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Entreprendre CCI du Lot n°154
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Les dividendes potentiels du capital charme
Quelques images, actuelles ou déjà un peu défraîchies, viennent spontanément quand on songe à la vallée du Lot entre Bouziès et Cajarc : la regrettée petite tache rouge du Quercyrail pointant sur fond de falaises, celle - blanche ou bleue - d’un bateau abordant une écluse, celle d’un groupe bariolé de vététistes dévalant les chemins caillouteux, ou encore l’image d’une grappe de randonneurs sur le chemin de Compostelle. Entre le fil de l’eau et les rebords du plateau, à la fraîche ou en plein soleil, au coeur des villages escarpés, la vallée du Lot a séduit des générations par les générosités de sa nature et de sa culture, avec pour phare le promontoire rocheux de Saint-Cirq-Lapopie, qui se trouve quasiment à mi-chemin entre Cahors et Cajarc.
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Aujourd’hui, des initiatives se bousculent afin de mieux accueillir les visiteurs, pour les héberger plus longtemps, leur offrir de multiples et inédites voies de découverte ; bref, afin d’étendre et de consolider sur toute l’année une économie potentiellement très importante.
Ainsi, un train touristique et des vélorails devraient bientôt à nouveau circuler sur les rails de la vallée. En parallèle, les perspectives d’une possible Voie Verte piétonne et cyclable s’esquissent. Par ailleurs, il faut rappeler que le soutien à la navigation, très attractive mais soumise aux aléas climatiques, ne se dément pas (voir encadré).
Dans le même temps, l’instauration de navettes fluviales entre Bouziès et Saint-Cirq-Lapopie, grâce à Lot Navigation, et la rénovation des haltes nautiques et des plages vont rendre l’approche des berges et de la rivière encore plus agréable.
Enfin, des stratégies s’échafaudent dans le but de rendre la circulation routière plus aisée et les stationnements plus nombreux.

Comment envisager l’avenir proche, canaliser les flux enregistrés durant la haute saison, rendre une âme aux transports-découvertes ou inciter les visiteurs à jouer les prolongations ? Elus, commerçants,

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prestataires des animations ou encore offices de tourisme s’interrogent sur les meilleures stratégies à bâtir afin de muscler l’offre tout en la maîtrisant, afin que le charme continue d’opérer. Revue de détail.
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Bords du Lot : ondes de choc
Fin juin, Saint-Cirq-Lapopie était élu « Village préféré des Français », bénéficiant ainsi d’une notoriété qui a profité à l’ensemble de la vallée du Lot. Ce coup de projecteur incite tous les intervenants du tourisme à faire le point sur les projets de valorisation des territoires concernés.
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Mardi 26 juin 2012, France 2, à 20 heures 35, autrement dit en « prime time ». Dans son émission intitulée « Le Village préféré des Français », Stéphane Bern fait durer le suspense en présentant la vingtaine de villages en lice pour le titre suprême, décerné sur la base d’un vote d’internautes. Sur le coup de 22 heures, les places d’honneur sont distribuées. La 3e revient à Barfleur, dans la Manche. La 2e est attribuée à Saint-Guilhem-le-Désert, dans l’Hérault. Et la 1ère place récompense Saint-Cirq-Lapopie, dans le Lot.

INTERNET : LE NOMBRE DE VISITES
EST SOUDAIN MULTIPLIÉ… PAR 13 !

En ce début d’été, un énième coup de projecteur médiatique venait de tomber sur la petite cité perchée sur ses falaises, avec une traduction immédiate : le soir même de l’émission, le site de l’Office de Tourisme a enregistré 4 000 consultations contre... 300 par jour en temps ordinaire. L’alliance entre une nature escarpée, une architecture quercynoise et
une forte culture plastique a encore frappé. Le charme n’est pas rompu et le phare dressé dans la nuit continue d’irriguer l’économie d’une vallée qui dispose de bien d’autres atouts, plus discrets mais très authentiques.
Qu’ils empruntent la voie d’eau ou la route, sinon les chemins enfouis dans la verdure ou à flanc de falaises, les visiteurs le savent bien : l’enchantement des émotions fortes commence à l’approche de Bouziès. La halte nautique s’inscrit dans un décor de roches trouées, hantées par le Château des Anglais. Là, deux voies imposent un choix cornélien : soit suivre à pied le fil de l’eau vers le chemin de halage qui finit sous Saint-Cirq-Lapopie, soit gravir la route en corniche et, du bord du plateau, plonger son regard sur l’écluse de Ganil ou capter l’immensité des paysages entre causse et rivière. C’est aujourd’hui à des villages moins médiatiques de se mettre en lumière, comme Larnagol, Calvignac et Cajarc, le terminus lotois de la vallée.
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DÉVELOPPEMENT DE NOUVEAUX FLEURONS

