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Entreprendre CCI du Lot n°153
Le nord du Lot sur la bonne voie
Le désenclavement du bassin de Biars-Bretenoux est désormais en préparation et le choix du tracé du nouvel axe routier reliant cette zone à l’autoroute A20 interviendra avant la fin de cette année. A l’heure où une concertation est menée sur ce sujet, il importe de repréciser les enjeux économiques de ce projet.
Il est difficile d’aborder le sujet du désenclavement routier du nord du Lot sans rappeler rapidement l’historique de ce dossier. Cela fera dans quelques mois 16 ans que les entreprises de ce bassin économique à la fois lotois et corrézien ont officiellement demandé aux collectivités locales et à l’Etat la création d’un axe routier les reliant à l’autoroute A20. Que s’est-il passé durant tout ce temps ? Dans les faits, chacun reconnaît que les divergences politiques entre les deux conseils généraux qui s’étaient impliqués ont probablement fait perdre dix ans au projet. Le principe d’une collaboration entre les deux départements a officiellement été abandonné durant l’été 2005, lorsque le Conseil Général de Corrèze a décidé de ne plus y participer. Moins de trois ans plus tard et dans un contexte politique différent, la décision de la commune de Nespouls met à nouveau en évidence la nécessité de créer un nouveau lien vers l’autoroute A20 : elle interdit en effet purement et simplement le passage des poids lourds dans le village. Les deux conseils généraux décident alors de rouvrir ensemble le dossier. La question n’est plus « faut-il ou non un nouvel axe routier ? » mais « quel est le meilleur tracé pour cet axe routier ? ».
Temps de trajet entre Bretenoux et les principales villes voisines
Une nouvelle concertation
Le débat change donc de nature. Un comité de suivi pour la liaison entre Saint Michel de Bannières et l’autoroute A20 (sans oublier les contournements de Vayrac et Bétaille) est créé et une première réunion est organisée le 9 juillet 2009. Afin que les discussions aient lieu dans les meilleures conditions, Gérard Miquel et François Hollande, respectivement Président du Conseil Général du Lot et du Conseil Général de Corrèze, décident de nommer un « garant de la concertation », qui présidera les travaux du comité de suivi. Il s’agit d’Henri Colin, Ingénieur Général des Ponts et Chaussées, qui connaît d’autant mieux le contexte qu’il a travaillé plusieurs années au sein de l’ex DDE du Lot. Par définition, son rôle n’est pas de défendre tel ou tel point de vue ou option, mais de garantir la qualité des échanges. Le 29 janvier 2010, ce comité a achevé la première phase de son travail, à savoir le diagnostic de la situation dans les domaines techniques, environnementaux et socio-économiques. Il est aujourd’hui entré dans la seconde étape, qui concerne le choix du tracé, laquelle doit prendre fin d’ici l’été. Enfin, les deux thèmes suivants seront liés à la préparation des travaux et à leur lancement. Selon le calendrier prévu, le comité de suivi devrait avoir achevé son travail à la fin de cette année.
Un choix déterminant
Le choix du tracé est assurément l’étape la plus importante pour le comité de suivi. Les positions des uns et des autres ont trop souvent été caricaturées avec, d’un côté, des protecteurs de l’environnement et, de l’autre, des promoteurs du transport routier. Dans les faits, les études déjà menées au cours des dernières années ont déjà permis de réduire le champ d’investigation à deux grandes hypothèses, autrement appelées « fuseaux ». Concrètement, il s’agit des deux zones(voir illustration page 7) qui pourraient accueillir le tracé de cet axe routier. Dès lors, les enjeux ne portent plus sur des contraintes techniques mais sur des objectifs d’aménagement du territoire. Autrement dit, il s’agit d’opter, non pas pour un hypothétique tracé idéal, mais pour le meilleur compromis, pour le tissu économique et les habitants de ce bassin, pour l’environnement et pour les finances des collectivités. L’un des fuseaux conduit au sud de l’agglomération de Brive (l’option nord), l’autre vers Martel (l’option sud). Sans s’immiscer dans les débats du comité de suivi, il est possible de rappeler la situation économique de cette zone et les attentes des entreprises qui y sont implantées.
Une terre de plein emploi… pour l’instant
Les bassins économiques ne se développent pas en se fondant sur les limites administratives des départements et des régions. C’est plus que vrai pour la zone qui s’est constituée autour de Bretenoux. Le périmètre de ce bassin couvre 8 cantons, dont 6 dans le Lot et 2 en Corrèze, pour un total de 88 communes. A lui seul, il représente une zone de chalandise riche de plus de 40 000 habitants. Et fait exceptionnel, cette zone connaît aujourd’hui une situation de plein emploi, avec un taux de chômage inférieur à 5‰. C’est un atout enviable que le « double enclavement » de cette zone pourrait rapidement menacer : d’une part, elle est à la fois l’extrême sud du Limousin et l’extrême nord de Midi-Pyrénées ; d’autre part, elle reste éloignée en temps des principales agglomérations voisines (il faut entre 50 minutes et une heure pour aller de Bretenoux à Brive, Tulle ou Figeac et près de 1 heure 40 pour rejoindre Cahors). En d’autres termes, rejoindre Cahors demande deux fois plus de temps que d’aller à Brive… Cinq enjeux majeurs détermineront l’avenir de ce territoire partagé entre deux départements et deux régions. Il s’agit tout d’abord de sa capacité à accueillir de nouveaux habitants. La forte proportion d’habitants de plus de 60 ans (33,7‰ de la population, soit près de 10 points de plus que la moyenne nationale) fait de l’arrivée de nouveaux habitants un impératif. Ils exigeront logiquement de pouvoir accéder facilement aux services d’une ville (commerces, offre culturelle, équipements sportifs, etc.). Ensuite, la question porte sur le maintien du tissu économique. La zone compte plus de 1 000 entreprises, ce qui explique en grande partie ses performances en termes d’emplois. Cela étant dit, les cessions et transmissions d’entreprises qui vont se multiplier au cours des prochaines années vont naturellement conduire les nouveaux dirigeants à s’interroger sur l’intérêt de conserver une implantation aussi enclavée. Le troisième enjeu, évidemment très lié au précédent, concerne le développement du nombre d’emplois. La zone représente ainsi près de 8 000 emplois privés, dont près de la moitié dans l’industrie et dans le bâtiment. Là encore, cela suppose de pouvoir attirer des salariés qualifiés et des cadres, qui hésitent légitimement à s’installer sur un territoire enclavé. Un quatrième thème porte sur le développement de l’activité touristique dans ces huit cantons. S’ils restent difficiles d’accès, ils bénéficieront peu de l’afflux de nouveaux visiteurs que pourra générer l’aéroport de Brive-Vallée de la Dordogne dès l’été prochain. Enfin, une cinquième problématique doit être prise en compte : la sécurité, que ce soit en matière de circulation ou en ce qui concerne l’accès aux soins. Ainsi, plus de 4 500 habitants de cette zone ont été pris en charge par le Centre hospitalier de Brive en 2008. Ces différents constats militent en faveur du fuseau nord. C’est également l’attente des 350 entreprises et acteurs économiques regroupés au sein de l’association Accès-Cible (voir interview pages suivantes).
