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Entreprendre CCI du Lot n°154
FESTIVAL DU LOT
Un rôle économique affirmé

Dans le Lot, on recense environ 40 festivals, reconnus comme tels par l’Etat ou autoproclamés.

Ensemble, ils représentent un budget supérieur à 10 millions d’euros. Cette somme est comparable au chiffre d’affaires d’une PME, mais il ne reflète pas le poids réel des festivals dans l’économie du département, qui est beaucoup plus important : au moins 3 000 Lotois oeuvrent bénévolement pour ces manifestations et on ne connaît pas précisément les retombées économiques des festivals pour les entreprises locales. En résumé, on sait qu’ils profitent aux territoires, mais on ne sait pas bien quantifier ces profits.

Combien rapporte au territoire chaque euro investi dans un festival ? C’est la question à laquelle tous ceux qui soutiennent financièrement les festivals (collectivités locales, Etat, entreprises…) aimeraient obtenir une réponse claire.

LE RÔLE ESSENTIEL DES BANQUES
C’est notamment le cas des banques, qui sont engagées depuis des années sur la quasi-totalité des festivals. « Nous gérons plus de 500 partenariats au niveau régional, chiffre auquel il faut ajouter les manifestations soutenues localement par chaque agence », explique Richard Coste, Responsable Marketing et Communication Partenariale de la Banque Populaire Occitane. « Nous avons donc besoin que chaque partenariat réponde à des critères simples. Les principaux sont : la qualité du projet et de ceux qui le portent, ainsi que la possibilité d’avoir une chambre d’écho. Une équipe de quatre personnes est dédiée à cette activité au sein de la Banque Populaire Occitane. Quand nous parlons de “partenariat”, la banque s’affiche explicitement, précise Richard Coste. C’est différent du “mécénat”, qui concerne des opérations où l’accompagnement de la banque se veut plus “discret”. Dans tous les cas, la Banque Populaire Occitane reste fidèle à son crédo qui est d’être “la banque du coin de la rue”. Autrement dit, nous savons qu’un grand festival – quelles que soient ses qualités – ne doit pas effacer l’animation estivale du village. Ces deux types de manifestations ont leur rôle dans l’économie locale. »

NE PAS DÉLAISSER LES FÊTES DE VILLAGE
Un autre partenaire fort des festivals lotois est le Crédit Agricole. Que faitil ?
« Le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées accompagne les temps forts du tissu associatif culturel lotois. Par son implication, il est le partenaire privilégié de la vie locale. Le budget du domaine culturel alloué en 2012 s’élève à 28 750 € »,
explique Annick Lafon chargée de communication. La caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, les caisses locales et les agences organisent des soirées réservées à leurs clients : repas et spectacles lorsque la structure le permet. « Les nombreux festivals de l’été apportent une dynamique positive aux partenariats et nos engage dans le domaine culturel renforcent les liens en faveur du développement associatif. Etre la banque du bon sens, c’est se rendre utile », précise Annick Lafon.

TROUVER LA BONNE DATE, LE BON THÈME… ET LES BONS BÉNÉVOLES
Le premier constat est le suivant : toutes les journées de juillet et d’août sont déjà occupées par un festival lotois (voir la carte des 33 principaux événements page 10). Au-delà de la concurrence du calendrier, les nouveaux festivals ne seront soutenus que si leur thématique ne concurrence pas un festival déjà existant. « L’idée n’est pas d’affirmer qu’il n’y a plus de place pour de nouveaux festivals mais que les porteurs de projet doivent très bien choisir leur créneau avant de se lancer », résume Gérard Amigues, Vice-Président du Conseil général du Lot chargé de la Culture.

Une fois installé dans le paysage culturel lotois, chaque festival est confronté à un problème de taille : le renouvellement et la formation des bénévoles. Très logiquement, les milliers de chevilles ouvrières qui font fonctionner les festivals lotois vieillissent, se lassent et, dans tous les cas, doivent être remplacées pour que les événements survivent.

C’est pourquoi la présence de salariés devient l’un des signes distinctifs forts pour les festivals (ce critère apparaît dans les présentations des festivals dans les pages suivantes).

La méga entreprise du Lot
Si on les étudie un par un, les festivals qui rythment la vie du Lot sont d’envergure petite ou moyenne, surtout lorsqu’on les compare aux manifestations géantes que sont devenues les Francofolies, les Vieilles Charrues ou les Eurockéennes. Ensemble, la quarantaine de festivals lotois représente pourtant l’une des plus grosses entreprises du département, soutenue par plusieurs milliers de bénévoles. Et il se pourrait bien que l’un de ces festivals, Ecaussystème, joue bientôt dans la cour des grands.