ACTIVITÉS : L’OFFRE EXISTE
Quelle que soit la pratique retenue pour la découverte, la séduction est immédiate. Mieux, elle ne peut que s’approfondir grâce aux multiples activités accessibles sur place ou proposées par des prestataires professionnels du tourisme : randonnées pédestres, canoë-kayak, canyoning, escalade, spéléologie, VTT, pêche, baignade, etc. En termes d’hébergement ou de restauration, les terrains de camping, les gîtes ruraux et chambres d’hôtes, les hôtels, les restaurants, les commerces de bouche sont bien présents sur l’ensemble du territoire. Pour autant, chacun sait, entre Cahors et Cajarc, qu’il est possible d’aller plus loin.

SAINT-CIRQ-LAPOPIE,
LOCOMOTIVE ÉCONOMIQUE
DU TERRITOIRE

Entré en septembre 2010 dans le club très sélect des « Grand Site de Midi- Pyrénées » et tout récemment élu « Village préféré des Français », le petit bourg emblématique de la vallée devrait rapidement franchir le cap des 500 000 visiteurs par an. A charge pour lui de pouvoir accompagner ce succès en proposant à proximité tous les services du bon accueil... sans se dénaturer ni rien perdre de son caractère.

Cette offre globale mérite d’être, sinon renforcée, du moins étendue sur toute l’année. « Dans le villagemême, nous ne disposons que de vingt chambres. C’est donc tout le territoire alentour qui profite des retombées du Grand Site et des émissions télévisées, avec une fréquentation qui devrait s’orienter encore davantage vers des séjours hors-saison. C’est bien à nous de savoir retenir nos visiteurs trois à quatre jours », espère le maire, Gilles Hardeveld.

DANS LA COUR DES « GRANDS »
Tel est aussi le souhait d’Eric Viven, qui préside depuis trois ans aux destinées de l’Office de Tourisme intercommunal Saint-Cirq-Lapopie / Pech Merle : « Jusqu’ici, le village a vécu sur un acquis naturel, sur sa seule réputation. En termes de structuration touristique, nous en sommes donc encore aux balbutiements. Il faut dynamiser le territoire de façon très professionnelle, ne pas se contenter de peu ou d’à-peu-près », confie celui qui est aussi restaurateur à Saint-Cirq-Lapopie. Dans cet objectif, il a recruté une directrice pour l’Office de Tourisme qui doit passer, classement « Grand Site » oblige, en première catégorie d’ici deux ans. « Il faudra rénover les locaux, mieux soigner l’accueil et le service à destination des visiteurs »,

ajoute-t-il. Mais la situation est prometteuse, puisque le nombre de personnes renseignées a doublé depuis la mise en place d’une nouvelle organisation et qu’une émission télévisée vient donc de booster considérablement les visites du site internet de l’Office de Tourisme. Au niveau du village, Eric Viven définit quelques priorités. Tout d’abord, il est nécessaire de doubler très rapidement la capacité de stationnement éloigné tout en instaurant un service de navettes vers la cité. A situation d’urgence, réponse immédiate : le Conseil Général du Lot vient de décider l’instauration d’une navette gratuite tous les quarts d’heure entre le parking du bas, dont la superficie est en cours d’extension, et celui du Bancarel, qui est lui aussi étendu, audessus du village. NE PAS OUBLIER LES MESURES
LES PLUS SIMPLES

