’Hydrau-Elect
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Parc d’Activités Quercypôle à Cambes Entre bassin de Figeac et autoroute
Inauguré en 2005, Quercypôle est fortement alimenté par la Mécanic Vallée. Doté par Figeac Communauté d’une pépinière d’entreprises, le parc d’activités proposera en 2014 une solution intermédiaire entre celle-ci et l’installation propre : un hôtel d’entreprises.
Aujourd’hui, Quercypôle représente 35 hectares, avec une réserve foncière pouvant doubler cette surface. Le parc dispose du très haut débit Internet et de la pépinière Calfatech.
Sept entreprises sont déjà implantées sur Quercypôle, dont deux très importants acteurs de la filière aéro, Figeac-Aéro et Aérofonctions, ainsi que la Maison de l’Entreprise de la CCI du Lot. Le taux d’occupation est de 50%. Très bientôt, une entité britannique, Bodycote, leader mondial dans le domaine des services en traitement thermique des matériaux, va entamer la construction de son bâtiment.
Jean-Claude Lugan
Chargé du développement économique
à Figeac-Communauté

« Soutenir la diversification des activités économiques »

Romain Ravaud
Dirigeant de Whylot

« Soutien de la collectivité et contexte industriel ont été décisifs »

C’est un fait, le Pays de Figeac est tourné vers l’activité aéronautique. « Après Toulouse et Tarbes, c’est le troisième bassin d’emploi dans ce domaine très porteur », souligne Jean-Claude Lugan. C’est pour soutenir encore ce secteur, faciliter le démarrage de nouvelles entités, mais aussi préserver la diversité du tissu industriel local, que Quercypôle et la pépinière Calfatech ont vu le jour en 2005. « Hôtel d’entreprise, projet d’installation du britannique Bodycote, l’actualité du Parc est riche. Une autre initiative vient d’être prise par la collectivité : pour plus d’efficacité auprès des TPE, le Service aux entreprises du Pays de Figeac et la pépinière Calfatech vont s’associer début 2013 », révèle Jean-Claude Lugan.

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Jean-Claude Lugan, chargé du
développement économique
à Figeac-Communauté

Grâce à ses talents d’innovation dans un domaine très porteur (les systèmes magnétiques et moteurs électriques à très faible énergie mais très fort rendement), ce jeune docteur maintes fois reconnu par les grandes universités américaines, vient de déposer son 6e brevet. « Nous bénéficions dans la pépinière d’entreprises de locaux adaptés. La présence de la Mécanic Vallée, riche de 125 entités, est bien sûr intéressante, car je sous-traite localement les usinages dont j’ai besoin », explique Romain Ravaud.

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Romain Ravaud (2e en partant de la gauche)
avec l’équipe de Whylot

Avec des effectifs qui vont rapidement doubler, la place va manquer et Whylot devra bientôt quitter la pépinière. Le jeune entrepreneur envisage de construire sa propre usine en 2014, au sein du parc d’activités. « Nous sommes bien ici, mais un bémol cependant : s’il n’est pas trop difficile d’attirer un collaborateur citadin, il faut par contre lui proposer des liaisons performantes par train ou avion. Or ici, les dessertes sont insuffisantes et pourraient à terme constituer un handicap au développement », regrette le jeune dirigeant de Whylot.

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Début décembre. Les villes se parent de lumières, les magasins rivalisent de décors festifs. C’est un réflexe : là où les mairies s’impliquent dans l’ambiance de féérie, on imagine que les acteurs du commerce bénéficient d’un contexte magique propre à doper leurs affaires. De leur côté, les commerçants multiplient les initiatives pour séduire et inciter à l’acte d’achat. En toute logique, cela concerne surtout ceux qui sont traditionnellement en première ligne des festivités annuelles : les commerces de jouets, les pâtissiers-chocolatiers, les boutiques de foies gras, les caves à champagne, les bijoutiers, les magasins spécialisés dans la décoration ou les équipements high tech, assurent en effet une belle part de leur chiffre d’affaires annuel durant ces périodes privilégiées. De ce fait, tout faux pas est interdit sous peine de soucis économiques majeurs et d’année délicate à négocier. Panorama.
En dépit d’un contexte économique dominé par un fort sentiment d’inquiétude lié à la crise, les consommateurs n’avaient pas l’intention de renoncer aux plaisirs traditionnels des fêtes de fin d’année. Ainsi, d’après les chiffres d’un récent sondage TNS Sofres, publié dans les colonnes du quotidien Le Parisien, les Français avaient prévu pour leur Noël 2012 un budget cadeaux d’environ 270 euros, dont une enveloppe spéciale de 170 euros pour les enfants. Quant à l’ensemble des frais générés par les fêtes de fin d’année, intégrant le budget alimentaire, les frais de transport ou la décoration, la même source indique une dépense moyenne tournant autour de 438 euros. Des sommes qui reflétaient même une légère hausse par rapport à celles de 2011.