Le Lot compte environ 40 festivals. Concrètement, les 340 communes du département ont donné naissance à l’équivalent (en termes de salariés et de chiffre d’affaires) à une moyenne entreprise, mais à une très grande entreprise si l’on prend en compte le nombre de bénévoles qui oeuvrent à la réussite des festivals lotois. Combien y a-t-il de bénévoles dans le département pour les festivals ? Plus de 3 000 au bas mot, sachant qu’il n’existe par définition aucun comptage officiel du nombre de bénévoles.

LE FESTIVAL DES FESTIVALS VA GRANDIR
Sollicité « à tout bout de champ » - au sens propre comme au sens figuré – le Conseil général du Lot a créé un label « Festival des Festivals »* pour regrouper les événements les plus attirants et qui, au final, sont censés générer le plus de retombées économiques pour le territoire. « Le Conseil général du Lot a recensé 11 événements sous ce label “Festival des Festivals”, explique Gérard Amigues, Vice-Président du Conseil général du Lot chargé de la Culture, du Patrimoine et des Usages informatiques. Ce label évolue logiquement et réunira à terme une quinzaine de festivals, mais nous ne voulons pas délaisser pour autant les événements de taille plus modeste, qui contribuent également à l’offre touristique du département et à l’activité économique des territoires. »

LES FESTIVALS SE PROFESSIONNALISENT
Les festivals fonctionnent de plus en plus comme des entreprises et le fait d’équilibrer leur budget est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Il leur faut également savoir faire venir des visiteurs payants, des touristes en mesure de faire fonctionner davantage l’économie locale (hébergement, restauration, alimentation, commerces, etc.), définir une thématique forte, défendre et respecter une éthique…

VERS UN FESTIVAL « CHAMPION »
C’est ce qu’a réussi à faire le plus grand festival de musique français en termes de fréquentation : les Vieilles Charrues (près de 300 000 festivaliers cette année).

Chacun sait que le festival a lieu en Bretagne, certains savent que cela se passe au centre du Finistère, mais combien de personnes connaissent le nom du village qui héberge le festival ? Peu de personnes – hormis les festivaliers eux-mêmes – connaissent Carhaix-Plouguer, commune de moins de 8 000 habitants.

Aucune commune lotoise n’est pour l’instant en mesure d’accueillir 40 festivaliers par habitant, comme le fait ce village de Bretagne. Reste que la commune de Gignac-en-Quercy, qui compte environ 700 habitants, dispose d’un festival présentant la plupart des atouts cités plus haut : une forte attractivité (10 000 festivaliers cette année), une éthique forte (notamment en ce qui concerne le développement durable), des pratiques reconnues (recyclage des déchets, toilettes sèches…) et une position géographique « stratégique ».

Gignac-en-Quercy est en effet situé tout au nord du département du Lot, à quelques kilomètres de la Corrèze et de la Dordogne. Au-delà de ces trois départements, trois régions sont concernées : Midi-Pyrénées, Aquitaine et Limousin. Au vu du contexte économique, il sera difficile d’échapper aux quolibets si ces trois territoires n’arrivent pas à s’entendre pour défendre un événement qui pourrait gagner une envergure nationale. « Les départements et les régions concernés y réfléchissent et la première réunion de travail a eu lieu, mais rien n’est encore arrêté. Ce festival offre un bon potentiel de développement et pourrait à terme doubler son taux de fréquentation », explique Gérard Amigues.

 

* Les festivals lotois classés sous le label « Festival des Festivals » par le Conseil général sont notamment : Ecaussystème, Festival de musique classique de Saint-Céré, Festival de Théâtre de Figeac, Cahors Blues Festival, Souillac en Jazz, Festival Country de Gramat, Rencontres Cinéma de Gindou, Visages francophones à Cahors, Africajarc…

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Festivals combien ça coûte et combien ça rapporte ?
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Portraits de Festivals

 

