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Entreprendre CCI du Lot n°160
Les nouveaux défis du WEB communautaire

Comment un professionnel peut-il espérer attirer le chaland s’il n’a pas de vitrine dans la rue où il est installé ? L’équation est exactement la même sur Internet. On le sait, le développement de la Toile à l’aube des années 2000 a profondément modifié la manière de promouvoir et de vendre ses prestations et les professionnels du tourisme ont justement été parmi les premiers à s’adapter en se dotant, dans un premier temps, de sites institutionnels informatifs, et plus rarement marchands. Ces dernières années, l’avènement de ce que les spécialistes ont appelé dans leur jargon le « web 2.0 » a induit une nouvelle révolution des usages, basée sur l’implication des internautes.

Plus concrètement, l’information publiée sur Internet ne suit plus la flèche verticale descendant de l’émetteur vers son public : elle est produite par tous et provient donc d’une multiplicité de sources. Pour se forger son opinion sur une prestation, l’e-touriste consulte et compare les sites des professionnels, surfe sur Facebook et sur les blogs spécialisés, parcourt les forums thématiques et les sites d’avis, demande à être sollicité pour participer à des concours primés, etc.

Au jour le jour, cela signifie que les internautes (clients ou prospects) ont la possibilité de s’exprimer et que certaines de leurs idées peuvent et doivent être prises en compte : cela peut aussi bien concerner la décoration des chambres, la composition des menus, la création de nouveaux services, l’ajout d’équipements, les horaires d’accès aux différentes prestations, etc.

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Quel est l’intérêt ? Le premier est à la fois de fidéliser ses clients et d’en conquérir de nouveaux en dépensant moins. En exagérant à peine, on pourrait dire que les clients deviennent autant d’ambassadeurs, voire de commerciaux, « gratuits ».
Et le principal inconvénient ? Tous ceux qui se sont lancés et les témoignages réunis dans ce dossier le confirment : cela prend du temps. Plus que les méthodes de promotion traditionnelles ? Il semble que non, mais cela implique une régularité plus grande : quelques minutes par jour dans ce cas plutôt que quelques heures par mois ou quelques jours par an, comme les professionnels du tourisme en ont longtemps eu l’habitude. Dans tous les cas, il faut rappeler une évidence qui n’en n’est finalement pas une pour tout le monde : avant de développer une stratégie sur Internet, encore faut-il que l’établissement ait une stratégie tout court. Qui sont les clients que je vise ? Où vivent-ils ? Quel est le meilleur média pour que je m’adresse à eux ?

Enfin, il faut rassurer – ou alerter davantage – les professionnels du tourisme qui craignent que donner la parole aux clients revienne à « ouvrir la boîte de Pandore », et donc à rendre publiques leurs critiques. Qu’ils soient persuadés que ceux qui ont envie de s’exprimer ont aujourd’hui tous les moyens de le faire et qu’il vaut mieux canaliser ce flux de remarques sur une plateforme que l’on maîtrise plutôt que de le subir. Il suffit d’aller visiter quelques sites regroupant des « avis » de touristes pour s’en convaincre…
INTERVIEW
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Ludovic Dublanchet, Chargé de
mission e-tourisme à l’ARDESI (Agence
Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) :

« Construire sa place sur les réseaux sociaux implique d’investir un peu de temps, mais ne coûte pas d’argent »

Qu’est-ce que le e-tourisme aujourd’hui ?
« En fait, la définition de ce terme est devenue plus large ces dernières années car Internet a beaucoup évolué. En l’occurrence, l’arrivée des technologies interactives du web 2.0 a permis à tout internaute de devenir acteur sur la Toile, en publiant, commentant ou relayant des informations sur une grande diversité de plateformes communautaires et de médias sociaux. Dans ce contexte, disposer d’un site Internet permet effectivement à un professionnel de présenter son offre, mais pour échanger avec ses clients ou prospects, les écouter, répondre à leurs questions et à leurs commentaires, l’engagement sur les réseaux sociaux est désormais incontournable. »

