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Entreprendre CCI du Lot n°152
Zone Commerciale de Cahors Sud :
Comment se dÉvelopper
developpement

CAHORS SUD DYNAMIC :Les ambitions de la nouvelle association

Créée cet automne, l'association Cahors Sud Dynamic souhaite donner un nouvel élan à  la principale entrée de la ville.

Au-delà  du problème du ruisseau Bartassec, ses buts concernent la coordination des animations commerciales, l'amélioration de la signalétique et de la circulation et la limitation des « pollutions » visuelles, telles que l'affichage publicitaire ou les friches.

Au cours des quatre dernières décennies, la zone commerciale de Cahors Sud s'est progressivement imposée comme la plus importante du Lot, passant d'une poignée de magasins à  plus de 120 aujourd'hui.

Pour arriver à  ce développement, la zone avait besoin d'une locomotive forte, rôle que joue généralement un supermarché ou un hypermarché.

En l'occurrence, la dynamique a été engagée au début des années 70 avec la construction d'un supermarché Leclerc, qui a ensuite intégré l'enseigne Squale, puis Mammouth, avant d'entrer dans le groupe Carrefour en 1998.

Christine Duvauchel, Présidente de l’association Cahors Sud DynamicChristine Duvauchel, Présidente de l’association Cahors Sud Dynamic

La progression de la zone a connu un premier coup d'arrêt en janvier 1996 avec la crue du Bartassec. De fait, l'hypermarché Carrefour n'a pas grandi depuis cette date et conserve une surface de 3 420 m2, ce qui fait de lui l'un des plus petits hypermarchés de France (à  titre de comparaison, la moyenne nationale est d'environ 6000m2 et le Carrefour de Portet-sur-Garonne, près de Toulouse, compte 25 000 m2).

La situation ne s'est pas améliorée après 2003 et les crues du Lot et du Célé, qui ont précipité la mise en place d'un Plan de Prévention des Risques d'Inondation contraignant dans le Lot.

Mener des actions communes

C'est dans ce contexte qu'est intervenue en octobre 2009 la création de l'association Cahors Sud Dynamic, qui souhaite regrouper le plus grand nombre de commerà§ants et d'artisans.

« L'aménagement du Bartassec est un sujet important mais ce n'est pas le seul et les acteurs de cette zone doivent s'unir pour mener des actions concrètes et immédiates », explique Christine Duvauchel, la Présidente. Parmi ces actions, on peut notamment citer le projet de fluidifier la circulation sur l'axe qui va du Lot au rond point de la Beyne, à  l'extrémité sud de la ville. De fait, si cette entrée de Cahors voit passer en moyenne 16 000 véhicules par jour, elle enregistre des pointes à  plus de 20 000 et l'association propose que des aménagements permettent de ne plus voir le trafic gêné par des poids lourds, souvent contraints de bloquer une voie pour effectuer leurs livraisons.

De même, l'association souhaite que des animations régulières soient organisées de faà§on concertée par les professionnels présents sur la zone.

Entre autres exemples, on constate que la quasi-totalité de l'offre commerciale automobile est située au sud de Cahors et qu'il serait possible de coordonner les opérations promotionnelles.

Le Plan de Prévention des Risques d’Inondation a été établi en 2004 sur la base de la crue du Bartassec de 1996.Le Plan de Prévention des Risques d’Inondation a été établi en 2004 sur la base de la crue du Bartassec de 1996.

Au-delà , son but est d'être un interlocuteur représentatif et une force de proposition pour les différents décideurs, depuis les services de l'Etat jusqu'aux différentes collectivités (Ville de Cahors, Communauté de Communes du Pays de Cahors, Conseil Général du Lot ou la Région Midi-Pyrénées).

Enfin, Cahors Sud Dynamic travaille d'ores et déjà  avec les associations existantes, telles que Cahors Actif. « Il faut comprendre que nos véritables concurrents ne sont pas d'autres commerà§ants de Cahors. Tous les acteurs du pôle commercial cadurcien doivent travailler dans le même sens pour limiter l'évasion commerciale », conclut Christine Duvauchel.

Les entreprises de la zone sud de Cahors

D'après le fichier de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Lot, la zone sud de Cahors compte 128 entreprises de commerce, artisanales, industrielles et de services, qui emploient plus de 1 000 personnes.

Cette zone sud s'étend du premier rond-point à  l'entrée sud de la ville (près du pont des arches) jusqu'au quartier Saint Georges sans oublier le Chemin de Belle croix, le Chemin des Mathieux et le chemin de la Chartreuse.