Serge Lanskoy, PrÉsident d’AccÈs-Cible :
« Un accès rapide à l’autoroute A20 est le principal levier de l’attractivité du bassin de Biars-Bretenoux. »
Créée l’an dernier, l’association Accès-Cible regroupe d’ores et déjà 350 entreprises et acteurs économiques, lotois et corréziens, du bassin de Biars-Bretenoux et participe au comité de suivi pour la liaison vers l’autoroute 20. Les explications de Serge Lanskoy, Président de l’association.
Pourquoi avoir créé une association d’entreprises du bassin de Biars-Bretenoux concernant la liaison vers l’autoroute A20 ?

Serge Lanskoy : C’était une condition préalable pour que les entreprises de ce bassin participent directement aux débats du comité de suivi concernant le choix du tracé. Les membres de ce comité ne peuvent en effet être que des élus des collectivités concernées, des représentants de l’Etat, des organismes comme les chambres consulaires ou des associations, et non des entreprises ou des individus. Il paraissait essentiel que le monde économique soit représenté lors de ces discussions, qui réunissent une cinquantaine de participants. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les entrepreneurs et les salariés sont également des usagers de la route, particulièrement concernés par la création de cette liaison. Grâce à cette initiative, 350 entreprises et acteurs économiques sont impliqués dans les travaux du comité de suivi.

L’association Accès-Cible privilégie l’option nord, qui débouche aux portes de Brive. Cela signifie-t-il que les entreprises de cette zone sont plus tournées vers la Corrèze que vers le Lot ?

Serge Lanskoy : Poser le débat en ces termes n’a pas de sens. Tout d’abord parce que ce bassin est lui-même en partie corrézien. D’une manière générale, il faut en finir avec ce procès d’intention qu’on a longtemps fait aux entreprises du nord du Lot. La seule réalité qu’il faut prendre en compte est physique et géographique : Brive est à 43 kilomètres de Bretenoux et Cahors à plus de 100, et rien ne pourra modifier cette donnée fondamentale. De plus, défendre l’option nord n’est pas lié à une préférence pour le département de la Corrèze, mais au fait que le trafic est en majorité tourné vers le nord, souvent au-delà de la Corrèze. Il s’agit simplement de bon sens. Ainsi, près de 80‰ du trafic de poids lourds se fait vers ou depuis le nord. Comment demander à tous ces camions de partir d’abord vers le sud avant de remonter vers Brive. Concrètement, la priorité est de « réparer » l’erreur originelle, qui a été de ne pas programmer la réalisation de ce barreau routier dès les années 90.

Vous dites représenter également les intérêts des usagers : qu’est-ce que cela signifie ?

Serge Lanskoy : Ce n’est pas une formule à l’emporte-pièce. Tous les actifs de cette zone sont aussi des usagers de la route, que ce soit pour se rendre sur leur lieu de travail, pour aller faire leurs courses, pour accéder aux événements culturels et sportifs ou pour bénéficier de l’ensemble des services de santé.

Le désenclavement de cette zone passe donc également par un accès plus facile à ces différentes infrastructures pour les particuliers qui y vivent et y travaillent. Il ne faut pas oublier que ce bassin a la chance de connaître une situation de plein emploi. Cela signifie que les entreprises ont constamment des besoins de recrutements, dont une part importante de cadres. En l’occurrence, chaque embauche conduit à l’implantation d’une famille, qui souhaite bien sûr bénéficier d’une offre de services acceptable. Ce bassin compte environ 40 000 habitants, dont plus du tiers ont plus de 60 ans. Pouvoir attirer de nouveaux habitants est donc essentiel et la création d’un accès rapide à l’autoroute et/ou au bassin de Brive est l’un des principaux leviers de cette attractivité.

Le débat oppose-t-il les partisans du développement économique et les protecteurs de l’environnement, comme on l’a souvent dit ?

Serge Lanskoy : L’équation est heureusement bien plus complexe que cela. Le cliché qui veut que les entreprises ne se préoccupent pas des sujets environnementaux tend à disparaître. D’une part, parce qu’elles sont plus que tout autre acteur soumises à une réglementation et des contrôles stricts. D’autre part, parce que les entreprises du bassin de Biars-Bretenoux ont bien souvent anticipé ces évolutions, que ce soit dans les secteurs industriels ou agroalimentaires.