Les professionnels ont-t-ils pris conscience de ces nouveaux enjeux ?
« Une minorité d’entre eux seulement, beaucoup en effet ne disposent encore que d’un simple site vitrine. Il y a plusieurs facteurs à l’origine de leur frilosité. Tout d’abord, le fait qu’être actif sur les réseaux sociaux demande d’y consacrer un minimum de temps, et ce de manière régulière. Par ailleurs, tout ce qui est posté sur le Net est public, y compris, bien sûr, les commentaires négatifs. Mais penser que l’on échappe à ces commentaires si l’on ne s’affiche pas sur Internet est un leurre. Il est beaucoup plus pertinent de mettre à profit les réseaux sociaux pour être à l’écoute de ce qui se dit et, surtout, répondre aux interlocuteurs. Au final, il y a plus d’opportunités que de risques. »

Quels conseils donneriez-vous à un professionnel du tourisme qui se lance sur les réseaux sociaux ? « Tout d’abord, de ne pas y aller simplement parce que son concurrent y est déjà. Je dirais qu’il faut en amont se poser trois questions clés : qui sont mes clients ? Quels sont mes objectifs ? Quelle est ma stratégie ? Si l’on ne prend pas le temps de faire cette analyse, la démarche sera contre-productive. Pour un hébergement par exemple, l’objectif peut être de fidéliser ses anciens clients.
Profitant de l’effet « boule de neige » des réseaux sociaux pour partager du contenu axé sur le relationnel et l’affectif : de petits articles, quelques photos ou une vidéo pour raconter la vie de son établissement. On peut aussi impliquer ses clients en les sondant sur leurs attentes. Dans tous les cas, il faut se fixer une ligne éditoriale et publier au minimum une fois par semaine. »

Les réseaux sociaux sont devenus très nombreux, comment choisir ?
« Là encore tout dépend de la stratégie de chaque entreprise, mais il y a quelques incontournables. En particulier, pour un acteur du tourisme il est impératif d’être référencé sur Google Adresses pour bénéficier d’une bonne visibilité. De la même manière, il est intéressant de profiter de plateformes telles que Youtube ou Flickr pour diffuser du contenu vidéo ou photo. Etre présent sur Facebook, le plus populaire des réseaux sociaux qui fédère désormais de plus en plus d’entreprises, est également important. On peut aussi créer son propre blog avec des outils gratuits, relativement simples à utiliser. Cela permet notamment de toucher des personnes qui ne sont pas inscrites sur Facebook. Complémentaire du site Internet, le blog offre un espace de discussion privilégié pour “humaniser” la relation avec ses clients ou ses prospects. Parallèlement, pourquoi ne pas se créer un compte sur Twitter ? En France, ce réseau de micro blogging touche encore une clientèle de niche (notamment l’univers des médias), mais aux Etats-Unis il est aussi populaire que Facebook. Il est également très utilisé aux Pays- Bas et un professionnel qui travaille avec ces clientèles étrangères aura tout intérêt à s’y inscrire. Enfin, on ne peut pas faire l’impasse d’une mission de veille sur les sites d’avis tels que TripAdvisor qui est aujourd’hui le plus connu dans le secteur du tourisme. »
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Médias et réseaux sociaux :
des fonctionnalités complémentaires
• Twitter : réseau de micro blogging permettant d’envoyer de brefs messages d’une phrase
• Viadeo ou Linkedin : réseaux sociaux professionnels
• Youtube ou Dailymotion : plateformes d’hébergement et de partage de vidéos
• Flickr ou Picasa : plateformes d’hébergement et de partage de photos
• TripAdvisor ou GooglePlaces : sites d’avis touristiques
• Wikitravel : guide de voyage en ligne enrichi grâce à la contribution des internautes
• Blog : page web personnelle sur laquelle l’auteur s’exprime sous forme d’articles classés par ordre chronologiques que les visiteurs peuvent commenter
Comment mesurer les retombées de sa stratégie sur les médias sociaux ?
« Il faut être conscient que ce type de démarche n’a pas vocation à offrir un retour sur investissement immédiat, mais s’inscrit sur une stratégie de moyen et long terme. Par ailleurs, si construire sa place sur les réseaux sociaux implique d’investir un peu de son temps, cela ne coûte pas d’argent, car ces nouveaux outils sont gratuits.»
Les chiffre clé du e-tourisme
en France et en Europe• Ventes e-tourisme : 68 Mds € soit un tiers du marché du tourisme en Europe,
• 160 millions d’européens ont préparé leur voyage en ligne,
• 91 % des français ont consulté Internet avant de se rendre dans une agence de voyage,
• 45 % des français partis ont préparé tout ou partie de leur séjour sur Internet,
• 31 % des français partis ont réservé (ferme) en ligne, avec leur carte bleue,
• 5 millions d’e-touristes ont mis en ligne leurs souvenirs de vacances,
• 2 touristes internautes sur 3 lisent les sites d’avis pour décider de leur séjour et de leur hébergement.