Le Lot est riche de plusieurs dizaines de festivals (voir les principaux sur la carte page 9) et il serait fastidieux de les détailler tous. Entreprendre en a choisi 7, représentatifs en termes de thèmes (la musique classique, le blues, le jazz, la musique africaine, le théâtre et le cinéma) et de budgets.
Car le budget est bien le point clé pour la pérennité des festivals. Comme dans toute entreprise humaine, l’organisateur doit à la fois savoir prendre des risques et ne pas se tromper. En la matière, les festivals lotois s’en sortent plutôt très bien.
Il leur faut cela pour convaincre le public, les collectivités et les festivaliers, c’est-à-dire leurs clients.
Ensemble, les budgets de ces 7 festivals représentent plus de 4 millions d’euros. Il faut noter que ce chiffre ne tient pas compte des retombées économiques « indirectes » des festivals pour les territoires concernés, ce que personne ne s’est encore risqué à estimer.
Le rêve de tout mécène ou partenaire des festivals, ce serait que l’on réponde avec un chiffre précis à cette question : combien me rapporte chaque euro investi dans votre manifestation ? Aujourd’hui, personne ne sait répondre à cette demande à priori simple : ni les festivals eux-mêmes, ni l’Etat, ni les collectivités, ni les entreprises, ni les cabinets d’études.
En l’absence d’un décompte exhaustif, les professionnels des festivals préfèrent inverser les termes de la question : et si les festivals n’existaient pas, perdriez-vous du chiffre d’affaires ?
Chaque lecteur pense avoir « sa » réponse, mais avant, reprenons les arguments des festivals de Cahors, de Figeac, de Saint-Céré, de Gramat, de Cajarc, de Souillac et de Gindou. Ils n’en manquent pas.

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ECAUSSYSTÈME

Les convictions fortes d’une aventure humaine

2012 était la 10e édition de ce festival qui a annoncé, cette année, près de 10 000 entrées payantes. Attirant un large public et des artistes de plus en plus connus, Ecaussystème peut désormais afficher de grandes ambitions.

Ecaussystème a fêté cette année ses dix ans d’existence. Ce festival est né sur les bases d’une fête votive au carrefour de trois régions (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Limousin) et de trois départements (Lot, Dordogne, Corrèze). Il affiche ses vocations, le développement durable et le commerce équitable, sur fond de musiques actuelles réparties sur deux concerts, dont le succès a été au rendez-vous pour cette édition 2012 avec pas moins de 9 757 entrées payantes. Quant aux diverses animations gratuites, conférences, marché, stands associatifs, scènes off dans le village, elles ont été fréquentées par près de 2 000 amateurs.

Grace à des têtes d’affiche comme le groupe toulousain ZEBDA, le festival Ecaussystème revendique plus de 10 000 entrées payantes pour son édition 2012, la 10e.
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UN BUDGET AUTOFINANCÉ À PLUS DE 90 %

Fait remarquable, Ecaussystème annonce un autofinancement à hauteur de plus de 90 % de son budget, évalué à 420 000 euros cette année. Encore plus notable, près de la moitié de celui-ci est directement investi dans l’économie locale sur un rayon de 80 kilomètres autour de Gignac. A ces retombées sous forme de prestations facturées, il faut bien sûr ajouter la présence et les dépenses inhérentes de plus de 12 000 visiteurs.

La part des subventions est donc réduite, d’autant que la commune de Gignac elle-même dispose de très faibles moyens (Gignac-en-Quercy revendique une population d’environ 700 personnes). Aménager et équiper le site global et la scène en particulier représente un effort financier important. « Vu notre positionnement géographique, nous aimerions que les différentes Régions et Départements impliqués dans notre manifestation se montrent un peu plus solidaires. Economiquement, nous pesons un poids certain dans cette zone rurale. Nous attirons un vaste public, nous nous autofinançons, nous induisons de fortes retombées, nous alimentons un salaire à temps complet : quelques critères qui justifieraient sans doute un meilleur soutien de la part de la collectivité », estime Benoît Chastanet, qui oeuvre à longueur d’année pour le festival et quelques manifestations annexes réparties sur les quatre saisons.

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CAHORS BLUES FESTIVAL

Le rendez-vous historique
passe la vitesse supérieure


Le Cahors Blues Festival s’était-il mis « sur son 31 » en 2012 ? En tout cas, le festival fêtait cette année ses 31 ans et affiche de nouvelles ambitions pour les prochaines éditions. Présentation.

Que serait l’été cadurcien sans son festival de blues ? C’est aujourd’hui une institution majeure, qui se revendique comme « l’unique exemple national à diffuser cette musique populaire sous tous ses aspects ». Le Cahors Blues Festival, ce sont également des masterclass avec l’Ecole de Musique de Cahors, des « tremplins » pour les jeunes groupes, un vrai village gratuit fourmillant à longueur de journée, des « Boulevards du Blues » noirs de monde, des légendes et des découvertes « tapant le boeuf ensemble », enfin des concerts enflammant la grande scène du crépuscule à l’aube. Des souvenirs à la pelle, de BB King, Nina Simone, Luther Allison, Ray Charles, James Brown, et le fondateur Gérard Tertre en transe sous les amplis...

