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Entreprendre CCI du Lot n°154
Randonneurs et pElerins de Saint-Jacques :
quelles retombEes pour l’Economie lotoise ?
Traversé par le légendaire chemin du Puy, le Lot attire chaque saison entre 10 000 et 15 000 pèlerins et randonneurs. En croissance régulière depuis les années 2000, le tourisme jacquaire a favorisé le développement de toute une économie locale dans le domaine de l’hébergement et des services associés. Panorama.

Distingués comme Itinéraires Culturels Européens par le Conseil de l'Europe en 1987 et inscrits au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 1998, les chemins de Saint-Jacques ont été tracés par la Fédération française de randonnée pédestre depuis le début des années 1970. La légendaire voie du Puy (tronçon du Puy-en-Velay jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port), devenue le sentier de randonnée GR 65, serpente dans notre département sur un axe qui s'étire de l'est au sud-ouest. En l'occurrence, les principales étapes de cette traversée lotoise sont toutes jalonnées d'un monument inscrit au patrimoine de l'Unesco : le pont Valentré et la cathédrale Saint-Etienne de Cahors, l'église Saint-Sauveur de Rocamadour et la crypte Saint-Amadour, où encore l'hôpital Saint-Jacques de Figeac, témoin du réseau d'accueil créé au Moyen Age pour soigner, restaurer et réconforter les pèlerins. Globalement, on estime aujourd'hui entre 10 000 et 15 000 le nombre de personnes qui d'avril à octobre cheminent dans le Lot sur cet itinéraire chargé d'histoire et de légendes. « Il ne s'agit pas d'un simple phénomène de mode, car la fréquentation du chemin de Saint-Jacques progresse régulièrement depuis plusieurs années », souligne Nadine Darson, directrice de l'Office de Tourisme du Pays de Figeac. Même constat à l'Octroi de Cahors, une association dédiée à l'accueil des pèlerins et randonneurs. « La qualité et la notoriété de cet itinéraire attirent désormais des publics venus de tous les continents. En 2009, 6 900 personnes issues de 22 nationalités différentes ont fait une halte à l'Octroi », indique sa Présidente Sophie Evêque.


UNE MOSAÏQUE DE PROFILS


Une étude de fréquentation des itinéraires compostellans, conduite par les Comités Régionaux du Tourisme de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine*, nous fournit des éléments intéressants sur le profil et les motivations des cheminants qu'elle classifie en cinq grands groupes. Le premier est celui des « Randonneurs touristes » (26 % du panel) qui affichent une préoccupation patrimoniale et touristique, n'hésitant pas à s'écarter du Chemin pour effectuer des visites et privilégiant les hébergements qui offrent un certain niveau de confort. Le second est composé des « Pèlerins mystiques » (24 %). Ces derniers – en majorité des publics jeunes et étrangers – cherchent
à revivre l'histoire des pèlerins,en posant leurs pas dans ceux de leurs prédécesseurs. Leur quête s'identifie à une recherche de sens qui s'appuie sur les contenus symboliques du Chemin. Les « Randonneurs sportifs » (21 %) ont, eux, pour motivation principale de se mettre physiquement à l'épreuve et de communier avec la nature. Ils sont en général jeunes (- de 45 ans) et circulent à pied, mais également en vélo ou à cheval. Autre groupe identifié:celui des « Pèlerins traditionnalistes
» (19 %) qui pratiquent le Chemin comme une quête religieuse. Ils possèdent en général un budget
plus limité et recherchent les hébergements les moins chers. On observe par ailleurs dans ce groupe une forte proportion de voyages organisés par des structures religieuses. Enfin, l'étude identifie un groupe émergeant de pèlerins, les « Pèlerins métaphysiques » (10 %), qui pour la plupart cheminent seuls et souhaitent au travers de cette expérience se détacher de l'aspect matériel de l'existence et
donner un sens à leur vie.


UN BUDGET COMPRIS
ENTRE 20 € ET 70 € PAR JOUR


Dans son approche sociodémographique, l'étude souligne par ailleurs la proportion prédominante de cheminants âgés de 55 à 64 ans (34 %), contre 11 % pour les plus de 65 ans et seulement 8 % pour les plus jeunes (- de 25 ans). En toute logique, les pèlerins et marcheurs du chemin de Saint-Jacques sont donc en majorité retraités (32 %). 24 % d'entre eux appartiennent à une catégorie CSP+ (cadres supérieurs ou professions libérales), tandis que 9 % sont étudiants. Par ailleurs, s'ils sont en majorité originaires de France, la proportion de cheminants venus de l'étranger est grandissante, avec cette année une affluence particulièrement marquée de Suisses, Canadiens, Allemands, Norvégiens et Australiens. Leur pouvoir d'achat enfin, est globalement circoncis dans une fourchette de 20 € à 70 € par jour et par personne. Cette fourchette se situe dans la moyenne des dépenses enregistrées par la clientèle touristique lotoise (source : enquête de clientèle 2008 – Agence de Développement Touristique). Dans les faits, la manne de cette clientèle touristique itinérante est donc loin d'être négligeable à l'échelle de notre département. L'offre d'hébergement en particulier s'est considérablement développée au cours des dix dernières années. A l'image du gîte communal Le Nid des Anges à Lascabanes, créé à l'origine par la municipalité pour répondre à l'afflux de pèlerins et aujourd'hui confié en gestion à Cécile Maupoux, de nombreux établissements ont vu le jour à proximité du GR 65. « Nous avons ouverts notre gîte d'étape en 2008, après avoir réalisé une étude de marché qui mettait en lumière le manque d'hébergement dans le secteur »,explique ainsi Elsa Déléris, responsable du gîte d'étape de Poudally à Lalbenque. Aujourd'hui, cet établissement labellisé Rando-Etape, qui offre une capacité d'accueil de 26 places (dont des chambres de 2,3 ou 4 personnes et un dortoir pour 6), tire 75 % à 80 % de ses revenus de l'itinérance touristique jacquaire. De son côté, La Hulotte à Limogne (4 chambres d'hôtes pouvant héberger une dizaine de personnes) a fêté cet été son 7e anniversaire et réalise 60 % de son activité avec les pèlerins et randonneurs, pour lesquels elle a développé une gamme de services (épicerie de dépannage, navette vers les restaurants
de Limogne…). Jean-Paul Chassin, qui dirige le Camping de Pech-Ibert à Béduer constate, lui aussi,
l'inflation de la fréquentation jacquaire dans son établissement (13 places en Rando-Etape et 4 emplacements de tentes réservés aux randonneurs durant l'été). « Ces dernières années, nous accueillons en moyenne 1 200 randonneurs par saison, mais en 2010 nous avons dépassé ce chiffre dès la fin du mois d'août », souligne-t-il. Nous avons notamment accueilli un public de familles nombreuses, éparpillées dans différentes régions de France qui ont choisi de se retrouver sur la voie du Puy. »

Rando-Etape, l'esprit jacquaire

Accordé par l'Agence de Développement Touristique Lot Tourisme, le label Rando-Etape est destiné aux gîtes d'étape, chambres d'hôtes, hôtels, campings qui s'engagent à respecter une charte garantissant la qualité d'accueil et leur adaptation à la clientèle des randonneurs. Concernant les critères d'attribution, l'établissement doit de préférence être situé à moins de 2 kilomètres d'un itinéraire de randonnée (sentiers de GR, pistes équestres, bordure de rivière) et offrir une capacité d'accueil d'au moins 10 personnes. Les établissements sont classés de 1 à 3 étoiles en fonction de leur niveau de qualité et des prestations offertes. En termes de restauration, le gestionnaire a la possibilité de mettre un coin cuisine à la disposition des randonneurs ou de proposer des repas à prix raisonnables. Il doit également pouvoir mettre à disposition de ses hôtes un endroit couvert pour abriter les équipements, les vélos et le matériel de randonnée. De son côté, l'ADT Lot s'engage notamment à promouvoir ces hébergements sur le site www.tourisme-lot.com, sur la carte des loisirs de pleine nature et sur la documentation de la Fédération française de randonnée pédestre.