Source : Mardi CCI e-business – Tourisme 2.0 CCI Bayonne - novembre 2010

Le phénomène Facebook
Avec plus de 500 millions de membres dans le monde, dont 20 millions en France, Facebook est aujourd’hui la plateforme sociale la plus populaire du Net. Fondé en 2004 par Mark Zuckerberg, dont l’histoire a inspiré le film de David Fincher, The Social Network, Facebook était à l’origine le réseau social de l’universitéd’Harvard, avant de s’ouvrir aux autres universités américaines, puis à tous les internautes en 2006. Et si les adolescents ont été les premiers fans de Facebook, ils sont loin d’être les seuls aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises notamment leur ont emboîté le pas.
Il existe trois formules pour s’afficher sur Facebook : créer un « profil personnel » (limité à 5 000 amis), un « groupe » (limité à 5 000 membres) qui peut être public ou privé, et une « page fan » ouverte à un nombre illimité d’internautes ; la meilleure formule pour les entreprises. Toutefois, il est nécessaire de disposer d’un profil personnel pour pouvoir créer la page de son entreprise. Enfin, il est également possible de récupérer sur Facebook de petites applications gratuites pour animer sa communauté (jeux, sondages…) ou pour mesurer l’activité de sa page.
Institutionnels et professionnels lotois :
quelques exemples d’initiatives
Les acteurs du tourisme lotois sont encore peu nombreux à s’être lancés sur les réseaux sociaux. Mais l’idée fait son chemin… La preuve par l’exemple, avec les témoignages de quelques uns de ces pionniers.
ADT Lot : Comment développer la visibilité de la destination Lot
Cela fait deux ans que l’Agence de Développement Touristique du Lot s’intéresse de près aux réseaux sociaux. « Nous sommes en veille et avons mis en place un certain nombre d’outils pour construire notre “bulle 2.0”, explique Cyril Novello, chef de projet TIC à l’ADT Lot. Les résultats de cette approche sont déjà très concluants, mais bien sûr notre objectif est d’intégrer les réseaux sociaux dans notre stratégie globale de communication ; nous sommes convaincus que cela est indispensable pour garantir une bonne visibilité du territoire. »
Sur sa page Facebook, l’ADT Lot compte à ce jour 872 amis. Au départ, cette page était surtout destinée à relayer les offres promotionnelles de ses partenaires et les actualités de son site Internet.« Mais nous nous sommes rapidement aperçus que ce n’était pas suffisant, nous avons donc révisé notre stratégie éditoriale en choisissant de diffuser sur notre page Facebook du contenu plus adapté (photos, vidéos) afin de solliciter la participation des membres. Depuis, les intéractions ont augmenté », se félicite Cyril Novello. L’ADT Lot a également ouvert des comptes sur Twitter, Youtube et Flickr et apporte une contribution « d'expert de destination » Lot sur TripAdvisor. « Pour être acteur sur les réseaux sociaux, il est nécessaire de tisser des liens entre les différentes plateformes communautaires, mais aussi avec son propre site institutionnel », ajoute le chef de projet TIC.
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Dans le même esprit, l’Agence de Développement Touristique a lancé en avril, en partenariat avec le site communautaire de tourisme et de voyage MonNuage.fr, une opération qui s’étalera sur un an, pour développer la visibilité de la destination Lot sur le web social. Six reportages vidéo de deux minutes ont été réalisés sur les grands sites lotois. Ils sont diffusés sur le portail MonNuage.fr et relayés sur différents réseaux sociaux comme Facebook, daylimotion, 20Minutes.fr ou Flickr. A suivre…

Rejoignez la page « Tourisme dans le Lot » sur Facebook ! Les réseaux sociaux auxquels participe L'ADT sont accessibles depuis la page d'accueil du site tourisme-lot.com (en haut à gauche).