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Né en 1981 de l’initiative de ce dernier, le Cahors Blues Festival (« CBF » pour les initiés) a franchi plusieurs paliers avant de s’affirmer aujourd’hui au premier plan : les années charnières 1992, 1996 et 2009 l’ont vu changer de dimension et prendre de l’envergure. « Cette 31e édition confirme la belle santé du festival. Les spectacles payants ont rassemblé Espace Bessières plus de 8 000 personnes, et chaque jour on a comptabilisé plus de 2 000 visiteurs sur le village, les animations gratuites et les deux concerts de fin d’après-midi. Au total, 15 à 17 000 amateurs ont profité du site sur les six jours », évalue Jean-Pierre Lemozit, président de la manifestation. Le budget de cette année, à hauteur de 400 000 euros, illustre cette volonté collective de placer la barre très haut. A titre de comparaison, il atteignait tout juste les 25 000 euros en 2003. Cela a conduit le festival à prendre des risques plus importants et le « CBF » ose désormais s’offrir un « grand » artiste à 40 000 euros, fait nouveau depuis deux ou trois ans. Régulièrement, les excédents sont réinvestis dans la programmation et le niveau monte ainsi : un cercle vertueux est engagé.
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Lionel Marsaud,
hôtel-restaurant La Chartreuse à Cahors


« Notre établissement est depuis toujours un partenaire convaincu du Cahors Blues Festival. C’est aujourd’hui l’ensemble du groupe Regourd Investissement, avec l’hôtel Kyriad et les vignobles Piéron, qui se tient aux côtés de cet événement. Nous assurons une partie de sponsoring et, parallèlement, nous hébergeons et restaurons les bénévoles et les festivaliers. C’est énorme pour Cahors : le blues véhicule l’image de la ville parfois au-delà des frontières. Et puis le festival est parfaitement structuré, très professionnel autour de Jean-Pierre Lemozit et son équipe. Bien sûr, nous comptons poursuivre ce partenariat qui se déroule dans un climat de confiance mutuelle. »

En plus des institutionnels (Conseil régional, Conseil général, Grand Cahors, Consulat des USA et mairie de Cahors), le festival peut s’appuyer sur quelque 40 entreprises partenaires. « Elles viennent vers nous spontanément, on ne les démarche pas. Cette année, elles ont pu disposer de plus de 1 600 places gratuites pour inviter qui elles voulaient », tient à souligner Jean-Pierre Lemozit.

La réputation du Cahors Blues Festival repose en particulier sur l’engagement fervent de 125 bénévoles, aux petits soins pour le public comme pour les artistes et les partenaires. Une dynamique générale qui a de quoi séduire un large public : alors que pendant des années il était majoritairement constitué de passionnés venant d’ailleurs, aujourd’hui les Cadurciens forment le gros des bataillons. Le « CBF » serait-il enfin prophète en son pays ?

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FESTIVAL COUNTRYROCK DE GRAMAT

Des têtes d’affiche oui, mais avec parcimonie

Voilà presque 10 ans, déjà, que les étés de Gramat sont rythmés par son festival de country-rock. Un événement pérenne et « bien géré », car l’équilibre budgétaire est l’une des priorités de Claude Common, co-président de l’association organisatrice de l’évènement.

Du 10 au 12 août, pour la 9e année, Gramat a rassemblé bon nombre de cow boys, d’indiens, de chevaux, de vieilles mécaniques, de traditions amérindiennes, le tout sous l’égide des musiques et des danses du grand Ouest américain. Une vaste cour de récréation, colorée, bruyante et dépaysante en diable. C’est pour Gramat un succès qui ne se dément pas, avec chaque année de huit à dix mille festivaliers enthousiastes.

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Le festival Country-Rock de Gramat prépare pour 2013 sa 10e édition tout en maintenant son exigence d’équilibre budgétaire.

Les lampions à peine éteints, Claude Common, le co-président de l’association organisatrice, Causse Country Club, esquisse avec le sourire un premier bilan : « Cette année restera comme un très bon cru, avec un plateau « country-rock » et donc une programmation d’ensemble très raisonnable, entrant dans un budget de 107 000 euros ». Cet homme incarne une gestion très rigoureuse où tous les postes de dépenses sont précisément détaillés.

