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Entreprendre CCI du Lot n°154
Les services fiscaux dans le Lot : Objectif simplification des dÉmarches des entreprises
Depuis près de 10 ans, le Lot s’est inscrit dans une démarche de simplification de ses relations avec les entreprises avec la création des services des impôts des professionnels.
Historiquement le professionnel devait s’adresser à deux services différents pour déclarer et payer ses impôts. Désormais chaque entreprise peut réaliser ces mêmes démarches au sein d’une même structure : le service des impôts des entreprises. Cette offre a été étendue dès cette année pour le département du Lot pour le paiement de la taxe professionnelle. Ainsi les entreprises lotoises dépendent, pour leurs déclarations et leurs paiements selon leur chiffre d’affaires, soit de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) soit des Services des Impôts des Entreprises (SIE).
11 000 entreprises dans le Lot et 50 agents à leur écoute.
Les services fiscaux du Lot gèrent plus de 11 000 dossiers professionnels, toutes professions et statuts juridiques confondus.

L’accueil des professionnels par les services fiscaux du Lot est possible sur les 3 sites de Cahors, Figeac et Gourdon avec des horaires d’accueil élargis du lundi au vendredi et la possibilité d’être reçu sur rendez-vous.
Peut-on encore simplifier les démarches des entreprises ? « Oui, après la création de l’interlocuteur unique l’offre de services en ligne va être élargie et va concerner un plus grand

nombre d’entreprises », précise Michel Touzeau, Chef de service Comptable au Service des Impôts des Entreprises de Cahors. Cette offre de service aux entreprises, accessible depuis de site www.impots.gouv.fr, facilitera l’accès à leur compte fiscal et les démarches déclaratives ou de paiement. Déjà 25% des entreprises ont télé-déclaré et télé-payé leur TVA en 2009 et cette proportion va fortement progresser d’ici la fin de l’année, car toutes les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros devront obligatoire ment adopter le télépaiement à partir d’octobre 2010 (voir encadré). Avec cette nouvelle évolution, plus de la moitié des recouvrements des impôts des entreprises devrait bientôt être réalisée via Internet. Par ailleurs et afin de toujours améliorer les relations avec l’usager professionnel, les agents des impôts consacrent une grande partie de leur temps au suivi et au conseil des entreprises comme cela est le cas notamment dans la mise en oeuvre du « plan de relance de l’économie ».
Entre 2 000 et 3 000 entreprisesaccueillies chaque année
Les entreprises lotoises ou leurs représentants experts-comptables sont actuellement reçus par les services des impôts des professionnels. Les entreprises qui viennent dans les services s’exposent-elles à un contrôle fiscal ?
Non, le SIE est un avant tout un service de gestion et non de contrôle. « Cela ne signifie pas, précise Caroline Périé, Inspectrice Principale, Déléguée à la Communication, que nous ne travaillons pas en étroite collaboration avec les services de
contrôle mais cela concerne un nombre limité d’entreprises dont certaines sont défaillantes dans leurs obligations déclaratives et de paiement ou dont l’activité serait occulte. Nous ne pouvons donc que conseiller aux entreprises de prendre contact avec nos services le plus en amont possible de leurs difficultés »
Attestations fiscales : autant de fois que vous voulez, 7/7 jours et 24/24 heures
Les entreprises qui répondent régulièrement à des appels d’offres publics connaissent le problème : une attestation de leur situation fiscale est systématiquement exigée, mais les services fiscaux limitaient leur édition, à une impression par an le plus souvent. Les démarches pouvaient donc devenir complexes pour les entreprises qui n’avaient pas conservé l’original du précieux sésame. Désormais, la règle est la suivante : toutes les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) et à la TVA peuvent imprimer cette attestation autant de fois que nécessaire. Elles doivent aller sur l’espace abonnés du site des impôts et cliquer sur « consulter mon compte fiscal ».
Dématérialisation : les nouvelles règles
A compter du 1er octobre 2010, le seuil de télé-déclaration et de télé-règlement de la TVA ainsi que les taxes annexes et assimilées, fixé actuellement à 760 000 € hors taxes de chiffre d'affaires ou de recettes réalisées au titre du dernier exercice clos, sera abaissé à 500 000 €. L’obligation inclut par ailleurs la télétransmission des demandes de remboursement de crédit de taxe pour les mêmes entreprises. En matière d’impôt sur les sociétés et de taxe sur les salaires, le télé-règlement est rendu obligatoire pour les entreprises dont le chiffre d’affaires hors taxes dépasse ce même seuil. Par ailleurs, un nouvel abaissement du seuil est d’ores et déjà programmé pour 1er octobre 2011 à un chiffre d’affaires de 230 000 €. Actuellement, 57 % des adhérents à la télé-déclaration et au télé-règlement de TVA ont choisi volontairement cette formule.
Un dynamisme avÉrÉ
L’enclavement routier du nord-est du Lot ne concerne pas uniquement les grandes unités de production et les transporteurs routiers. Ce dossier précise les évolutions de ce territoire, qui connaît à la fois une situation de quasi plein emploi et un vieillissement de sa population. C’est également un pôle commercial important, qui imagine de nouvelles solutions pour limiter l’évasion commerciale. Panorama.
L'actualité du bassin économique de Bretenoux/Biarssur-Cère/Saint-Céré reste associée au choix prochain du tracé d’une liaison plus rapide vers l’autoroute A20. Ce dossier propose de rappeler que la nécessité de ce désenclavement routier n’est pas le choix d’une seule et unique entreprise – Andros – mais une nécessité exprimée par la grande majorité des entreprises de ce pôle économique et commercial qui, au-delà des limites administratives des cantons, recouvre logiquement plusieurs communes du sud de la Corrèze. En l’occurrence, ce territoire ne compte pas « une », mais près de 700 entreprises qui emploient environ 4 000 salariés, dont de nombreux commerces. Il était bon de préciser que, au-delà de sa locomotive historique de l’industrie agroalimentaire, ce tissu dynamique (la zone est pratiquement en situation de plein emploi) a son propre avis sur la gestion des infrastructures et la stratégie commerciale à mener, notamment pour limiter l’évasion commerciale vers la grande agglomération voisine, Brive-la-Gaillarde. Mais avant de donner la parole à différents acteurs économiques locaux, il importe de se remémorer quelques données de base sur l’évolution de ce bassin et de sa population.
Découpage administratif et réalités économiques
Le bassin économique qui s’est développé autour de Bretenoux recouvre 6 cantons du nord du Lot et 2 du sud de la Corrèze. Les statistiques étant fondées sur le découpage administratif, les chiffres qui suivent concernent les deux cantons de Bretenoux et de Saint-Céré, qui sont également des communautés de communes (seule la commune de Mayrinhac Lentour n’est pas intégrée à la communauté de communes de Saint-Céré). Outre les deux zones d’activité majeures de Biars-sur-Cère et Saint-Céré, ce territoire réunit la zone d’activité à caractère commercial Actipôle à Saint-Laurent-les-Tours, les zones d’activité de Loubressac, Puybrun et Laval-de-Cère, ainsi que les trois pôles commerciaux de Saint-Céré, Biarssur-Cère et Bretenoux.
Zone d’activitÉ de Biars-sur-CÈre : Une dynamique sous-estimÉe