Auberge de La Sagne : Comment optimiser le référencement via les réseaux sociaux
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Frédéric Labrousse, le jeune propriétaire de l’Auberge de La Sagne à Cabrerets est un « branché » de l’informatique et cela fait déjà pas mal de temps qu’il conjugue son hobby et son activité professionnelle d’hôtelier-restaurateur. « Nous avons lancé notre site vitrine il y a maintenant cinq ans, mais aujourd’hui un site comme le nôtre se retrouve “noyé” parmi des millions d’autres sur Internet si l’on n’investit pas dans le référencement.

En l’occurrence, les réseaux sociaux sont un excellent moyen pour nous donner gratuitement de la visibilité », explique-t-il. Concrètement, L’Auberge de La Sagne s’affiche sur Facebook depuis 2009 et utilise en complément le réseau de microblogging Twitter. L’hôtelier est également actif sur un certain nombre de blogs, forums et sites d’avis dédiés au secteur du tourisme. « Au départ, cela demande un travail de prospection, d’analyse et de sélection des médias sociaux les plus pertinents et les plus “influents” dans notre secteur d’activité, poursuit Frédéric Labrousse. Ensuite, c’est un réflexe à prendre, comme de lire son courrier ou son journal du matin. Il faut faire un tour sur les sites communautaires pour voir si l’on y parle de nous, répondre aux commentaires, partager des idées et des informations. Je considère aujourd’hui cette activité comme faisant pleinement partie de mon métier d’hôtelier, dont elle constitue en quelque sorte le volet promotionnel. »

« Le tourisme & les réseaux sociaux » constitue le premier volet de notre série de dossiers consacrés au e-tourisme. Le second volet, qui sera publié dans le numéro 162 d’Entreprendre, sera centré sur la gestion de l’e-réputation. Le troisième, à découvrir dans le numéro 164, fera le point sur la commercialisation de l’offre touristique via Internet.

La guinguette du Mont Saint-Cirq : Commet promouvoir ses animations
Depuis qu’elle a ouvert ses portes, en mai 2010, La Guinguette du Mont Saint-Cirq a toujours communiqué au travers des réseaux sociaux. « Nous avons lancé La Guinguette sur Facebook un mois avant l’ouverture officielle et nous avons conquis près d’un millier d’amis en 15 jours. Nous les tenions informés au fil de l’eau de l’avancement des travaux et de nos projets. Nous avons su les fidéliser et en attirer de nouveaux, ils sont 1 500 aujourd’hui », commente Julie Capelle la gérante de cet établissement qui est fait à la fois restaurant et salle de concert. Dans les faits, La Guinguette du Mont Saint-Cirq ne fait appel à aucun autre support publicitaire pour promouvoir ses animations. « Nous communiquons sur les concerts que nous accueillons ici tous les samedis soir, en postant des biographies des groupes, des vidéos, des liens sur des interviews des musiciens.