UNE OFFRE « SUR MESURE »
D'HÉBERGEMENTS ET DE SERVICES

Dans les faits, la diversité des profils, des âges et des moyens des usagers du chemin de Saint Jacques, fait que cette fréquentation génère des retombées pour tous les types d'hébergements installés à proximité. « Nous accueillons une clientèle de pèlerins et de randonneurs qui recherchent un certain confort, comme la possibilité de dormir en chambre individuelle ou double, et de profiter le soir d'un repas cuisiné »,témoigne ainsi Mireille Pinatel qui dirige La Grange de Marcillac à Saint- Cyprien, une maison d'hôtes labellisée Rando-Etape et Accueil Chevaux offrant une capacité d'accueil de 14 personnes. « Certains pèlerins passent fréquemment deux jours chez nous. Ils disposent d'un véhicule et font une étape quotidienne d'une quinzaine de kilomètres, puis reviennent ici le soir à leur point de chute. » Même sentiment pourEvelyne Marcenac à l'hôtel La Truite Dorée de Vers (35 chambres). « Nous accueillons la majorité de nos clients au travers de l'agence La Pèlerine, spécialisée dans les randonnées, explique-t-elle. La plupart ont réservé leur séjour à l'avance dans nos chambres de catégorie confort. Nous disposons également de 7 chambres "standard" qui sont en général louées au dernier moment. Ces chambres vont être requalifiées en gîte d'étape cet hiver et offriront une capacité d'accueil de 15 personnes pour la prochaine saison.» En marge de l'hébergement, l'itinérance jacquaire a favorisé le développement de nouvelles activités de services associés, notamment pour le transport des pèlerins et de leurs bagages. Des cafés et des épiceries fermés depuis plusieurs années ont également ré-ouvert leurs portes pour accueillir ces randonneurs, comme cet été à Labastide-Marnhac. A la tête de l'épicerie Midi-Prix à Cajarc, Gisèle Germe estime ressentir sensiblement l'apport de cette clientèle : « La fréquentation est importante de mars jusqu'en octobre, période durant laquelle j'ouvre mon magasin dès 7 heures du matin car les pèlerins démarrent leur journée de bonne heure. De la même manière, mon épicerie reste ouverte le lundi car beaucoup de magasins sont fermés ce jour là », indique-t-elle. A l'épicerie de Varaire, Richard Benimelli dresse le même constat : « Beaucoup de pèlerins et de randonneurs font une halte dans notre boutique située à proximité du gîte d'étape Les Marronniers. Leur panier moyen tourne autour de 5 € à 6 €, contre 12 à 15 € pour les autres clients, car les marcheurs privilégient les produits en petits conditionnements ou les portions de fromage et de charcuteries à la coupe destinées à une ration journalière, pour ne pas trop se charger. D'autre part, ils utilisent assez fréquemment notre service Poste pour se faire expédier des colis ou envoyer une carte postale. » Enfin, la pharmacie Dalat, située à Saint-Georges à l'entrée de Cahors, est un excellent poste d'observation pour mesurer la hausse de cette fréquentatio touristique itinérante. « Depuis 10 ans que nous sommes installés, le nombre de pèlerins que nous voyons passer a certainement été multiplié par dix, estime ainsi Christian Dalat. En saison, entre 15 et 20 personnes poussent quotidiennement notre porte en quête de produits pour les ampoules, de désinfectants, de crèmes apaisantes ou de boules Quiès. » Au-delà de ces témoignages, les professionnels que nous avons rencontrés estiment unanimement que le chemin de Saint-Jacques est une réelle chance pour le territoire. Une chance qu'il faut bien sûr savoir saisir et sauvegarder…

2010, année jacquaire

Une année jacquaire est une année durant laquelle la fête de la Saint-Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche. Depuis 1428, première année jacquaire historiquement attestée, cet événement se reproduit au rythme de tous les 6,5, 6 et 11 ans, donnant lieu à de nombreuses manifestations en France et en Espagne. L'Octroi de Cahors a ainsi organisé en mai deux circuits en petit train (Sur les traces des pèlerins d'hier et d'aujourd'hui), ainsi que deux randonnées urbaines ponctuées d'animations en juin et septembre. De son côté, l'association Sur les chemins de Compostelle a organisé le 30 septembre dernier à Cahors une conférence sur l'histoire du pèlerinage de Saint-Jacques au cours des siècles (Les Marcheurs de Dieu : Histoire et Spiritualité) animée par le professeur Etienne Baux.

Les deux « bibles » du pèlerin

Edité par la Fédération française de randonnée pédestre, le topo guide « Sentiers de Saint-Jacques-de-Compostelle (Figeac, Moissac, Rocamadour, La Romieu) » a été rédigé par Dominique Gengembre. Très complet, intégrant des cartes IGN en couleur, cet ouvrage fournit une description détaillée des différentes étapes jalonnant l'itinéraire, enrichie d'informations historiques et touristiques. De son côté, le guide Miam Miam Dodo « La Voie du Puy (du Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port) », a été créé en 1998 par l'écrivain voyageur Jacques Clouteau. « J'ai moi-même randonné sur le chemin de Saint-Jacques et rencontré de nombreux pèlerins qui lorsqu'ils arrivaient à une étape se posaient la question de savoir où ils pourraient manger et dormir, raconte l'auteur. L'idée m'est alors venue de concevoir un guide pratique, complémentaire des topo-guides existants, qui référence l'ensemble des services proposés dans un rayon de 5 kilomètres de part et d'autre de l'itinéraire balisé. » Remis à jour chaque année, ce guide recense plus de 6 000 hébergements, dont il détaille les différentes possibilités d'accueil et les tarifs pratiqués. Pour plus d'informations sur ces deux ouvrages :
www.ffrandonnee.fr ; www.cdrp-46.net
www.chemindecompostelle.com

INTERVIEW >>

Marie-Cécile Kuylle,
chargée de développement
touristique à l'agence
Lot Tourisme :

« L'itinérance touristique
est une niche de clientèle
convoitée »

Le Lot attire chaque année un nombre croissant de pèlerins et randonneurs en
partance pour Saint-Jacques-de-Compostelle. Quelle est la recette de ce succès ?

Marie-Cécile Kuylle : Il faut savoir que notre département est l'un des rares en France à disposer d'un réseau de chemins de 1ère catégorie, composé de sentiers de GR et de pistes équestres, qui s'étend sur près de 1 500 Km. Ceci est le fruit d'un travail de partenariat engagé de longue date entre l'agence Lot Tourisme, le Comité Départemental de la Randonnée Pédestre du Lot et l'Association de Tourisme Equestre, avec le soutien financier du Conseil général. En particulier, nous avons élaboré une charte départementale de balisage des chemins et une personne au sein de Lot Tourisme est exclusivement chargée du balisage et de l'entretien des chemins (Pierre-Jérôme Atger). Dans les faits, c'est notamment en raison de la qualité du GR 65, dont un tiers sillonne notre département, que la Voie du Puy est aujourd'hui la plus fréquentée. De la même manière, le label Rando-Etape a été mis en place dans le Lot à la fin des années 90, afin d'aider les hébergeurs à améliorer leurs services pour la clientèle itinérante, par exemple en adoptant des horaires d'ouverture adaptés ou en proposant des espaces de rangement du matériel de randonnée. Actuellement, sur les 41 établissements labellisés Rando-Etape, 23 sont situés sur le GR 65. Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle génère l'essentiel de l'activité de 12 d'entre eux et constitue un complément de revenus significatif pour les 11 autres.

Comment évolue la demande cette clientèle itinérante ?

Marie-Cécile Kuylle : L'itinérance est une niche de clientèle qui évolue à l'image du marché touristique global. Aujourd'hui, la demande s'exprime en faveur de davantage de confort. En effet, si les chemins de randonnée étaient autrefois surtout empruntés par des marcheurs initiés, ils accueillent aujourd'hui beaucoup de novices, ce qui nous a conduits à compléter la signalétique classique des GR parfois méconnue. Nous éditons par ailleurs dans la collection « Promenades et randonnées » des guides « Pays » qui proposent des circuits découverte de notre département. Cette année, nous souhaitons valoriser davantage le chemin de Saint-Jacques en proposant une boucle de randonnée le long de cet itinéraire chargé d'histoire et de légendes. Dans le cadre de notre activité de veille, nous sommes quotidiennement à l'écoute des besoins que nous remontent les Offices de Tourisme et les points d'accueil. En ce sens, notre mission est de continuer d'adapter le chemin de Saint- Jacques aux attentes de ses usagers.

AFFICHAGE PUBLICITAIRE
chambre

 

LES RÈGLEMENTS LOCAUX
DE PUBLICITÉ

La troisième grande évolution en matière de publicité concerne les « règlements locaux de publicité ». Dans les agglomérations, les publicités sont en effet placées sous l'autorisation des mairies. Les règlements sont actuellement en cours de révision à Cahors (avec les communes du Montat et de Labastide-Marnhac), validé à Figeac ou en voie d'élaboration à Capdenac le Haut. Là encore, les principales tendances relevées sont la création de zones de publicité adaptées aux enjeux locaux et, pour le reste des situations, la promotion des réglettes homogènes pour indiquer les activités selon la charte de signalisation d'information locale portée par le Conseil Général du Lot. En fait, la récente loi du 12 juillet 2010 a édicté de nouvelles dispositions concernant la procédure d'élaboration du Règlement Local de Publicité, mais le décret d'application n'est pas paru, ce qui ne permet pas d'établir avec précision les différentes étapes de la procédure.

Contact à la Direction Départementale des Territoires du Lot :

05 65 23 61 48 ou 05 65 23 60 79

Contact à Chambre de Commerce et d'Industrie du Lot :

Jean-Pierre Garcia
05 65 20 35 27 – jean-pierre.garcia@lot.cci.fr.