Si l’on prend du recul pour observer le bassin économique du nord du Lot d’un point de vue national, voire européen, on constate que les non autochtones n’ont dans le meilleur des cas qu’un nom en tête : Andros, leader européen de la confiture. Et après ?
Ce dossier a justement pour but de rappeler que le tissu économique de ce territoire s’est forgé sa propre dynamique et compte près de 700 TPE et PME, dont très peu sont des sous-traitants du géant Andros. Quelle est leur avis sur la meilleure façon de désenclaver cette partie du Lot ?
Dans les pages qui suivent, on trouvera à la fois les

données sur l’évolution de la démographie, de l’économie ou de l’activité touristique du nord du Lot, et les témoignages d’industriels et d’acteurs du commerce. Pour tous ceux qui vivent à cet endroit, s’y rendent régulièrement ou le découvrent, il faut également rappeler qu’au-delà de son coeur économique (Biars-sur-Cère), les pôles touristiques de Bretenoux et de Saint-Céré restent les capitales locales au niveau administratif (cantons ou communautés de communes, notamment). Enfin, le terme de « délocalisation » est utilisé ici avec prudence.Beaucoup se souviennent du grand bruit causé par le déplacement de l’entreprise Gerson (connue par l’enseigne commerciale « Pierrot Gourmand ») de Biars-sur-Cère vers la Corrèze voisine. Il s’agissait d’une « délocalisation » de moins de 10 kilomètres. Au final, plus des deux tiers des 207 salariés de l’entreprise habitent dans le nord du Lot et elle a été remplacée par l’enseigne Tradifrais (notamment la marque « Bonne Maman »), qui emploie plus de 100 salariés. Le bilan est que le nord du Lot a gagné plusieurs dizaines d’emplois salariés. Mais comme le confirment les différents acteurs économiques qui s’expriment dans ce dossier, tout cela serait plus facile avec une liaison plus rapide et plus sécurisée vers l’autoroute A20.
Informations dÉmographiques sur les cantons de Bretenoux et de Saint-CÉrÉ
  • Population :
    • Canton : Bretenoux
    • 1999 : 8 081
    • 2006 : 8 574
    • % Evolution : + 6,1

    • Canton : Saint-Céré
    • 1999 : 7 418
    • 2006 : 7 535
    • % Evolution : + 1,6

    • Total
    • 1999 : 15 499
    • 2006 : 16 111
    • % Evolution : + 3,9
    • 2006 LOT : 169 53
    • % Pop cantons/ Pop Lot : 9,5
  • Ménages (résidences principales) :
    • Canton : Bretenoux
    • 1999 : 3 496
    • 2006 : 3 836
    • % Evolution : + 9,7

    • Canton : Saint-Céré
    • 1999 : 3 257
    • 2006 : 3 523
    • % Evolution : + 8,2