Par ailleurs, aux yeux du président de l’Office de Tourisme, quelques mesures simples devraient concerner l’amélioration des sols, des ruelles et de leur éclairage, l’accompagnement de la vie culturelle, artisanale et artistique, sans oublier l’attention particulière que mérite la clientèle de proximité. « Ces visiteurs des périodes hors-saison sont précieux. Il faut les encourager à demeurer sur place quelques jours, à condition de trouver un village accueillant : ils feront vivre les commerces toute l’année. Déjà, mon restaurant et le tabac du bourg restent ouverts tandis que l’animation gagne du terrain. Les grottes de Pech Merle, le château de Cénevières devraient suivre », souhaite Eric Viven. Mais dans son esprit, pas question de céder le terrain au tourisme de masse, naturellement incompatible avec le caractère et les infrastructures de la vallée. « Imaginez des bouchons de campings- cars et autres véhicules sur la départementale : impossible à gérer. C’est pourquoi nous voudrions certes dynamiser notre territoire, de façon non pas subie, mais maîtrisée », précise Eric Viven.
Verte, ferrée, mixte : les voies du développement se dessinent
Depuis 2003 et l’arrêt du train touristique qui longeait la rivière Lot, plusieurs projets ont été conçus pour accélérer le développement économique de ce territoire, entre Cahors et Cajarc. Voici un état de l’avancement des différents dossiers.

Du côté des commerçants, surtout des plus jeunes, la réflexion porte aussi sur le développement économique. C’est le cas chez Emilie Cancès, une jeune chef d’entreprise d’origine lotoise qui a repris en 2006 le musée du vin et son épicerie gourmande, ainsi que deux boutiques de décoration (voir Entreprendre numéro 160). Convaincue et battante, elle entraîne dans son sillage quelque 25 commerçants organisés depuis quatre ans au sein de l’Association des Acteurs Economiques du Pays de Saint-Cirq-Lapopie. Pour cette cinquième saison, elle met sur pied un marché rassemblant une vingtaine de producteurs, en plein coeur du village, chaque mercredi en fin d’après-midi, du 4 juillet au 5 septembre, avec animation musicale. « Fédérer et dynamiser sont nos mots d’ordre. Une majorité d’acteurs économiques de Saint-Cirq-Lapopie veulent avancer et le nombre de ceux qui nous suivent a d’ailleurs doublé en quelques années. C’est ainsi que nous inciterons les touristes à venir, à rester et à revenir », constate la jeune femme, passionnée par son terroir.

TRAIN TOURISTIQUE :
EN VOITURE POUR UNE RENAISSANCE

Le petit autorail rouge et blanc qui transportait 15 000 passagers par an a stoppé sa course en 2003. Sa disparition a nourri beaucoup de nostalgie, et aurait supprimé l’appoint

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de 4 000 visiteurs par an, qui découvraient la vallée à « un rythme de sénateur ». Aussi, les stratégies qui s’articulent autour de sa relance entretiennent bien des espoirs entre Tour-de-Faure, face au rocher de Saint-Cirq-Lapopie, et le terminus à Cajarc. L’idée d’une résurrection a mûri dans quatre cerveaux : ceux de Patrick de Braquilanges, châtelain de Cénevières, René Depasse, chef d’entreprise à la retraite et amoureux du Lot, Jacques Faure, Président-fondateur de QuercyRail, et enfin Jacques Borzo, maire de Cajarc. Ce train touristique ne serait pas seul à circuler sur la voie, puisqu’un vélo-rail à propulsion humaine ou électrique proposerait une alternative légère.

VERS DES MODES
DE TRANSPORT COMBINÉS ?

Ces deux modes de transport s’inscriraient dans une offre à géométrie variable, couplée avec plusieurs autres et dont l’accès serait favorisé par des « pass » autorisant des tarifs intéressants. Plusieurs formules, déclinées tout en souplesse, pourraient être générées autour du train touristique : au départ de Cajarc, un trajet jusqu’à Tour-de-Faure, puis la navette fluviale jusqu’à Bouziès, un retour à pied par le chemin de halage, la visite de Saint-Cirq-Lapopie, puis le retour en train sur Cajarc. Sur une journée, l’enchantement serait au rendez-vous. Modulable à l’infini, « dégustable » à la carte, l’offre pourrait comprendre, toujours au départ de Cajarc, la seule visite de Saint-Cirq-Lapopie. Ou encore, le trajet de sept kilomètres en vélo-rail de Cajarc à Cénevières. Cette escale comprendrait la visite du château, la base nautique des « 2 ponts » qui vient d’ouvrir à la location des bateaux à pédales, des VTT et des kayaks, le parcours acrobatique qui va voir le jour près du château en 2013, et un retour en train touristique.

