Votre message a été correctement envoyé !
contacter la rédaction web marquer dans vos favoris  
 
numero en cours
[ Lire le magazine ]
 
 

A la UNE Magazines Dossiers Partenaires Liens  
 

 
Entreprendre CCI du Lot n°161
chambre
Autrefois marginal, complémentaire des visites patrimoniales, le tourisme de jardin a su conquérir son propre public. Entre nature et culture, les flânerie dans ces paradis flauris de toutes formes et vocations ont plus que jamais la côte. Explications.

Bien sûr il y a ces merveilleux jardins – le Taj Mahal en Inde, le Ryoan-ji au Japon, l’Alhambra en Espagne ou Les Tuileries à Paris… – qui depuis toujours attirent chaque année des milliers de visiteurs venus du monde entier. Pour autant, jusque dans les années 1980, le tourisme de jardins restait un épiphénomène en France. Le changement ne s’opère réellement qu’au début de la décennie 90, porté par l’évolution des modes de vie et des comportements touristiques, l’intérêt croissant pour la nature, le patrimoine paysager et le jardinage. A côté des grands domaines de l’Etat et des jardins de villes, les plus anciennement ouverts au public, on assiste au développement exponentiel du nombre de jardins créés ou rénovés pour accueillir des visiteurs (voir encadré chiffres clés).

A la Française où à l’Anglaise, jardins des couleurs ou des senteurs, médiévaux, modernes, botaniques, romantiques, exotiques, zen… :

chambre

les jardins se déclinent en de multiples formes et vocations, devenant des patrimoines à part entière dont l’existence seule suffit à attirer le visiteur. Ainsi en 2001, près de 30 % des jardins visités n’étaient associés à aucun édifice (château, demeure historique, musée…) (source : ODIT France).

LE JARDIN THÉÂTRE D’ÉVÉNEMENTS

Dans le même temps, les propriétaires et gestionnaires de jardins professionnalisent leur démarche d’accueil touristique, en développant les services, notamment en termes de possibilités de visite (libre, guidée ou semi-guidée) et de supports d’information (fourniture de dépliants explicatifs par exemple), pour mieux répondre aux attentes d’un public dont les motivations de visite évoluent de la simple promenade vers l’excursion culturelle.

De la même manière, de nouvelles activités complémentaires à la découverte des jardins sont lancées, comme l’ouverture d’espaces salons de thé, de boutiques proposant des ouvrages spécialisés, des plantes ou des objets souvenirs liés à l’expérience vécue. Enfin, les jardins accueillent aujourd’hui un nombre croissant d’événements ponctuels de nature commerciale ou culturelle – fêtes des plantes ou du goût, festivals de jardins éphémères, mais aussi expositions et spectacles en tous genres – leur permettant de toucher un plus large public.

OFFRE & FRÉQUENTATION INÉGALES
chambre
En France, le patrimoine de jardins visités est équitablement répartis entre ceux qui font l’objet d’une gestion publique ou privée ;
la gestion publique concernant plus particulièrement les grands domaines nationaux tels que Versailles ou le Jardin des Plantes de Paris, mais également les parcs et jardins de collectivités territoriales. En revanche, l’offre et le taux de fréquentation restent inégaux selon les régions. Mais si l’Ile de France, la côte méditerranéenne ou la vallée de la Loire figurent en tête du palmarès, soulignons que Midi-Pyrénées possède avec le Jardin Massey, à Tarbes, l’un des grands jardins les plus visités du pays (650 000 visiteurs en 2000 – source ODIT France). Particulièrement prisé par les amateurs de tourisme vert, le Lot a su, lui aussi, valoriser son patrimoine de jardins (voir encadré et reportages en pages suivantes). Au programme : collection d’iris, closeries de couleurs et de senteurs, jardins médiévaux et jardins secrets. Alors, bonne promenade...
Les chiffres clés du tourisme de jardins de France

- 59% des jardins sont ouverts au public depuis 1970
- 31% ont été ouverts durant la décennie 1990-2000
- 50% des jardins font objet d'une gestion privée
- près de 30% des jardins visités ne sont associés à aucun édifice
- 51% des jardins sont ouverts toute l'année et 1/3 ouvre largement et régulièrement en saison
- 32% des jardins proposen uniquement des visites libres, contre 52% qui proposent à la fois des visites libres et guidées

1 jardin sur 2 dispose au moins d'un commerce associés, dont 68% une boutique et 43% une restaurant-buvette
- 69% des visites durent entre une 1/2 heure et 2 heures
- 77% des jardins éditent un dépliant de promotion et 32% disposent d'un site internet
- les touristes étrangers représentent 16% des visiteurs

Sources : ODIT France 2005, étude rélisée pour le compte de AFIT en 2002, portant sur un panel de 405 jardins.

Le Lot côté jardins

Le jardin médiéval du Barry à Salviac
Quatre espaces composent ce délicieux jardin : le potager et ses légumes anciens, le carré des simples (plantes médicinales), le jardin de Marie (fleurs bouquets) et le carré des plantes aromatiques, tinctoriales et textiles.
Tél. 0565362293

Le jardin des sens à Castelfranc
Aménagé au cœur du village de Castelfranc, ce jardin d'inspiration médiévale est havre de plaisir et de quiétude, qui acceuille à la belle saison différentes animations culturelles.
Tél. 0565362293 - 0565362472

Les jardins secrets de Cahors
Titulaires di label Jardin remarquable, les 25 Jardins Secrets de Cahors sont une invitation à découvrir le jardin médiéval, ses herbes et ses superstitions (voir reportage en page 6).
Tél. 0565208740 - www.mairie-cahors.fr

Le jardin médiéval à Cardaillac
Planté sur le site des jardins de Murat, au centre du village, ce jardin offre à découvrir de nombreuse plantes médicinales ou tinctoriales, et informe le visiteur sur leurs propriétés et la manière dont elles étaient utilisées.
Tél. 0565401432