    • Total
    • 1999 : 6 753
    • 2006 : 7 359
    • % Evolution : + 9,0
    • 2006 LOT : 76 191
    • % Pop cantons/ Pop Lot : 9,6
Les cantons de Bretenoux et de Saint-Céré comptaient 16 111 habitants en 2006, soit 9,5% de la population lotoise. La population est regroupée en 7 359 ménages (taille moyenne d’un ménage : 2,2 personnes). Ce nombre correspond au nombre de logements principaux. Le nombre des résidences secondaires représente 1 726 logements et a augmenté de 7,5% entre les deux recensements de l’INSEE. Si l’on compare ce chiffre aux 7 359 logements principaux (un logement correspond à un ménage, voir tableau précédent), le parc de résidences secondaires représente plus de 19 % de l’ensemble des logements (principaux et secondaires des deux cantons). La population semi-résidente qui vient séjourner dans le Lot entre avril et novembre de chaque année constitue une clientèle importante du commerce lotois.
Population par tranche d’Âge des deux cantons en 2006
    • BRETENOUX
      • Nombre
        • 0 à14 ans : 1380
        • 15 à 29 ans : 1 099
        • 30 à 44 ans : 1 746
        • 45 à 59 ans : 1 798
        • 60 à 74 ans : 1 487
        • 75 ans et + : 1 066
        • TOTAL : 8 576
        %
        • 0 à14 ans : 16,1
        • 15 à 29 ans : 12,8
        • 30 à 44 ans : 20,4
        • 45 à 59 ans : 21,0
        • 60 à 74 ans : 17,3
        • 75 ans et + : 12,4
        • TOTAL : 100
    • Saint-Céré
      • Nombre
        • 0 à14 ans : 1 116
        • 15 à 29 ans : 1 005
        • 30 à 44 ans : 1 436
        • 45 à 59 ans : 1 638
        • 60 à 74 ans : 1 260
        • 75 ans et + : 1 080
        • TOTAL : 7 535
        %
        • 0 à14 ans : 14,8
        • 15 à 29 ans : 13,3
        • 30 à 44 ans : 19,1
        • 45 à 59 ans : 21,0
        • 60 à 74 ans : 16,7
        • 75 ans et + : 14,3
        • TOTAL : 100
    • 2 cantons
      • Nombre
        • 0 à14 ans : 2 496
        • 15 à 29 ans : 2 104
        • 30 à 44 ans : 3 182
        • 45 à 59 ans : 3 436
        • 60 à 74 ans : 2 747
        • 75 ans et + : 2 146
        • TOTAL : 16 111
        %
        • 0 à14 ans : 15,5
        • 15 à 29 ans : 13,1
        • 30 à 44 ans : 19,8
        • 45 à 59 ans : 21,3
        • 60 à 74 ans : 17,0
        • 75 ans et + : 13,3
        • TOTAL : 100
Population par tranche d’Âge des deux cantons /
comparaison avec celle du Lot et de la France en 2006
    • Bretenoux et Saint-Céré
      • Nombre
        • 0 à14 ans : 2 496
        • 15 à 29 ans : 2 104
        • 30 à 44 ans : 1 746
        • 45 à 59 ans : 1 798
        • 60 à 74 ans : 1 487
        • 75 ans et + : 1 066
        • TOTAL : 8 576
        %
        • 0 à14 ans : 16,1
        • 15 à 29 ans : 12,8
        • 30 à 44 ans : 20,4
        • 45 à 59 ans : 21,0
        • 60 à 74 ans : 17,3
        • 75 ans et + : 12,4
        • TOTAL : 100
    • LOT
      • Nombre
        • 0 à14 ans : 1 116
        • 15 à 29 ans : 1 005
        • 30 à 44 ans : 1 436
        • 45 à 59 ans : 1 638
        • 60 à 74 ans : 1 260
        • 75 ans et + : 1 080
        • TOTAL : 7 535
        %
        • 0 à14 ans : 14,8
        • 15 à 29 ans : 13,3
        • 30 à 44 ans : 19,1
        • 45 à 59 ans : 21,0
        • 60 à 74 ans : 16,7
        • 75 ans et + : 14,3
        • TOTAL : 100
    • FRANCE
      • Nombre
        • 0 à14 ans : 2 496
        • 15 à 29 ans : 2 104
        • 30 à 44 ans : 3 182
        • 45 à 59 ans : 3 436
        • 60 à 74 ans : 2 747
        • 75 ans et + : 2 146
        • TOTAL : 16 111
        %
        • 0 à14 ans : 15,5
        • 15 à 29 ans : 13,1
        • 30 à 44 ans : 19,8
        • 45 à 59 ans : 21,3
        • 60 à 74 ans : 17,0
        • 75 ans et + : 13,3
        • TOTAL : 100
A l’image du département du Lot, la population des cantons de Bretenoux et de Saint-Céré est plus âgée que la moyenne nationale avec une proportion de plus de 30% d’habitants âgés de plus de 60 ans, dont 13% âgés de plus de 75 ans.
Population de 15 À 64 ans par type d’activitÉ des deux cantons en 2006
    • Bretenoux
      • Nombre
        • Actifs : 3 811
        • Actifs ayant
          un emploi : 3 507
        • Chômeurs : 304
        • Inactifs : 1 299
        • Total population
          15 à 64 ans : 5 110
        %
        • Actifs : 74,6
        • Actifs ayant
          un emploi : 68,6
        • Chômeurs : 6,0
        • Inactifs : 25,4
        • Total population
          15 à 64 ans : 100
    • Saint-Céré
      • Nombre
        • Actifs : 3 369
        • Actifs ayant
          un emplois : 3 061
        • Chômeurs : 308
        • Inactifs : 1 153
        • Total population
          15 à 64 ans : 4 522
        %
        • Actifs : 74,5
        • Actifs ayant
          un emplois : 67,7
        • Chômeurs : 6,8
        • Inactifs : 25,5
        • Total population
          15 à 64 ans : 100
    • 2 Cantons
      • Nombre
        • Actifs : 7 180
        • Actifs ayant
          un emplois : 6 568
        • Chômeurs : 612
        • Inactifs : 2 452
        • Total population
          15 à 64 ans : 9 632
        %
        • Actifs : 74,5
        • Actifs ayant
          un emplois : 68,2
        • Chômeurs : 6,3
        • Inactifs: 25,5
        • Total population
          15 à 64 ans : 100
Population de 15 À 64 ans par type d’activitÉ des deux
cantons en comparaison avec celle du Lot et de la France en 2006
    • 2 cantons Bret/ST C
      • Nombre
        • Actifs : 7 180
        • Actifs ayant
          un emploi : 6 568
        • Chômeurs : 612
        • Inactifs : 2 452
        • Total population
          15 à 64 ans : 9 632
        %
        • Actifs : 74,5
        • Actifs ayant
          un emploi : 68,2
        • Chômeurs : 6,3
        • Inactifs : 25,5
        • Total population
          15 à 64 ans : 100
    • Lot
      • Nombre
        • Actifs : 73 025
        • Actifs ayant
          un emplois : 65 636
        • Chômeurs : 7 389
        • Inactifs : 29 116
        • Total population
          15 à 64 ans : 102 141
        %
        • Actifs : 71,5
        • Actifs ayant
          un emplois : 64,3
        • Chômeurs : 7,2
        • Inactifs : 28,5
        • Total population
          15 à 64 ans : 100
  • France
    • Nombre
      • Actifs : 28 565 534
      • Actifs ayant
        un emplois : 25 397 167
      • Chômeurs : 3 168 367
      • Inactifs : 11 375 844
      • Total population
        15 à 64 ans : 39 941 378
      %
      • Actifs : 71,5
      • Actifs ayant
        un emplois : 63,6
      • Chômeurs : 7,9
      • Inactifs: 28,5
      • Total population
        15 à 64 ans : 100
Le taux d’activité sur les cantons de Bretenoux et de Saint-Céré est légèrement supérieur à la moyenne du département et de la France et le pourcentage de chômeurs est plus faible que dans le Lot et qu’en France.
STÉPHANE HENRY
Directeur du centre commercial E.Leclerc de Biars-sur-CÈre
« Mieux vaut faire venir davantage que d’essayer d’empêcher de partir. »
 
Responsable du supermarché E.Leclerc de Biars-sur-Cère, mais aussi de celui de Saint-Céré, Stéphane Henry ne craint pas qu’une nouvelle liaison routière vers l’A20 favorise davantage l’évasion commerciale et, au contraire, fait passer la surface du magasin de 1 800 à 2 800 m2.
Le nord du Lot connaît historiquement une évasion commerciale importante vers Brive-la- Gaillarde. Craignez-vous qu’une liaison routière plus rapide vers cette ville implique une évasion plus forte ?

Stéphane Henry : Non, car le pôle de Biars-sur-Cère a au contraire les moyens de compléter son offre commerciale, ce qui est la façon la plus efficace de limiter l’évasion commerciale. Il ne sert à rien de se défausser à l’avance sur une nouvelle route alors que le véritable enjeu est de mieux répondre aux besoins des habitants de cette zone. On peut même analyser la situation de façon plus conquérante et considérer que cette route pourrait amener ici de nouveaux habitants et davantage de touristes, d’autant plus dans la perspective de l’ouverture prochaine de l’aéroport.

Qu’est-ce qui manque aujourd’hui à Biarssur-Cère en termes d’offre commerciale ?