Répartition par secteur d'activité, emploi :

Secteur Nombre de Effectif
points de vente salarié
Alimentaire 12 210
Equipement de la personne
(Vêtements, chaussures, sport) 9 38
Bricolage/ matériel de jardin 10 74
Meubles/ménager TV/HIFI 7 47
Santé, loisirs, solderie 12 44
Métiers de l'automobile 32 260
Autres activités (commerce
de gros et détail, services,
artisanat et industrie) 46 254
Total 128 927

Les 128 entreprises emploient 927 salariés et quelque 80 chefs d'entreprise et conjoints de chefs d'entreprise non salariés.

Cette zone commerciale se développe bien malgré les contraintes techniques et géographiques : 20 % des entreprises sont installées depuis moins de trois ans.

Plancher commercial :

La sortie sud de Cahors compte une cinquantaine d'enseignes du grand commerce qui totalisent près de 30 000 m2 de surface de vente.

32 entreprises des métiers de l'automobile (garages, concessions automobiles et motos, accessoires automobiles, contrôle technique, location de véhicules) sont installées dans ce secteur de la ville.

Statut juridique :

Juridiquement, sur les 128 entreprises, 53 % sont des SARL, 20% sont des SAS (sociétés par action simplifiées), 16% sont des entreprises individuelles et 11% sont des SA (sociétés anonymes).

Le bureau de « Cahors Sud Dynamic »
• Présidente : Christine DUVAUCHEL (fleuriste)
• Vice-présidents : Pierre CHARDARD (automobile), Yannick Pastureau (fleuriste) et Pascal DAUTEUILLE (Univers literie)
• Trésorier : Dominique DIDIER (automobile)
• Secrétaire : Lydie PIERRICH (articles de sport)

Jean-Marc Vayssouze-Faure, Maire de Cahors, Président de la Communauté de Communes du Pays de Cahors : « Une révision du Plan de Prévention des Risques d'Inondation serait une avancée déterminante »

Comment relancer le développement de la zone commerciale de l'entrée sud de Cahors (à  ne pas confondre avec la Zone d'Activités de Cahors Sud). Le Maire de Cahors, Jean-Marc Vayssouze-Faure explique pourquoi et comment il compte arriver à  une révision du PPRI.

La zone commerciale de l'entrée sud de Cahors est la plus importante du Lot mais semble figée. Quel état des lieux dressez-vous aujourd'hui ?
Jean-Marc Vayssouze-Faure : Il faut tout d'abord bien comprendre que la Mairie et la Communauté ne peuvent qu'être favorables à  la dynamisation de cette zone. L'enjeu économique est énorme pour l'agglomération, car elle regroupe effectivement une centaine de commerces, près d'un millier d'emplois et est traversée chaque jour par plus de 16 000 véhicules. Cela étant dit, le premier constat est que la situation est quasiment gelée suite à  la crue de 1996 et depuis l'instauration en 2004 du Plan de Prévention des Risques d'Inondation, ou PPRI. Du fait de la présence du Bartassec et de ses potentielles crues, on ne peut ni construire ni réaliser des extensions, sans oublier que les locaux ne peuvent pas changer de destination, c'est-à -dire qu'un entrepôt ne peut pas devenir un commerce. Lorsque cette règle très restrictive a été mise en place, les responsables n'ont certainement pas imaginé les conséquences que cela aurait pour la zone sud de Cahors.

Quelles solutions peuvent être imaginées ? Jean-Marc Vayssouze-Faure : Il n'y a pas d'autre voie que d'arriver à  une révision du PPRI. Cela demande une collaboration forte entre les collectivités et l'Etat, et elle se met aujourd'hui en place. Cela se traduit tout d'abord par le lancement d'une étude sur les aménagements à  entamer pour réduire l'impact des inondations afin d'assouplir ce PPRI. Son coût, d'environ 80 000 euros, sera pris en charge par la Communauté de Communes du Pays de Cahors et pour partie par l'Etat. Sur la base des résultats de l'étude, d'ici fin 2010, nous pourrons prendre les décisions communes qui débloqueront la situation. Ce n'est pas un voeu pieux, c'est une nécessité absolue, car il n'existe plus de terrains disponibles pour un développement du commerce sur le territoire de Cahors. Et il n'est pas réaliste d'imaginer que les Cadurciens s'éloigneront à  plusieurs kilomètres vers le sud ou vers le nord pour faire leurs achats.