Un autre constat est que le bilan carbone d’un axe nord serait meilleur que celui de l’option sud. Il n’est pas pertinent de faire de l’environnement la ligne de partage entre les deux options. Ce que nous avons constaté lors des discussions du comité de suivi, c’est qu’il existe effectivement des « anti fuseau nord », mais pas réellement de « pro fuseau sud ». Dans tous les cas, il faut arrêter de diaboliser la route. Un rapport du Sénat rendu public l’an dernier confirme à nouveau que c’est le seul moyen de transport pour les trajets inférieurs à 50 kilomètres.

La menace de la délocalisation de grandes entreprises ou de PME de ce bassin reste régulièrement évoquée. Est-elle encore d’actualité ?

Serge Lanskoy : Il ne s’agit pas d’un « effet de manche », mais d’un risque auquel on peut se préparer. Une entreprise peut bien sûr décider de quitter le bassin pour s’installer ailleurs, mais les vrais enjeux sont davantage liés aux transmissions et cessions d’entreprises. Du fait de l’âge de nombreux entrepreneurs, la nécessité de transmettre les entreprises concerne et concernera une part croissante du tissu économique local. Si la zone reste enclavée, les repreneurs, le plus souvent issus d’autres régions, pourront estimer que le maintien de l’activité ici n’est pas économiquement justifié. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une réalité, qui s’est déjà vérifiée à plusieurs reprises sur ce bassin. Cette situation fragilise l’économie du bassin de Biars-Bretenoux, qui ne peut que perdre des emplois lorsque les entreprises changent d’actionnaires.

Les miroirs d’un territoire
Si le modèle économique de la presse reste fragile, le Lot conserve un nombre de titres important, avec un quotidien, trois hebdomadaires et plusieurs magazines, sans oublier plusieurs dizaines de médias issus du monde associatif et des collectivités. Panorama.
Un dicton veut que « chaque département a la presse qu’il mérite ». L’affirmation est moins provocatrice qu’il y paraît : l’activité de la presse locale est logiquement très liée au dynamisme du territoire qu’elle couvre. Evoquer l’évolution de la presse et des médias dans le Lot revient donc à retracer le parcours du département. En l’occurrence, le plus simple est de rappeler que le premier quotidien régional structuré et pérenne de la région Midi-Pyrénées fut La Dépêche du Midi, créée en 1870. Selon les points de vue, on peut tout à la fois considérer que c’est très ancien ou étonnamment récent. Dans les deux cas, il faut convenir que La Dépêche du Midi était plus une initiative régionale que départementale et que ce quotidien était déjà diffusé au début du siècle dernier dans le Lot. C’était là un progrès majeur, dans la mesure où le département n’avait auparavant droit qu’à des réimpressions de gazettes parisiennes. Pour le reste, cette mise en perspective historique permet de ne pas qualifier de « nouvelles » des situations que le Lot a déjà connues. Ainsi, de nombreux observateurs ont jugé que trois hebdomadaires, c’était trop pour l’arrivée de Laurent Benayoun en 2002 (voir page 12). Le paysage de la presse lotoise commencera à être bouleversé durant ces années 80. Tout d’abord, un jeune journaliste, Michel Benoît, arrivé de Normandie, crée l’hebdomadaire « L’Eveil de Cahors ». En 1976, Marie-Louise Rocca, soeur de Bernard Pons, intègre le quotidien Centre Presse, du groupe Hersant, qui sera distribué dans le Lot jusqu’à ce qu’un accord soit passé entre les groupes Hersant et La Dépêche à la fin de la décennie : Centre Presse se retire du Lot et ses abonnés deviennent abonnés de La Dépêche du Midi. Par contre, Centre Presse crée l’hebdomadaire La Gazette du Haut et du Bas Quercy, que rejoint Marie-Louise Rocca. Ensuite, à partir de 1981, de nombreuses radios libres sont créées dans le département, dont FM 46, là encore à l’initiative de Marie-Louise Rocca (qu’elle revendra en 1995 à Radio Nostalgie). En 1987, Guy Pautis, un journaliste de l’équipe que dirigeait Martin Malvy crée de son côté un mensuel d’informations générales, dont le premier numéro paraît en septembre. En résumé, à la fin des années 80, la situation était plus concurrentielle qu’elle ne l’est aujourd’hui, avec un quotidien, trois hebdomadaires, un mensuel et de nombreuses radios. un département rural comme le Lot. Il faut pourtant rappeler que le Lot a déjà connu ce cas de figure au cours des dernières décennies. De la même manière, La Dépêche du Midi n’a jamais eu autant de concurrence qu’aujourd’hui, alors qu’on lui prête à tort une position de monopole absolu. Cette introduction permettra de replacer les évolutions des uns et des autres dans leur contexte.
Le puzzle se met en place
Replaçons le curseur du temps au début des années 70. A l’époque, La Dépêche du Midi n’a aucun concurrent dans le Lot. Il n’existe pas d’autre quotidien régional sur le département, mais il n’y a pas non plus d’hebdomadaire, à l’exception notable de La Vie Quercynoise, qui s’apparentait alors plus à un bulletin paroissial qu’à un journal d’information générale. L’édition lotoise de La Dépêche était alors dirigée par un jeune journaliste, qui supervisera l’équipe jusqu’en 1977, Martin Malvy, date à laquelle il est élu Maire de Figeac en 1977, il deviendra Député l’année suivante, puis Ministre et Président de la Région Midi-Pyrénées. Depuis, huit responsables se sont succédés jusqu’à l’arrivée de Laurent Benayoun en 2002. Le paysage de la presse lotoise commencera à être bouleversé durant ces années 80. Tout d’abord, un jeune journaliste, Michel Benoît, arrivé de Normandie, crée l’hebdomadaire « L’Eveil de Cahors ». En 1976, Marie-Louise Rocca, soeur de Bernard Pons, intègre le quotidien Centre Presse, du groupe Hersant, qui sera distribué dans le Lot jusqu’à ce qu’un accord soit passé entre les groupes Hersant et La Dépêche à la fin de la décennie : Centre Presse se retire du Lot et ses abonnés deviennent abonnés de La Dépêche du Midi. Par contre, Centre Presse crée l’hebdomadaire La Gazette du Haut et du Bas Quercy, que rejoint Marie-Louise Rocca. Ensuite, à partir de 1981, de nombreuses radios libres sont créées dans le département, dont FM 46, là encore à l’initiative de Marie-Louise Rocca (qu’elle revendra en 1995 à Radio Nostalgie). En 1987, Guy Pautis, un journaliste de l’équipe que dirigeait Martin Malvy crée de son côté un mensuel d’informations générales, dont le premier numéro paraît en septembre. En résumé, à la fin des années 80, la situation était plus concurrentielle qu’elle ne l’est aujourd’hui, avec un quotidien, trois hebdomadaires, un mensuel et de nombreuses radios.