 

Antoine Soto,adjoint au maire de Figeac :

« Nous devons tenir compte du contexte économique »

Quels commerces figeacois devront payer cette taxe ?
Antoine Soto : Tout d'abord, elle ne concerne pas les commerces situés dans le secteur sauvegardé de Figeac, qui appliquent depuis plusieurs années déjà des règles strictes en matière de publicité extérieure. Notamment, ils doivent utiliser des lettres découpées pour leurs enseignes et ne pas mettre en place de néons lumineux. Par ailleurs, nous sommes allés au maximum de ce que permet la loi en termes d'exonération : jusqu'en 2014, les surfaces inférieures à 12 m2 ne seront pas prises en compte et nous appliquerons une réduction de 50% pour les surfaces comprises entre 12 et 24 m2. De la même manière, les pré-enseignes de moins de 1,5 m2 ne seront pas taxées.

Les communes ne risquent-elles pas de se livrer une nouvelle forme de concurrence en appliquant des tarifs différents ?
Antoine Soto : C'est improbable, car les tarifs sont très encadrés et s'appliquent à toutes les communes de France. De plus, à partir de 2014, le taux sera le même pour tout le monde, en fonction de la taille de la collectivité. Il n'est pas pertinent de penser que certaines communes seraient « pour » la publicité tandis que d'autres seraient « contre ». Tout le monde connaît l'utilité de la publicité mais les excès que chacun constate à l'entrée des villes finissent par se retourner contre les annonceurs eux-mêmes. Ce constat s'applique à toutes les formes de publicité. On considère d'ailleurs que certains panneaux publicitaires sont même « accidentogènes » et c'est un sujet sur lequel nous travaillons avec la Direction Départementale des Territoires du Lot.

Qui va mesurer les surfaces de publicité extérieure ?
Antoine Soto : Jusqu'à la fin 2010, chaque commerce ou entreprise pourra se lancer dans une première estimation mais nous mandaterons début 2011 un cabinet qui se chargera de réaliser un décompte précis et complet. Les commerces pourront ensuite réagir en diminuant la surface de leur publicité extérieure afin de se trouver dans une tranche moins fortement taxée.

 

Martine Loock, adjointe au maire de Cahors,en charge des finances :

« 500 des 800 commerces de Cahors ne seront pas concernés par cette taxe »

Les entreprises seront soumises à partir du 1er janvier 2011 à une nouvelle taxe, baptisée taxe locale sur la publicité extérieure. Quelle est son origine ?
Martine Loock : Il faut tout d'abord savoir qu'elle n'est pas liée à l'initiative de telle ou telle commune mais que c'est un dispositif national, et plus précisément lié à la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008. Son but premier est de limiter les enseignes et pré-enseignes qui se sont multipliées à la périphérie des villes.

Tous les commerces devront-ils payer cette taxe ?
Martine Loock : Non. A Cahors, sur les 800 commerces existants, plus de 500 ne paieront pas la taxe. La grande majorité des commerces du centre-ville ainsi que certains magasins de petite surface situés en périphérie ne seront pas appelés à contribuer au titre de la TLPE. Comme je l'ai dit, ce dispositif concerne principalement les grandes enseignes qui jalonnent les axes d'entrée des agglomérations.

Les communes ont-elles une marge de manoeuvre pour limiter le montant de cette taxe ?
Martine Loock : Elle est minime mais nous avons actionné tous les leviers possibles pour la minorer. Ainsi, nous avons exonéré de taxe tous les commerces dont la publicité extérieure est inférieure à 7 m2, ce qui explique que plus de 500 magasins de Cahors n'auront pas à l'acquitter l'an prochain. De même, nous avons décidé que cette taxe ne s'appliquerait pas aux pré-enseignes de moins de 1,5 m2, alors que
nous avions la possibilité de le faire. De plus, les vitrophanies, c'est-à-dire les autocollants placés à l'intérieur des vitrines, ne seront pas pris en compte à Cahors, ni les panonceaux indiquant les horaires d'ouverture. Le montant de la taxe est fixé par Loi et toutes les communes devront appliquer les mêmes taux à partir du 1er janvier 2014. D'ici là, nous utilisons là aussi la marge de manoeuvre qui nous permet d'atteindre ce taux progressivement, en trois ans,plutôt que de se conformer d'emblée au tarif maximum.

La TLPE entrera en vigueur le 1er janvier 2011. Elle émane de la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 et est donc à l'origine une initiative de l'Etat. Elle remplace et simplifie d'autres taxes existantes en matière de publicité. Elle est d'application facultative à l'initiative des collectivités tout en étant très encadrée dans ses modalités. De fait, les collectivités locales ne sont que les relais de cette évolution et n'ont décidé ni des taux ni des tranches de surface de publicité.

« L'objectif partagé par tous, depuis l'Etat jusqu'aux associations en passant par les collectivités, est d'éviter la surenchère à l'affichage, explique Patrick Mori, Chef du service « Prospective et Politiques de Développement Durable » à la Direction Départementale des Territoires (DDT) du Lot. On peut donc distinguer au moins trois sujets importants concernant la publicité : d'une part, l'instauration de la taxe locale sur la publicité extérieure,
d'autre part les évolutions des règlements
locaux de publicité décidées par les collectivités et, par ailleurs, l'application de la loi, dont nous sommes notamment chargés ». En d'autres termes, on trouve d'un côté les panneaux publicitaires « hors la loi », qui sont progressivement retirés et de l'autre l'entrée en vigueur de la nouvelle taxe locale sur la publicité extérieure.

LA TAXE LOCALE SUR
LA PUBLICITÉ EXTÉRIEURE

La taxe locale sur la publicité extérieure a pour principaux objectifs de freiner la prolifération des panneaux à l'entrée des agglomérations, de réduire la dimension des enseignes et de lutter contre la « pollution visuelle ». A ce jour, seules Cahors (avec les communes du Montat et de Labastide-Marnhac) et Figeac ont finalisé la mise en place de la TLPE mais elle concerne bien l'ensemble des collectivités françaises. Si elle entre en vigueur le 1er janvier 2011, elle ne s'appliquera dans son intégralité qu'à partir du 1er janvier 2014. Deux phases doivent donc être détaillées : avant et après cette date butoir.

Avant, les communes ont la possibilité de moduler l'importance de la taxe. Pour cela, elles peuvent notamment exonérer les surfaces des enseignes de moins de 7 m2 ou 12 m2 (comme le montre le plan ci-contre, il s'agit de la surface cumulée des panneaux figurant sur l'ensemble de l'emprise foncière du commerce ou de l'entreprise). En ce qui concerne les pré-enseignes (c'est-à-dire les panneaux indiquant le commerce qui sont situés en dehors de son emprise foncière), elles sont exonérées de taxe jusqu'en 2014 si elles font moins de 1,5 m2. C'est notamment le cas à Cahors ou à Figeac. De plus, les collectivités peuvent graduer l'augmentation de la taxe selon des règles définies par la loi. Ainsi, à Figeac, la taxe pour les enseignes de plus de 50 m2 passera progressivement de 33 € le m2 en 2010 à 60 € en 2013. Ensuite, le tarif sera unique pour toute la France et fixé par décret.

Avec l'exemple présenté ici (voir tableau sur la TLPE à Cahors), il est possible de faire une simulation pour l'exemple, pour un magasin qui aurait une surface d'enseignes de 100 m2
(6 000 €/an), trois pré-enseignes de 5 m2 chacune (225 €/an). Le coût total de la TLPE serait pour lui de 6 225 € pour l'année 2013. A l'inverse, le coût pour un commerce de centre-ville (enseignes inférieures à 7 m2 et sans pré-enseigne) la même année sera de zéro.

LA PUBLICITÉ
HORS AGGLOMÉRATION

Un autre sujet concerne les panneaux publicitaires qui sont en infraction avec la loi. Dans les faits, la publicité en dehors des agglomérations est interdite, et voire tout simplement prohibée à l'intérieur du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, soit
sur une partie importante du département. Dans ces espaces, la réglementation n'autorise que l'usage des pré-enseignes qui pour quelques commerces ou organismes comme les hôtels, les stations services ou les
endroits fabriquant et vendant des produits du terroir, sachant que le nombre de panonceaux est limité, à 2 ou 4 selon les cas (pour plus d'information, consulter les sites Internet suivants : www.legifrance.gouv.fr, www.developpement-durable.gouv.fr ou www.pme.service-public.fr).

Le Préfet du Lot a donc chargé la Direction Départementale des Territoires de traiter les infractions, le cas échéant en faisant appel à l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), qui est en la matière son bras séculier. « La verbalisation a déjà commencé et plus de 500 fiches d'infraction ont été traitées depuis le printemps 2010, ce qui a d'ores et déjà conduit à l'enlèvement d'une centaine de panneaux », indique Patrick Mori. Par ailleurs, plusieurs agents de la DDT vont prochainement être assermentés afin qu'ils puissent raccourcir les délais d'application des sanctions. « Ce travail répressif est indispensable mais notre priorité va quand même vers un rôle pédagogique fort et une gestion à l'amiable des dossiers », précise Patrick Mori.