Pourquoi une solution comme la construction sur pilotis, possible ailleurs, n'est pas adoptée pour l'entrée sud de Cahors ?
Jean-Marc Vayssouze-Faure : Le PPRI a classé les terrains en trois types de zones, bleue, orange ou rouge. Sur la zone de Labéraudie, par exemple, qui est une zone orange, la construction sur pilotis est acceptée. Ce n'est pas le cas pour l'entrée sud de Cahors, qui est considérée comme une zone rouge. L'enjeu consiste justement à  arriver à  faire en sorte que des parcelles passent du «rouge » à « l'orange ».

On ne peut pas anticiper sur les résultats de l'étude, mais l'on sait que cela demandera soit la réalisation de bassins de rétention, soit l'élargissement et le creusement du Bartassec, ou peut-être les deux. Dans tous les cas, il n'est pas possible de prendre des décisions sans en connaître au préalable le coût.

Le lancement d'une nouvelle étude n'est-il pas le moyen de gagner du temps et de ne rien entreprendre dans l'immédiat ?
Jean-Marc Vayssouze-Faure : Absolument pas. D'une part, nous ne financerions pas la moitié du coût de l'étude dans le simple but de « botter en touche ». D'autre part, mon attachement au développement économique consiste avant tout à  accélérer la résolution des problématiques à  l'oeuvre plutôt qu'à  en freiner les réponses. Enfin, plusieurs chantiers concrets vont être lancés sans attendre ces résultats. Nous réalisons progressivement des réserves foncières chaque fois que c'est possible et nous étudions les moyens d'éliminer les friches qui sont apparues comme autant de « verrues ». J'ai d'ailleurs entamé des négociations et ai bon espoir que certaines d'entreselles disparaissent sous peu. Par ailleurs, l'avenue Anatole de Monzie va être rénovée par la Ville et le Conseil général. Une autre action immédiate concerne la gestion de l'affichage, du mobilier urbain et de la signalétique. Il faut reprendre la règlementation qui fixe les règles applicables à  la publicité, aux enseignes et aux pré-enseignes, mise en place il y a plusieurs années dans les communes de Cahors, du Montat et de Labastide-Marnhac. Une première réunion aura lieu en janvier avec les élus concernés et les services de l'Etat afin d'envisager les conditions de révision du règlement local de publicité et partant d'améliorer l'esthétique de la principale entrée de ville.

Une association vient d'être créée pour le développement commercial de cette zone. Travaillerez-vous avec elle ?
Jean-Marc Vayssouze-Faure : Il est très important que les entreprises se mobilisent et se structurent. Cette association devra participer aux réunions de travail qui concernent la zone. Je le répète, si rien ne bouge, la situation ne peut que se dégrader. L'enjeu n'est pas uniquement économique. S'il devait y avoir une nouvelle inondation, on nous reprochera aux uns et aux autres de n’avoir rien fait. Il faut que nous gérions ensemble les spécificités de cette zone, comme le fait que le Bartassec soit l’un des seuls ruisseaux privés de France, ce qui signifie qu’il appartient aux riverains. Par exemple, dans ce contexte, nous souhaiterions que les aménagements soient entrepris de l’amont vers l’aval, alors que l’usage est de le faire en sens inverse. L’association peut nous aider à travailler en collaboration avec l’Etat sur ce type de sujet. Elle peut en tout état de cause, comme l’ensemble des acteurs économiques, compter sur ma volonté d’avancer.

Jean-Luc Marx, Préfet du Lot : « L'Etat veut faire aboutir le dossier de l'entrée sud de Cahors »

Les inondations qui se produisirent en 1996 dans le bassin du Bartassec furent soudaines et dévastatrices. Le montant des indemnisations par les assurances atteignit un montant de 45 millions d'euros (valeur 1997). Aucun mort ne fut heureusement à  déplorer.

Pour l'Etat, la prescription d'un PPRI, puis son approbation en 2004, sont la traduction d'un de ses rôles essentiels, à  savoir assurer la sécurité des personnes et des biens dans une zone sujette à  des crues torrentielles. Les explications du Préfet du Lot.

Le développement de la zone commerciale du sud de Cahors est freiné depuis 2004 par un Plan de Prévention des Risques d'Inondation : est-il possible de le réviser si des aménagements sont réalisés ?
Jean-Luc Marx : On peut constater que l'entrée sud de Cahors a poursuivi son expansion, mais en dehors de la « zone rouge » du PPRI. Le PPRI, approuvé en 2004, interdit en effet, dans les zones touchées par la crue, toute évolution des constructions existantes et toute construction nouvelle qui aggraveraient le risque. Les dispositions du PPRI sont adaptées à  la nature du phénomène et à  la zone.