Stéphane Henry : On constate que les déplacements vers Brive sont plus liés à l’origine par des événements sportifs et culturels que dans le seul but d’y faire des achats. Cela étant dit, il est clair que l’offre pourrait être complétée ou renforcée dans le domaine de l’habillement des articles de sport et du non alimentaire d’une manière générale.
Quelles initiatives prenez-vous vous-mêmes pour développer votre offre ?
Stéphane Henry : La première est l’agrandissement du supermarché, qui est en cours depuis le début de l’année et qui sera terminé en juin. Il aura une surface de 2 800 m2, contre 1 800 aujourd’hui. D’une part, nous allons moderniser les rayons alimentaires, qu’il s’agisse de la poissonnerie, des fruits et des légumes, des vins ou des surgelés. D’autre part, nous allons consacrer plus de place aux produits non alimentaires, tels que le textile et aménager un espace billetterie. Pour nous, l’objectif est clairement de rayonner plus loin et de capter une nouvelle clientèle et pas d’anticiper une hypothétique augmentation de l’évasion commerciale. Il faut « faire venir » davantage plutôt que consacrer son énergie à « empêcher de partir ».
Allez-vous conserver un rôle économique local fort ?
Stéphane Henry : C’est à la fois un engagement et un impératif. Il est évidemment indispensable que les habitants de notre zone de chalandise conservent leurs emplois pour que notre activité perdure. Il est donc important que notre tissu économique reste fort. Nous le faisons depuis la création de ce magasin en 1987 et nous continuerons de le faire. Prenons l’exemple de notre agrandissement : chaque fois que cela était possible, nous avons privilégié de entreprises locales, comme Jauzac, Mambert, Richard, Lacombe ou TPJ Terrassement, sans oublier notre architecte, qui dispose d’un cabinet à Bretenoux. Nous avons la même démarche pour la viande, que nous achetons le plus souvent sur pied, dans les fermes locales, les bêtes étant ensuite préparées par l’abattoir de Saint-Céré. Ces produits seront d’ailleurs développés prochainement sous la marque « Saveurs de chez nous », créée en association avec des producteurs de la région.
LE TISSU ÉCONOMIQUE
1. Le poids des entreprises sur la zone Biars-sur-Cère, Bretenoux et Saint-Céré
Les entreprises par catégorie
Les entreprises inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés :
    • Commerce détail
      • Nombre
        • Bretenoux : 97
        • Saint-Céré : 149
        • Total : 246
        • Ensemble Lot : 2 362
        Effectif
        • Bretenoux : 234
        • Saint-Céré : 308
        • Total : 542
        • Ensemble Lot : 6 016
    • Commerce Gros
      • Nombre
        • Bretenoux : 18
        • Saint-Céré : 22
        • Total : 40
        • Ensemble Lot : 447
        Effectif
        • Bretenoux : 76
        • Saint-Céré : 64
        • Total : 140
        • Ensemble Lot : 1 776
    • Industrie
      • Nombre
        • Bretenoux : 86
        • Saint-Céré : 60
        • Total : 146
        • Ensemble Lot : 1 398
        Effectif
        • Bretenoux : 1 710
        • Saint-Céré : 620
        • Total : 2 330
        • Ensemble Lot : 10 411
    • Services
      • Nombre
        • Bretenoux : 127
        • Saint-Céré : 119
        • Total : 246
        • Ensemble Lot : 2 643
        Effectif
        • Bretenoux : 268
        • Saint-Cérés : 285
        • Total : 553
        • Ensemble Lot: 5 944
    • Total
      • Nombre
        • Bretenoux : 328
        • Saint-Céré : 350
        • Total : 678
        • Ensemble Lot : 6 850
        Effectif
        • Bretenoux : 2 288
        • Saint-Céré : 1 277
        • Total : 3 565
        • Ensemble Lot : 24 147

Elles représentent 10% des entreprises inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés du
Lot. Les 678 entreprises de ce secteur géographique emploient 3 565 personnes soit près de 15% des effectifs salariés des entreprises lotoises. A ces entreprises, il faut ajouter 143 entreprises artisanales uniquement inscrites au Répertoire des Métiers (entreprises individuelles à caractère
strictement artisanal n’ayant pas la double inscription Commerce et Métiers). Ce sont essentiellement des entreprises des métiers du bâtiment et de l’artisanat de production. Sources : Chambre de Métiers du Lot En terme d’emploi, les cinq plus importantes entreprises de ce secteur géographique sont Andros à Biars-sur-Cère (1 050 emplois), Sermati à Saint-Céré (187 emplois), Tradifrais (faisant partie du groupe Andros) à Biars-sur-Cère (157 emplois), les établissements Leclerc à Biars-sur-Cère et à Saint-Laurent-les-Tours (150 emplois) et, à Loubressac, la fromagerie Verdier (82 emplois).

Les zones d’activité

1. La zone de Biars-sur-Cère *

La zone de Biars-sur-Cère a une superficie de 50 hectares et est une des quatre zones du département classées « Zone d’intérêt régional », ou ZIR (avec Cahors sud, Quercypole à Cambes et le parc d’activité du Haut Quercy à Cressensac). Rappel historique de la zone : Créée en 1966, la zone industrielle de Biars-sur- Cère couvre au départ une superficie de 36 ha sur lesquels sont installées 13 entreprises employant plus de 1 000 salariés. Dès 1994, la communauté de communes apporte un nouvel élan à cette zone en aménageant 12 ha supplémentaires sur des terrains situés sur la commune de Gagnac-sur-Cère. Aujourd’hui, sur les 50 ha de la zone industrielle communautaire, l’agroalimentaire représente le pôle majeur du site avec le confiturier Andros. Viennent ensuite la mécanique avec les deux unités Techniques et Formages et CFM 46, puis la sociétés SOB « fabrique de peinture », la filière bois avec AROBOIS, ainsi que la charpente et la métallerie avec les entreprises Mambert et Richard, sans oublier (hors zone) l’atelier de fabrication de traverses bois SNCF. Au fil des années sont venues s’ajouter d’autres entreprises comme les entreprises de transport routier Dumont et Chaylac ou la conserverie-plats cuisinés du Traiteur du Val-de-Cère, mais aussi d’autres activités artisanales et de services dont le rayonnement bien que local compte énormément dans la diversité et le bon équilibre de l’activité industrielle et tertiaire Cette zone compte aujourd’hui une vingtaine d’entreprises et arrive à saturation. Un programme de développement de la zone de Biars-sur-Cère avec requalification des espaces et une extension est à l’étude pour cette fin d’année 2010. 30 hectares devraient ainsi s’ajouter aux 50 existants. Sources : Site de la Communauté de Communes Cère et Dordogne
2. La zone d’activité des Pomiers à Saint-Céré
La zone d’activité des Pomiers à Saint- Céré est une zone d’activité à dominante industrielle qui compte une dizaine d’entreprises employant plus de 240 personnes. Le secteur de la métallurgie est le plus représenté. En effet, le bassin économique de Saint-Céré est un des plus dynamique dans la construction (et la rénovation) de machines outils ou de machines spéciales pour l'Industrie. Sur cette zone, on retrouve des entreprises comme la SERMATI, RGI, FGD, SARL Michel PIOCH mais aussi dans un autre secteur SA Création, etc.
3. La zone d’activité à caractère commercial Actipole à Saint-Laurent-les-Tours
La zone d’activité d’Actipole à Saint-Laurent-les-Tours compte une vingtaine d’entreprises, dont Cinetic Machining et R2 Meca, qui emploient près de 300 salariés.
4. Les autres zones d’activité
Les communes de Puybrun, Loubressac et Laval-de-Cère ont des zones d’activité. Celle de Laval-de-Cère, située à l’extrême nord-est du Lot en bordure de la rivière Cère, compte trois entreprises de plus de dix salariés (Brown Europe, Sidénergie, Duplouy) qui emploient au total une centaine de salariés et celle de Loubressac compte notamment la fromagerie Verdier, qui emploie 82 salariés.
BERNARD JAUZAC Directeur de Jauzac Entreprise
« Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont concernées par l’enclavement routier. »
PME de 40 personnes spécialisée dans le travail du bois, Jauzac Entreprise estime qu’elle est pénalisée, comme l’ensemble des entreprises du bassin économique du nord du Lot, par l’enclavement routier.
En quoi une entreprise comme la vôtre estelle pénalisée par l’enclavement routier du bassin économique du nord du Lot ?