CRÉATION DE QUERCYRAIL DÉVELOPPEMENT…
Sous l’émanation de Laocoom Patrimonium Conseils SAS,

holding personnel de Patrick de Braquilanges, une société Quercyrail Développement est en cours de création, qui sera dirigée par René Depasse. Elle pilotera l’activité train touristique et le vélo-rail. Ce dernier peut démarrer rapidement, l’état de la voie ferrée et les ouvrages d’art - ponts et tunnels - sont aptes à supporter une circulation légère. Par contre, avant de lancer le train, il faut changer quelque 1 500 traverses du côté de Tour-de-Faure. Le matériel pour la circulation ferroviaire se trouve actuellement à Toulouse. Quant au personnel, il serait constitué de professionnels détachés par la SNCF, retraités ou actifs, la partie vélo-rail étant gérée par des saisonniers. Un hangar-atelier doit être aménagé à Cajarc, avec une prise en charge de l’Etat ou des collectivités locales. « Mais le feu vert pourrait être donné en octobre prochain, suite à l’étude en cours réalisée sur demande du Conseil Général du Lot, auquel Réseau Ferré de France (RFF), propriétaire de l’emprise, doit transférer le droit d’usage de la ligne. Il faudra fixer le montant des travaux, la répartition des prises en charge, voir qui s’occupera des passages à niveau et quelles seront les redevances pour l’utilisation, etc. Pour autant que les conditions demandées soient crédibles et économiquement supportables, nous disposerions d’une enveloppe ajustable de 300 000 euros couvrant les investissements et le démarrage de l’activité », indique Patrick de Braquilanges.

Laocoom Patrimonium Conseils SAS a posé sa candidature auprès de RFF et du Conseil Général pour lui-même et le pool d’investisseurs en cours de constitution. Le tour de table financier sera volontairement ouvert autour des « fondateurs » - l’association Quercyrail, lui-même et René Depasse -, de quelques investisseurs familiaux privés incluant des copains amoureux du Quercy, plus des autocaristes gérant la partie voyages. Des groupes industriels ou commerciaux, quelques fonds d’investissement en capital-risque de proximité, viendront aussi conforter la crédibilité financière du montage. Dans ce dispositif, à l’évidence, le château de Cénevières deviendra l’un des points forts de la vallée. Chaque année, près de 11 000 visiteurs poussent spontanément le portail de son enceinte. Ces projets multiformes autour du

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train, des chemins de randonnée, du vélo et de la navigation sous toutes ses formes seront un facteur essentiel dans la dynamisation de l’escale de Cénevières, déjà très attractive pour une clientèle d’Européens du Nord. « Nous y organisons des concerts, des visites nocturnes ou des soirées cinéma, des conférences et des séminaires non résidentiels. La création de la base nautique des « 2 ponts » dès cette année, celle d’un parcours acrobatique l’an prochain, permettront de concilier l’amour du patrimoine et celui des loisirs sportifs, en particulier pour les enfants et les jeunes », détaille Partick de Braquilange.

…ET MOBILISATION
DES COLLECTIVITÉS

Celui-ci compte attirer d’abord une clientèle de proximité autour d’une initiative porteuse de fortes synergies au plan économique. Les investisseurs ont prévu de dégager un important budget communication, avec la participation de deux champions du monde de canoë-kayak : Matthieu Henri et le Cadurcien Loïc Vynisale qui prépare activement les Jeux Olympiques de Rio. « Nous faisons appel à eux pour démarcher les entreprises (dynamisation des forces commerciales, lancement de nouveau produits, “team building”) et les comités d’entreprises, nous comptons ainsi vendre la destination sportive Val du Lot autant que possible hors saison », prévoit le châtelain de Cénevières. A condition que la capacité d’hébergement soit en mesure de répondre,

ce qui est aujourd’hui le principal souci du concepteur : pour héberger un car complet, il faut en effet dénicher 30 chambres, ce qui n’est actuellement pas évident, sauf en automne et en hiver, saisons durant lesquelles les taux d’occupation peuvent augmenter. La toute récente qualification de Saint-Cirq-Lapopie comme « Village préféré des Français » constitue un magnifique vecteur en support à cette stratégie « d’offre multi-produits » pour laquelle chaque entité concernée demandera la reconnaissance du label « Esprit LOT partagé ».

Paroles d’élus : quand les voies donnent de la voix

Bouziès, Cajarc, Saint-Cirq-Lapopie, Communauté de Communes Lot-Célé : quatre élus présentent leurs projets de développement et donnent leur sentiment sur « les voies à suivre ».