Les services de l'Etat ne pourront se positionner sur une éventuelle révision du PPRI qu'après examen de propositions visant, d'une part à  réduire le risque à  l'échelle de l'ensemble du bassin versant avec des solutions de ralentissement de la crue dans la partie amont et des aménagements hydrauliques favorisant l'écoulement des eaux à  l'aval, sachant que ce volet devra développer en outre les aspects « information » et « alerte » des populations ; d'autre part à  restructurer la zone en intégrant des mesures de réduction de la vulnérabilité des constructions et installations.

L'Etat et les collectivités concernées semblent décidés à  collaborer davantage sur ce sujet : l'Etat participera-t-il à  l'étude qui va être lancée pour trouver des solutions ?
Jean-Luc Marx : L'Etat soutient l'initiative de la Communauté de Communes du Pays de Cahors. A ce titre, il financera la moitié du coût de l'étude, apportera son appui technique et participera au comité de pilotage.

Quelles sont selon vous les prochaines étapes avant un éventuel déblocage de cette situation pour l'entrée sud de Cahors ?
Jean-Luc Marx : L'Etat s'est engagé dans des réunions de travail avec la communauté de communes, réunions au cours desquelles ont été définis le périmètre et les principes généraux de l'étude à  venir.

Comme l'Etat, la collectivité a la volonté de faire aboutir le dossier, ainsi que le traduisent les nombreux et fréquents échanges entre services. Cette zone commerciale, « vitrine » de l'agglomération cadurcienne, doit pouvoir s'adapter aux nouvelles formes de l'urbanisme contemporain, dans le respect du principe de précaution.

 

Gérard Morandin, Directeur de l'hypermarché Carrefour de Cahors :
« Il est impératif que nous puissions nou
s
agrandir très rapidement »

Directeur de l'hypermarché Carrefour de Cahors depuis huit ans, Gérard Morandin explique les projets de l'enseigne sur ce territoire. Si l'agrandissement sur le site actuel restait impossible, un déménagement plus au sud semble bien inéluctable. Entretien.

L’hypermarché Carrefour de Cahors représente aujourd’hui une surface d’environ 3 420 m2, ce qui en fait l’un des plus petits hypermarchés de l’enseigne en France. Sachant que vous ne pouvez pas vous agrandir pour l’instant, qu’envisagez-vous ? Déménager plus au sud ?
Gérard Morandin : Depuis que la mise en place du Plan de Prévention des Risques d’Inondation a bloqué toute possibilité d’extension, de nombreuses hypothèses ont été étudiées. Le projet de se déplacer de quelques kilomètres vers le sud, dans la zonequi va s’appeler Cahors-Sud, existe bel et bien et ne date pas d’hier. Le point de blocage est qu’il faudrait que les terrains concernés soient reclassés pour accueillir une telle activité commerciale. Contrairement à une idée reçue, la distance entre Cahors et ce nouveau magasin se situerait dans la moyenne des distances entre un hypermarché et un centre-ville ; ce n’est donc pas du tout irréaliste.

N’est-ce pas une menace que vous brandissez pour alerter les autorités ?
Gérard Morandin : Non, pas une menace, une aide à la décision. Cettedécision est donc entre les mains des collectivités locales et des représentants de l’Etat. En ce qui concerne l’éventualité de ce projet de déménagement, elle est bien réelle. Cela étant dit, ce n’est pas la seule piste que nous avons explorée. Nous avions d’abord imaginé, avant la mise en place du PPRI, de créer un important complexe commercial sur la zone actuelle, comprenant notre hypermarché, un magasin de bricolage, un magasin d’articles de sport et une importante galerie marchande. Cela correspondait vraiment au concept d’hypermarché, qui vise à réunir le plus grand nombre de commerces et de services possible « sous un même toit ». Ensuite, nous avons imaginé un déménagement de l’autre côté de la route de Toulouse afin de sortir de la zone rouge, ce qui supposait de creuser dans la colline. C’était réalisable, techniquement et financièrement, mais il fallait enlever 80 000 m3 de roche. Paradoxalement, l’évacuation et le traitement de cette masse coûtaient aussi cher que la construction elle-même, ce qui empêche ce projet d’aboutir.

Quels sont les risques si la situation de se débloque pas ?
Gérard Morandin : Le plus grand risque est que cette zone commerciale dépérisse. Ce sera le cas si des commerces décident de la quitter pour emménager plus au nord, vers Labéraudie par exemple. Ce sera également le cas si nous changeons de statut, ce qui n’est pas exclu à terme. Il faut en effet garder à l’esprit que le Groupe Carrefour a créé et développe un réseau de supermarchés, les « Carrefour Market ». A Cahors, nous ne sommes pas beaucoup plus importants que les plus grands d’entre eux. A terme, notre statut pourrait donc
passer de celui d’hypermarché à celui de supermarché, ce qui ne serait pas un signe de dynamisme pour la ville et aurait évidemment des conséquences sur l’étendue de notre offre
et, au final, sur l’emploi.