 

SECURITE ET ACCESSIBILITE DANS L'HÔTELLERIE >>
le compte a rebours est lance


D'ici aout 2011 pour la securite contre les risques d'incendie, et d'ici janvier 2015 pour l'accessibilite, les hotels devront satisfaire aux obligations des nouvelles legislations. Le cumul des contraintes reglementaires et le rapprochement des echeances ont favorise la prise de conscience des exploitants. Etat des lieux.

A la suite du dramatique incendie survenu en 2005 dans l'hôtel parisien Paris-Opéra, un arrêté (NOR INTE 0600640A du 24 juillet 2006) est venu renforcer les règles de sécurité incendie dans les Etablissements Recevant du Public (ERP). En l'occurrence, le délai de 5 ans accordé aux exploitants pour se mettre en conformité avec les obligations règlementaires arrivera à échéance le 4 août prochain. Ces prescriptions définies dans le Code de la Construction et de l'Habitation, imposent notamment l'encloisonnement des cages d'escaliers, la mise aux normes des blocs-portes et des installations techniques, ou encore l'extension de la détection d'incendie. Concernant l'accessibilité, le terme imposé par la loi du 11 février 2005, pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, est fixé au 1er janvier 2015. Le texte législatif n° 2005-102 impose notamment la prise en compte de l'ensemble des handicaps (moteur, sensoriel ou cognitif) et la réalisation d'un diagnostic d'accessibilité avant le 1er janvier 2011 pour certaines catégories d'ERP.

DES TRAVAUX DE MISE AUX NORMES POUR PLUS D'UN ÉTABLISSEMENT SUR DEUX

Face à ces échéances, où en est le parc hôtelier lotois dans sa démarche de mise en conformité ? Pour répondre à cette question, la CCI a réalisé, de mars à mai 2010, une étude auprès des professionnels du secteur. 82 établissements ont répondu à cette enquête, soit 53 % du parc hôtelier lotois. En matière de sécurité incendie, il est intéressant de souligner que plus de 60 % des répondants visités par la commission de sécurité avant juillet 2006* affirment posséder à la fois une alarme incendie et des portes pare-flammes pour les chambres. L'analyse des réponses en fonction de différents critères (taille, nombre d'étoiles, catégorie ERP) révèle toutefois des disparités. Ainsi, les hôtels possédant 1 étoile sont les mieux équipés (40 %), tandis que seul un tiers des établissements 3 ou 4 étoiles est aux normes ; un résultat à peine meilleur que celui des hôtels ne possédant aucune étoile (25 %). Au-delà des équipements, 57 % des répondants déclarent avoir des travaux à réaliser suite à la visite de la commission de sécurité, mais moins de 50 % d'entre eux les ont engagés et seulement un quart les ont achevés. La moyenne des montants annoncés par les hôteliers ayant déjà entrepris ces travaux s'élève à 57 000 euros. Les résultats sont globalement identiques dans le domaine de l'accessibilité. En effet, 56 % des hôteliers lotois ne possèdent pas de chambres accessibles aux personnes à mobilité réduite. De la même manière, 75 % des répondants déclarent ne pas disposer d'un ascenseur conforme à la norme NF EN81-70 dans leur établissement; un résultat préoccupant alors que seulement 11 % des chambres accessibles se trouvent au rez-de-chaussée. En revanche, les principaux services annexes (salle de restaurant, salon…) étant basés au rez-de-chaussée sont accessibles dans 66 % des hôtels du panel. La dernière question de l'enquête portait sur le mode de financement envisagé par les propriétaires pour mettre leurs établissements aux normes de sécurité incendie et d'accessibilité. Or près de 40 % d'entre eux n'ont pas répondu à cette question. Parmi les répondants, 20 % souhaitent recourir à l'autofinancement, tandis que 14 % envisagent de demander une subvention, contre 28 % qui prévoient d'engager un emprunt. Le montant des travaux (certainement plusieurs dizaines de milliers d'euros), les différentes démarches à entreprendre (visite, diagnostic, établissement des devis, demandes de financement, réalisation des travaux…) et l'imminence de l'entrée en vigueur des législations, sont aujourd'hui autant de facteurs qui doivent inciter chacune des parties prenantes à travailler ensemble. Afin d'aider les hôteliers à préparer la mise aux normes de sécurité incendie et d'accessibilité de leurs établissements, la Chambre de Commerce et d'Industrie du Lot a organisé en septembre et octobre trois réunions d'information à Cahors, Cambes et Souillac, auxquelles ont participé au total 80 hôteliers. Animées par les correspondants du Service d'Incendie et de Secours (SDIS) du Lot et de la Direction Départementale des Territoires – Lot (DDT 46), elles ont notamment permis aux participants d'exprimer leurs problématiques. « Nous avons entièrement
refait l'hôtel il y a 15 ans et nos installations de sécurité incendie répondent aux normes en vigueur. Le seul problème auquel nous restons confrontés concerne notre cage d'escalier qui devrait être encloisonnée. Nous allons essayer de le résoudre dans le délai imparti, mais ce n'est pas simple, compte tenu de la configuration exigüe du bâtiment qui est un ancien palais du 13e siècle », a notamment expliqué Guy Rouqual, propriétaire de l'Hôtel Jean XXII à Cahors. De son côté, le capitaine Eric Delmas, responsable du service prévention à la direction départementale du SDIS du
Lot a souligné la nécessité de prendre en compte les spécificités de chaque établissement : « Chaque hôtel est différent et le texte de 2006 permet de faire valider par les instances départementales des solutions de compromis. Il y a quasiment toujours une réponse technique aux problématiques des hôteliers. Notre mission consiste aussi à les aider à trouver la solution qui offre le meilleur rapport qualité-coût. » En matière d'accessibilité, rappelons que les hôteliers appartenant aux 1ère, 2e, 3e et 4e catégories d'ERP devront obligatoirement procéder à un diagnostic avant la fin du mois de décembre 2010. Ce diagnostic est en revanche facultatif pour les ERP de 5ème catégorie. Au printemps dernier, lorsque la CCI a mené son enquête, moins de 20 % des établissements sondés affirmaient avoir déjà accompli cette démarche. A ce sujet, Alain Laneau, correspondant accessibilité à la DDT – Lot s'est toutefois félicité de constater aujourd'hui chez les hôteliers « une prise de conscience plus forte du handicap lié à l'accessibilité motrice qui est, parmi les différents handicaps, le plus exigeant pour la mise en conformité. »

EREL >>
L'ElectricitE en lignes
Jeune entreprise créée en 2008, EREL s'est imposée comme l'un des principaux cabinets d'études pour la création ou la modernisation de lignes électriques. Présentation d'un savoirfaire rare et prisé.

Christian Aziza avançait dans la quarantaine lorsqu'il a créé son propre cabinet d'études, dédié à la conception des lignes électriques. Avant, il avait travaillé pendant près de 15 ans dans le plus important cabinet d'études du département. La spécialité de l'entreprise est à la fois essentielle et peu connue du grand public : il s'agit de concevoir l'aménagement des lignes électriques dans le cadre de l'extension, de la rénovation ou de l'enfouissement du réseau. Concrètement, l'entreprise étudie notamment les raccordements entre les particuliers et les lignes à moyenne tension. Pourquoi l'entreprise n'est-elle pas plus connue ? L'explication est simple : elle ne traite pas directement avec les particuliers mais est mandatée par les différents intervenants sur le réseau électrique: La Fédération Départementale d'Electricité du LOT en premier lieu, ERDF et les entreprises d'électrification, notamment, en ce qui concerne EREL, l'entreprise SDEL QUERCY à Figeac.

UN PRESTATAIRE MÉDIATEUR

Dans la plupart des cas, les aménagements préconisés par EREL impliquent le voisinage, à qui il faut expliquer la nature des travaux et qu'il faut convaincre. « L'essentiel de notre travail se passe sur le terrain et les relations avec les propriétés voisines de celle où sont programmés les travaux en représentent une bonne part », explique Christian Aziza. Afin de valider leurs études de tracés,
les cabinets d'études sont en effet chargés d'obtenir eux-mêmes l'agrément des propriétaires concernés par les travaux, notamment lorsque de nouveaux poteaux doivent être dressés sur leur terrain. « Il ne s'agit pas pour nous d'une contrainte supplémentaire. C'est au contraire l'un des aspects les plus enrichissants de notre activité en termes de rapports humains, même si parfois on se fait un peu "chahuter" », ajoute Christian Aziza. La réalisation des plans est donc l'étape finale pour le cabinet EREL, le résultat du travail effectué sur le terrain. Le travail du cabinet consiste notamment à accompagner les intervenants et à valider point par point la pertinence de ses préconisations.