Les jardins du grand couvent à Gramat
Une promenade de 1.2Km qui invite à la comtemplation et a la rêverie : jardin des couleur, chemin Biblique, parc arboré... (voir reportage en page 8)
Tél. 0565387329 - www.jardinsgrandcouvent.com

Le jardin des cinq sens à Capdenac
Dédié au toucher, à l'odorat, à la vue, au goût et à l'ouïe, ce jardin est composé de quatre parterres de plantes regroupées par thèmes et agrémenté d'une fontaine en bois.
Tél. 0565383226

Les senteurs du Quercy à Escamps
Ce parc de 1 hectare dévoile une collection de 1200 variétés d'iris. On y découvre également une multitude d'espèces de sauges et d'hémérocalles (voir reportage en pages 9).
Tél. 0565210167 - www.senteursduquercy.com

Quand les jardins nous content l’Histoire…
Les Jardins Secrets de Cahors
Labellisés Jardin Remarquable en 2006, les Jardins Secrets de Cahors attirent chaque année de nombreux touristes, dont de plus en plus de groupes, venus notamment de Grande Bretagne, du Japon et d’Espagne.
chambreLe jardin mauresque
Le concept imaginé en 2002 par le pôle Nature Cité Jardins de la Ville de Cahors, reste inédit en France. En l’occurrence, vingt-cinq jardins aménagés sur des espaces autrefois en friche ou peu entretenus au coeur du vieux Cahors revisitent de manière originale le jardin médiéval et ses herbes « magiques ». Un parcours, balisé de clous de bronze gravés d’une feuille d’acanthe, guide le visiteur à la découverte des vingt-cinq jardins. Cinq d’entre eux, plantés dans le périmètre de la Cathédrale Saint- Etienne, font également l’objet de visites commentées par un guide conférencier.

« En juillet et août, nous organisons en moyenne une trentaine de visites guidées en Français et en Anglais car nous recevons de plus en plus de groupes de touristes étrangers (84 en 2010), dont beaucoup de Japonais, de Britanniques et d’Espagnols qui sont très friands de jardins, explique Emmanuel Carrère, animateur de l’architecture et du patrimoine au service Patrimoine de la Ville de Cahors. Ces jardins qui bénéficient d’un écrin patrimonial sont l’occasion de valoriser l’architecture environnante, d’évoquer le passé historique de Cahors, mais aussi de poursuivre une réflexion sur l’aménagement contemporain des jardins d’inspiration médiévale ».
Ainsi, rue du Petit-Pont, le Jardin Mauresque fait référence à l’occupation du sud de la France par les Sarrazins. Il abrite trois patios de végétation luxuriante, où se mêlent plantes et essences méditerranéennes et tropicales. Un bassin damé de carreaux de faïence bleue trône au milieu de ce jardin d’inspiration arabe, agrémenté de nombreux éléments décoratifs (moucharabiés, claustras, volets ajourés…) dont certains ont été réalisés par les élèves du lycée Louis Vicat de Souillac. Dans la cour de l’Archidiaconé, le Courtil des moines évoque, lui, le potager monastique. Ce jardin clos, dont les carrés sont limités par des plessis de châtaigner tressé, est planté de légumes anciens, à l’instar de l’arroche (ancêtre de l’épinard), des cardes (ancêtre de l’artichaut), du raifort (cousin du radis) ou du choux palmiste (en forme de palmier et qui se consommait gelé).
Mais on y découvre aussi l’Oreille d’ours, une plante non comestible aux feuilles duveteuses qui dans l’imagerie populaire était censée protéger le jardin du mauvais sort. « La visite de ce jardin est l’occasion d’évoquer le Capitulaire De Villis qui référençait les 88 espèces de plantes cultivées dans les monastères carolingiens et de revisiter les modes de consommation au Moyen Âge », ajoute Emmanuel Carrère.

De la même manière, la découverte de l’Herbularius (au Chevet de la cathédrale) dédié aux plantes médicinales permet d’exposer la « Théorie des signatures » de Paracelse (alchimiste et médecin de la Renaissance), qui veut qu’une plante dont l’aspect évoque l’un de nos organes puisse le soigner. Ainsi, la vigne serait excellente pour guérir les maladies du sang et la noix celles du cerveau… Tout près de l’Herbularium fleurit le Jardin bouquetier, dont la production était destinée à la décoration des autels. Le premier des trois plessis qui le composent, semé de lys, iris, glaïeuls et autres dahlias de couleurs blanche et bleue, symbolise la pureté et rend hommage à la Vierge Marie. Le second, tout en teintes rouges et orangées, fait référence à la Passion du Christ, tandis que le troisième, jaune et or, évoque le mystère de la Résurrection. Il abrite en outre un curieux hôtel à insectes, destiné à accueillir les éphémères et les coccinelles qui dévorent les pucerons. Les visites proposées conduisent également aux Chapelles des basmes (square Olivier de Magny), aménagées dans l’enceinte de l’Hortus des Dames de Cahors.
Clos de saule vivant tressé, cet espace composé de 8 grands plessis de métal évoquant les arcades d’un cloître est consacré aux familles de parfums : hespéridés (huiles essentielles à base d’agrumes), aromates (odeurs de thym, sauge, lavande …), notes fleuries (mimosa, pivoines, muguet...), vertes (feuilles, mousses…), fruitées (framboises, mûres, poires…), épicées (girofle, cannelle, muscade…), boisées (santal, cèdre, patchouli) et orientales. Trois autres carrés sont dédiés aux violettes, aux menthes et aux pélargoniums odorants. Un vrai régal pour le nez et les yeux…
« Cahors Juin Jardins » : le jardin fait son show
Créé en 2006, dans le sillage de la manifestation nationale des « Rendez-vous au Jardin », et organisé par l’association Juin Jardins avec le soutien de la Ville, le festival « Cahors Juin Jardins » a manifestement conquis son public. Ouvrant les jardins publics et privés aux artistes plasticiens et au spectacle vivant, ce festival convie les spectateurs à une déambulation bucolique, ludique et poétique dans la ville. Pour sa 6e édition, qui s’est déroulée du 3 au 12 juin derniers, des créateurs ont installé leurs oeuvres éphémères dans les Jardins Secrets : mobiliers végétaux, orchestre de plantes ou encore fresque murale inspirée du Jardin de la sorcière et du dragon. « Cette année, près d’une trentaine de jardins ont été ouverts à la déambulation. Des spectacles variés, de musique classique ou actuelle, de théâtre ou de cirque notamment, ont attiré un public nombreux et, surtout, très éclectique », se félicite Isabelle Marrou, directrice artistique du festival.
chambre
Le jardin bouquetier