Jacques Borzo
Maire de Cajarc :


« La manne de Quercyrail
était bénéfique pour Cajarc »

S’il est un homme qui a su monter en première ligne quand il a été question de relancer un train touristique en vallée du Lot, c’est bien Jacques Borzo. Car pour les commerçants cajarcois, en particulier les restaurateurs, la position en bout de ligne était enviable et appréciée.
« Il semble qu’une réflexion chemine sur la faisabilité de coupler train touristique et Voie Verte », confie le maire de Cajarc. Quant au projet de train touristique qui retient toute son attention, ainsi que celle du Président de la région Midi- Pyrénées, Martin Malvy, Jacques Borzo l’imagine sur un trajet assez court : Cajarc-Tour-de-Faure, soit une quinzaine de kilomètres, lui paraît être le parcours idéal.
L’ancienne formule embarquait les voyageurs pour la journée, ce qui est aujourd’hui considéré comme trop long. « Les ouvrages d’art semblent en bon état, le train existe, le matériel aussi, les hommes en mesure de faire fonctionner l’ensemble sont là. L’infrastructure est facile à implanter à la gare de Cajarc. Tandis que notre plan d’eau, avec bateau-promenade, pédalos, activités pêche et baignade, est suffisamment attractif pour retenir les visiteurs qui désirent résider dans le calme », constate un maire pleinement engagé dans cette aventure touristique. Il en espère beaucoup en termes de dynamisation économique : pas moins d’une douzaine de nouveaux commerces sont apparus depuis trois ans sur sa commune. Un nombre et une diversité étonnants en regard d’une zone de chalandise estimée à 6 000 habitants, soit un « petit » bassin de vie, équilibrant à l’ouest le poids de Figeac au sein de Figeac-Communauté.

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Chaque année, plus de 80 000 visiteurs fréquentent le bourgcentre et ses alentours : ils maintiennent l’activité de 12 restaurants, dont pas moins de 8 sont ouverts toute l’année. Enfin, notons qu’un projet d’éco-quartier est en cours d’étude en continuité de la zone urbaine. A l’évidence, Cajarc est en train de montrer un nouveau souffle et les projets de développement touristique y seront forcément les bienvenus.

Raynald
Deschamps
Maire de Bouziès :


« La zone de loisirs est améliorée et enrichie »

En quelques années, dans son magnifique cadre rocheux, Bouziès est devenu une halte fluviale très fréquentée. Entre le pont SNCF et le pont routier, les rives vont faire l’objet d’aménagements paysagers. Par ailleurs, un deuxième parking, très arboré, va ajouter sa capacité à l’existant, lui aussi mieux intégré et canalisant mieux les véhicules dans ce site impressionnant. « Nous voulons éviter que les visiteurs allant vers le chemin de halage, qui appartient aussi à notre commune, ne se garent n’importe où. Il y a quelques années, nous avons aussi réorganisé le stationnement à Conduché, sur l’autre rive », souligne Raynald Deschamps.
C’est l’ensemble de la zone de loisirs et de la promenade sur les rives qui va bénéficier d’un toilettage, destiné en particulier à enrichir la découverte du milieu naturel et la compréhension du site. Sans empêcher que l’essentiel, le décor créé par la rivière et ses falaises, qui constitue la caractéristique forte du paysage, s’exprime à plein. Les essences végétales locales seront ainsi privilégiées et la prairie menant vers la

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rivière sera plantée de graminées et de vivaces. Enfin, des poteaux en châtaignier porteront des informations et la signalétique. Quant à l’osier, il tissera « comme un lien, pour retrouver les gestes oubliés » au bord de la vallée. Le montant hors taxes de ces aménagements s’élève à 127 000 euros, avec des aides réparties comme suit : 45 % pour le Fonds National d’Aménagement et de Développement du Territoire (FNADT Vallée du Lot), 25 % pour le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, 10 % pour le Conseil Général du Lot et 20 % de fonds propres. Rappelons ici que la navigation sur le Lot apporte chaque année environ quatre millions d’euros dans l’économie du département, dont un million concerne les retombées indirectes vers les acteurs économiques riverains. Plus de 50 000 passagers (dont 80 % sont d’origine française) profitent ainsi des quatre bateaux à passagers. Par ailleurs, 7 500 plaisanciers (dont 48 % sont étrangers) naviguent sur les 64 bateaux habitables. De plus, une trentaine d’emplois sont créés directement par la navigation, auxquels on peut ajouter un certain nombre de postes créés ou maintenus dans les commerces et services des villages riverains.