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Julie Capelle, gérante de la Guinguette du Mont Saint-Cirq
Nous faisons de même pour nos soirées Salsa du jeudi et Théâtre du vendredi, reprend Julie Capelle. Les personnes s’inscrivent sur Facebook et cela nous permet de mieux anticiper le nombre de participants à nos événements. Nous avons choisi de créer une page pour permettre aux internautes de poster des photos ou des commentaires sur notre mur. Nous avons un public très éclectique et sommes à l’écoute de toutes les idées », ajoute Julie Capelle. La Guinguette du Mont Saint-Cirq poste également ses dates de concerts sur MySpace qui fédère davantage un public d’artistes, ainsi que des images et des clips vidéo sur Youtube ou Flickr. « Cette année, nous avons le projet d’installer ici une webcam, confie-telle. Nous pourrons ainsi diffuser en live des images d’ambiance de la Guinguette sur notre page Facebook. »
le Village du Soleil : Comment mieux séduire la clientèle étrangère

Implanté au coeur du vignoble de Cahors à Mauroux, le Village du Soleil, composé de 58 chalets, séduit notamment de nombreux touristes étrangers. « Pour un site tel que le nôtre, isolé en pleine campagne, communiquer via les réseaux sociaux est un passage obligé », estime sa gérante Agnès Visscher. En l’occurrence, le Village du Soleil dispose depuis plusieurs années d’un site Internet consultable en Français, Anglais et Néerlandais. Depuis peu, on peut également accéder depuis le site à la page Facebook du Village du Soleil qui rassemble une quarantaine d’amis. « J’y poste des images du Village, mes nouvelles idées d’aménagement, ainsi que des informations sur les animations programmées pour l’été, en juillet par exemple nous accueillerons un cirque », raconte Agnès Visscher. Le Village du Soleil est également présent sur Hyves, un site communautaire qui fédère près de 10 millions de membres et qui est aujourd’hui le premier réseau social aux Pays Bas. Parallèlement, Agnès Visscher a mis en ligne son profil personnel sur le réseau Linkedin, qui rassemble des professionnels de tous horizons et est particulièrement prisé par les anglo-saxons.

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« Depuis quelques semaines, nous sommes également sur Twitter et nous avons déjà un groupe de “Followers” (suiveurs), cette réactivité est particulièrement intéressante », ajoute-telle en conclusion.
Distribution de carburants dans le Lot :
Stratégies tous terrains contre le coup de pompe

Entre 1989 et 2011, plus de la moitié des stations service du Lot ont disparu (94 au lieu de près de 200). Tandis que la grande distribution joue un rôle toujours plus important dans la vente de carburants, les collectivités locales se mobilisent pour éviter de voir se développer des « zones blanches ».

La tendance est bien connue car elle frappe durement nos territoires ruraux depuis les années 90 : dénicher sur les routes lotoises une station-service loin des périphéries urbaines devient souvent problématique. Côté champs, pour tenter de freiner la pénurie annoncée, quelques communes isolées se sont dotées de pompes automatiques, ultime garantie contre la panne sèche. Côté villes, la grande distribution affirme toujours davantage ses positions. Entre ces deux solutions extrêmes, les stations indépendantes aux couleurs des pétroliers ne survivent qu’à trois conditions : une implantation géographique favorable, une palette complète de services incluant boutique et garage, et enfin le passage obligé vers une coûteuse mise aux normes pour l’AOP, et donc l’AOC, qui devrait être délivrée à temps pour figurer sur les étiquettes du cru 2011.