Concernant le rôle du mois de décembre dans l’activité du commerce, l’avis de Jean-Paul Marty, Pdg du centre Leclerc de Cahors est explicite : « Dans le Lot, c’est le mois le plus important pour tous les commerçants en termes de chiffre d’affaires. C’est également vrai pour la grande distribution avec une particularité importante : nous devons chaque année convaincre les clients qu’ils pourront trouver chez nous les cadeaux qu’ils recherchent, à des prix abordables. Cette démarche a permis à l’enseigne Leclerc de devenir, par exemple, le 1er bijoutier de France. »

COMMERCE, INDUSTRIE, ARTISANAT, AGRICULTURE : TOUTES LES FILIÈRES À PIED
D’OEUVRE POUR NOËL

Toutes les filières de l’économie lotoise étaient à pied d’oeuvre lors des fêtes de fin d’année. En plus des secteurs les plus en vue durant cette période (comme le foie gras, les jouets, les chocolats ou la bijouterie, présentés dans ce dossier), il faut mentionner les pics d’activité que représente la fin d’année pour des secteurs comme la logistique (pour l’envoi des cadeaux), l’impression des brochures promotionnelles, l’emballage, la fourniture de contenants et de paniers (pour les compositions alimentaires notamment), etc. Si ces activités sont moins « visibles » durant les fêtes, elles sont indispensables pour les entreprises qui sont en contact direct avec les acheteurs.

Dans ce contexte général, un élément architectural « éphémère » a fait son apparition partout en France : le chalet de Noël. Présent sur la plupart des marchés lotois en fin d’année, le chalet est devenu une des figures de proue des actions commerciales (notamment dans la commune de Vayrac, dans le nord du département).

LE FOIE GRAS AU COEUR DE LA FÊTE
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S’il est un produit gourmand qui distingue d’emblée la table de fête, c’est bien le foie gras. Aussi, toute une filière se mobilise l’année durant pour alimenter les boutiques ou assurer les ventes directes à la ferme. La Quercynoise à Gramat dispose d’une filière complète et organisée, aux côtés de laquelle on recense environ 80 producteurs indépendants. La plupart de ces derniers fait partie d’une association de producteurs de foie gras et volailles maigres du Lot. Ils sont éleveurs (chaque année pour une durée qui va de 12 à 14 semaines), gaveurs, utilisent une salle d’abattage et un atelier de transformation à la ferme, etc. Une exploitation tournée vers le canard ou l’oie est souvent génératrice d’emplois salariés : entre 2 et 4 collaborateur voire davantage suivant les volumes de palmipèdes gras transformés sur l’année. Les ventes s’effectuent à la ferme, en magasins de producteurs et, aujourd’hui, fréquemment par Internet. Aux approches de Noël, le rythme de l’activité s’accélère et les ateliers doivent faire face à une forte poussée de la demande, car le chiffre d’affaires de la période oscille entre 35 et 40 % du chiffre d’affaires annuel. Conserves et semi-conserves, mais plus encore des préparations très diverses, mettent à l’honneur ce produit noble. Elles évoluent vers le micuit et les cuissons sous vide. Elles conjuguent des recettes originales tout en laissant parfois une large part d’initiatives à la cuisinière.
François Sudreau, artisan et commerçant en foies gras :
« 60 % du chiffre d’affaires est réalisé en novembre et décembre »

Des canards sélectionnés en provenance du Lot et de la Dordogne, un laboratoire-conserverie à Saint-Pierre- Lafeuille, trois boutiques à Cahors, Saint-Céré et dans le Val d’Oise : tel est le dispositif piloté par François Sudreau. Avec succès, puisque l’an prochain la capacité du site de Saint- Pierre-Lafeuille doublera. La vente aux particuliers, les cadeaux d’affaire ou les comités d’entreprises constituent une large part du marché. « L’option artisanale avec un fort accent porté sur la qualité nous permet de progresser dans un contexte global de consommation stable. Les conserves permettent de lisser le chiffre d’affaires sur l’année, et au dernier trimestre nous travaillons les produits plus frais, à durée de vie plus courte »,