• Le jardin d’Ivresse (allées des Soupirs)
• L’enclos des Cordeliers (rue Wilson)
• La Banquette d’Issala (rue Bergounioux)
• Le préau Lastié (place Saint-Urcisse)

Les 25 Jardins Secrets
• Le jardin biblique (Chevet de l’église Saint-Urcisse)
• La place des épices (place Saint-James)
• Le jardin mauresque (rue du Petit-Pont)
• Le courtil des moines (cour de l’Archidiaconé)
• L’Herbularius (Chevet de la cathédrale Saint-Etienne)
• La fontaine Clément-Marot (place Champolion)
• L’Hortus des Dames et Les chapelles des basmes (square Olivier-de-Magny)
• Le préau céleste (cloître de la cathédrale)
• Le jardin de la sorcière et du dragon (rue du Château-du-Roi)
• L’herbularium de l’hôpital de Grossia (rue de Fouilhac)
• Le jardin bouquetier (dans l’enceinte de l’herbularium)
• La cour des Caorsins (Ilôt Fouilhac)
• Le jardin de Saint-Jacques (église Saint-Barthélémy)
• Le jardin des pèlerins (église Saint-Barthélémy)
• Le closelet des croisades (place Lucterius)
• Le petit clos des Clarisses (rue du Pape Jean-XXII)
• Le jardin du Passeur (place Lafayette) et Le sentier du colporteur (en bord de Lot)
• Le capitulaire de Villis (promenade de Coty)
• L’hortus de la fée Mélusine (square Philippe-Gaubert)
Promenade en toute quiétude dans un écrin de verdure
Les Jardins du Grand Couvent à Gramat
Ouverts en 2002 sur la propriété de la Congrégation Notre Dame du Calvaire, les Jardins du Grand Couvent offrent un exemple très réussi de valorisation du patrimoine paysager et architectural.
chambre

«Jusque dans les années 90, il y avait ici une ferme gérée par les religieuses. A l’arrêt de cette activité agricole est née l’idée de créer des jardins dans l’enceinte du parc du couvent et de réhabiliter l’ancienne ferme », explique la Vice Présidente de l’association des Amis des Jardins du Grand Couvent qui assure la promotion de ces jardins.

S’étendant sur une surface de plus d’un hectare, le parc du couvent offre au visiteur une agréable promenade dans un décor naturel superbe, tour à tour sauvage ou apprivoisé par la main du jardinier. Ici, chênes centenaires, tilleuls et cerisiers côtoient champs de lavande et allées bordées de rosiers.

Au détour d’un chemin, le Jardin des Couleurs est un vrai régal pour les yeux. Cette année, les différents carrés qui le composent sont plantés de fleurs sauvages, harmonieusement agencées selon la dominante de leur teinte. Un peu plus loin, fleurit le Jardin des Simples d’inspiration médiévale, où l’on peut découvrir des plantes aromatiques, médicinales et vivrières. C’est le royaume du thym, du romarin, de l’estragon, de la sauge, de la mélisse et de la camomille… Mais on y trouve aussi des courgettes, des citrouilles, de la rhubarbe…
Dans un souci pédagogique, un écriteau détaillant les vertus des plantes est apposé à l’angle de chaque carré.
DES JARDINS OUVERTS SUR LE MONDE
Au fil de la visite, on découvre un mini arboretum et l’enclos des ânes qui fait le bonheur des enfants. Puis, escale à la ferme pour remonter le temps. Dans cette superbe bâtisse du 19e siècle, tout est là pour évoquer les mille et une occupations des religieuses qui vivaient ici autrefois : le lavoir en pierre, l’imposante lessiveuse en cuivre, la surprenante collection de fers à repasser, la lingère garnie de draps de lins et de napperons brodés, le four à pain et la cuisine quercynoise… Dans une pièce attenante, une exposition permanente présente les objets artisanaux fabriqués dans les différents continents où la Congrégation des Soeurs de Notre Dame du Calvaire est engagée, en l’occurrence l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Afrique. Enfin, le visiteur peut s’installer à la terrasse du salon de thé pour se désaltérer ou déguster une pâtisserie, il est aussi possible de pique-niquer dans le parc.
Ouvert de juin à fin août, le site accueille chaque année entre 2 000 et 3 000 visiteurs. « Nous recevons également des groupes d’enfants ou de résidents de maisons de retraite, ajoute la Vice Présidente. Aujourd’hui, nous réfléchissons à de nouvelles solutions pour valoriser encore davantage ce patrimoine naturel et architectural. ».
Une pépinière en pleine nature
Les Senteurs du Quercy à Escamps
Ouverte en 2004, la pépinière Les Senteurs du Quercy s’étend sur près de trois hectares. On y découvre notamment l’une des plus importantes collections d’iris de France et plus de 300 espèces de sauges.