Comme de juste, le poste le plus « budgétivore » est l’aménagement général du site : grande scène, chapiteaux, animations diverses... En tout, ces dépenses représentent le quart du budget total. Ensuite, il faut assurer le coût global du plateau artistique. « En 2010, quand nous avons invité Hugues Aufray et Charly Mac Coy, nous avons dépensé 25 % du budget pour garantir le succès de cette intervention. Cet été, nous nous sommes volontairement limités à 15 % du budget total pour la prestation la plus coûteuse. Les amateurs ne réclament pas forcément des têtes d’affiche :

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Marc Prunières, hôtel-restaurant Le Lion d’Or à Gramat
« Je ne suis pas un grand connaisseur ni amateur de ce style de musique, cependant je n’ai pas hésité, dès mon arrivée à la tête du Lion d’Or en 2009, à soutenir ce festival. Il fonctionne bien, les gens aux commandes sont sérieux, les bénévoles qui assurent ne comptent pas leur temps ni leurs efforts. J’héberge bien dans mon hôtel quelques musiciens, mais je ne soutiens pas ce festival par intérêt direct. Je veux simplement marquer ma reconnaissance à ceux qui se donnent du mal pour créer et maintenir une bonne dynamique pour notre cité. »

ils savent que des noms moins connus peuvent créer une ambiance très chaude », estime le co-président. Vient enfin le poste communication qui, avec 12 %, pèse lourd dans la balance.
Raisonnable, le festival gramatois protège sa bonne santé financière. Concrètement, il est sensiblement à l’équilibre chaque année. Par ailleurs, la mairie de Gramat s’investit beaucoup aux côtés du Conseil général et du Conseil régional, tandis que les soutiens privés apportent environ un tiers des 30 000 euros d’aide.
L’an prochain, la 10e édition ne donnera pas lieu à surenchère : ce n’est pas le genre de la maison. On ne changera donc pas une formule qui « gagne », ce qui est de bonne augure pour un « jeune » festival, bien parti pour s’inscrire durablement dans le paysage caussenard estival.

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AFRICAJARC

Un bon cru qui se mérite

Africajarc s’est taillé une belle réputation depuis sa création en 1999, mais le festival passe un « palier » où il doit, comme cette année avec succès, jongler avec les têtes d’affiches, les sponsors, les festivaliers et… la météo.

Africajarc ou le dépaysement garanti. Depuis quatorze ans, chaque fin juillet, les cultures africaines débarquent sur les rives du Lot et transfigurent les rues de la cité. Littérature, cinéma, contes, arts plastiques, artisanat, conférences ou marchés proposent une précieuse imprégnation dans le continent noir, quatre jours durant : selon la gendarmerie, près de 25 000 personnes viennent s’immerger dans l’ambiance du festival au sens large. En point d’orgue, évidemment, les musiques infiniment plurielles qui rassemblent, le soir venu, un public large et fervent (malgré la pluie qui s’est invitée au concert d’Amadou etMariam, le 27 juillet).

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Africajarc revendique près de 10 000 entrées à ses concerts pour l’édition 2012 et 25 000 personnes sur le village et son marché.
Avec 9 800 entrées payantes aux soirées concerts, dont 6 000 spectateurs le samedi soir pour le double plateau « reggae », l’édition 2012 a permis de battre des records de fréquentation, particulièrement bienvenus. Même si Africajarc a été souvent excédentaire d’un point de vue budgétaire, par trois fois dans son histoire et notamment en 2010, l’association a connu des déficits qui auraient pu mettre en cause son avenir.
Le découpage du budget indique assez combien le festival cajarcois dépend de la billetterie : sur un total de 370 000 euros cette année, environ 67 % proviennent de fonds propres (billets d’entrée, bar et restauration, merchandising, stages, droits de place...) ; les subventions publiques apportent quant à elles près de 23 % (Région, Département, Communauté de communes, Commune, organismes divers) et seulement 9 % résultent de partenariats et mécénats privés : un travail de sensibilisation semble là indispensable. Comme pour tous les festivals portés par une association, la pérennité d’Africajarc reste donc fragile, très dépendante d'aléas comme une baisse de fréquentation, le mauvais temps...
Depuis janvier, le festival bénéficie de l’apport d’une salariée et d’une prestataire en direction artistique et régie générale. Un changement de présidence a entraîné de nouveaux modes de fonctionnement. Le grand point d’interrogation concerne les bénévoles (pas moins de 275 !), mais surtout ceux qui
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Thierry Scheid, responsable de l’association des commerçants de Cajarc