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RARE ET CHER
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Ce qui est rare est cher : en fonction de cet adage basique en économie, les points où trouver notre très cher carburant se raréfient d’année en année. Cinquante six communes lotoises regroupent les 94 points de distribution encore présents sur le territoire (ils étaient 138 en 1999 et près de 200 en 1989). Entre 1989 et 2011, 95 points de distribution de carburants, soit plus de la moitié du parc de stations-service, ont ainsi dû mettre la clé sous la porte. Parallèlement, la grande distribution est montée en puissance, atteignant aujourd’hui 60 % de parts du marché de la vente de carburant. Un phénomène qui rappelle inexorablement celui qui a conduit les commerces de proximité à abandonner le territoire rural, sur lequel le maillage en pompes à carburant se fait de plus en plus lâche. Afin de répondre à une demande dopée par les prix d’appel et le renchérissement constant des produits, les 29 stations-service des supermarchés et hypermarchés lotois, totalisant 120 pompes, ont été modernisées, dotées d’automates 24h/24 avec paiement par carte bancaire. Très organisées, les filiales pétrole des enseignes de la grande distribution ont su conquérir de belles parts de marché au fil des années.
Des précisions nécessaires
Le service chargé des questions d’environnement est à la disposition des entreprises sur les questions techniques environnementales et sur les différentes aides à la modernisation via le CPDC (Comité Professionnel de Distribution de Carburants) et l’Agence de l’eau.
S’adresser à Yasmina Loiseau : CCI du Lot
yasmina.loiseau@lot.cci.fr - Tél. 05 65 53 26 80
CARBURANT ET GRANDES SURFACES : DE 12 À 20% DU CHIFFRE D’AFFAIRES
Les ventes de carburants représentent en moyenne 12 % du chiffre d’affaires d’un hyper et 20 % de celui d’un supermarché. Cependant, pour l’avenir, cette situation pourrait bien être pénalisée par deux tendances fortes. D’une part, les ventes de carburants sont globalement en baisse selon les chiffres de la consommation de carburants publiés par l’Union française des industries pétrolières (Ufip). D’autre part, la fréquentation de certains hypermarchés excentrés pourrait souffrir de cette baisse de la demande, induite chez certains consommateurs par les coups de boutoir des hausses de prix successives. Par ailleurs, ces sites commerciaux ont dû satisfaire au durcissement des normes de sécurité environnementale et investir dans des dispositifs coûteux. La loi impose désormais, entre autres, des cuves à double paroi avec détecteur de fuite, des pistes étanches et des équipements avec séparateurs d’hydrocarbures pour traiter les eaux de ruissellement. La facture de ces investissements de mise en conformité varie selon les sites mais peut s’élever entre 50 000 et 80 000 € par entreprise.
Fabrice Marty, station Intermarché à Figeac
« L’accès direct côté route est un gros avantage »
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Il y a quelques mois, la station-service aux couleurs d’Intermarché était en chantier : il s’agissait de mettre les cuves aux normes,