Implantée dans le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, cette pépinière hors normes est le fruit d’une rencontre et de deux passions. La rencontre de Mélie Portal et Frédéric Prévot lors d’un stage professionnel dans le Vaucluse. Lui, originaire de cette région, est passionné par les sauges qu’il cultive déjà dans le Sud-Est. Elle, native du Lot, poursuivant ses études en BTS de production agricole florale, entretien depuis l’enfance une collection d’iris.
chambre
« J’ai toujours eu en tête de faire de cette passion mon métier », raconte-t-elle. En 2004, ils décident donc d’installer sur les terres familiales, à Escamps, leur pépinière qui s’étend aujourd’hui sur près de trois hectares. On y trouve l’une des plus importantes collections d’iris de France, comprenant une douzaine d’espèces et plus de 1 200 hybrides (issus d’un croisement entre deux variétés). Elle offre une grande richesse de tailles et de formes mais surtout de couleurs, du blanc au noir profond, en passant par toute une palette de teintes (bleu, violet, jaune, rose, pourpre, abricot…), sans oublier les fleurs bicolores.
chambre
BALADE DANS UN CHAMP COLORÉ

« Durant la période de floraison des iris, nous accueillons ici beaucoup de public. Nous proposons des visites libres gratuites, mais également des visites guidées payantes durant lesquelles nous présentons notre travail, les différentes espèces et leurs particularités, ainsi que des conseils de plantation et de culture, explique Mélie Portal. Nous continuons de développer notre collection d’iris botaniques et nous dévoilerons bientôt une nouvelle variété homologuée, couleur bordeaux, que nous avons appelée Feu de Saint-Jean. »

Le site des Senteurs du Quercy abrite également deux grandes serres où fleurit une multitude de plantes pour terrains secs. Spécialistes des sauges (plus de 300 espèces) les jeunes pépiniéristes proposent aussi 150 variétés d’hémérocalles et une riche collection de lavandes, santolines, cistes, euphorbes, armoises, phlomis, glaucum… Ils commercialisent leur production sur place et participent chaque année à une quinzaine de foires aux plantes dans toute la France. Ils disposent également d’un site de e-commerce, dont le chiffre d’affaires est en croissance régulière. « Grâce à Internet, nous avons gagné des clients en Angleterre, en Allemagne, en Espagne ou en Italie, ajoute-t-elle. Aujourd’hui, ce canal draine plus de 20 % de nos ventes. Nous sommes par ailleurs membre de l’Association des Pépiniéristes Collectionneurs ASPECO réunissant une soixantaine de producteurs en France, qui nous permet de développer la vente aux professionnels tels que les paysagistes et les collectivités. »

Les arbitres des transactions immobilières
DIAGNOSTIQUEURS IMMOBILIERS
Un vendeur, un acheteur. Quand il s’agit d’une transaction immobilière, outre le notaire qui officialise l’acte, l’intervention d’experts techniques est devenue obligatoire afin de situer précisément l’état de santé du bien concerné par une traque approfondie des éventuels vices cachés. Une opération réalisée par des cabinets dûment certifiés, indépendants par rapport aux différents acteurs et assurés en fonction de l’exercice de leur responsabilité professionnelle. De fait et en toute logique, les menaces de litiges et autres « ventes cassées » s’en trouvent fortement limitées.

Dès 1996 les bases du diagnostic immobilier étaient posées, dictées par le législateur, avec la loi Carrez, précisant les calculs de surface habitable dans le cadre des lots de copropriété, puis la recherche d’amiante dans les bâtiments professionnels et particuliers depuis 1997, la traque des termites en 1998, ou la détection du plomb en 2003. Plus récemment, l’état des lieux s’est renforcé en intégrant d’autres points potentiellement sujets à litiges entre vendeur et acheteur ou locataire : l’examen des installations de gaz et d’électricité, l’évaluation de la performance énergétique, la nature des risques naturels et technologiques. Dans l’avenir, d’autres contrôles pourraient s’ajouter comme les équipements assurant la détection d’incendie.

chambre
L’objectif de toutes ces dispositions, rassemblées sous l’appellation « dossier de diagnostic immobilier », est à l’évidence de sécuriser la transaction d’un bien. Car les sources de conflits, à l’occasion d’une vente, sont multiples et pénalisantes pour les parties concernées. Sans oublier les risques d’accidents ou de sinistres, liés à la méconnaissance d’un risque non détecté.
chambre

Le diagnostic, réalisé à l’initiative du vendeur, est obligatoire : le rapport détaillé de l’expert doit être annexé au sous-seing privé. Il appartient donc au propriétaire du bien, en amont de la transaction chez le notaire, de contacter un professionnel. Cette activité encore jeune est désormais en voie de stabilisation. Les certifications garantissent l’expertise et la formation continue des spécialistes, parfois forgés à tous les métiers du bâtiment pour les avoir pratiqués par le passé. L’assurance en responsabilité civile professionnelle constitue une garantie pour le client en cas de problèmes ultérieurs.

Enfin, l’indépendance par rapport au propriétaire, à son mandataire, aux entreprises susceptibles d’effectuer des travaux dans les domaines diagnostiqués est aussi une condition qui fait l’objet d’une déclaration sur l’honneur.