Redistribution des cartes
La presse est assurément l’un des secteurs d’activité où le fait politique influe le plus sur les équilibres économiques. Cela s’est notamment vérifié au début des années 90, rythmé par deux élections législatives à un an d’intervalle. Comme à chaque fois que les échéances électorales se multiplient, les résultats des entreprises de presse sont plus liés à leur engagement – réel ou supposé – qu’à leurs performances effectives. La première « victime » de ces turbulences fut alors L’Eveil de Cahors : le titre fit faillite et seul le nom du journal, avec ses abonnés, fut vendu, aux enchères, et racheté par Marie-Louise Rocca. Le relancement du titre s’avérant difficile, elle créa en 1996 La Semaine du Lot. Des difficultés financières la conduisirent à céder le titre 1999 au groupe Sud-Ouest. Au terme du premier bilan, le quotidien aquitain cherche pourtant un nouveau repreneur : ce fut la société Mediapress, dirigée par Pascal Serre, qui avait auparavant racheté le magazine Dire Lot et le mensuel créé par Sud-Ouest en Dordogne. Cela étant, la survie de l’hebdomadaire restait menacée, d’autant plus qu’il a dû faire face à partir de 2005 à un nouveau concurrent, Le Petit Journal, dont le siège est à Montauban. Au final, le titre fut repris en 2007 par le groupe La Dépêche du Midi, qui le dota de nouveaux moyens. Au terme de cette redistribution des cartes, aucun média d’information distribué dans les kiosques lotois et présenté dans ce dossier n’a désormais son siège dans le département.
Plusieurs centaines de collaborateurs
Malgré la baisse continue des revenus publicitaires – que les ventes ne suffisent pas à compenser – la presse lotoise fait toujours intervenir plusieurs centaines de collaborateurs dans le département. Ainsi, si le nombre d’emplois directs reste limité (une trentaine pour la presse écrite vendue en kiosque), les différents titres font appel à de nombreux correspondants, le plus souvent bénévoles : plus de 200 pour La Dépêche du Midi, 150 pour La Vie Quercynoise, environ 40 pour Le Petit Journal, une quinzaine pour La Semaine du Lot, sans oublier les collaborateurs réguliers de magazines tels que Dire Lot ou Quercy Passions et les nombreux lotois impliqués dans les médias associatifs (voir encadré). Et si l’on prend en compte les nombreux emplois associés, liés à la distribution des journaux par portage ou à leur impression, près d’un millier de personnes sont impliquées dans la vie des médias du Lot. Ce dossier présente les sept principaux médias présents dans le département : un quotidien (La Dépêche du Midi), trois hebdomadaires (La Vie Quercynoise, La Semaine du Lot et Le Petit Journal), un mensuel (Dire Lot), une chaîne de télévision (France 3) et une radio (Totem). Grâce à sa taille, Cahors a échappé au phénomène des journaux gratuits, mais comme ailleurs, les perspectives de la presse dans le Lot sont également liées à la capacité des acteurs à bien gérer l’outil Internet. Dans le département, cette évolution n’en n’est qu’à ses prémices.
Le développement des médias institutionnels et associatifs
Ce rapide panorama ne concerne que les principaux titres de la presse écrite. Depuis plusieurs années, c’est le milieu associatif qui a créé ou installé le plus de médias dans le Lot. C’est le cas pour des radios telles que Présence, Antenne d’Oc, Décibel FM ou encore Totem, association créée à Rodez et basée depuis 2006 les anciens locaux d’Europe 2 à Cahors, qui a abandonné son antenne cadurcienne (voir page 13). De même, on voit naître un nombre croissant de publications, créées par des associations, des communes ou des communautés de communes, généralement réalisés par des journalistes issus de la presse nationale ou régionale. «Ces nouveaux médias redonnent des perspectives de développement à la presse lotoise et à ses fournisseurs, sachant que le but de ces supports est de privilégier les prestataires du département, qu’ils soient rédacteurs, imprimeurs, photographes ou commerciaux», conclut Fabrice Clary, qui fut journaliste à Paris pendant plus de 10 ans, Rédacteur en Chef de Dire Lot de 2002 à 2005 et qui a notamment lancé le magazine gratuit IMMO Mag.
LE QUOTIDIEN LA DEPECHE DU MIDI
Le vÉtÉran
Dans le Lot, La Dépêche du Midi n’est pas seulement le plus ancien titre de presse, c’est également le plus diffusé (14 500 exemplaires par jour en moyenne selon le responsable de l’édition départementale) et le plus lu (un Lotois sur trois le consulte chaque jour).