UNE CROISSANCE SOUTENUE

Alors qu'il a créé seul son entreprise voilà seulement deux ans, Christian Aziza emploie aujourd'hui deux salariés. Depuis la création des syndicats d'électrification en 1946, voilà donc 64 ans, le réseau électrique doit être constamment renouvelé, aménagé ou enfoui : l'entreprise espère embaucher de nouveaux salariés. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles EREL a quitté la commune de Flaujac Gare, où elle avait son siège, pour rejoindre Cahors. « D'une part, nous souhaitions nous rapprocher des principales administrations et des grands donneurs d'ordres ; d'autre part, les jeunes salariés que nous recherchions, techniciens formés à la maîtrise de logiciels spécifiques au réseau électrique, préfèrent habiter dans une ville préfecture que dans un milieu rural », conclut Christian Aziza.

EREL (Etudes de Réseaux Electriques)
387, avenue Maryse Bastié
46000 Cahors
Tél. 05 65 21 39 76
Courriel : ereletudes@orange.fr

Action de la CCI du Lot: L'entreprise EREL a bénéficié d'un prêt d'honneur QUID (Quercy InitiativeDéveloppement)

LE GOÛT DES ARTS
Installé quai de Regourd à Cahors depuis 2006, Le Goût des Arts étend ses plages d'ouverture
et enrichit sa programmation. Portrait d'un lieu de créativité atypique, où se mêlent théâtre, musique,
ateliers artistiques et développement personnel.


Qui sont les touristes britanniques ?
Les Britanniques génèrent entre 75 000 et 100 000 nuitées par an dans le Lot, ce qui en fait les deuxièmes meilleurs clients étrangers du tourisme lotois, après l’ensemble du Benelux. Selon une étude de l’Agence de Développement Touristique Lot Tourisme, il faut notamment retenir que cette clientèle présente des caractéristiques bien spécifiques. Tout d’abord, que ce soit pour l’hôtellerie (23% des séjours), les locations (19,5%) ou le camping (14%), elle privilégie les établissements classés dans les catégories 3 ou 4 (étoiles, épis ou clés). Or, l’offre lotoise est concentrée sur la catégorie 2. Autre point essentiel : le principal mode de réservation est désormais Internet et le site doit avoir une version anglaise. En clair, si vous n’avez pas de site et que la documentation n’existe pas en anglais, vous n’avez quasiment aucune chance d’être contacté par cette clientèle. Dernière précision : le touriste britannique est à la fois le premier utilisateur des compagnies low cost (la moitié de la clientèle en Europe) et celui qui apprécie le moins les chaînes hôtelières. Cela signifie que les sommes qui ne sont pas dépensées pour le transport sont compensées – généralement largement – par les frais d’hébergement et de restauration.
Un nouveau type de partenariat entre les Eleveurs et la grande distribution
Carrefour France, l’entreprise d’abattage Destrel et cinq groupements de producteurs ont conclu fin juin un accord qui conduit l’enseigne à s’engager sur trois ans sur les volumes et les prix d’achat, qui vont par ailleurs progresser de plus de 20% d’ici 2013.


Le 25 juin 2010, la 1ère enseigne de la grande distribution européenne, Carrefour, a signé un accord de partenariat d’un nouveau genre avec cinq groupements d’éleveurs d’ovins et l’entreprise Destrel. Cela se passait près de Gramat, à Lavergne, dans la ferme d’un des éleveurs partenaires, Christophe Lasvaux. La première nouveauté est que l’enseigne s’engage sur trois ans à acheter des volumes de viande déterminés à l’avance et à un prix fixe. La seconde est que les cinq groupements, qui représentent plus de 1 000 éleveurs ovins du grand sud, ont désormais une visibilité complète des volumes à livrer sur les trois années à venir et du chiffre d’affaires généré. Autre point important : il ne s’agit pas d’une tentative

Viande ovine : la France doit produire plus
Aujourd’hui, la France ne produit qu’un tiers de la viande ovine qu’elle consomme (50% pour l’agneau). Le reste est essentiellement importé de Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et d’Irlande. L’accord conclu entre Carrefour France, Destrel-Arcadie Sud-Ouest et cinq groupements de producteurs concerne dans un premier temps les 231 hypermarchés de l’enseigne, mais il pourrait ensuite être élargi à l’ensemble du réseau Carrefour, qui compte au total 5 500 magasins sur le territoire. limitée aux années 2010 à 2012, mais d’un plan glissant sur trois ans (les conditions commerciales pour 2013 seront donc précisées l’an prochain).
La France ne produit qu’un tiers de la viande ovine qu’elle consomme
A priori, même si des enseignes telles que Carrefour sont priées d’anticiper les consignes de la future loi sur la Modernisation de l’Agriculture, on imagine mal les acteurs de la grande distribution attribuer de tels « cadeaux » sans en espérer un retour. En l’occurrence, Carrefour part d’un constat simple : la viande ovine française offre des niveaux de qualité, de prix et de marge supérieurs pour lui, mais la France ne produit qu’un tiers de la viande ovine qu’elle consomme. La grande distribution a donc tout intérêt à permettre aux éleveurs français de produire davantage, surtout si c’est sur la base d’un cahier des charges qu’elle établit elle-même. Dans ce contexte, les marques d’enseigne, telles que « Qualité Carrefour » remplacent et fédèrent les appellations et labels des différents terroirs. « La finalité de cette démarche n’est pas de s’opposer aux appellations locales mais de donner davantage de lisibilité pour le consommateur. Tous produits confondus, on ne compte pas moins de 117 appellations dans le seul département du Lot. Un supermarché ne peut pas gérer une telle diversité », a notamment expliqué Régis Dubourg, directeur des produits frais de Carrefour France.
Une première pour les rayons boucherie de Carrefour
Un autre point important est que c’est le premier partenariat de ce type pour les rayons boucherie de Carrefour France et de ses 231 hypermarchés. « D’une part, nous allons augmenter de plus de 20% nos volumes d’achat de viande ovine sur les trois prochaines années ; d’autre part, nous plaçons la barre plus haut en termes de qualité et nous allons plus que doubler la prime qualité versée aux producteurs », a précisé Alain Basquin, directeur des achats boucherie de Carrefour France. Dans la foulée de ce premier accord, quatre autres seront signés dans les mois qui viennent pour que l’enseigne puisse s’appuyer partout en France sur 2 800 producteurs de viande ovine aux normes « Qualité Carrefour ». Ce partenariat est également une aubaine pour l’entreprise gramatoise Destrel, filiale du Groupe Arcadie et 1er abatteur de moutons en France. Le fait de disposer constamment d’une visibilité à trois ans sur les volumes et les prix d’achat de Carrefour lui permet en effet d’envisager plus sereinement ses investissements à venir. 27 000 agneaux dès la 1ère année Cet accord prévoit que les Etablissements Destrel livreront 27 000 agneaux à Carrefour dès la première année, ce chiffre devant approcher 32 500 en 2013. A titre de comparaison, la production annuelle d’agneaux fermiers du Quercy en Label Rouge est de 50 000. Les volumes ne sont donc pas insignifiants. En 2008, à l’occasion du 25e anniversaire du Label « Agneau Fermier du Quercy », ce magazine avait consacré un dossier à cette filière (voir le site www.lot-cci-magazine.fr, numéro 144). L’analyse faisait notamment apparaître que le Lot compte bien plus de brebis que d’habitants (environ 250 000 contre 170 000 personnes). Un tel accord, fondé sur une fixation des prix en négociation avec tous les acteurs de la filière sur une durée des trois ans, rassure fortement les éleveurs engagés. Cette filière devrait donc connaître un nouvel essor, et sans doute permettre quelques nouvelles installations dans le Lot. •
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Champignons des Bois : un marchE insoupConnE
L’exploitation de la truffe est bien connue dans le Lot et elle va de la production jusqu’à la transformation, ce qui a permis la création d’une véritable filière. Mais il existe d’autres champignons, comme les morilles, les girolles, les cèpes, les trompettes de la mort, etc. Comment est organisée cette activité ? Rappel des enjeux et présentations de deux exemples : la principale société lotoise uniquement spécialisée dans ce domaine, la Compagnie du Champignon Sylvestre et le conserveur Bois & Maury.


Les champignons des bois sont tous liés au « ramassage », donc l’activité dépend fortement des lieux de récolte et de la main d’œuvre disponible. Contrairement à la filière truffe ou aux champignons de couches (champignons de Paris), les statistiques sur les volumes n’existent pas et les entreprises de ce secteur d’activité sont difficiles à recenser. Les prix de ces champignons sont variables, mais suffisamment attractifs pour susciter les vocations. Plusieurs laboratoires ou entreprises cherchent encore à produire plus régulièrement ces champignons des bois (par exemple la morille, dans le cas de la société Biohainault), mais les résultats sont aujourd’hui peu convaincants.

De fait, les champignons des bois sont récoltés en partie dans nos forêts mais ils sont surtout importés d’un peu partout en Europe, en Amérique ou en Asie. Ils sont vendus frais en saison mais aussi séchés ou en conserves. La principale entreprise lotoise de ce secteur est la Compagnie du Champignon Sylvestre. Les autres entreprises actives possèdent une autre activité : truffes, conserverie, plats cuisinés, etc.