Bernard Jauzac : On a trop longtemps considéré que cet enclavement ne pénalisait que les grands industriels, dont Andros, et les professionnels du transport routier. Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont concernées. Pour notre part, nous n’avons pas qu’une activité d’atelier ; nous sommes d’abord une entreprise de main d’oeuvre et avons des déplacements très fréquents chez nos clients, dans un rayon de 45 kilomètres autour de Bretenoux/Biars-sur-Cère. Nous préférons donc très logiquement passer moins de temps sur les routes

et davantage sur les chantiers. Un gain de temps de15 à 20 minutes pour se rendre à Brive correspondrait donc pour nous à une augmentation significative de notre productivité et, donc, de notre compétitivité.
Par ailleurs, on se focalise trop sur les transports au départ de Biars-sur-Cère, mais l’activité de réception a une importance au moins égale. Or, 70% des véhicules qui viennent nous livrer empruntent l’axe qui va de Brive-la-Gaillarde jusqu’à notre bassin économique. Dans notre cas, le volume est de un à deux semi-remorques et de quatre camionnettes de fret par jour. Là aussi, le report de certaines livraisons au lendemain, du fait de l’enclavement routier, peut être pénalisant.
Ce bassin économique a la chance de connaître une situation proche du plein emploi, mais il ne faut pas partir du principe qu’elle est intangible et éternelle. Par ailleurs, cette « médaille » a un revers : nous avons besoin de main d’oeuvre, mais il faut convaincre les candidats. Nous en avons fait plusieurs fois l’expérience ; il n’est pas évident de convaincre une famille qui vivait dans une grande agglomération de venir s’installer ici, car l’enclavement leur paraît trop fort dès la première visite.
Les réticences sont-elles uniquement liées à cet enclavement ou à des niveaux de salaire moins élevés que dans les grandes agglomérations ?
Bernard Jauzac : Les niveaux de salaire que nous proposons ne sont pas inférieurs à ceux d’autres bassins économiques de Midi-Pyrénées ou du Limousin. Ce n’est pas le point de blocage. Ayant grandi dans ce nord-est du Lot, j’ai vu partir un grand nombre des camarades que j’ai connus au cours de ma scolarité. Leur attachement à la région reste fort et leur réticence à revenir n’est pas liée au salaire, mais au fait que leur conjoint et leurs
enfants craignent de devoir abandonner les différentes activités culturelles ou sportives qu’ils avaient ailleurs. Mais au-delà du retour de ceux qui ont quitté ce territoire, l’enjeu est d’être suffisamment attractif pour accueillir de nouveaux habitants et, dans tous les cas, de repeupler ce bassin de vie, qui génère aujourd’hui 70% de notre
chiffre d’affaires.
2. Les Pôles commerciaux
1. Le pôle commercial de Saint-Céré et Saint-Laurent-les-Tours
Saint-Céré (avec Saint-Laurent-Les-Tours) est le pôle commercial principal. La zone de chalandise compte 32 000 habitants.
    • Nombre d’entreprises
      • Commerces de détail : 126
      • Commerces de gros : 15
      • Services : 97
      • Total : 238
      Effectif salarié
      • Commerces de détail : 291
      • Commerces de gros : 52
      • Services : 66
      • Total : 409
Le pôle commercial et artisanal de « Saint-Céré / Saint-Laurent-les-Tours » compte 238 entreprises de commerce et de services inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés qui emploient plus de 400 salariés. Précisons qu’une partie de ces entreprises ont la double qualité « commerce » et « artisanat » (métiers de bouche,coiffure, garages, réparations…). Le pôle « Saint-Céré / Saint-Laurent-les-Tours » se caractérise par la présence de plusieurs enseignes du commerce associé et du grand commerce qui sont de nature à renforcer son attraction commerciale.
2. Le pôle commercial de Bretenoux / Biars
Bretenoux / Biars est le deuxième pôle commercial. La zone de chalandise est estimée à 28 000 habitants.
    • Nombre d’entreprises
      • Commerces de détail : 54
      • Commerces de gros : 4
      • Services : 64
      • Total : 122
      Effectif salarié
      • Commerces de détail : 193
      • Commerces de gros : 23
      • Services : 200
      • Total : 416
Le pôle commercial et artisanal de « Bretenoux / Biars-sur-Cère » compte 122 entreprises de commerce et de services inscrites au Registre du Commerce et des sociétés qui emploient 416 salariés. Ce pôle est composé à chaque extrémité de commerces et activités artisanales et de services de proximité traditionnels installés au centre des communes de Bretenoux e de Biars-sur-Cère et, entre les deux, plusieurs enseignes de la grande distribution et du grand commerce spécialisé dont un hypermarché Leclerc de 2 800 m2, complété par un Brico Leclerc de 2 000 m2.
3. Les zones d’attraction commerciale
La zone de chalandise ou zone d’attraction commerciale d’un pôle commercial est le secteur géographique sur lequel réside la clientèle potentielle susceptible de venir acheter dans les commerces dudit pôle commercial. Le tracé de cette zone peut varier selon la notoriété de l’enseigne, la taille du magasin, le dynamisme d’un chef d’entreprise ou la politique commerciale de l’entreprise.
    • Population du pôle : (communes) INSEE 2006
      • Biars / Bretenoux : 3 299
      • Saint-Céré / Saint-Laurent-les-Tours :4 447