« Si vous déclariez aux commerçants cajarcois qu’on leur supprime Africajarc, ils trembleraient, c’est sûr. Ce festival est ancré dans la cité et profite à l’ensemble du tissu commercial qui réalise lors du festival son meilleur week-end de l’année. Cet apport n’est pas seulement généré par les festivaliers, mais aussi par l’organisation, qui commande nombre de produits sur place. De leur côté, et en fonction de leurs moyens, les commerçants apportent pour la plupart un soutien financier au festival, en qualité de partenaires. Le brassage populaire qu’induit l’événement est considérable, les campings font le plein et l’économie générale est boostée. Ce que chacun retient également, c’est que tout se passe sans incident et dans une excellente ambiance. »

occupent des postes à responsabilité et aspirent à lever le pied : comment transmettre un savoir-faire dans de bonnes conditions ? « Pour toutes ces raisons, nous sommes à une étapecharnière dans notre développement : à ce stade, il faudrait professionnaliser davantage, mais les moyens font défaut », constate Christophe Pélaprat, en charge de la communication du festival. Autre souci, récurrent chaque année, l’obtention des visas par les artistes africains. Régulièrement, un ou deux visas sont refusés, avec les conséquences que ça implique sur l’organisation générale. Près de la moitié des dépenses concerne la programmation, le prix mis par Africajarc sur une tête d’affiche n’a, à une exception près, jamais excédé 25 000 euros. Il faut noter qu’à Africajarc, tous les artistes sont payés et déclarés au dessus du minimum syndical (soit au minimum 100 euros nets pour un cachet). Reste que le plateau artistique est au final relativement facile à constituer, tant la notoriété du festival et son travail en réseaux, sur la durée, portent aujourd’hui leurs fruits.
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SOUILLAC EN JAZZ

Mobiliser le bassin de Brive

Créé voilà 37 ans, le festival Souillac en Jazz est l’un des « doyens » de la scène lotoise. Cette pérennité, le festival souillagais la doit à la fois à une gestion rigoureuse et à la fidélité de son public : de 8 000 à 10 000 festivaliers chaque année.

C’est sans aucun doute le record lotois de longévité : depuis l’initiative fondatrice de Sim Copans voici 37 ans, l’été souillagais est rythmé par le jazz. On ne compte plus le nombre des légendes de la musique syncopée à avoir foulé la place Pierre-Betz, avec en toile de fond le chevet de l’abbatiale. Cette édition 2012 n’a pas dérogé au climat de ferveur qui porte un événement grâce à de nombreux fidèles. Entre huit et dix-mille amateurs s’y sont retrouvés autour d’une affiche mêlant les genres. Pourtant Robert Peyrillou, maître des cérémonies, constate un léger recul dans la fréquentation des concerts payants. « Les candidats spectateurs sont très sollicités. Notre problème majeur est une situation géographique, en vallée de la Dordogne, où les offres sont multiples et variées. Depuis des années, nous portons l’effort sur la Corrèze et la Dordogne voisines, au prix de lourds postes de communication, mais sans trop de résultats », confie Robert Peyrillou. Même constat d’ailleurs quand il s’agit de composer un budget autour de 100 000 euros, stable mais un peu limité : l’économie nord-lotoise fait le maximum, mais les entreprises potentiellement partenaires, notamment sur le bassin de Brive, sont difficiles à mobiliser. « Nous réfléchissons à l’opportunité de monter un club d’entreprises autour du festival, afin d’élargir le panel des partenaires et les offres spécifiques à un nouveau public induit. Du côté des collectivités, la mairie de Souillac assure bien, notamment sur les infrastructures ; nous devons louer les instruments, le piano, la sonorisation et les éclairages », explique le responsable.

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Le festival Souillac en Jazz réunit de 8 000 à 10 000 festivaliers chaque été, dont une majorité de fidèles et d’habitués.

Les dépenses sont liées à la volonté d’offrir un spectacle jusque dans les rues : les cachets des musiciens d’animation atteignent 16 000 euros, pour des spectacles publics gratuits. Pour les trois soirs de concerts payants, l’ensemble du plateau
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Brigitte Houard,
Grand Hôtel et restaurant l’Imprévu à Souillac