Gilles
Hardeveld
Maire de Saint-Cirq-Lapopie :


« Notre notoriété
nous pousse à évoluer »

Etre « Grand Site Midi-Pyrénées » est un label qui crée des obligations. Le maire de Saint-Cirq le reconnaît luimême : « Nous devons améliorer notre accueil. L’Office de Tourisme doit se moderniser et nous devons bâtir un réseau de communication performant. Ce label va porter ses fruits sur le long terme, avec des campagnes de publicité nationales et internationales. Dans tous les cas, ce label nous incite à avancer plus rapidement, tout en conservant “l’âme” de notre village, ce pour quoi il a été distingué », constate Gilles Hardeveld.
450 000 visiteurs par an mais seulement 20 chambres dans le village : on le voit, Saint-Cirq-Lapopie doit irriguer toute la vallée. A condition d’inciter une large part des visiteurs à s’attarder plusieurs jours. « Je sais que les commerçants s’organisent pour ouvrir hors saison. Sur initiative de la Communauté de Communes Lot-Célé, un multiple rural devrait d’ailleurs voir le jour à Tour-de-Faure », précise l’élu.

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Gérard Amigues
Président de la Communauté
de Communes Lot-Célé :


« Parkings, hôtellerie et Voie Verte semblent être les moyens d’un développement maîtrisé »

En collaboration avec les mairies de Saint-Cirq-Lapopie, de Cabrerets et l’Office de Tourisme, la Communauté de Communes Lot-Célé apporte sa pierre à la gestion du « Grand Site Midi-Pyrénées ». Dans ce cadre, elle vient de refaire le hall d’accueil du musée de Cabrerets. Par ailleurs, au plan du soutien à l’activité économique, elle est impliquée dans le projet de multiple rural qui sera implanté à Tour-de- Faure, face à la route de Saint-Cirq-Lapopie. « La petite épicerie du village y sera transférée, sur un site bien plus sécurisé et aménagé. A terme, des produits du terroir et des circuits courts avec les agriculteurs locaux seront proposés. Il y aura également un poste de distribution de carburant, indispensable en cet endroit très fréquenté par les touristes et les locaux », annonce Gérard Amigues.
L’un des soucis récurrents du territoire face à un l’afflux important de touristes, réside dans la capacité hôtelière, et sur certains sites tels Saint-Cirq-Lapopie dans la capacité d’accueil en termes de parking. A Saint-Géry, un terrain au départ destiné à l’EHPAD, qui ne pourra se faire, vient d’être racheté par un hôtelier-restaurateur pour y bâtir une unité hôtelière d’une trentaine de lits. « C’est une bonne nouvelle pour nous, car cette initiative répond à des besoins en vallée pour assurer des nuitées supplémentaires », estime Gérard Amigues. A propos de la Voie Verte, le Président de Lot-Célé affirme que l’étude est en cours au Conseil Général et porte sur la totalité de la ligne Cahors-Capdenac, soit plus de 67 kilomètres. « Dans les dix ans, cette Voie Verte devrait voir le jour même si son coût reste encore à chiffrer. Ce type de voie rencontre en effet un très fort engouement partout dans le monde et leurs retombées économiques ne sont pas négligeables. Il en existe ainsi en Espagne où d’anciennes gares ont été par exemple transformées en restaurants. Un train touristique pourrait circuler sur une partie du tronçon, ouvrant ainsi une nouvelle offre ; on trouverait alors un moyen de dévier la Voie Verte afin d’en assurer sa continuité », conclut Gérard Amigues.

 

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Nous évoluons sur un marché où la devise de référence est le dollar, et cela nous concerne autant que nos concurrents, nos fournisseurs ou nos clients. J’ai la même analyse en ce qui concerne les réglementations : elles s’imposent à tous et notre valeur ajoutée consiste justement à anticiper leurs évolutions plutôt qu’à nous mettre en conformité au dernier moment. Concrètement, ce ne sont pas des freins et nous avons enregistré une croissance en 2011, nous annonçons une croissance pour 2012 et nous prévoyons d’être en croissance en 2013. »
Accessibilité des commerces à toutes les clientèles
Esprit commerçant et solidarité : les bonnes pratiques

L’accessibilité des commerces aux personnes handicapées sera une obligation légale à partir du 1er janvier 2015, autrement dit dans moins de 18 mois. Comme le démontre ce rappel des évolutions réglementaires, il n’est plus temps de tergiverser sur la nature et le coût des travaux à réaliser avant cette date. Un certain nombre de commerces lotois ont d’ailleurs pris l’initiative d’investir avant cette date, c’est-à-dire avant que tous les établissements recevant du public demandent aux artisans d’intervenir. Ceux qui sont déjà prêts, en tout ou partie, ne le regrettent pas. Explications.