Quelques entreprises du champignon dans le Lot (liste non exhaustive) :

  • Camille des Lys, à Autoire
  • Maison Tauran, à Bannes
  • Conserverie Josette Maury, à Biars-sur-Cère
  • Compagnie Champignon Sylvestre, au Vigan
  • Max Cayre à Reilhaguet
  • Le Hameau des Saveurs, à Maxou
  • Godard-Chambon & Marrel, à Souillac et Gourdon
  • Valette foies gras
  • Conserveries Puy Lambert
  • Sudreau
Champignons sauvages : Une activité souvent complémentaire
champignons

La filière des champignons sauvages a permis le développement de nombreux métiers, mais est rarement une activité unique ou principale pour les entreprises lotoises impliquées. Explication, avec l’exemple du « conserveur » Boy & Maury.

Par définition, le champignon sauvage n’est pas près d’être dompté. Pour une entreprise qui serait complètement dépendante de cette seule activité sur un territoire de récolte limité (le Sud-Ouest, la France, l’Europe de l’ouest, etc.), le chiffre d’affaires est donc logiquement aléatoire. Dans ce secteur, les variations ne sont pas liées à la demande, mais à l’offre. L’expérience de l’entreprise Boy et Maury (voir pages 24 et 25 dans le numéro 135 d’Entreprendre) illustre parfaitement cette remarque. Dès sa création en 1945, la société lotoise a voulu être également un « conserveur » des champignons rois des forêts du Sud-Ouest, comme les cèpes ou les girolles. Mais les dirigeants avisés n’ont jamais voulu que l’entreprise dépende trop de cette unique activité, dont on ignore encore l’importance à quelques semaines de la récolte. En la matière, les estivants et les professionnels du champignon sylvestre ont souvent des attentes diamétralement opposées : tandis que les premiers aspirent à des étés ensoleillés, les seconds se satisfont pleinement de mois d’août bien humides. Ainsi, l’été 2006, considéré par les météorologues comme le moins clément de la dernière décennie, a permis la plus belle récolte de cette période. Depuis, trois étés plutôt cléments ont conduit à de bien maigres récoltes. « Pour éviter ces aléas, nous aurions pu opter pour des importations massives, mais nous préférons rester spécialisés dans les champignons du Quercy, du Périgord, du Limousin, ou encore du reste de la France, explique Josette Maury, Directrice de la conserverie du même nom. Dans tous les cas, nous précisons clairement l’origine des champignons sur nos conserves ». A l’exception notable de Compagnie Champignon Sylvestre (voir pages suivantes), le commerce de champignons sauvages n’est pas une activité principale, mais complémentaire. En l’occurrence, les différents intervenants lotois ont opté pour un créneau spécifique : importation, distribution de produits frais, transformation, intégration à des plats cuisinés, etc.

COMPAGNIE DU CHAMPIGNON SYLVESTRE

Une poussée comme après la pluie

Patrick Thocaven a mesuré d’emblée le fort potentiel de la SARL Compagnie du Champignon Sylvestre qu’il a rachetée en 2006. Installé dans son nouveau bâtiment, près du Vigan, et appuyé sur une structure roumaine qui assure les approvisionnements, il a su diversifier ses marchés dans toutes les directions. Dès cet automne, il se rapprochera d’un petit conserveur lotois pour cuisiner en France une part de la production.d

Quand il a fondé la Compagnie du Champignon Sylvestre en 1997, M. Barbès ne vendait que des produits frais. Neuf ans plus tard, il cédait son affaire à Patrick Thocaven, lequel souhaitait enclencher une forte montée en puissance. Mission accomplie puisque depuis la reprise intervenue en 2006, la Compagnie affiche une progression de 30 % par exercice. Elle commercialise désormais des champignons - cèpes, giroles, morilles... - sous une grande variété de présentations : surgelés, séchés, en conserves, cuisinés. « Sous cette dernière forme, le marché du champignon se développe très fort depuis six ou sept ans. C’est ce qui m’a incité à tenter l’expérience », constate Patrick Thocaven. A l’évidence, cet élargissement des gammes s’est traduit par une explosion de la société dans son ensemble. Dont le symbole manifeste réside dans le très bel outil de travail récemment implanté près du Vigan sous forme d’atelier-relais : dans les différentes chambres froides sont rassemblés les produits en provenance de Roumanie, en partie conditionnés, puis expédiés vers les consommateurs via plusieurs circuits de commercialisation. A l’origine donc, on trouve les paysans des Carpates. Leur récolte, classée en catégories suivant la qualité et la destination future, est concentrée dans une unité moderne, implantée en Roumanie. Là, sur 4 000 mètres carrés, quatre à cinq tonnes de cèpes arrivent chaque jour. Les champignons y sont lavés, découpés, surgelés, mis en conserves ou séchés. « Après avoir découvert cette installation performante et aux normes, servie par une soixantaine de professionnels, j’ai décidé de m’associer avec son dirigeant. Mais la personne-clé du système est mon ingénieur production et qualité, Laurent Haas. Ancien de la maison Valette, c’est lui qui maîtrise les opérations entre la Roumanie et Le Vigan », souligne Patrick Thocaven (en photo ci-dessous).
Le stockage est assuré en grande partie dans le pays d’origine. Dès que nécessaire, un camion de 15 tonnes fait la liaison en trois jours. « Nous ne disposons que de 50 à 70 tonnes de stock-tampon dans un ancien dépôt près d’ici, il faudra songer rapidement à étoffer ces capacités », ajoute le chef d’entreprise. D’autant que côté achats, l’heure est à la diversification vers la Turquie, la Russie, l’ensemble des pays de l’Est européen.

Des plats cuisinés « made in Lot »

Déjà bien travaillée, en partie conditionnée, toute la production arrive dans le Lot. Mais très bientôt, le chef d’entreprise va lancer une fabrication française : des plats cuisinés seront élaborés à Maxou, au Hameau des Saveurs, sous la houlette de Michel Monteil. « Depuis 2008, il imagine des recettes pour nos produits. Dès septembre, nous commercialiserons des cèpes cuisinés à la graisse de canard, des champignons sauvages des bois en persillade et autres plats succulents, conditionnés en bocaux. Nous avons déjà trois contrats avec des enseignes nationales pour ce genre d’article. Nous visons les trente tonnes dès la première année », anticipe Patrick Thocaven. Cette initiative va dans le sens d’un double objectif : faire avancer les produits transformés en France, développer les offres d’articles élaborés vers la restauration et les grandes surfaces spécialisées (GMS). Sur ces créneaux, le dirigeant affirme ne pas craindre la concurrence : selon lui, les produits chinois couramment proposés ne peuvent rivaliser en qualité. Car son credo aujourd’hui, c’est de limiter la part des produits à fort volume mais à petite marge comme ceux destinés aux industriels, pour favoriser la qualité. Illustrant déjà ces propos, la marge a grimpé de 4,5 % en 2009. «Nous devons gagner de l’argent pour rembourser l’investissement dans un outil de travail qui coûte cher », note-t-il. Actuellement, sur un total de 350 tonnes annuelles, la société viganaise met sur le marché 60 % de champignons surgelés, principalement vers les grossistes et les enseignes majeures des grandes surfaces sur de gros contrats nationaux. La conserve atteint 25 %, soit plus de 100 000 boîtes de cèpes destinées à la restauration, la GMS, les magasins. Le sec représente, lui, 15 % du flux global.

e dirigeant affirme ne pas craindre la concurrence : selon lui, les produits chinois couramment proposés ne peuvent rivaliser en qualité. Car son credo aujourd’hui, c’est de limiter la part des produits à fort volume mais à petite marge comme ceux destinés aux industriels, pour favoriser la qualité. Illustrant déjà ces propos, la marge a grimpé de 4,5 % en 2009. «Nous devons gagner de l’argent pour rembourser l’investissement dans un outil de travail qui coûte cher », note-t-il. Actuellement, sur un total de 350 tonnes annuelles, la société viganaise met sur le marché 60 % de champignons surgelés, principalement vers les grossistes et les enseignes majeures des grandes surfaces sur de gros contrats nationaux. La conserve atteint 25 %, soit plus de 100 000 boîtes de cèpes destinées à la restauration, la GMS, les magasins. Le sec représente, lui, 15 % du flux global.