« Nous avons repris il y a cinq mois seulement cet établissement souillagais. Quand les responsables du festival nous ont demandé si nous voulions nous impliquer dans la manifestation, nous n’avons pas hésité longtemps : tout ce qui concerne la ville et sa vitalité nous intéresse bien sûr. Nous avons acheté un encart publicitaire dans le programme, et en contrepartie des musiciens sont venus manger au restaurant décoré pour l’occasion de photos illustrant le festival. Avec l’Association des Américains dans le Lot, partenaire du festival, nous avons même proposé une semaine américaine avec repas inspirés d’Outre-Atlantique, en hommage au fondateur de Souillac en Jazz, Sim Copans, qui aurait eu 100 ans cette année. Nous avons par ailleurs hébergé des visiteurs venus spécialement à Souillac le temps du festival. »

artistique coûte environ 25 000 euros. La communication, le son et l’éclairage représentent pour leur part environ 30 000 euros, sans compter l’hôtellerie-restauration, l’administratif, la SACEM et les transports.
Robert Peyrillou tient à garder le cap qui a permis au festival de s’inscrire dans la durée : d’une part, des prises de risques dans une programmation qui combine découvertes et têtes d’affiches confirmées ; d’autre part, souhait de maintenir l’événement dans une dimension humaine. « Pour maintenir des alternatives aux grandes machines comme Marciac, il faut conserver des petites structures sur le territoire régional. L’Etat ne nous aide plus, la Région diminue un peu son soutien, le Département et les collectivités locales jouent leur rôle. Quant à nos 60 bénévoles, ils réussissent chaque année des miracles... », se félicite Robert Peyrillou.

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RENCONTRES CINÉMA DE GINDOU

Les dividendes d’un travail en profondeur

Voilà près de 30 ans que le festival de Gindou se consacre au 7e art. Avec succès, puisqu’il a réuni pas moins de 17 000 festivaliers cette année. Ce niveau de fréquentation est le résultat du travail d’une vingtaine de salariés, qui peuvent eux-mêmes compter sur une quarantaine de bénévoles.

Il y a 28 ans, il fallait oser imaginer cela pour créer un festival : un village de 300 âmes en Bouriane, quelques amis férus de 7e art, un écran bricolé dans la prairie et un noyau d’amateurs en guise de public. Aujourd’hui, ce sont plus de 17 000 passionnés qui réservent la dernière semaine d’août sur leur agenda et se précipitent à l’appel des Rencontres Cinéma de Gindou.

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Un Cinéma de Verdure unique en Europe

Concrètement, cet évènement génère une activité non négligeable : on estime qu’un festivalier peut dépenser une trentaine d’euros par jour sur le site. C’est un temps fort certes, mais qui ne peut occulter l’ampleur du travail réalisé par l’association organisatrice tout au long de l’année : accueil de tournages en région au sein du réseau de la Commission Film France avec des subventions (2/3 Région plus 1/3 Département), aides à la création (écriture de scénarios, musiques de films), éducation à l’image dans les établissements scolaires, etc.
Côté budget, les différentes missions disposent de 480 000 euros, dont 240 000 euros pour le festival ; une somme stable qui suffit tout juste à équilibrer les dépenses : déjà le droit de passage d’un film (la location de copie) coûte 50 euros pour un court-métrage, jusqu’à 500 euros pour un long. Les subventions publiques sont plutôt mesurées à la baisse, compensées en partie par l’arrivée de nouveaux partenaires privés. Le poste des salaires est important et augmente d’une année sur l’autre. L’évolution des techniques n’est pas sans poser problème aussi : « Depuis 28 ans, nous réussissons à maîtriser à peu près les nouvelles technologies. Le plus difficile à anticiper est l’arrivée du numérique car les festivals, contrairement aux salles, ne peuvent pas obtenir d’aides pour s’équiper. Autre tâche compliquée, la médiatisation presse en plein mois d’août »,
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Isabelle Méric, responsable de
l’Office de Tourisme Sud Bouriane

« Au moment des Rencontres Cinéma, nous devons rechercher des hébergements au moins à 15 kilomètres à la ronde : sur Cazals, Salviac, Goujounac, Gourdon et même parfois Cahors. Les campings sont pleins et les festivaliers qui s’adressent à nous, en quête d’un hébergement pas trop cher, restent au minimum trois ou quatre jours, parfois la semaine. Les camping-caristes disposent d’un champ proche de Gindou. Les visiteurs en profitent pour visiter la région car ils n’assistent pas forcément à la projection de tous les films. C’est très positif pour nous, d’autant que cela permet de prolonger la saison quand la plupart des estivants nous quittent. »

juge Philippe Etienne, délégué général des Rencontres. Désormais, la manifestation profite d’équipements à la hauteur : le Cinéma de Verdure est un lieu magique, unique en Europe. Bientôt, sur initiative de la communauté Sud Bouriane, une salle de cinéma et spectacle d’un coût de 400 000 euros devrait remplacer le chapiteau et abriter les projections en journée. Le tout composera un complexe dédié au 7e art, propre à accueillir les films (88 cette année), dont beaucoup sont sélectionnés lors du Festival de Cannes et passent à Gindou en avant-première, répartis en trois secteurs : rétrospective des films d’un auteur parrain de l’édition, Vagabondages cinématographiques et films du patrimoine présentés par la Cinémathèque de Toulouse.
Enfin, les Rencontres justifient pleinement leur appellation : toutes les occasions sont bonnes pour amener le public à côtoyer les acteurs, les réalisateurs, présents en toute simplicité dans un climat très détendu. Une des clés du succès et de la longévité d’un événement à nul autre pareil dans l’univers du cinéma.