      Population de la zone de chalandise : (y compris commune de référence)
      INSEE 2006
      • Biars / Bretenouxl : 28 000
      • Saint-Céré / Saint-Laurent-les-Tours : 32 000
Les zones de chalandise de « Saint-Céré / Saint-Laurentles-Tours » et « Bretenoux / Biars-sur-Cère » sont différentes car elles sont évaluées en fonction de l’épicentre ou du coeur de cible. Ainsi Gramat fait partie de la zone d’attraction de « Saint-Céré / Saint-Laurent-les-Tours » et les communes des cantons corréziens de Beaulieu-sur-Dordogne et de Mercoeur font partie de la zone d’attraction de « Bretenoux / Biars-sur-Cère ».
Didier Pouch, magasin de vêtements à Biars-sur-Cère : « La ruralité n’est pas un frein » Créé en 1988, la boutique de vêtements Glem’s est implantée au coeur de la zone commerciale de Biars-sur-Cère. Son analyse de l’évasion commerciale va à l’encontre de bien des idées reçues. « Le commerce rural peut avoir une démarche plus proactive et fidéliser une clientèle venue d’ailleurs. Si certains
de mes clients viennent régulièrement de Brive, c’est au moins pour trois raisons : d’une part, nous sommes le plus souvent moins chers qu’en ville, où le prix des pas de porte est plus élevé ; d’autres part,
nos services, comme la retouche, sont gratuits ; enfin, le stationnement et l’accueil sont logiquement des arguments forts. Sur la base de ces constats, le but n’est pas seulement de
convaincre la clientèle locale d’acheter ici, mais d’attirer de nouveaux clients. Dans tous les cas, si quelqu’un ne trouve pas chez moi le produit ou la marque qu’il recherche, je le dirige systématiquement vers un commerce proche plutôt que de le voir partir vers un autre pôle commercial. »
NICOLE MAS
Commerce de motoculture & matÉriel de jardin À Saint-CÉrÉ

« L’évasion commerciale n’est pas une fatalité. »
Commerçante à Saint-Céré depuis 1979 et aujourd’hui Présidente de l’association des commerçants et artisans de la ville, Nicole Mas donne sa vision de l’évasion commerciale et de la perspective d’un désenclavement routier de la zone.
Etes-vous pénalisés par l’évasion commerciale vers d’autres zones du Lot ou du sud de la Corrèze ?

Nicole Mas : L’évasion commerciale est toujours sujet à débat. Depuis 1979, date à laquelle je me suis installée à Saint-Céré, j’ai pu observer l’évolution du commerce et des habitudes des clients. En trente ans, le commerce a subi de profonds bouleversements avec le développement de la grande distribution et du grand commerce dans la zone de chalandise de Saint-Céré et dans l’agglomération briviste. Et depuis une petite dizaine d’années, c’est internet qui suscite un engouement auprès des consommateurs.

A côté de cette concurrence, le commerce traditionnel du centre-ville s’est adapté et a joué avec ses atouts : le service, la qualité de l’accueil, des enseignes commerciales, des produits de marque, la proximité, l’animation et l’ambiance dans la ville. A Saint-Céré, à la fin des années 90, une opération de modernisation du commerce, avec la rénovation de rues commerçantes et d’une vingtaine de magasins et un plan d’animation ambitieux, a redonné un nouveau souffle au commerce local et a entraîné par la suite la création de nouvelles boutiques et l’arrivée d’enseignes du commerce associé. Tous ces efforts ont permis de limiter l’influence de l’agglomération briviste et d’augmenter la zone d’attraction de Saint-Céré, qui est évaluée à 30 000 habitants. Compte tenu du coût du carburant, du temps de trajet d’une part et de la diversité de l’offre commerciale sur le secteur de Saint-Céré et des communes proches d’autre part, tout milite pour un retour vers le commerce de proximité.
Même si vous pratiquez des prix plus élevés ?
Nicole Mas : Dans la quasi totalité des cas, les promotions lancées par les marques ou les enseignes commerciales sont identiques au niveau national. Sur le pôle de Saint-Céré Bretenoux Biars, toutes les formes de commerce sont bien représentées et sont complémentaires. Pas besoin d’aller à Brive pour avoir des prix bas. De plus, les clients ne cherchent pas réellement le prix mais le rapport Qualité / Prix ou Service / Prix et sur ces points, les commerçants ont des arguments. Par contre, au-delà des considérations sur l’évasion ou l’attraction commerciale, les commerçants doivent appréhender le phénomène internet. Les clients ont tout loisir de s’informer sur les produits et sur les prix et cela oblige les commerçants à connaître parfaitement les caractéristiques des produits.
Le désenclavement routier est-il un risque pour le commerce du secteur de Saint-Céré ?
Nicole Mas : Comme je l’ai dit, au cours de ces trois dernières décennies, le paysage commercial a profondément changé avec le développement de la grande distribution et du grand commerce non alimentaire en périphérie des villes et la modernisation du commerce et de l’artisanat dans les centresvilles avec l’installation d’enseignes du commerce associé. Le commerce s’est développé partout en Corrèze comme dans le Lot. Les consommateurs sont très mobiles et, si l’on peut craindre une évasion commerciale vers l’agglomération briviste, on peut espérer attirer de nouveaux clients venant de la Corrèze et du sud du Lot. La perspective d’une liaison routière plus rapide vers l’autoroute A 20 ne peut être que bénéfique pour les commerces et activités artisanales et de services de notre secteur. D’une part, nos magasins pourront être approvisionnés plus facilement et, d’autre part, nous pourrons bénéficier d’un apport de clientèle sensible au charme et aux atouts de nos petites villes. En ma qualité de Présidente de l’association des commerçants, artisans et industriels de Saint-Céré Actipôle, je peux dire que chaque fois que nous organisons des manifestations originales de type marchés de Noël ou animations de l’été, nous constatons une bonne fréquentation de visiteurs corréziens ou du Cantal. L’évasion commerciale ne fonctionne pas que dans un sens…
LE TOURISME DE LA ZONE BIARS-SUR-CERE / BRETENOUX / SAINT-CERE