Aux frontières des secteurs bâtiment et immobilier, la profession connaît une constante mutation. De nombreuses opportunités sont promises aux acteurs qui, demain, conseilleront probablement autant qu’ils diagnostiqueront : évoquons seulement leur nouveau champ d’expertise touchant à la maîtrise des énergies, via la mesure de performance énergétique. Certes attractif, ce métier a ses exigences et s’installer nécessite de bien évaluer le marché local : l’immobilier a traversé quelques crises et certains, surtout au départ, croyant y réaliser des gains faciles, sont restés « sur le carreau ». Cette profession fait face actuellement à un profond renouvellement de ses effectifs. Les formations techniques et juridiques, les certifications lui apportent une crédibilité renforcée. Elle est ainsi en mesure de remplir une mission dont personne ne peut minimiser l’impact : dresser un véritable carnet de santé du bien en transaction. A la clé, la tranquillité du vendeur et la sécurité de l’acheteur.
Qui sont les diagnostiqueurs immobiliers
• 7 500 en France
• Entreprises de moins de trois salariés en moyenne
• Certification individuelle obligatoire délivrée par 12 organismes accrédités par le COFRAC (ex : APAVE, Certifi…)
• Assurance en responsabilité civile professionnel obligatoire
L’avis de Bernard LANDES, cabinet Gétude :
« Géomètre et diagnostiqueur, une certaine logique »
Depuis 35 ans déjà, Bernard Landes exerce l’activité de géomètre-expert au sein du cabinet Gétude basé à Cahors et Figeac. C’est en 2002 qu’il a eu l’idée d’aborder en parallèle la toute jeune activité du diagnostic immobilier. Aujourd’hui il vit cette double casquette comme très logique, sur des terrains complémentaires. « Je prends en charge l’amiante, les termites et le diagnostic de performance énergétique, tandis qu’un collaborateur évalue les autres domaines de sa propre expertise. C’est un métier qu’il faut exercer avec sérieux en suivant des formations, en acceptant les certifications, en assumant la charge d’un matériel et d’assurances coûteux », estime-t-il. Bernard Landes regrette que certains acteurs du diagnostic immobilier, issus de domaines professionnels sans rapport avec le secteur du bâtiment, se lancent dans une aventure qu’ils croient lucrative sans avoir toutes les connaissances nécessaires et, par ailleurs, déséquilibrent le marché en pratiquant des tarifs trop bas. « Il faudrait arriver, à l’avenir, à encadrer davantage notre profession, surveiller les prix pratiqués, assurer la régularité des travaux par un organisme de tutelle. Une intervention complète peut prendre près d’une journée entière, et le territoire lotois dispersé multiplie les déplacements. Certains n’en tiennent pas assez compte », affirme-t-il.

Le géomètre de métier, forgé à tous les aspects du droit de la copropriété, apprécie surtout le versant du conseil qu’il est amené à offrir en qualité de diagnostiqueur, particulièrement à travers le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).
Quelles sont les obligations d'un propriétaire en therme de diagnostic immobilier...
• En vue d’une vente
- Amiante
- Plomb
- Termites
- Loi Carrez
- Electricité
- Gaz
- Diagnostic de performance énergétique
- Etat des risques naturels et technologiques
- Etat des installations d’assainissement non collectif

• En vue d’une location
- Diagnostic de performance énergétique
- Etat des risques naturels et technologiques
- Etat des lieux
- Logement décent
- Amiante
- Plomb
- Mesurage...

chambre
Dans le Lot, ils sont une quinzaine de professionnels (ressortissants de la CCI ou non) à proposer le diagnostic immobilier complet. Nous citons ciaprès ces cabinets spécialisés.
DOSSIER TECHNIQUE AMIANTE : LES OBLIGATIONS DU CHEF D’ENTREPRISE
Bureaux, entrepôts, commerces et locaux professionnels sont soumis au Dossier Technique Amiante (DTA), que peut réaliser le diagnostiqueur immobilier. Tous les immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 sont concernés par cette obligation, qu’il y ait vente, mise en copropriété, démolition ou non. Le Dossier Technique Amiante (DTA) comporte les éléments suivants :
- la localisation précise des matériaux et produits contenant de l’amiante ainsi que, le cas échéant, leur signalisation,
- l’enregistrement de l’état de conservation de ces matériaux et produits,
- l’enregistrement des travaux de retrait ou de confinement de ces matériaux et produits et des mesures conservatoires mises en oeuvre,
- les consignes générales de sécurité, notamment les procédures d’intervention, de gestion et d’élimination des déchets,
- une fiche récapitulative,
- les coordonnées des intervenants,
- les renseignements nécessaires à la gestion du dossier technique.
La fiche récapitulative du Dossier technique amiante est communiquée aux occupants de l’immeuble ou à leur représentant ainsi qu’aux chefs d’établissements, et doit être tenue à disposition des salariés, du CHSCT, des représentants du personnel, du médecin, de l’inspecteur du travail, des inspecteurs d’hygiène et sécurité, des agents du service de prévention des organismes de sécurité sociale... Le DTA doit être également communiqué à toute personne morale ou physique appelée à effectuer des travaux dans l’immeuble bâti.
La santé des occupants de l’immeuble, ainsi que celle du personnel des entreprises susceptibles d’intervenir pour des travaux d’entretien ou de maintenance, est sous la responsabilité du chef d’entreprise. Les dates limites de réalisation n’exonèrent pas celui-ci de sa responsabilité vis à vis de la clientèle, des salariés... Il est imprudent d’attendre la date limite pour constituer le DTA.
LE DIAGNOSTIC DE PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE (DPE) :
UN OUTIL POUR INFORMER, SENSIBILISER ET INCITER.
Récemment apparu dans le paysage des diagnostics immobiliers, le DPE est celui qui débouche le plus naturellement sur une mission de conseil de la part de l’expert. En effet, si ses objectifs sont en premier lieu d’informer l’acquéreur sur la consommation énergétique du bien, il permet de sensibiliser les occupants aux économies d’énergie et d’inciter à la réalisation de travaux susceptibles d’améliorer la situation.
De ce fait, l’intérêt du DPE ne se limite pas à la proximité d’une transaction : plus généralement, il peut renseigner utilement tout occupant sur les performances et les faiblesses de son logement. Dans le cadre du DPE, le diagnostiqueur prend en compte dans sa méthode de calcul toutes les caractéristiques du bâti : murs, isolation, huisseries, et ses équipements : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement...