La Dépêche du Midi fêtera cette année son 140ème anniversaire. Présent dans le Lot depuis le début du siècle, le quotidien y est devenu une véritable institution. Le Lot est en effet l’un des rares départements, avec l’Ariège et le Tarn-et-Garonne, où le quotidien n’est pas en concurrence directe avec d’autres titres. Dans l’Aveyron, La Dépêche du Midi est confrontée à la fois à La Montagne et au Midi-Libre. Dans le Lot-et-Garonne et sur la frange ouest de Midi-Pyrénées, les lecteurs peuvent également acheter Sud-Ouest. Mais c’est probablement à Toulouse que la concurrence est la plus forte, avec pas moins de quatre quotidiens d’information gratuits (20 Minutes, Metro, Direct Soir Toulouse et Direct Toulouse Plus), qui ont logiquement privé La Dépêche du Midi d’une partie de ses ventes au numéro dans la métropole régionale. Par ailleurs, c’est à Toulouse que le groupe La Dépêche est le plus directement concurrencé par les sites d’information sur Internet. Du fait de ces nouvelles concurrences et de l’érosion du lectorat de la presse quotidienne régionale, la diffusion de la Dépêche du Midi est passée de plus de 280 000 à la fin des années 60 à environ 200 000 aujourd’hui.
Lot : une situation enviable

Le quotidien jouit donc dans le Lot d’une situation enviable. Responsable de l’édition lotoise depuis 2002, Laurent Benayoun précise que les abonnés représentent plus de 55‰ de la diffusion, soit 8 000 sur 14 500. « Cela signifie qu’un Lotois sur trois parcoure chaque jour les pages de la Dépêche du Midi », explique-t-il.
Cette forte proportion d’abonnés explique que la Dépêche du Midi multiplie les initiatives pour les fidéliser. En la matière, une des principales initiatives des dernières années est le développement du portage à domicile. « En 2001, moins de 900 exemplaires étaient portés à domicile, principalement à Cahors et à Figeac, indique Jean Alvarez, Chef des Ventes de La Dépêche du Midi dans le Lot. Depuis, nous avons ouvert une vingtaine de tournées dans tout le département, chaque fois pour un minimum de 100 abonnés. Avec la tournée créée sur la zone de Lalbenque en février, nous passerons la barre des 3 000 exemplaires portés à domicile ». Dans le département, 25 personnes récupèrent les journaux à 4 heures du matin, dans un des trois dépôts du titre (Cahors, Figeac et Souillac), et parcourent les routes pour les livrer avant 8 heures du matin.
Une PME influente
Mais en amont du portage à domicile, La Dépêche représente une vingtaine d’emplois directs dans le département (rédaction, régie publicitaire, administration) et s’appuie sur un vaste réseau de 200 correspondants. Cela donne un ratio de un correspondant pour 875 habitants. Sur les 13 à 16 pages rédactionnelles du cahier du Lot, ce réseau amène chaque jour plus de la moitié du contenu. « Un quotidien est un produit très périssable, rappelle Jean Alvarez, car au-delà des abonnements, la très grande majorité des ventes se fait entre 8 et 10 heures du matin, ce qui demande une organisation sans faille ». De fait, si La Dépêche du Midi a une influence importante, son fonctionnement quotidien s’apparente à celui d’une PME industrielle. Chaque lundi débute ainsi avec une réunion générale qui précise les différents événements qui rythmeront l’actualité de la semaine et la rédaction se réunit ensuite chaque matin pour définir le contenu de l’édition du lendemain. Les journalistes partent alors en reportage, écrivent leurs articles jusque dans l’après midi, tandis que le secrétariat de rédaction traite les informations des correspondants et que les pages sont maquettées, sur place, puis validées par le Responsable d’Edition. « La Une est généralement prête entre 18 et 19 heures et l’ensemble du cahier du Lot vers 20 heures, précise Laurent Benayoun, mais s’il le faut, nous pouvons apporter des modifications jusqu’à 22 heures 30. » Et l’exercice reprend le lendemain matin, sept jours sur sept. L’équipe de la Dépêche a d’autant moins le temps de s’ennuyer qu’elle prépare par ailleurs le lancement d’une nouvelle maquette pour le début de ce printemps 2010.
LA VIE QUERCYNOISE
Le pionnier de la presse hebdomadaire
La Vie Quercynoise a été créée en 1944 par une grande figure de la résistance lotoise. Originaire de Figeac, le jeune Aimé Noël avait été arrêté deux fois par l’armée allemande et s’était évadé deux fois. Catholique convaincu, il lance dès son retour un journal sur le Figeacois. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’il a dirigé La Vie Quercynoise durant près de quarante ans, d’octobre 1944 jusqu’à ce qu’il cède le titre au groupe Presse Régionale au début des années 80. Il décédera quelques années plus tard. Né dans le nord de la France, ce groupe compte également des titres dans le Jura, dans le Cantal et, plus près, en Midi-Pyrénées, l’Echo du Tarn et les deux éditions de La Voix du Midi (une pour le Toulousain et une pour le Lauragais). Durant les trois premières décennies de son existence, le journal étendra sa diffusion à l’ensemble du département tout en conservant une ligne éditoriale très chrétienne, « ce qui explique que La Vie Quercynoise était également distribué dans les églises du département », explique Jean-Claude Bonnemère, Rédacteur en Chef de l’hebdomadaire. Durant toutes ces années, le titre n’aura pas à affronter une grande concurrence.