La Compagnie du Champignon Sylvestre en bref :
- SARL fondée en 1997,
- reprise en 2006 par Patrick Thocaven.
- Effectifs : 60 salariés en Roumanie,
- 10 au Vigan.
- Surfaces couvertes : 4 000 mètres carrés en Roumanie,
- 1 200 au Vigan.
- Production totale champignons : 350 tonnes annuelles.
- Dont 60 % surgelé, 25 % conserve, 15 % sec. Marchés : GMS et grossistes 40 %, restauration hors - foyer 30 %, industrie (plats cuisinés) 30 %.
- Progression annuelle : autour de 30 %.
- Progression estimée pour 2010 : près de 35 %.

conditionnés à la marque du distributeur, notamment pour les préparations haut-de-gamme. En complément d’activité, la Compagnie du Champignon Sylvestre livre une trentaine de tonnes de tomates séchées pour les industriels, ainsi que des asperges vertes du Chili en surgelé. « Avec ces légumes, nous ne faisons que suivre la demande de la GMS, sur des produits pour lesquels nous disposons du savoir-faire », précise Patrick Thocaven. En termes de proche avenir, le dirigeant annoncerait plutôt une stabilisation. « Cela va plus vite que prévu, nous devons conserver une capacité d’anticipation mais aussi poser notre affaire », admet-il. Son staff comprend trois agents commerciaux, en charge de la GMS, des industriels et des grossistes. Lui même assure personnellement 45 % de la démarche commerciale : une façon de garder un contact précieux avec les réalités du terrain. • Pour ne citer qu’un exemple, la centrale Leclerc Socamil de Toulouse progresse en ventes de champignons surgelés de 25 % par an. Le groupe Casino, lui, privilégie la conserve. Les différents produits sont livrés en France, Belgique, Luxembourg, Suisse

SARL RANDOLINE :
La randonnEe en Ane accessible aux personnes handicapEes

Créée en 2008, la SARL Randoline a conçu et commercialise un ingénieux véhicule, tracté par un âne ou un poney, pour la promenade et la randonnée des personnes à mobilité réduite. Cette jeune entreprise propose également toute une gamme de matériels pour la randonnée en âne, fabriqués dans les règles de l’art et le respect de la tradition par des artisans locaux. Portrait.


En 2006, dans le nord de l’Espagne, nous avons fait la connaissance d’une personne
handicapée extraordinaire. Elle était partie d’Allemagne, son pays d’origine, et se rendait à Saint-Jacques de Compostelle sur un ingénieux fauteuil à trois roues actionné par un pédalier
manuel », raconte Josette Chevolleau, gérante de la SARL Randoline, implantée à Montdoumerc. Avec son compagnon, Jacques Clouteau, écrivain voyageur passionné par les ânes, ils nourrissent alors le projet de concevoir un véhicule qui puisse être tracté par un âne ou un petit cheval et permette aux personnes à mobilité réduite de découvrir ou redécouvrir les plaisirs de la randonnée. Le premier prototype de ce véhicule, baptisé la Randoline, est réalisé par un passionné de mécanique et testé dans des conditions extrêmes. « Nous avions deux impératifs : le confort et, surtout, la sécurité du passager », souligne Josette Chevolleau. En l’occurrence, la Randoline est équipée d’amortisseurs et de suspensions réglables, mais également d’un système de frein et d’un dispositif de séparation d’urgence breveté qui permet, en cas de nécessité, de décrocher l’âne du véhicule en actionnant une simple poignée.« Il faut bien comprendre que la Randoline n’est pas un attelage, elle n’a pas de rênes, poursuit-elle. Une personne accompagnante doit marcher à côté de l’âne en tenant la longe pour le guider sur le chemin. Dans les faits, l’intérêt de ce véhicule est qu’il permet à la personne à mobilité réduite d’être, elle aussi, proactive, notamment en freinant si cela s’avère nécessaire. De son côté, l’âne qui est un animal doux et protecteur tracte la Randoline et participe à la cohésion affective de l’équipe.

Fabrication 100 % locale

Fin 2008, les premières Randolines de série sortent des ateliers d’une PME Caussadaise. Et dès le printemps 2009, Josette Chevolleau et Jacques Clouteau entament une vaste tournée de prospection. Ils participent à de nombreuses foires aux ânes, vont à la rencontre des âniers professionnels et des associations dédiées aux personnes handicapées, dans toute la France mais aussi en Suisse, en Belgique et aux Pays Bas, pour leur présenter la Randoline. Depuis, ils ont également mis en place une journée découverte de la Randoline, en partenariat avec le gite de Poudally, implanté sur la commune de Lalbenque à deux pas du GR65, chemin de Saint- Jacques de Compostelle, et qui dispose de deux ânes. « Les personnes intéressées peuvent ainsi découvrir la Randoline en situation réelle, en empruntant un itinéraire d’une quinzaine de kilomètres à travers les sentiers du Causse », explique Josette Chevolleau. Pour se diversifier, l’entreprise a créé récemment une gamme complète de matériel pour randonner avec un âne, dont un bât réglable en largeur en fonction de la morphologie de l’animal, des sièges pour enfants, des sacoches étanches, des colliers d’attelage et de traction… « Nous privilégions la qualité, la solidité et l’esthétique, assure Josette Chevolleau. Ainsi, toutes nos fabrications sont artisanales et réalisées dans les règles de l’art et le respect des traditions. De la même manière, nous avons choisi de faire du commerce équitable local et de promouvoir l’économie rurale en faisant travailler les artisans de notre terroir.»

Un site Internet en cinq langues

Pour se faire connaître en France et à l’étranger, la jeune entreprise s’est dotée d’un site Internet décliné en cinq langues : français, anglais, italien, néerlandais, espagnol et allemand. Toute la gamme des produits y est présentée, mais on peut également y découvrir des rubriques thématiques, émaillées de conseils pratiques, sur les randonnées avec un âne et sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, ainsi qu’une vidéo de démonstration de la Randoline. Aujourd’hui, cet ingénieux véhicule qui est commercialisé au prix de 6 000 euros HT (TVA à 5,5 %) a conquis ses premiers clients parmi les âniers professionnels, les centres équestres et les structures qui œuvrent en faveur des personnes en situation de handicap. « L’idéal serait de parvenir à commercialiser une douzaine de Randolines par an, nous n’en sommes pas bien loin, ajoute Josette Chevolleau. Cela nous permettrait à terme d’embaucher un ou deux salariés, probablement des travailleurs handicapés… » •

COMMERCE ASSOCIÉ EN ARTICLES DE SPORT //
Trois grandes enseignes s’affichent dans le Lot

Créée en 2008, la SARL Randoline a conçu et commercialise un ingénieux véhicule, tracté par un âne ou un poney, pour la promenade et la randonnée des personnes à mobilité réduite. Cette jeune entreprise propose également toute une gamme de matériels pour la randonnée en âne, fabriqués dans les règles de l’art et le respect de la tradition par des artisans locaux. Portrait.


Les français aiment de plus en plus le sport… Ainsi, 61 % de nos compatriotes déclaraient en mars 2008 s’adonner à une pratique sportive, contre seulement 55 % en 2005 (sondage Groupe 76-Reed Expositions / Ipsos). Cette progression concernait, en outre, toutes les catégories démographiques. Et si les tensions économiques n’ont pas épargné ce secteur, les français ont continué de fréquenter les magasins de sport malgré la crise. Dans les faits, le marché des articles de sport en France a généré un chiffre d’affaires de 9,1 milliards d’euros en 2009, légèrement en replis (- 0,5 %) par rapport à 2008 (source : Fédération Professionnelle des entreprises du Sport et des loisirs / FPS). Un bilan qu’il convient toutefois de nuancer, car si les acteurs « non spécialistes » (grandes surfaces alimentaires, magasins de prêt à porter…) ont vu leur chiffre d’affaires régresser de 5,5 % sur la période, le commerce spécialisé a réussi à tirer son épingle du jeu, en affichant une croissance positive de 1 %. A l’échelle nationale, Decathlon, Intersport, GoSport et Sport 2000 figurent dans le quatuor de tête des enseignes. Deux d’entre elles sont présentes dans le Lot, où le commerce des articles de sport est aussi représenté par trois acteurs indépendants (boutiques de moins de 200 m2) à Prayssac, Souillac et Saint-Céré. Le commerce associé en articles de sport fédère, quant à lui, trois magasins aux couleurs d’Intersport à Cahors, Gourdon et Capdenac-Le-Haut, ce dernier ayant ouvert ses portes en mars 2010. L’enseigne Sport 2000 est représentée par deux magasins implantés à Cahors et Saint-Céré. Enfin, depuis le mois d’août, l’enseigne Twinner s’affiche elle aussi dans notre département. Nous vous présentons dans les pages suivantes les témoignages de quatre de ces professionnels passionnés par leur métier.