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Déficience physique ou psychologique, état de faiblesse temporaire ou durable, difficultés de la femme enceinte ou de la jeune mère de famille, dépendance de la personne âgée... Toute société peut être jugée sur la façon dont elle se comporte face aux situations de handicaps. Multiformes, altérant la motricité, les sens ou la compréhension, ces handicaps doivent trouver des réponses adaptées dans tous les domaines de la vie quotidienne.

Les commerces n’échappent pas au défi de faciliter l’accès au lieu de vente ainsi qu’à toutes les opérations relatives aux actes de choix, d’essayage, d’achat, de paiement. Car la loi va s’imposer dès le 1er janvier 2015 et, de ce fait, il est indispensable d’anticiper.

LES COMMERCES
SERONT CITOYENS OU PAS…

Acteurs économiques certes, mais aussi acteurs citoyens : tel est le challenge que doivent relever les lieux recevant du public, au premier rang desquels figurent les commerces. Un certain nombre de responsables ont compris que leur propre intérêt rejoignait tout naturellement celui de leur clientèle et ont fait l’effort de réaliser des aménagements qui simplifient la vie des personnes en difficulté. Pour d’autres, il n’est pas inutile de rappeler les obligations définies par la loi.

En février 2005, la réglementation française exprimait déjà clairement le principe « d’accès de tout à tous ». La principale évolution attendue est qu’elle va devenir contraignante, à partir du 1er janvier 2015, comme le stipulent les textes : « Pour être accessibles avant cette date, les établissements recevant du public (moins de 200 personnes pour la cinquième catégorie), déjà existants, doivent pouvoir fournir l’ensemble des prestations dans une partie du bâtiment accessible aux personnes en situation de handicap. »

LES FORMES DE HANDICAP CONCERNÉES
Détaillons tout d’abord quelles sont les formes des difficultés concernées : les personnes en fauteuil roulant, les déficients moteurs ou sensitifs, les handicapés mentaux, mais aussi tout individu à mobilité réduite du fait de son âge ou de son état : par exemple une femme enceinte ou accompagnée d’enfants en bas âge, une personne convalescente, fatiguée, ou encore de petite taille.

Toutes ces particularités, qui touchent selon les estimations près d’une personne sur quatre, entraînent de multiples difficultés dans l’exercice de la vie courante et doivent être prises en considération. En particulier dans un département comme le Lot, marqué par une démographie qui fait la part belle aux personnes âgées.

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Quand la loi s’apprête à exiger des prestations spécifiques, il n’est pas inutile de les préciser : l’accessibilité d’une partie du bâtiment doit concerner :
• les cheminements extérieurs,
• le stationnement des véhicules,
• les conditions d’accès et d’accueil dans les bâtiments,
• les circulations intérieures horizontales et verticales,
• les locaux et sanitaires ouverts au public,
• les équipements et mobiliers intérieurs,
• les dispositifs d’éclairage,
• l’information des usagers,
• les installations comportant des cabines d’essayage.
Plus précisément, quelques règles principales sont généralement préconisées en fonction des types de handicap : la déficience visuelle exige une bonne qualité d’éclairage ainsi que des guidages, repérages, contrastes favorisant la sécurité des déplacements. Face à la déficience motrice, les espaces doivent être correctement pensés, les portes et escaliers spécialement aménagés y compris en présence d’un ascenseur. La déficience auditive impose un bon repérage visuel des systèmes d’accès et un confort acoustique soigné. Pour la déficience intellectuelle, il est recommandé d’adapter la signalisation vers davantage de visibilité, de lisibilité et de compréhensibilité.

Au plan technique, les nouvelles normes d’accessibilité définissent un certain nombre d’exigences : à l’extérieur, elles précisent la bonne identification du magasin, la largeur des portes d’entrée, des abords dégagés, des seuils franchissables avec ou sans plan incliné, des aires de manoeuvres calculées pour accueillir les fauteuils roulants. A l’intérieur, les produits doivent être aisément accessibles dans les rayonnages, les cheminements doivent être larges et sans obstacle. Les cabines d’essayage sont censées être spacieuses, pourvues d’une barre d’appui, équipées de portemanteaux, de miroirs et de tablettes abaissés. De même, les escaliers sont calibrés, avec des repérages podotactiles pour les marches de début et de fin, les mains courantes faciles à saisir, etc.