Diffusion : 75‰ d’abonnés
L’arrivée successive de deux concurrents (La Semaine du Lot en 1996 et Le Petit Journal du Lot en 2005) ne modifie pas profondément la donne : le titre est pour ainsi dire « protégé » par la très forte proportion d’abonnés dans sa diffusion. « Cela représente pour nous environ 3 exemplaires sur 4, ce qui nous préserve davantage des àcoups des ventes en kiosque », ajoute Jean-Claude Bonnemère. Cette longévité a également permis à cet hebdomadaire de pérenniser un réseau de correspondants particulièrement dense. « Parmi nos 150 correspondants, on trouve aussi bien des agriculteurs, des élus ou un ingénieur du Centre d’Etudes de Gramat », explique Jean-Claude Bonnemère. Installé depuis plusieurs décennies au 51 cours de la Chartreuse, à Cahors, La Vie Quercynoise est également entièrement conçue et réalisée sur place, depuis la rédaction jusqu’à la maquette, en passant par la publicité et la diffusion. Quant à savoir si un département de la taille du Lot peut accueillir trois hebdomaires, sa réponse est la fois diplomatique et claire : « cela compense probablement le fait qu’il n’y ait qu’un quotidien », conclut Jean-Claude Bonnemère.
Le RÉdacteur en Chef : Jean-Claude BonnemÈre
D’origine aveyronnaise, Jean-Claude Bonnemère se destinait à une carrière de juriste et poursuivait des études de droit lorsqu’il a été appelé à La Vie Quercynoise pour un remplacement d’été. C’était au début des années 80… et il n’est jamais reparti. Installé à Larroque-des-Arcs, dont il est adjoint-au-maire, Jean-Claude Bonnemère est le père de 5 fils.
LA SEMAINE DU LOT
Un nouveau venu expérimenté
Depuis sa création en 1996, La Semaine du Lot a successivement contesté le quasi monopole de La Vie Quercynoise avant d’être lui-même challengé par l’arrivée du Petit Journal du Lot. Intégré au groupe La Dépêche depuis 2007, l’hebdomadaire a repris l’initiative avec une nouvelle équipe, de nouveaux moyens et une nouvelle adresse.
Le 18 juillet 1996, les Lotois ont découvert dans leurs kiosques un nouvel hebdomadaire, qui allait mettre fin à la situation de quasi monopole que connaissait La Vie Quercynoise depuis plus de 50 ans . Mais après avoir connu une progression continue pendant près de 10 ans, La Semaine du Lot a dû à son tour affronter une nouvelle concurrence, avec l’arrivée du Petit Journal du Lot. De fait, alors que le département est l’un des moins peuplés de France, il devenait l’un des plus richement dotés en hebdomadaires. Cette concurrence nouvelle et des problèmes de management internes ont entraîné une grave crise qui aurait pu entraîner la disparition du titre s’il n’avait été repris en 2007 par une filiale du Groupe Dépêche du Midi dédiée aux hebdomadaires : Dépêche Hebdos. Un nouvel éditeur qui a permis à La Semaine du Lot de trouver un nouvel élan. Dépêche Hebdos édite trois hebdomadaires : Le Villefranchois dans l’Aveyron, La Gazette du Comminges en Haute-Garonne et La Semaine du Lot.
Une nouvelle dynamique
Pour l’hebdomadaire, intégrer un groupe de cette envergure a logiquement changé la donne : La Semaine du Lot a emménagé dans de nouveaux locaux, toujours sur l’artère principale de Cahors, le boulevard Gambetta, mais plus haut, en face de la mairie, une nouvelle équipe a été constituée, les équipements, notamment informatiques ont été renouvelés et modernisés, une nouvelle maquette mise en place. Et tout le journal est désormais en couleur. La mise en page est aujourd’hui faite à Cahors, ce qui n’était pas le cas jusqu’à récemment, et les pages sont envoyées directement, par informatique, sur la plateforme de l’imprimerie du groupe, à Toulouse où le journal est imprimé. Ayant intégré un grand groupe de presse, La Semaine du Lot profite des services forts d’autres filiales : la régie publicitaire O2P ou la diffusion.
La RÉdactrice en Chef adjointe : Audrey Lecomte
Originaire de la région lilloise, Audrey Lecomte connaît bien le Lot, où elle venait passer ses vacances d’été en famille. Après l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse, elle a passé un DESS Euromédias à Dijon et fait ses premiers stages à la rédaction de La Dépêche du Midi à Figeac ou encore à M6. Elle a ensuite travaillé pendant deux ans au sein de la radio RFM Quercy-Rouergue, toujours à Figeac, avant de rejoindre la rédaction de La Vie Quercynoise, également durant deux ans. A La Semaine du Lot depuis 2006, elle est aujourd’hui Rédactrice en Chef adjointe de l’hebdomadaire, le Rédacteur en Chef et directeur de Dépêche Hebdos étant un ancien journaliste de La Dépêche du Lot, Michel Heuillet. Audrey Lecomte est par ailleurs la Présidente de l’association Medialot, qui réunit des journalistes et responsables communication du département.
LE PETIT JOURNAL DU LOT
La carte de la proximité
L’édition lotoise du Petit Journal a été créée en 2005 par Marc Prugniaud, auparavant correspondant à la Semaine du Lot. L’hebdomadaire s’appuie sur une équipe d’une quarantaine de correspondants dans le département.
Le Petit Journal du Lot est le dernier né des trois hebdomadaires du département. Créé en 2005, il a su s’imposer en cinq ans comme le premier en kiosque, notamment en développant un réseau de correspondants important, une quarantaine aujourd’hui, le plus souvent bénévoles. Sa montée en puissance illustre également celle d’un modèle économique, logiquement issu de celui de la presse gratuite, puisque le Petit Journal, créé à Montauban en 1995, était à l’origine un hebdomadaire gratuit. Dans le Tarn-et-Garonne, il est devenu payant en 1999 et est successivement passé à deux, puis trois, puis six éditions par semaines. On peut désormais parler d’un groupe de presse, présent dans sept des huit départements de Midi-Pyrénées, mais aussi en Aquitaine (Lot-et-Garonne), en Languedoc-Roussillon (Aude et Héraut) et bientôt en Provence-Alpes-Côtes d’Azur (Var). « Sachant que deux hebdomadaires existaient déjà dans le département, il est clair que l’on ne nous a pas accueilli à bras ouverts, ironise Marc Prugniaud, créateur et Rédacteur en Chef de l’édition lotoise. Il nous fallait trouver un positionnement original par rapport à ce qui était proposé ». Le journal a donc tout misé sur l’information rurale. « On peut si l’on veut parler d’une information à la Clochemerle, je ne renie pas le terme, poursuit Marc Prugniaud, mais notre objectif est d’abord de rendre compte des actualités très locales, dont la presse se fait rarement l’écho. L’idéal serait que les lecteurs participent encore davantage à l’élaboration de l’hebdomadaire. Tous les contenus sont acceptés, à partir du moment où ils ne sont pas calomnieux et s’inscrivent dans le cadre de la loi ».