Les 27 communes du secteur de Bretenoux / Biars-sur-Cère / Saint-Céré proposent une offre d’hébergements complète. Ainsi, l’INSEE recensait en 2008 :
- Hôtels : 13 établissements pour 407 lits
- Campings : 7 établissements pour 1232 lits
- Meublés classés : 92 établissements pour 452 lits
- Chambres d’hôtes labellisées : 9 chambres pour 55 lits On totalise donc 2 146 lits marchands en 2008. A cela, il convient d’ajouter 7 245 lits en résidences secondaires.
Une étude de clientèle, réalisée en 2008 sur le département*, fournit par ailleurs un panorama de la fréquentation du Pays de la Vallée de la Dordogne Lotoise, dont nous vous livrons ci-dessous les principaux enseignements :
• Les trois quarts des personnes interrogées sur la Vallée de la Dordogne otoise sont en séjour ou en weekend. Un quart des touristes est en excursion sur le département.
• Les séjours de vacances sont prépondérants sur ce secteur. La durée de séjour enregistrée est une des plus longues : 7.5 jours (contre 7.1 jours dans le département) en raison du poids des séjours deux semaines ou plus (25%).
• 62% des personnes interrogées séjournent dans les hébergements marchands (contre 58% pour l’ensemble du département), notamment dans les campings ou les locations saisonnières. Dans le secteur non marchand, ce sont les résidences de parents ou d’amis qui accueillent l’essentiel des visiteurs.
• La Vallée de la Dordogne lotoise reçoit une clientèle très fidélisée : 72% des visiteurs sont déjà venus dans le département et pour certains la fidélisation s’avère forte : deux visiteurs sur cinq effectuent au moins leur dixième séjour.
• Les activités de loisirs pratiquées mixent la découverte active et les activités de plein air : balades à pied, balades à vélo, pêche, canoë kayak, visite du patrimoine monumental, découverte des villes et villages, randonnées, repos ou dégustation des produits locaux.
• La clientèle française est plutôt originaire de l’Ile de France (21%), du centre de la France (15%), notamment du Limousin, ou du Nord. La clientèle étrangère est moins nombreuse que sur d’autres Pays lotois : 20%, contre 22% sur l’ensemble du département. Elle vient principalement des Pays-Bas (25%), de Grande-Bretagne (22%) ou de Belgique (19%).
• Le budget moyen de séjour s’élève à 718 € sur ce Pays (751 € sur l’ensemble du département).
• Enfin, les intentions de retour sont très fortes (86%), contre 83% sur l’ensemble du

département. Les motifs évoqués pour un retour sont en premier la découverte des sites (poursuivre la découverte du département), le relationnel (visites à des parents ou à des amis), l’habitude, l’amour du Lot et les habitudes de vacances, la nature.• 36% des visiteurs sont allés chercher des informations dans un office de tourisme (35% sur l’ensemble du département).
• Nous avons là une clientèle essentiellement composée de couples et de familles accompagnés ou non d’amis. Le nombre moyen par groupe est de 3.7 personnes (3.9 personnes dans le département), lié au poids notable des groupes de 3 ou 4 personnes (37%, contre 33% sur l’ensemble du département).
• Nous constatons la présence d’enfants dans 38% des groupes (37% pour l’ensemble du département).
• La clientèle de ce Pays est une des plus âgées : une moyenne d’âge de 49.8 ans (contre 49.1 ans dans le département) due au poids des seniors de plus de 64 ans (17%, contre 13% sur l’ensemble du département) et à la faible présence des moins de 35 ans.
• Des catégories socioprofessionnelles diversifiées : cadres moyens et supérieurs, employés ou retraités, en forment la clientèle.
• La clientèle française est plutôt originaire
de l’Ile de France (21%), du centre de la France (15%), notamment du Limousin, ou du Nord. La clientèle étrangère est moins nombreuse que sur d’autres Pays lotois : 20%, contre 22% sur l’ensemble du département. Elle vient principalement des Pays-Bas (25%), de Grande-Bretagne (22%) ou de Belgique (19%).
• Le budget moyen de séjour s’élève à 718 € sur ce Pays (751 € sur l’ensemble du département).
• Enfin, les intentions de retour sont très fortes (86%), contre 83% sur l’ensemble du département. Les motifs évoqués pour un retour sont en premier la découverte des sites (poursuivre la découverte du département), le relationnel (visites à des parents ou à des amis), l’habitude, l’amour du Lot et les habitudes de vacances, la nature.