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La filière lotoise du foie gras
L’ensemble des exploitations lotoises élèvent annuellement près de 600 000 canards gras, soit 17% de l’ensemble de Midi- Pyrénées. Le nombre d’oies à gaver est environ 10 fois moins important.
• Deux circuits coexistent et se complètent : la vente directe, pour environ 25% de la production départementale, et la vente aux structures de transformation et de commercialisation (75% restants).
• On distingue 3 secteurs distincts, aux structures sociétales et aux savoirs-faires différents :
- Poids économique du secteur « exploitation » : environ 200 emplois et 15 millions d’euros de chiffre d’affaires au prix de base.
- Poids économique du secteur « abattage, découpe, mise en marché » (il dépasse les frontières du Lot du fait des établissements secondaires et canards élevés ailleurs) : plus de 300 emplois et environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires.
- Poids économique du secteur « transformation » (il dépasse les frontières du Lot du fait des établissements secondaires et des élevages hors du département) : plus de 500 emplois et environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

remarque François Sudreau. Les fêtes, bien sûr, conduisent l’entreprise à muscler son potentiel : l’effectif de 15 permanents est multiplié par deux lors du dernier trimestre. Il s’agit de travailler les produits festifs, d’imaginer des nouveautés comme le foie gras à la pomme et au calvados, celui au poivre de Sichuan, etc. Citons encore un foie « pré-cuisiné » et « prêt à poêler » : légèrement assaisonné et cuit par l’entreprise, il se conserve 45 jours et autorise la maîtresse de maison à apporter au final sa touche de créativité personnelle, avec la garantie qu’il ne rendra plus de graisse à la cuisson. De même, l’établissement propose des truffes « première cuisson », qui gardent leur arôme et sont faciles à utiliser. Parallèlement, des paniers-cadeaux gastronomiques sont présentés en boutiques, avec des compositions qui peuvent être réalisées selon les voeux du client. 60 % du chiffre d’affaires de l’entreprise est ainsi réalisé en fin d’année : le droit à l’erreur est donc interdit. Pour cet exercice 2012, François Sudreau se réjouit des premiers indicateurs : novembre a été bon, décembre a débuté sur les mêmes bases. « Poser un foie gras sur une table de fête est toujours un geste apprécié. Et nous étudions soigneusement nos gammes pour que les petits budgets puissent également prendre part à ces réjouissances », conclut François Sudreau.
Marcel Renard, horloger-bijoutier à Figeac :
« 20 % en décembre et autant en été ! »
Les très beaux objets font toujours rêver : bijoux de grands créateurs, montres poussées par les mythes sportifs, la boutique de Marcel Renard regorge de trésors scintillants. Ce Breton d’origine, installé à Figeac depuis 1999, répare et transforme, restaure et fait fabriquer sur mesure les modèles demandés par ses clients. Il constitue son stock en septembre-octobre afin d’affronter le flux de décembre : 20 % du chiffre d’affaires est réalisé ce mois-là, soit autant qu’en juillet-août. Un tel stock ne lui pose-t-il pas des problèmes de sécurité ? « Jusqu’ici tout s’est bien passé, confie-t-il en touchant du bois. Mais je paie annuellement plus de 4 000 euros d’assurance contre le vol. » Le commerçant diffuse son catalogue début décembre.
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En général, il vend plus de bijoux que de montres et, pour ces dernières, il doit jongler avec les marques : les tendances poussées par les publicités télévisées concernent tous les âges, tous les styles, tous les budgets. « Je compte pas mal de jeunes parmi ma clientèle, des cadres et employés de sociétés, ou encore d’ex citadins recrutés par les entreprises aéronautiques du secteur. Ils cherchent des produits originaux. Si je leur propose une bonne gamme, ou s’ils trouvent leur bonheur chez l’autre professionnel figeacois, qui propose des articles très complémentaires des miens, ils sont moins tentés d’aller faire leurs achats dans les grandes villes comme Toulouse. Aussi je ne me plains pas, l’affaire est économiquement viable. J’ai plutôt légèrement souffert l’an passé », explique Marcel Renard. C’est un même écho qui arrive du groupement d’achat national dont fait partie sa boutique : malgré les inquiétudes pesant sur les pouvoirs d’achat, l’activité bijouterie-horlogerie se porte correctement (en dépit de la flambée de l’or depuis trois ans). « Nous proposons l’alliage 18 carats (75 % d’or) par du 9 carats, ce qui fait moitié moins cher pour le client », précise Marcel Renard.
Dominique Hill, JouéClub Gourdon et Saint-Céré :
« La moitié du chiffre annuel au dernier trimestre »
A la tête de trois magasins spacieux à Gourdon, Saint-Céré et Sarlat, où elle présente chaque fois plus de 1 800 références, Dominique Hill constate que cette campagne 2012 a débuté doucement, avec des paniers plutôt orientés à la baisse, même si le recul est faible. « Dans notre domaine, la publicité et l’innovation tiennent une grande place. Les consoles de jeu marquent un peu le pas et la vidéo ronronne. Par contre, la grande tendance porte sur les tablettes informatiques pour enfants, déclinées à partir de 4 ans. Mais les valeurs sûres, jeux de société, figurines, loisirs créatifs, voitures et poupées gardent des positions solides », souligne la dirigeante affiliée JouéClub.