Le kiosque avant tout
« La première vocation des quelques permanents du Petit Journal est d’être les yeux et les oreilles de la population du département à l’occasion des différents événements qui rythment l’actualité lotoise, estime Marc Prugniaud. Dans ce contexte, notre principal capital est notre crédibilité : nous ne pouvons pas nous permettre de brosser dans le sens du poil les responsables politiques ou économiques. Au sein du groupe Le Petit Journal, chaque édition est indépendante et participe aux débats d’idées comme elle l’entend. C’est pourquoi donner une coloration politique au Petit Journal du Lot n’a pas de sens : les correspondants sont aussi bien de droite que de gauche et représentent toutes les générations ». Comme l’ensemble de la presse écrite, cet hebdomadaire doit par ailleurs gérer une forte saisonnalité. « L’été, nos ventes en kiosque progressent en moyenne de 50‰ ; l’hiver, la diffusion reste dépendante de l’actualité, et notamment des périodes pré-électorales ou des faits divers importants », conclut Marc Prugniaud.
Le RÉdacteur en Chef : Marc Prugniaud
Lotois, originaire de Montcuq, Marc Prugniaud a d’abord été professeur dans des classes de BTS, notamment à Albi et à Mirande. Au début des années 2000, il devient correspondant pour la Semaine du Lot. « Débuter avec Marie-Louise Rocca, qui dirigeait alors l’hebdomadaire, a été très formateur et m’a convaincu que c’est dans ce département que je devais travailler », explique Marc Prugniaud. En 2004, il est sollicité par le groupe Le Petit Journal pour créer l’édition du Lot. Depuis, il gère à la fois la rédaction des articles, la coordination et le suivi des correspondants ainsi que la commercialisation des espaces publicitaires.
DIRE LOT
L’esprit et l’image du département
Magazine emblématique du département, Dire Lot a été créé dès 1987 et s’est progressivement imposé comme le porte-parole des patrimoines du département, que ce soit en matière de gastronomie, d’architecture ou de tourisme. Récit.
Dire Lot est aujourd’hui l’une des premières images que le département présente à ses visiteurs. Présents dans tous les kiosques lotois, il est également diffusé à la périphérie, jusqu’à Sarlat, Brive, au Villefranchois ou au Caussadais. L’histoire de ce magazine débute en 1987, à l’initiative d’un ex journaliste de la Dépêche du Midi, Guy Pautis. Bimestriel, Dire Lot a alors un positionnement bien différent de celui qu’il a adopté à la fin des années 90 et propose de nombreux dossiers d’actualité. Ces évolutions peuvent être expliquées par les changements de propriétaires successifs du journal. Un premier virage est amorcé en 1998 avec l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire, Dominique Jouve, qui dirigeait auparavant la société d’édition parisienne Le Forum. Le magazine commence alors à s’orienter davantage vers les sujets liés au patrimoine et à la culture. Le positionnement évolue plus radicalement en 2002, suite au rachat du magazine par Pascal Serre. Dire Lot passe alors du rythme bimestriel à une parution mensuelle.
Ecrit dans le Lot et réalisé en Dordogne
Parallèlement, l’organisation de l’entreprise évolue : elle a désormais son siège à Périgueux, en Dordogne. « La rédaction reste entièrement réalisée dans le Lot, mais le magazine est mis en page à Périgueux », précise Vincent Besserve, qui a notamment en charge la coordination des articles et des collaborateurs de Dire Lot (une douzaine par édition). Cette organisation est également expliquée par le fait que la société éditrice, Mediapress, édite un magazine au positionnement identique sur le département de la Dordogne. Un des atouts du magazine devient par ailleurs la forte proportion d’abonnés : plus de 1 500, soit un tiers de la diffusion mensuelle. « Dire Lot reste le lien entre de nombreux Lotois expatriés et leur département d’origine, explique Vincent Besserve. Nous avons même quelques abonnés aux Etats-Unis ou en Asie. ». Un nouveau changement d’actionnaire est intervenu début 2008, avec le rachat de la société Mediapress par Jacques Servia. Le magazine adopte ainsi une nouvelle maquette, définitivement mise en place avec ce premier numéro de l’année 2010. Au-delà, Dire Lot a multiplié les initiatives pour développer ses activités : deux hors séries annuels sont édités (Feuilles de Vignes et L’Esprit Quercy), des prestations de conseil en communication sont proposées aux entreprises et une lettre électronique est diffusée à 3 000 personnes pour promouvoir les nouvelles éditions.
Le responsable des Éditions Mediapress Quercy (dont Dire Lot) : Vincent Besserve
Vincent Besserve est avant tout un Lotois, et plus précisément un Cadurcien, qui a logiquement passé plusieurs années à Toulouse pour poursuivre des études supérieures et entamer sa vie professionnelle. Vincent Besserve a ainsi obtenu une maîtrise en ingénierie commerciale et de la communication(ISEG) et a travaillé pendant six ans dans des agences de conseil en communication du Sud-Ouest (HVA Conseil à Toulouse et YSA Conseil à Pau), avant de revenir dans le Lot en 2002.