en double enveloppe. Dans cette enseigne de la grande distribution implantée en périphérie immédiate de Figeac, le carburant est le produit d’appel par excellence. Ouvertes en direct sur une départementale très fréquentée, les pompes bénéficient d’un emplacement attractif. « Cela ne se fait plus aujourd’hui, mais l’ancienneté du dispositif a pu être maintenue, ce dont je me félicite évidemment », confie Fabrice Marty, qui préside aux destinées d’un supermarché récemment agrandi de 1 200 à 1 700 mètres carrés. A situation enviable, résultats exceptionnels : la station des mousquetaires alimente pour plus d’un tiers le chiffre d’affaires du magasin. Le dirigeant sait toutefois que, lorsque la future rocade contournera la ville, d’ici deux ans en principe, il perdra certainement un peu de chiffre d’affaires. Mais il ne s’en émeut guère, estimant que son enseigne gagnera en confort et fréquentation.

« La vente de carburant ne dégage qu’une faible marge, entre 2 et 3%. La station de lavage-gonflage-aspirateur rapporte davantage ! L’essentiel est que les pompes ne coûtent pas d’argent », estime-t-il. Avec 427 000 litres de gas-oil écoulés lors du premier trimestre 2011, plus 110 000 litres d’essence en majorité SP95, la station Intermarché affiche des débits à peu près stables. Lors de chaque poussée de fièvre sur les prix, le ticket moyen baisse, avec des « pleins » de seulement 25 euros par exemple. Dans l’année, histoire d’inscrire la vente de carburant dans l’approche grande distribution, le supermarché annonce des opérations à prix coûtant : c’est notamment le cas lors des grands départs estivaux, à Pâques ou durant les fêtes de fin d’année. Le groupement d’achats Pétroles et Dérivés, émanation des magasins Intermarché, permet de mettre un peu de souplesse dans le système. Aux professionnels s’adresse la carte locale de fidélité, mise en place voici cinq ans. Ici la pompe automatique 24 h/24 assure près d’un quart des débits en termes de chiffre d’affaires. Enfin, il faut préciser que Fabrice Marty compte proposer le nouveau carburant vert E10 en lieu et place du SP 98.
TOUJOURS PLUS DE SERVICES
Une situation guère propice au maintien en activité de stations de villages aux couleurs des pétroliers, dans un contexte de fragilité croissante et de marges très limitées. Gérées par des indépendants, des commissionnaires ou des mandataires, elles ont souffert depuis 1985 et la libéralisation des prix. Seules pistes de survie, à condition d’être implanté le long d’un axe assez porteur pour les justifier : diversifier son activité en ajoutant aux pompes une station de lavage, un atelier d’entretien et de petites réparations, une boutique de dépannage avec quelques produits alimentaires de terroir. Sur la base de ce constat difficile, et face aux menaces de pannes sèches dans les régions les plus isolées du département, quelques élus municipaux ou intercommunaux ont pris la décision de contrer la fatalité. On a ainsi vu apparaître dès 1996 une première petite station avec pompes automatiques à Montet-et-Bouxal, le long d’une départementale assez fréquentée. Elle fut associée peu après à un multiple rural, créant un petit pôle attractif. Deux ans plus tard ouvrait en vallée du Célé celle de Brengues, première initiative d’une toute jeune communauté de communes. Avec le recul de quelques années, chacun mesure et souligne l’intérêt de participer ainsi à l’aménagement d’un territoire marqué par la dispersion des habitats et la fréquentation touristique.
Alexandre Cazard, station Elan à Sousceyrac :
« Trouver des appuis pour une création »
Il fallait oser : implanter de toute pièce une station-service sur un canton dépourvu, indique assez les trésors d’opiniâtreté dont a dû faire preuve Alexandre Cazard. C’est en 2003 que ce dernier a pris cette initiative un peu folle, alors que le précédent point de livraison, le seul dans le canton, avait fermé trois ans auparavant. Le site ? Le garage paternel, à l’entrée de Sousceyrac, côté Saint-Céré, qu’il a repris en 2005. Seuls deux points de distribution carburant ont été créés en France cette année-là. Aujourd’hui le jeune chef d’entreprise, qui salarie un carrossier, un mécanicien et une secrétaire, en a terminé avec ses remboursements d’emprunt. Doté d’un bel outil de travail, il rend service à une population rurale le long d’un axe Saint-Céré - Aurillac, soit 60 kilomètres, au demeurant assez dépourvu.