On estime qu’en France, sur 31 millions de logements, 15 % sont énergétiquement performants, mais 54 % sont de véritables « passoires » thermiques. Outre les cabinets de diagnostic indiqués en fin d’article, il faut noter que les experts de l’association Quercy- Energie, par exemple, sont aptes à réaliser le DPE et à conseiller utilement et gratuitement les particuliers sur les travaux de nature à améliorer les performances énergétiques du bien en question.
chambre
En France, on estime que 54% des 31 millions de logements sont de véritables "passoires" thermiques.
« Les outils et logiciels disponibles permettent d’uniformiser les procédures et les résultats »
Le témoignage de Pierre MALLARD,
Quercy Expertises Immobilières (franchise Agenda) :

Installé à Labastide-du-Vert, sous la franchise Agenda, cet ingénieur en génie civil a derrière lui une longue carrière dans les métiers du bâtiment, à Paris et à l’international, puis au sein de Spie Batignolles à Toulouse. En 1996, il a créé sa propre entreprise dans le Lot, spécialisée dans la restauration des bâtiments anciens : Colvert Rénovation Patrimoine. Des églises, châteaux et beaux domaines ont occupé ses équipes durant 14 ans. Mais la clientèle, anglaise notamment, se raréfiant, il a dû arrêter son activité. C’est alors que son expertise l’a incité à s’orienter vers le diagnostic immobilier. Il s’est lancé voici deux ans, optant pour la formule de la franchise « pour ne pas partir seul mais adossé à une structure sérieuse, le premier réseau national en nombre de cabinets, de plus doté d’une importante capacité de veille juridique », précise-t-il.

S’il assure encore seul l’ensemble de ses missions sur le territoire départemental, l’objectif de Pierre Mallard est de recruter des collaborateurs. Du moins si le marché de l’immobilier, assez morose ces temps-ci, le permet. Fort de toutes les certifications, il dispose évidemment du matériel nécessaire à ses interventions, dont certains équipements sont assez onéreux : c’est le cas des appareillages destinés à la détection du plomb par exemple (environ 18 000 euros). Depuis les appareils pour le contrôle électrique, la mesure de l’épaisseur des carreaux, jusqu’à ceux qui mesurent la lame d’air dans les doubles-vitrages, l’arsenal du diagnostiqueur est à la fois fourni et varié. Le spécialiste suit régulièrement des formations, à Toulouse ou ailleurs, chaque fois que la législation évolue : c’est le cas actuellement pour l’électricité. Le Diagnostic de Performance Energétique (DPE) devrait prochainement, lui aussi, subir un toilettage pour le rendre plus précis et plus fouillé grâce à un nouveau logiciel.

Pour ce qui concerne plus spécialement les locaux professionnels, les entreprises ou les lieux recevant du public, le Dossier Technique Amiante (DTA), en principe obligatoire depuis quelques années pour les bâtiments construits avant le 1er juillet 1997, n’a pas encore été partout établi .

Si la profession a, au départ, donné lieu à quelques abus notoires, elle semble aujourd’hui bien assainie. « La certification et son suivi encadrent plus sévèrement notre activité. Les dossiers sont régulièrement vérifiés et doivent être strictement conformes à la loi. Nous devons être indépendants, c’est-à-dire surtout pas juges et parties.

chambre

Des problèmes peuvent encore parfois surgir entre le vendeur qui finance le coût sans être forcément le plus concerné par la qualité du diagnostic, et l’acheteur qui lui attend une prestation sans faille. On a eu vu dans un passé récent des DPE un peu trop optimistes, pour faire plaisir à l’agent immobilier ou au vendeur : c’est mauvais et l’acheteur n’est logiquement pas content », constate Pierre Mallard.

Dans sa pratique, et cela semble être une tendance générale, la stricte activité de diagnostiqueur s’élargit à la dimension du conseil : c’est surtout vrai pour ce qui touche à la performance énergétique des biens. « Parfois je dis à mes clients vendeurs que l’acheteur peut m’appeler s’il l’estime nécessaire, afin de préciser tel ou tel point du diagnostic, mettre les conclusions du rapport d’expertise en perspective. Parfois il suffit d’un geste tout simple pour faire disparaître un risque, comme placer une ampoule sur une douille nue. Cela peut rassurer les acheteurs », estime-t-il.

Pierre Mallard insiste sur un point : il faut s’y prendre assez tôt pour réaliser le diagnostic, ne pas agir en catastrophe au dernier moment. « Si une présence de termites est constatée, la vente peut être cassée et c’est dommageable pour les deux parties. » Selon lui, désormais, les procédures d’utilisation des outils et règles d’intervention sont assez codifiées pour uniformiser les résultats d’un cabinet à l’autre. Un diagnostic global s’effectue généralement en une demi-journée, les tablettes PC permettant d’intégrer tous les éléments déjà sur le terrain. Ensuite, vient le moment de rédiger et présenter le rapport, appuyé si possible de nombreuses photographies. « Nous devons rassembler le plus d’éléments possible, argumenter précisément nos conclusions. Car tout le monde est impliqué en cas de souci après la vente : l’agent immobilier, le notaire, et évidemment le diagnostiqueur lui-même », précise l’homme de l’art. Les risques du métier sont d’ailleurs fortement assurés, puisque le cabinet Quercy Expertises Immobilières est assuré à hauteur de 3 millions d’euros dans le cadre de ses activités professionnelles.