Quant aux sanitaires, ils doivent être suffisamment grands pour manoeuvrer un fauteuil, et tout le nécessaire doit être à portée de main. Les éclairages sont définis en puissance selon leurs emplacements. Les caisses et comptoirs doivent proposer une hauteur adéquate à la position assise.

Enfin, le bon sens dicte quelques conduites favorisant le confort : la présence de chaises ou de « reposefesses » pour rendre moins pénible la station debout en situation d’attente, les étiquetages à gros caractères, les accès aux chiens-guides d’aveugle ou, si c’est impossible, l’accompagnement rapproché par une vendeuse. Rappelons, entre autres exemples, qu’un bloc avec stylo, situé près du comptoir, peut faciliter la vie d’un déficient auditif.

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Dans tous les cas de figure, l’accueil d’une personne handicapée réclame de la part du commerçant une attitude en rapport avec la situation :

disponibilité, patience, attente et écoute sont naturellement exigées. La personne malvoyante a besoin d’être guidée par un bras, un signalement des objets pouvant faire obstacle, des repères spatiaux…
Un handicapé moteur ou mental se déplaçant seul manifeste son autonomie, sinon il est accompagné. Afin que le personnel puisse adopter le bon comportement face à cette clientèle, le commerçant peut établir un recueil de préconisations rassemblant les attitudes à privilégier.

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Ils ont réalisé des travaux touchant à l’accessibilité :
Boulangerie
quartier La-Croix-de-Fer, Cahors


A Cahors, la boulangerie du quartier de La-Croix-de- Fer, s’est équipée dès sa création, voici un an, d’une rampe d’accès en pente douce. Elle rend bien des services, non seulement aux personnes en fauteuil roulant, mais aussi aux mères de famille se déplaçant avec des poussettes. L’aménagement était d’ailleurs bien nécessaire, puisque la boulangerie est implantée en hauteur, du fait du Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN) en cas de crue du Lot.
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Le boîtier inventé par Stéphane Balier
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Normands d’origine, installés à Cahors depuis deux ans, Stéphane Balier et son épouse gèrent la boutique Autan de Plaisirs rue Joffre. Après avoir vu un reportage télévisé sur une personne handicapée tentant vainement

d’entrer dans une boulangerie, il a créé le concept d’un boîtier de radio-authentification (Facilit’accueil) qui se place à l’intérieur de la vitrine, fixé par les ventouses, à portée des gens en fauteuil. Ceux-ci passent leur carte devant le boîtier et avertissent ainsi le commerçant de leur présence.
« En 2015, je doute que tous les commerces soient réellement accessibles. Mon dispositif peut permettre de faciliter les accès sans trop de frais, il coûte 8 € par mois en location ou 350 € à la vente. De plus, la carte est gratuite pour la personne à mobilité réduite », précise Stéphane Balier. Une cinquantaine d’équipements fonctionne à Yvetot, en Normandie, choisie comme ville-pilote. Ce produit, préconisé par l’Association des Paralysés de France (APF), devrait connaître un développement important durant les années à venir.

Pour plus d’informations,
contactez Stéphane Balier : 06 82 86 24 75
Site Internet : www.facilit’accueil.com

Magasin de vêtements Jules
boulevard Gambetta, Cahors

Sur le boulevard Gambetta à Cahors, le magasin de vêtements à l’enseigne Jules est accessible aux personnes à mobilité réduite grâce à un bouton situé en façade. Il permet d’avertir les vendeuses, qui ouvrent alors l’accès par l’arrière du magasin. « Nous avons prévu ce dispositif dès l’ouverture de la boutique, en novembre 2009, explique Mme Symoens, responsable du magasin. Nous avons un client assez régulier qui peut accéder avec son fauteuil, d’autres occasionnels, mais aussi des mères avec poussettes ». En l’occurrence, l’installation d’une rampe d’accès semblait ici impossible et cette solution s’est imposée.
Par ailleurs, conformément à la législation, la boutique Jules est pourvue d’une cabine spacieuse,

équipée d’une rampe d’accès pour le confort des clients handicapés.
chambre