Répartition du marché national par circuits de distribution

  • Commerces associés, franchisés
  • Commerces intégrés (GSS)
  • Autres commerces spécialisés
  • VPC
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Yann Cierniewski, dirigeant de deux magasins associés au réseau Intersport, à Gourdon et Capdenac-Le-Haut : « Nous réalisons une part croissante de notre chiffre d’affaires avec les marques du groupe Intersport »

Vous avez inauguré en mars dernier un second magasin aux couleurs d’Intersport.
Quel premier bilan en tirez-vous ?
«L’ouverture de notre magasin de Capdenac-Le-Haut s’est très bien passée et nous avons un bon retour de la part de la clientèle. Nos deux points de vente disposent d’une offre “textile/ chaussure“ importante. Toutefois, en raison de sa superficie (580 m2), le magasin de Gourdon propose une gamme “matériel” variée (randonnée, équitation, musculation, sport de raquette, sport collectif), mais plus réduite que celle du magasin de Capdenac (1 145 m2). Ce dernier comprend en effet un vaste rayon cycle avec un atelier de réparation, un rayon bain à l’année, ainsi que des rayons musculation / fitness, randonnée, équitation, sport de raquette et sport collectif qui offrent un choix de produits particulièrement large. »
Le groupe Intersport vous a-t-il accompagné dans la mise en œuvre de ce concept ?
« Tout à fait. Nous avons notamment bénéficié de l’assistance du bureau d’étude de la centrale Intersport qui intervient en amont des implantations pour analyser la viabilité des projets. Nous avons également été accompagnés par le service communication pour l’ouverture du magasin et la mise en œuvre du merchandising de l’enseigne sur le site. »
Au quotidien, quels avantages tirez-vous de votre statut de commerçant associé ?
« Tout d’abord, nous avons accès à la centrale d’achat du groupe qui référence tous les grands fabricants du secteur. Nous avons également la possibilité de distribuer la gamme des marques propres à Intersport - Mc Kinley (randonnée et montagne), Tecno Pro (ski, tennis, ping-pong, piscine), Etirel (sportswear), FireFly (mode) - qui s’est beaucoup étoffée ces dernières années et offre un excellent rapport qualité / prix. Par ailleurs, nous relayons les opérations nationales de promotion de cette enseigne très dynamique, et nous montons des opérations à l’échelle de la région. Par exemple, nous avons lancé l’opération recyclage. Le principe : le client qui nous ramène un vieux vélo se voit offrir un bon d’achat pour un vélo de son choix. Le vieux vélo est remis en état par nos soins et offert à une œuvre caritative (l’association Emmaüs à Capdenac). Enfin, nous avons le projet de proposer à nos clients un nouveau service via le site Internet d’Intersport, qui permettra d’acheter ou de réserver en ligne les produits de nos magasins de Gourdon et Capdenac. »

Le groupe Intersport La société française Groupe Intersport est une coopérative qui réunit plus de 555 points de vente en France réalisant un chiffre d’affaires au détail de plus de 1,1 milliard d’euros sur l’année 2008. Les sociétaires du Groupe gèrent des magasins aux enseignes Intersport, Sport Expert, La Halle au Sport, Sport Leader et Shooz. De son côté, Intersport International est pré sent dans 35 pays avec plus de 5 000 magasins.

Source : www.intersport.fr

INTERSPORT DE GOURDON : Date de création : 2003 (à l’origine magasin de 120 m2 en centre ville) Surface de vente : 580 m2
Nombre de salariés : 8

INTERSPORT DE CAPDENAC-LE-HAUT : Date de création : mars 2010 Surface de vente : 1 145 m2 Nombre de salariés : 14

INTERSPORT DE CAHORS : Date de création : 1999 Surface de vente : 1 240 m2
Nombre de salariés : 20

Marc Esculié, dirigeant du magasin Twinner à Figeac :
« Nous sommes le premier point de vente Twinner dans le Lot »

Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre métier ?

« Aujourd’hui, le marché nous impose de faire preuve de beaucoup de dynamisme commercial et de nous remettre en question en permanence. Dans ce contexte, être membre d’un groupement est un atout certain. Cela nous permet en particulier de bénéficier d’un effet « volume » sur les commandes, et donc d’accéder à de meilleurs taux de remise sur les produits. De la même manière, nous disposons de moyens mutualisés pour mener à bien des opérations publicitaires et de promotion. »

Après avoir été associé pendant 11 ans au groupe Sport 2000, vous venez d’intégrer le réseau Twinner. Pourquoi ?
« C’est un réseau à taille humaine, bien implanté en montagne et qui développe son réseau d’enseignes en plaine. Le challenge est intéressant, d’autant que nous sommes à ce jour le seul point de vente Twinner dans le Lot. Ce groupement pro attirent de nombreux marcheurs, mais également les labels running et tennis. Nous continuons toutefois à proposer une gamme sportswear (femme, homme et enfant), car nous avons une clientèle fidèle sur ce segment. Par ailleurs, en termes de stratégie de communication et de promotion, nous allons privilégier les opérations locales et proposer de nouveaux services de fidélisation de la clientèle. »
Depuis le mois d’août, votre magasin offre un tout nouveau visage…
« Nous avons en effet profité de l’été pour transformer notre boutique, l’habiller d’une nouvelle façade aux couleurs de Twinner et redessiner sa configuration intérieure. Nous avons supprimé les hautes gondoles qui cloisonnaient l’espace, opté pour un agencement plus rationnel des produits, mis en place des gondoles en épi et aménagé l’espace chaussures à l’étage… L’objectif était de concevoir un magasin plus dynamique qui donne envie de découvrir. Nous avons été conseillés dans cette démarche par notre animateur Twinner. A l’occasion de l’inauguration, nous avons installé durant quelques jours un rocher artificiel permettant de s’initier à l’escalade. »

Le groupe Twinner Créé en octobre 2000, Twinner est issu de l’en seigne Technicien du sport lancée par un groupe de commerçants en 1982. Elle regroupe à ce jour plus de 250 magasins de proximité en France. En dehors des stations de sport d’hiver, les magasins Twinners sont surtout implantés dans des villes de petite et moyenne taille. L’enseigne développe par ailleurs une activité de location de ski.

Source : www.twinner-sports.com

TWINNER DE FIGEAC : Date de création : 1999 (sous l’enseigne Sport 2000 pendant 11 ans) Surface de vente : 990 m2 Nombre de salariés : 5

Lydie Pierrich, dirigeante du magasin Sport 2000 à Cahors :
« La griffe Sport 2000 rassure les clients »

Quelle est votre perception de l’évolution du marché et de la concurrence ?
« Les comportements d’achats sont plus difficiles à anticiper, ils ont évolué sous l’influence du marché qui est, lui-même, en pleine mutation (développement des ventes sur Internet, nouvelle règlementation des soldes…). Quant à nos concurrents, ils sont aujourd’hui issus d’horizons très divers : les autres enseignes spécialisées, mais aussi les e-commerçants, la grande distribution, les boutiques de vêtements ou de chaussures… Nous pensons toutefois que la concurrence est saine et nécessaire. Tout monopole est à bannir, à nous de nous distinguer. »
Justement, quelle est votre stratégie ?
« Nous sommes une entreprise familiale qui apporte sa pierre à l’économie locale. A ce titre, nous sommes bien Le groupe Sport 2000 France a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 617 M€. L’enseigne a ouvert 14 nouveaux points de vente en plaine et 22 en montagne, totalisant 502 magasins. De son côté, Sport 2000 International qui fédère plus de 3 800 points de vente dans 24 pays a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de près de 5 milliards d’euros.

Source : www.sport2000.fr

SPORT 2000 DE CAHORS :
Date de création : 1994
Surface de vente : 600 m2 Nombre de salariés : 7

SPORT 2000 DE SAINT-CÉRÉ :
Date de création : 1986
Surface de vente : 200 m2
Nombre de salariés : 4

Implantés dans le tissu des collectivités et des associations, avec lesquelles nous participons à de nombreuses opérations de partenariat et de sponsoring. Dans notre boutique, nous avons notamment développé l’espace sports collectifs. Nous sommes par ailleurs très attentifs à la compétence de nos équipes et à la qualité du conseil et du service délivré au client. »
Pourquoi avoir choisi de vous associer au réseau Sport 2000 ?
«Nous sommes fidèles à ce réseau depuis 1994. C’est une enseigne qui jouit d’une grande notoriété et d’une image de qualité. Elle offre des repères aux clients et contribue à les rassurer. D’autre part, nous apprécions sa souplesse de fonctionnement. Concernant les achats par exemple, nous participons à des journées de pré-référencement organisées par la centrale, qui nous permettent de sélectionner les grandes marques incontournables, mais nous travaillons également avec de petits fournisseurs locaux, tels que Polar à Biarritz ou TopTex à Toulouse. En termes de communication, nous bénéficions des retombées des campagnes nationales de l’enseigne, très présente dans l’univers du football et du hand. Nous avons, en outre, la possibilité de participer à des journées de formation aux techniques de vente, ce qui est particulièrement intéressant pour les jeunes recrues. Surtout, Sport 2000 nous apporte une réelle dynamique commerciale et de merchandising. » •

Didier Herzog, dirigeant du magasin Sport 2000 à Saint-Céré : « Une orientation vers des produits techniques »
Vous avez repris, avec votre épouse Véronique, le magasin Sport 2000 à Saint-Céré, il y a cinq ans, que diriez-vous de l’enseigne Sport 2000 ?
« Avec la nouvelle politique commerciale de la centrale, Sport 2000 repart sur de nouvelles bases et va axer davantage l’assortiment vers des produits techniques “sport” et moins sur le sportwear. A Saint-Céré, le magasin oriente ses efforts vers les produits techniques de sport collectif “rugby” et “foot” ou le running et le tennis. »