chambre
E-réputation :
Quand vos clients deviennent vos meilleurs ambassadeurs sur le Net
Après les réseaux sociaux, 1er volet de notre dossier e-tourisme publié dans le n°160 d’Entreprendre, nous abordons le thème de l’e-réputation des professionnels du secteur. Le troisième et dernier volet de ce dossier, à découvrir dans le n° 162, fera le point sur la commercialisation de l’offre touristique via Internet. Bonne lecture.
Dans l’univers connecté et communicant d’Internet, difficile pour un professionnel du tourisme d’éluder la question de sa e-réputation. Mais comment la traiter ? Tout d’abord, en démystifiant ce sujet. Car dans les faits, la eréputation n’existe pas en soi, elle n’est que le reflet de la réputation que chaque acteur se construit jours après jours dans le monde réel. Ceci étant posé, le développement du web 2.0 a considérablement modifié la manière dont se font et se défont les réputations.
D’une part, parce que la Toile ne se contente plus d’écouter : aujourd’hui chaque internaute est une source potentielle d’information. D’autre part, l’information positive ou négative qu’il produit peut être partagée et relayée en temps réel à l’échelle de la planète. C’est l’effet papillon…
De la même manière, les comportements des consommateurs, devenus « consomacteurs », ont eux aussi beaucoup évolué. Les avis touristiques publiés sur la Toile constituent dans les faits une source d’information concomitante de l’acte d’achat, au même titre que les guides ou les sites institutionnels. Ainsi, qu’ils le veuillent ou non, les professionnels sont présents sur Net au travers des propos de leurs clients. Dans ce contexte, comment surveiller et entretenir une bonne e-réputation ?
chambre
En premier lieu, il est essentiel d’être à l’écoute de ce que l’on dit de soi sur la Toile, en consultant régulièrement les sites d’avis touristiques, voire en utilisant des outils de veille gratuits permettant de remonter automatiquement des alertes sur la base de mots clés (voir encadré Boîte à outils). Ensuite, il faut analyser ces commentaires pour faire la part des choses et cerner la pertinence des informations collectées, car le problème de l’eréputation, positive ou négative, est qu’elle peut parfaitement reposer sur des éléments factices.

«7 consommateurs sur 10 font confiance aux avis,
et 9 consommateurs sur 10 aux avis de leurs amis»

chambre

« Il est rassurant d’imaginer qu’un client mécontent est le râleur de service, mais il faut toujours se poser la question du bien fondé d’un commentaire négatif »

Quoi qu’il en soit, aucune entreprise au monde ne fait uniquement l’objet d’avis positifs et le meilleur des professionnels n’est jamais à l’abri d’être pris en défaut. Sachant qu’un client mécontent sera toujours beaucoup plus actif pour se faire entendre qu’un client satisfait, il est impératif de répondre rapidement et en toute transparence aux commentaires négatifs. Etablir le dialogue permet de désamorcer une situation inconfortable, c’est aussi et surtout un gage de qualité de service qui rappelle au client que son avis est pris en compte. En ce sens, l’e-réputation ne se limite pas à la seule gestion de commentaires critiques, elle offre également une nouvelle opportunité d’échanger, d’améliorer sa relation clientèle et d’inscrire son entreprise dans une démarche de progrès. De nombreux professionnels l’ont déjà compris.

Matthieu Giethlen, propriétaire de l’Amadour Hôtel à Rocamadour :
« Un hôtelier doit être attentif aux remarques de ses clients, qu’ils soient sur place, au bout du fil ou derrière l’écran »
chambre

Ancien Directeur de la Restauration du palace parisien Le Fouquet’s, Matthieu Giethlen a repris en avril dernier l’hôtel 2** le Comp’Hostel à Rocamadour, devenu l’Amadour Hôtel. Pour ce jeune chef d’entreprise,
imprégné de la culture des établissements de luxe, veiller sur l’e-réputation de son hôtel est une pratique qui s’inscrit tout naturellement dans une démarche d’amélioration de la qualité de service. « L’e-réputation est celle que nous attribue nos clients, mais c’est nous qui en sommes les artisans, souligne t-il. En l’occurrence, nous effectuons une veille quotidienne des avis relatifs à notre établissement, notamment via la centrale de réservation Booking qui adresse systématiquement aux clients un questionnaire de satisfaction très complet à l’issu de leur séjour. Nous les incitons également à poster leurs commentaires sur notre page Facebook. Et prochainement, ils pourront aussi le faire sur notre site web, dont nous préparons une nouvelle version. » Pour l’hôtelier, il est tout aussi indispensable de surveiller sa e-réputation sur les sites d’avis tels que Trip Advisor. « Nous avons créé notre propre page sur ce site, nous répondons aux commentaires et aux questions des internautes, nous y postons des photos, ajoute-t-il. Nous sommes par ailleurs abonnés aux principaux forums axés sur le tourisme ». Selon Matthieu Giethlen, cette démarche implique toutefois de faire le tri dans les commentaires postés et de se méfier des « faux avis ». « Je me rappelle par exemple avoir lu les commentaires d’un internaute qui, dans la même semaine, avait publié des avis sur trois palaces de la capitale alors que lui-même résidait à Paris… ».
L'e-réputation en chiffres
• Le chiffre d’affaires du marché mondial de l’e-réputation s’élevait à 1 Md€ en 2010 et devrait atteindre 1,8 Md€ en 2011*
• En France, le chiffre d’affaires de ce marché a généré 110 M€ en 2010 et est estimé à 190 M€ pour 2011**
• Plus de 130 acteurs sont présents sur le marché Français de l’e-réputation**
• 30 % des résultats remontés par moteurs de recherche autour d’une marque sont générés par les internautes, contre 27 % par la marque elle-même**
• En France seule une personne sur trois se préoccupe de la trace qu’elle laisse en postant du contenu sur Internet***