 
La conquÊte de l’export
Les exportations lotoises restent soutenues par le secteur agroalimentaire, dont la progression a l’an dernier quasiment compensé le recul des autres secteurs de l’industrie. C’est dans ce contexte que les services des douanes accélèrent la dématérialisation de l’ensemble des formalités. De son côté, la CCI du Lot a créé en décembre dernier le Club Export, afin d’accompagner les entreprises exportatrices dans ce nouvel environnement.
Un premier constat général permet de rappeler que le niveau des exportations lotoises n’a que très faiblement diminué – d’environ 3% - en passant de 253 millions d’euros en 2008 à 245 M€ en 2009. En comparaison des résultats enregistrés par d’autres départements de Midi-Pyrénées, ou ailleurs en France, ces chiffres indiquent que le Lot a été relativement épargné. Il peut même mettre en avant un indicateur particulièrement flatteur : la balance de son commerce extérieur est largement plus positive que les deux années précédentes. Par rapport à 2008, le volume des importations a chuté de 13,1% en 2009, laissant un solde positif de 52 millions d’euros. Le département du Lot est ainsi l’un des rares, en Midi-Pyrénées, à afficher systématiquement un solde positif de sa balance exportations / importations. Une analyse sectorielle des résultats conduit à pondérer la force de la performance. Certains secteurs industriels comme les cosmétiques (dont les exportations sont quasiment divisées par deux), les équipements mécaniques, électriques et électroniques ont fortement chuté en 2009, avec des baisses de 15 à 50%.
Nouvelle performance de l’agroalimentaire
Heureusement pour le Lot, la locomotive historique de son activité export, l’agroalimentaire, continue à afficher une progression de son chiffre d’affaires. Si la croissance est modeste (environ + 3%), elle est déterminante pour le bilan départemental : en effet, ce secteur génère à lui seul 42% des exportations lotoises. Si l’on y ajoute la contribution des exportations agricoles, qui est également en progression, on constate que les deux filières pèsent ensemble plus de 55% du total. L’exportation de produits et de services est essentielle au développement économique
de nos départements. Les échanges entre pays deviennent plus complexes dans leurs modalités, avec de nombreux textes réglementaires et documents à fournir.
Douanes : les nouvelles rÈgles
Les démarches administratives à l’export demandent donc dans certains cas des délais assez longs. La réforme de l’Etat a pris en compte cet aspect et les entreprises lotoises doivent depuis le début de l’année prendre en compte la nouvelle organisation des services des douanes en Midi-Pyrénées ainsi que les évolutions concernant la TVA intracommunautaire. Dans le cadre de lamodernisation de l’Etat, les déclarations de douanes sont en cours de dématérialisation. L’informatisation des procédures permet aux entreprises d’aller plus vite dans leurs déclarations comme le montre le statut d’exportateur agréé (voir le portail Internet https://pro.douane.gouv.fr/. Les entreprises qui réalisent des services intracommunautaires doivent ainsi établir une « déclaration européenne de services » et la transmettre via le téléservice intégré à ce site. Par ailleurs, certaines demandes, comme les remboursements, peuvent directement être obtenues sur le site des services fiscaux (www.impots.gouv.fr). Dans tous les cas, les entreprises ou leur représentant (comptable, mandataire, etc) doivent faire une demande d’adhésion à ces services électroniques afin que soit créé leur « espace abonné ». Si ce nouveau dispositif correspond à une simplification des démarches, il prévoit également de nouvelles formes d’assistance, par courriel, par téléphone ou de visu. Pour les questions d’ordre général, les usagers doivent désormais contacter leur service des impôts des entreprises, ou SIE (voir page 4). La réforme de l’Etat RGPP prévoit une dématérialisation complète des formalités liées à l’export à l’horizon 2012-2014
La CCI du LotcrÉe le Club Export
Le nouveau statut d’exportateur agrÉÉ
Les entreprises pourront désormais bénéficier du statut d’ « exportateur agréé ». Le premier avantage de ce statut est qu’il permet de simplifier l’ensemble des démarches administratives (numéro d’autorisation unique, auto déclaration de l’origine préférentielle, une seule et unique « déclaration préalable d’origine ». Concrètement, cela signifie que l’exportateur agréé n’a plus l’obligation de se rendre constamment au bureau de douane. Ce dispositif sera ouvert à toute entreprise, qu’il s’agisse d’un commerçant ou d’un fabricant, et ce quel que soit le volume, la valeur ou la régularité des exportations. Ce statut vient compléter la simplification décidée en 2008, appelée « Opérateur Economique Agréé » (OEA). Informations : https://pro.douane.gouv.fr/
Aide À la promotion internationale
Depuis l’été dernier et jusqu’en juin 2011, les PME de Midi-Pyrénées peuvent bénéficier d’une aide financière de la Région pour faciliter leur participation à des salons organisés à l’étranger. L’aide peut aller jusqu’à 50% et elle est plafonnée à 3 000 € pour un salon international* en France ou à 4 000 € pour un salon international à l’étranger. Cette aide prend en compte les frais des stands, le transport, l’hébergement, etc. (* la liste des salons est présentée sur le site www.coface.fr). Pour pouvoir bénéficier de cette aide, les entreprises de Midi-Pyrénées doivent réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, employer moins de 250 personnes, relever des secteurs de l’industrie, des services à l’industrie ou de l’artisanat de production, afficher une situation économique saine et disposer d’au moins un bilan financier.
Comment le vin de Cahors mise sur l’export
Cahors accueillera pour la deuxième fois les Journées Internationales du Malbec, du 21 au 23 mai prochains. La préparation de cette action phare de l’Union Professionnelle des Vins de Cahors est l’occasion de revenir sur la stratégie mise en place pour développer les exportations. La CCI du Lot soutient cet événement en parrainant la soirée qui réunira les producteurs, les acheteurs et la presse.
En 2006, l’interprofession du vin de Cahors (UIVC) faisait ce constat alarmant : les ventes à l’export ne représentaient que 15% de la production, c’est-à-dire deux fois moins que la moyenne nationale des appellations d’origine contrôlée. Convaincue que seul un changement de l’image du Cahors pouvait redynamiser les ventes à l’étranger, l’UIVC a entrepris depuis cette date un patient travail de communication vers la presse et les professionnels du vin étrangers. Cette première impulsion fut donnée en 2007 et 2008, avec pour objectif d’associer systématiquementles noms « Cahors » et « Malbec ». Dans le domaine du vin comme pour l’ensemble des secteurs d’activité, cet incontournable changement d’image s’apparente à un travail de patience, qui ne suit par définition pas les mêmes rythmes que les impératifs immédiats des entreprises (trésorerie, évolution des ventes et de la facturation, etc.).
De l’impulsion aux résultats
Au terme de ces deux années d’amorçage – 2007 et 2008 – les résultats ne semblent pas sensationnels : la part de l’export est passée de 15% à moins de 20%, sachant que l’objectif est d’atteindre au moins 30%. Aujourd’hui, l’interprofession se targue d’une première performance : les exportations vers les Etats-Unis ont progressé de 29% en 2009. Selon l’UIVC, cette progression est d’abord le fruit des actions menées vers les prescripteurs (presse spécialisée, blogs, etc.) et des missions commerciales aux Etats-Unis, qui ont impliqué une trentaine de vignerons.
PÉrenniser sa prÉsence
Dans le cas du vin comme pour bien d’autres, le potentiel d’une destination à l’export ne doit pas être estimé à l’aune de ce qu’il pesait hier, mais à celle de sa dynamique de progression. Concrètement, les ventes de vin de Cahors aux Etats-Unis sont passées d’un peu plus de 200 000 bouteilles à 300 000, sachant que l’Argentine vend là-bas plus de 20 millions de bouteilles. La différence reste donc énorme. C’est dans ce contexte que l’UIVC organise pour la deuxième fois à Cahors les Journées Internationales du Malbec (voir encadré), avec le soutien de la CCI du Lot. Comme en 2008, la manifestation investira et mettra en valeur le Pont Valentré, où de nombreuses expositions et dégustations seront organisées au cours des trois journées. Les producteurs de Malbec argentins seront également fortement représentés et prendront une part active aux conférences et aux débats organisés à l’Espace Valentré.
La CCI en action :
L'export au coeur de nos préoccupations La CCI a initié un certain nombre d'opérations afin de stimuler les démarches d'exportation des entreprises lotoises ou encore la structuration de filière (par exemple l'oenotourisme):
1) La CCI est membre de Destination International Midi-Pyrénées qui organise des missions et salons à l'étranger.
2) Rencontre d'acheteurs anglo-saxons épicerie fine : la CCI organise un rencontre d'acheteur le 21 mai prochain dans ces locaux et profite des journées du Malbec pour promouvoir la filière viticole lotoise (une douzaine d'acheteurs anglais attendus).
3) La CCI est partenaire des journées du Malbec en prenant à sa charge le repas organisé par l'association des Bonnes tables du Lot lors de la soirée destinée aux professionnelles le 21 mai.
4) En partenariat avec l'UIVC et l'ADT, la CCI organise un eductour oenotourisme pendant les journées du Malbec (une dizaine de Tours opérateurs ou autocaristes attendus).
Pour plus de renseignements :
Export : Thierry Voirin - 05 65 53 26 87
Promotion touristique : Anne Simon - 05 65 20 35 28