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Brengues : une oasis très salutaire
Touristes en balade dans la vallée du Célé, habitants occasionnels des villages alentour, professionnels de passage, ils sont nombreux à avoir connu les affres d’une panne sèche sur les 63 kilomètres séparant Figeac et Saint-Géry. Il faut dire que dans un laps de temps très court, les stations de Brengues, Marcilhac et Cabrerets avaient mis la clé sous la porte. Au vu de la situation, et sur la base d’une pré-étude avec comptage des véhicules sur les deux départementales qui se croisent à Brengues, la toute jeune communauté de la Vallée et du Causse a conduit en 1998 son tout premier projet : implanter des pompes à l’entrée du village. A l’exemple d’un automate déjà installé à Montet-et-Bouxal, sur les hauteurs de la Châtaigneraie. « Il fallait être éloigné d’au minimum douze kilomètres de la station la plus proche, ce qui est notre cas », précise Lucien Oulié, le maire de Brengues. Le tour de table des financeurs potentiels (dotation de développement rural, Région et Département, Comité professionnel de la distribution de carburant) permettait d’apporter 70 000 euros sur les 110 000, coût total de l’opération. La part communale était, elle, dégagée sur fonds propres complétés par un emprunt-relais. Bien sûr, la collectivité n’a pas le droit de tirer un quelconque bénéfice sur la distribution de carburant. Les 6 à 7 % de marge servent à couvrir les frais de fonctionnement et d’entretien du matériel.
Eric Cagnon et Jean-Paul Petit, station Total à Payrac :
« Sauvés par notre implantation géographique »
Eric Cagnon est arrivé en 2006 aux commandes de la stationservice Total, riveraine de la RN20. L’ouverture de l’autoroute n’a pesé qu’un temps sur ses résultats, de nouveaux orientés à la hausse. Entre Cahors et Souillac, sur 65 kilomètres, seuls deux points de vente distribuent aujourd’hui du carburant. Egalement située sur l’axe Sarlat-Rocamadour, la station indépendante aux couleurs Total annonce pour ce premier trimestre 2011 une progression en volumes estimée à 6 %. Tous les jours, de 7 heures à 20 heures, les pompes sont disponibles. De même que la petite boutique, qui met en valeur quelques bons produits régionaux. Ainsi que le garage, apte à assurer les entretiens courants et même la grosse mécanique : ces deux services complémentaires apportent environ 15 % au chiffre d’affaires.
Les stations-service en France et dans le département du Lot
Au cours des vingt cinq dernières années, le marché des carburants a fortement évolué en France. Les causes sont à la fois liées au comportement des consommateurs, à la concurrence entre les formes de commerce et aux contraintes de mise en place de normes environnementales. En 2008, le chiffre d’affaires total du secteur « carburants » était estimé à 65 millions de tonnes de carburants représentant 8,9 milliards d’euros. En 2009, sur les quelque 12 500 stations- service installées sur le territoire français, 4 500 font partie du réseau Total et de sa marque soeur Elan, gérées en propre ou par des indépendants portant les couleurs de la marque), 4 600 appartiennent à la grande distribution, dont Carrefour (9% des points de vente) et Leclerc (4% des points de vente), 3 400 appartiennent à d’autres pétroliers (dont 780 stations-service à l’enseigne Esso et 900 stations-service à l’enseigne Avia) ou à des indépendants.
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Le nombre de stations-service traditionnelles baisse régulièrement depuis 25 ans. Cette situation devrait se poursuivre dans les prochaines années du fait du durcissement des normes liées à l’environnement. Elles imposent entre autres des cuves à double parois avec détecteur de fuite, des pistes étanches, et des équipements avec séparateurs d’hydrocarbures pour traiter les eaux de ruissellement. Le coût de ces investissements de mise en conformité est variable selon les stations mais on peut indiquer une fourchette moyenne entre 50 000 et 80 000 € par entreprise. Les exploitants de stations-service sont confrontés à des choix difficiles. D’une part, pour poursuivre leur activité, il leur faut engager des investissements lourds et, d’autre part, la marge sur la vente de carburants est faible. Pour se maintenir, ils doivent augmenter leur volume de vente ou diversifier leur activité en développant de nouveaux rayons ou services dans la mesure où cela est possible.

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La part de marché de la grande distribution dans la vente de carburants progresse chaque année. En 2010, elle atteint les 60% du marché. Cependant, ce marché pose deux séries de questions : d’abord les ventes de carburants sont en baisse si l’on en croit les chiffres de consommations de carburants publiés par l’Union française des industries pétrolières (Ufip) et la fréquentation de certains hypermarchés excentrés risque de souffrir de cette baisse de la demande.

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Très organisées, les filiales pétrole des enseignes de la grande distribution ont conquis de belles parts de marché au fil des années. Les ventes de carburants représentent en moyenne 12% du chiffre d’affaires d’un hypermarché et 20% de celui d’un supermarché. La consommation de carburants a légèrement baissé en 2008 par rapport à 2007. Les français ont acheté en moyenne 815 litres par véhicule (contre 824 litres en 2007).
Evolution du parc des stations-service dans le Lot
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En 2011, le département du Lot compte 94 points de distribution de carburants. Ce nombre inclut les stations- service traditionnelles, les pompes associées à des commerces multiservices en zone rurale, les points de distribution de la grande distribution et les postes à automates créés à l’initiative de mairies.

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Entre 1989 et 2011, le département du Lot a perdu 95 points de distribution de carburants, soit quasiment la moitié de son parc de stations-service.

Par contre, le nombre de points de distribution de carburants gérés par la grande distribution a augmenté depuis 1989 et est resté le même depuis 1999. On constate également que les points de distribution des supermarchés et hypermarchés ont été modernisés, pour satisfaire aux normes de sécurité environnementale, mais également pour s’adapter aux attentes des consommateurs (avec le développement des points de distribution automates 24/24h avec paiement par carte).

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