* Source : BIA / Kelsey
** Source : Digimind
*** Source : Microsoft France – Online ReputationStudy
Des Animateurs Numériques de Territoire pour accompagner les professionnels
Depuis le début de l’année, l’Office de Tourisme de Figeac bénéficie, à l’instar d’autres Offices de Tourisme du Lot, d’un accompagnement de l’ARDESI (Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information en Midi-Pyrénées), au travers d’une formation au nouveau métier d’« Animateur Numérique de Territoire ». « Dispensée sur un an, cette formation a pour objectif de nous permettre d’aider les professionnels dans leur développement sur Internet : les conseiller dans la réalisation de leur site ou de leur blog, leur permettre d’être présents sur les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, ou encore de surveiller les avis de clients publiés sur le web, explique Nadine Darson, directrice de l’Office de Tourisme de Figeac. Aujourd’hui encore, les professionnels lotois restent inégalement sensibilisés à la problématique de leur e-réputation, d’où l’importance de pouvoir les accompagner efficacement dans cette démarche. »

chambre
Nanette Guntenaar, directrice de l’hôtel La Truffière à Gignac :
« Remporter un « Zoover Award » est un gage de retombées commerciales »
Belle reconnaissance pour l’hôtel 2* La Truffière qui a remporté il y a quelques mois un « Zoover Award 2010 » décerné par le site d’avis Zoover. « La particularité de cet Award est qu’il est accordé sur la base des avis et des notes attribuées par les voyageurs sur les sites internationaux de Zoover, se félicite Nanette Guntenaar, directrice de l’établissement. Une grande variété de critères est prise en compte dans le cadre de ce palmarès, depuis le soin de l’accueil jusqu’à la propreté des chambres, en passant par la qualité du restaurant et de l’environnement alentours. Cette distinction est très importante pour nous car Zoover est un site d’avis très populaire aux Pays Bas et en Belgique, deux nationalités qui représentent

environ 65 % de notre clientèle. » Un bémol toutefois, selon Nanette Guntenaar : le fait que le site ne permette pas aux hôteliers de répondre à un commentaire négatif posté par un client. « Pour exercer notre droit de réponse, il faut avoir souscrit une offre commerciale payante », précise-t-elle.

chambre
La boite à outils
Liste non exhaustive de sites et d’outils gratuits de surveillance et de gestion de l’e-réputation.
Sites d’avis touristiques

TripAdvisor : www.tripadvisor.fr
Zoover : www.zoover.fr
Trivago : www.trivago.fr

Outils de veille

Google Alertes : www.google.fr/alerts
Alerti : www.alerti.com
Pickanews Alert : www.pickanews.com

INTERVIEW

Jean-Luc Boulin, directeur de la Mission des Offices de Tourisme et des Pays Touristiques d’Aquitaine (MOPA Aquitaine) et rédacteur en chef du blog etourisme.info :

« Toute entreprise se doit de gérer sa e-réputation »

Où en sont les acteurs du tourisme dans leur perception des enjeux d’Internet et de leur e-réputation ?
« Il faut rappeler en préambule que le tourisme est avec la musique le secteur d’activité qui a été le plus fortement impacté par Internet. Pourquoi ? D’une part, parce que ce secteur fédère beaucoup de petites entreprises, dont les effectifs sont au quotidien pleinement mobilisés sur la gestion de leur activité. Or tout va très vite dans ce nouvel univers virtuel : trois mois sur Internet, c’est un an dans la vie réelle. Ce n’est donc pas si facile de s’adapter. Dans les faits, les acteurs du tourisme sont passés au cours de ces dernières années d’une situation où quelques clients venaient leur faire des remarques en face à face, à une situation inédite permettant à un touriste insatisfait d’exposer à la face du monde les défaillances d’un professionnel qui, quoi qu’il en soit, exerce généralement son métier avec passion. Cela a été un véritable traumatisme. Au départ, beaucoup de professionnels ont ressenti un sentiment d’injustice, engendrant une attitude négative de rejet. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui : Internet est désormais incontournable, alors il s’agit de faire avec en adoptant une démarche constructive.»

chambre

Justement, comment initier une telle démarche ?
« Tout d’abord, pardon pour ce néologisme, il faut se “Googleliser”, c'est-à-dire tirer parti des nouveaux outils de recherche et de communication offerts par Internet, à l’instar de ce que fait aujourd’hui une majorité de consommateurs. Un prestataire touristique doit impérativement savoir ce que ses clients disent de lui sur la Toile. Pour cela, il peut par exemple utiliser un service gratuit de gestion d’e-réputation tel qu’Alerti.
Ensuite, il faut surveiller et gérer les avis qui ont été postés. »

La crainte de découvrir des avis négatifs est-elle toujours un frein à l’engagement des professionnels dans cette démarche ?
« De moins en moins, fort heureusement. Tout simplement parce qu’aujourd’hui il est plus important de disposer d’un capital d’avis que de ne pas en avoir. En effet, les sites qui n’ont pas d’avis sont moins populaires et ne remontent pas en tête de liste dans les moteurs de recherche. Par ailleurs, toutes les études sur le sujet confirment que 80 % des avis postés sont positifs, contre 4 % seulement de négatifs et 15 % de neutres. D’où l’intérêt pour un

professionnel de solliciter les avis de ses clients, par exemple en les invitant par email à l’issue de leur séjour à poster un commentaire sur un site comme TripAdvisor. On sait en effet que plus on sollicite d’avis, plus le quota de commentaires positifs est élevé. »

Quels sont les règles de base pour bien gérer les avis de ses clients ?
« Le premier est bien sûr de répondre systématiquement et rapidement aux avis négatifs. Si un manquement est pointé du doigt, il faut s’en expliquer, voire éventuellement faire un geste commercial. Surtout, il ne faut pas perdre de vue qu’un commentaire négatif peut vous permettre d’évoluer. A ce sujet, je vous livre une anecdote que m’a rapportée le directeur d’un grand hôtel. Un commentaire négatif avait été posté, mentionnant que les femmes de chambre utilisaient les mêmes gants pour nettoyer les cuisines et les sanitaires de son établissement. Ce n’était bien sûr pas le cas, sauf que les gants utilisés étaient de la même couleur. Ils sont aujourd’hui de coloris différents en fonction de leur usage. Enfin, je donnerai un dernier conseil aux professionnels qui ont repris récemment un établissement : celui d’écrire aux sites d’avis pour que soient effacés les commentaires laissés à l’encontre des précédents propriétaires. »