FRANCE 3 QUERCY-ROUERGUE
Une exception en France
France 3 a créé dès les années 70 une antenne dédiée au Lot et à l’Aveyron. C’est le seul « décrochage local » en France qui couvre deux départements. Quatre journalistes se relaient dans le Lot pour faire des reportages sur l’actualité du département.
France 3 Quercy-Rouergue couvre l’actualité de deux départements : l’Aveyron et le Lot. Le fait n’est pas anodin, car c’est la seule antenne locale de France 3 qui gère deux départements. Dans les faits, l’organisation de France 3 pour les informations régionales est fondée sur deux niveaux. Vers 19h00, la chaîne fait un « décrochage » à l’échelle régionale, en l’occurrence Midi-Pyrénées pour les habitants du Lot. Vers 18 heures 45, un premier « décrochage » est effectué sur des zones plus restreintes, dont Quercy-Rouergue, à savoir le Lot et l’Aveyron. Cette édition quotidienne, du lundi au vendredi, dure exactement 10 minutes. Tous les départements de France ne bénéficient pas d’édition locale. Le critère n’est pas seulement démographique mais aussi technique, en lien avec le mode de diffusion par voie hertzienne, seules les antennes « râteaux » permettant de capter les éditions locales. Par exemple, lors du « décrochage » local, l’Ariège et le Gers reçoivent les informations locales de l’agglomération toulousaine. Le fait que le Lot bénéficie d’une édition qui le concerne est principalement lié à la demande de Georges Pompidou, Président de la République jusqu’en 1974.
Rendez-vous chaque jour à 18h45
A Cahors, France 3 s’appuie sur deux équipes de deux journalistes (dans les termes du métier, ces tandems associent un journaliste-rédacteur et un journaliste-reporter d’images). Chaque reportage mobilise une équipe pour une demi-journée, voire plus, pour arriver à des formats de 1 minute 30 à 2 minutes, une fois montés au quartier général de France 3 Quercy-Rouergue, à Rodez. « Durant des années, le taux d’audience du décrochage “Quercy-Rouergue” atteignait 40‰ », explique Laurent Winsback, Rédacteur en Chef de l’antenne, basé à Rodez. Le taux d’audience en question signifie que sur 10 Lotois qui étaient devant la télévision, 4 regardaient le « décrochage Quercy-Rouergue », qui était auparavant diffusé deux fois (vers 18 heures 40 et 19 heures 50). Depuis la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques, le deuxième décrochage, juste avant l’heure fatidique, a été supprimé, ce qui signifie que les reportages concernant le Lot ne sont diffusés qu’une fois, entre 18 heures 45 et 18 heures 55. France 3 Quercy-Rouergue emploie aujourd’hui 14 salariés (4 journalistes dans le Lot et, dans l’Aveyron, 6 journalistes, une assistante, 2 monteurs et le Rédacteur eu Chef.
RADIO TOTEM
La fréquence qui monte
Née à Rodez en 2000, Radio Totem est depuis 2006 la seule radio qui dispose d’une rédaction à Cahors.
Plusieurs acteurs nationaux de la bande FM ont eu des décrochages sur tout ou partie du Lot, tels que Radio Nostalgie, Europe 2 ou RFM (dont le décrochage « Quercy-Rouergue » existe toujours). Mais c’est un acteur régional, basé à Rodez, qui est aujourd’hui le seul à disposer d’une rédaction à Cahors. Créé dans l’Aveyron en 2000, Totem est à la base une association, qui avait créé une radio libre dès le début des années 80, et a conservé ce statut, tout en s’adossant à une régie publicitaire(Oxymedia). Le fait est que la radio aveyronnaise a progressivement constitué un groupe dont la présence dessine un triangle, qui va de Clermont-Ferrand à Agen en passant par Montpellier. « Nous serons également présent dans le Gard à partir du printemps prochain, ce qui signifie que nous couvrirons 11 départements avec plus de 15 journalistes et près de 40 salariés », explique Stéphane Scudier, Directeur de Totem. Sur cette vaste zone, la radio revendique une audience quotidienne de 115 000 personnes. Implanté à Cahors depuis 2006, Totem occupe aujourd’hui les anciens locaux d’Europe 2, rue Wilson et emploie un journaliste à plein temps, Johan Gesrel, pour couvrir l’actualité du département. Il envoie deux à trois reportages par jour à la rédaction de Rodez, qui diffuse 9 journaux régionaux par jour dédiés au Lot et à l’Aveyron (à 6 heures, 6 heures 30, 7 heures, 7 heures 30, 8 heures, 8 heures 30, 12 heures 30, 18 heures et 19 heures). Pour mesurer le travail d’un journaliste de radio, il faut rappeler que réaliser un reportage de 1 minute 30 nécessite de 3 à 5 heures, en fonction du sujet et du lieu, depuis les prises de rendez-vous, le trajet, les interviews, l’écriture et le montage. Pour Radio Totem, le prochain enjeu est de compléter sa couverture du Lot, car il n’est pas reçu aujourd’hui sur la zone qui va de Gourdon à Biars-sur-Cère.
Le correspondant de Totem dans le Lot : Johan Gesrel
Originaire de Bretagne, Johan Gesrel est présent à Cahors depuis deux ans et demi. Formé à l’IUT de journalisme de Lannion, il a notamment travaillé pour le quotidien Ouest-France, Radio France International, Radio Nostalgie et a passé un an au sein d’une radio québécoise. L’autre représentant de la radio pour le Lot est Christelle Pinsard, responsable de la régie publicitaire pour le département et pour le Tarn-et-Garonne. D’origine lotoise, elle a fait ses études secondaires au lycée Clément Marot, a obtenu un BTS Communication à Toulouse et a géré l’édition 2006 de la Foire-Expo de Figeac avant de rejoindre Radio Totem.