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FESTIVAL DE SAINT-CÉRÉ
ET FESTIVAL DE FIGEAC

De la conception à la diffusion de spectacles

La musique classique à Saint-Céré et le théâtre à Figeac : derrière ces deux grands festivals lotois on trouve en fait le même organisateur, le CIEM, qui gère par ailleurs des activités liées à la création et à la production de spectacles. De ce fait, l’entité CIEM représente à elle seule un budget de 2,3 millions d’euros et emploie sur l’année l’équivalent de 35 salariés à temps plein.

D’un côté le grand ancien, le festival de musique classique de Saint-Céré apparu, à l’initiative d’Olivier Desbordes en 1981. De l’autre le petit jeune, le festival de Théâtre de Figeac, né en 2001 sous la tutelle des Tréteaux de France et Marcel Maréchal (dirigé aujourd’hui par Michel Fau et Olivier Desbordes). Les deux manifestations sont gérées et organisées par le CIEM (Centre International d’Echanges Musicaux) : une structure qui, en plus des deux festivals susnommés, coiffe la saison hivernale du théâtre de l’Usine à Saint-Céré ainsi que les tournées de la compagnie « Opéra Eclaté ».

UN BUDGET GLOBAL DE 2 300 000 EUROS
Car les deux événements estivaux à Saint-Céré et Figeac sont en fait la partie visible d’une structure dont les objectifs sont focalisés sur ce qui se passe en amont des représentations : la création, la production ou la co-production de spectacles, la diffusion, la formation et le recrutement de jeunes acteurs-chanteurs, qui font partie intégrante des missions historiques de l’équipe Desbordes. Subventionné par l’Etat pour produire, en particulier, des opéras, le CIEM représente désormais l’un des principaux employeurs d’intermittents en France : l’équivalent de 35 emplois à temps complet sur une année. Au vu de telles prérogatives, on conçoit que le budget global atteigne 2 300 000 euros, partagés entre les diverses activités de la maison. « Les subventions publiques nous donnent des devoirs vis-à-vis des artistes comme du public, et nous permettent de vivre à l’année avec des gens de la région », analyse Olivier Desbordes. Bien sûr, les deux festivals profitent de cette manne, comme ils bénéficient d’une mise en commun des personnels

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(6 salariés et 25 équivalents temps plein avec les artistes et techniciens, auxquels s’ajoute une vingtaine de bénévoles), ainsi que des moyens techniques et parfois des productions : voilà qui préfigure déjà un futur Centre d’Art Dramatique à propos duquel la réflexion avance. Cette année, le festival de Saint-Céré a attiré 14 000 amateurs, chiffre marquant une légère hausse. Celui de Figeac s’est stabilisé autour de 8 000, fréquentation qui confirme la belle poussée constatée l’an passé. De nombreux spectacles ont fonctionné à guichet fermé, justifiant les soutiens dont bénéficient ces festivals auprès de nombreuses entreprises privées. L’anecdote est parlante : un dirigeant de la société Sermati a confié un jour à Olivier Desbordes combien l’animation culturelle dans nos territoires ruraux est précieuse quand il s’agit d’attirer un collaborateur citadin vers le bassin de Saint-Céré...

Claudie Pradayrol, Café-Hôtel Le Champollion à Figeac
« Etant aux premières loges sur la place Champollion, face au bureau du festival et tout près de la place des Ecritures, je profite d’une position privilégiée, en plein coeur de la ville. Avec mes confrères hôteliers, nous logeons des festivaliers et des artistes. Comme le café reste ouvert très tard le soir, jusqu’à 2 heures du matin, des comédiens ou des spectateurs viennent boire un dernier verre en sortant. Il faudrait cependant que le festival soit plus visible dans les rues, qu’il y ait peut-être un peu plus de signes festifs hors des lieux de spectacle. Ce festival est important pour la ville, comme celui de musique "Autour des Cordes" en clôture de saison. Là encore, nous recevons des mélomanes après les concerts dans les églises le soir, notamment quelques Japonais. »

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