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C’est dès mai-juin que sont passées les commandes pour la fin d’année. Avant, les magasins - et donc leurs fournisseurs - pouvaient tester les nouveautés et orienter leurs achats grâce aux délais de paiement. Or aujourd’hui, ceux-ci ont été fortement réduits par voie législative. Ce qui induit des problèmes de livraisons, de gros stockages, avec une incidence non négligeable pour les trésoreries des magasins. « Le fait qu’on nous ait supprimé la dérogation de paiement pour cause d’activité saisonnière favorise plutôt la grande distribution », regrette Dominique Hill.

La commerçante doit donc faire face à des montagnes de colis en octobre, quand le stock est à son maximum. « Notre catalogue sort vers le 8 octobre. L’activité monte crescendo à partir des vacances de Toussaint. Il faut traiter près de 400 réservations de commandes, faire les paquets-cadeaux. Pour cela, je renforce mes effectifs : neuf personnes à Saint-Céré, autant à Sarlat, plus cinq à Gourdon. »
La fin d’année pèse pour 50 % dans son chiffre d’affaires. Les seuls autres moments forts de l’année – mais dans des proportions bien moins importantes – sont le printemps, avec les jeux de plein air, et l’été, grâce à l’afflux des touristes. A l’évidence, le boom internet jugé « très déstabilisateur avec son anarchie et ses effets d’annonce » doit être pris en compte. « Heureusement en magasin, on peut manipuler, essayer avant l’achat, demander conseil et être sûr d’avoir son cadeau en bon état pour Noël. C’est ce qui fait notre force et c’est ce que nous devons cultiver, encore plus en temps de crise », estime Dominique Hill.
Didier Selin, boulanger-pâtissier-chocolatier à Saint-Céré :
« 18 % en décembre, et même 3 à 4 % pour le 24 décembre »

Chez Didier Selin, l’approche des fêtes s’écrit comme un scénario bien réglé : après quelques prémices pour la Toussaint, la fièvre monte rapidement à partir de début

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décembre, avec les premières décorations qui gagnent même le trottoir devant la boutique. Puis apparaît la carte des desserts présentant les bûches, confiseries, pains spéciaux. Ensuite, c’est une grande pièce en chocolat, conçue et réalisée par Ludovic, le fils du responsable de la boutique, qui vient trôner sous les « sunlights ». Chaque année, la clientèle attend avec une certaine impatience les thèmes festifs imaginés et déclinés par les Selin : un pour Pâques, un pour Noël, et cela dure depuis vingt ans ! « Il faut séduire, surprendre, soutenir l’intérêt, d’autant plus dans un contexte difficile », analyse Anne Selin, l’épouse du chef d’entreprise. De son côté, Didier Selin multiplie les animations : démonstration de l’art du chocolat, dégustation de bûches dans le magasin, journées portes ouvertes.

« La carte des desserts marque vraiment le coup d’envoi des fêtes. Les clients peuvent anticiper leurs choix, prévoir avec précision leur budget. Avec mon équipe, six salariés plus deux apprentis, nous préparons 1 200 bûches. Dès novembre, nous constituons un stock qui immobilise une importante trésorerie. A nous de ne pas nous tromper, d’éviter des pertes coûteuses », explique Didier Selin. 18 % du chiffre annuel est ainsi réalisé courant décembre, et plus précisément 3 à 4 % pour la seule journée du 24 décembre, durant laquelle les cinq vendeuses revêtent un habit de lumière. Avec Pâques (représentant 10 % de l’activité annuelle), ces deux périodes sont cruciales. Elles justifient pleinement l’ambiance chaleureuse installée dans la boutique, l’attention portée à la qualité et à la présentation des produits, la maîtrise apportée aux prix : quelques facteurs essentiels et reconnus par les clients parisiens. Président de la Fédération des Pâtissiers-Chocolatiers du Lot, forte de sept entreprises, Didier Selin admet qu’en qualité de boulanger, son chiffre d’affaires est un peu moins assujetti aux périodes festives que ses confrères pâtissiers purs, qui n’ont pas ce secteur en appui économique. « Pour un chocolatier-pâtissier, le chiffre d’affaires réalisé à Pâques et Noël devrait être supérieur au mien. J’ai la chance de maintenir à peu près mes résultats d’une année sur l’autre, par contre d’autres magasins au sein de la fédération constatent une légère érosion du chiffre d’affaires et des marges. Vu la situation économique générale, nos activités exigent de toute façon une remise en question permanente », constate Didier Selin.

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