Quelle devrait être selon vous la surface du Carrefour de Cahors ?
Gérard Morandin : Il faudrait que nous passions de 3 420 m2 à 5 500 ou 6 000 m2. C’est la surface du magasin Carrefour à Auch, qui est une agglo-mération d’une taille comparable. Nous pourrions ainsi créer plusieurs nouveaux rayons, dont un rayon « bio », car la demande est forte. Mais l’enjeu de cet agrandissement n’est pas uniquement économique et commercial : il concerne les conditions de travail des 152 salariés, qui pourraient ainsi être largement améliorées.

L’entrepôt est aujourd’hui excentré et l’impossibilité de faire des travaux nous interdit de réaliser des aménagements impératifs. Si cette zone affichait de mauvais ratios de fréquentation et d’achat, on pourrait comprendre qu’elle ne soit pas jugée prioritaire, mais ce n’est pas le cas : les ratios de ce magasin et de la zone sont bons, mais ils stagnent depuis cinq ans. Il faut donc redonner des perspectives. De ce point de vue, notamment, la création d’une association de ceux qui sont actifs sur cette zone est une excellente nouvelle.

Avez-vous des propositions ?
Gérard Morandin : Je pense que certaines pistes n’ont pas été suffisamment explorées. Par exemple, il existe un vaste terrain entre les deux premiers ronds-points de l’entrée sud de Cahors, qui pourrait devenir un lac d’agrément particulièrement esthétique. Ne pourrait-il pas jouer à la fois un rôle pour la rétention d’eau et l’aspect paysager ?

Au-delà, on sait qu’il est possible d’aménager ce PPRI et si on nous permet de construire sur pilotis, nous le ferons. A Cahors, chaque mètre carré exploitable pour une activité commerciale compte.

Notre pire ennemi est le statu quo, qui conduit le commerce cadurcienà créer sa propre concurrence plutôt qu’à s’intéresser aux initiatives des pôles commerciaux voisins, comme Montauban ou Brive. Comme nous approchons de Noël, un grand nombre de voitures immatriculées dans le Lot seront sur les parkings des grandes surfaces du Tarn-et-Garonne ou même de Haute-Garonne juste avant les fêtes de fin d’année.

Proportionnellement à sa zone de chalandise, l’hypermarché Carrefour de Cahors devrait occuper une surfaceProportionnellement à sa zone de chalandise, l’hypermarché Carrefour de Cahors devrait occuper une surface de 6 000 m2, au lieu de 3 000 m2 aujourd’hui.

MAGASIN SPORT 2000 : « L'action publique doit prendre en compte les impératifs immédiats des entrepreneurs »

Créé en 1990 à  Cahors, le magasin Sport 2000 s'est développé malgré une implantation à  priori peu favorable, au seuil d'une impasse située derrière l'hypermarché Carrefour. L'analyse de Lydie Pierrich, co-gérante de l'entreprise.

Cahors, Sport 2000 fêtera l'an prochain son vingtième anniversaire. Depuis 1990, il a vu à  la fois s'améliorer la desserte routière du magasin et la mise en place des restrictions qui ont bloqué le développement de la zone commerciale après les crues de 1996 et de 2003. « Paradoxalement, l'activité commerciale s'est développée alors que la zone a peu évolué depuis l'ouverture du magasin, explique Lydie Pierrich, co-gérante du Sport 2000 de Cahors avec ses trois frères et soeur. La seule amélioration notable pour nous a été l'aménagement de la voie d'accès au magasin, lequel est situé dans une impasse ». Sport 2000 emploie aujourd'hui huit salariés et occupe une surface de 600 m2. « Pour nous, le premier problème est le décalage entre les impératifs immédiats qui s'imposent aux entrepreneurs et les délais très longs de l'action publique, ajoute Lydie Pierrich. Un progrès déterminant serait que nous ayons un interlocuteur unique pour analyser nos dossiers, alors que nous devons aujourd'hui solliciter un trop grand nombre d'acteurs, depuis les services de l'Etat jusqu'aux différentes collectivités ».

Lydie, Franck et Nadine PierrichLydie, Franck et Nadine Pierrich

Secrétaire de l'association Cahors Sud Dynamic, elle estime que plusieurs sujets pourraient être traités dès aujourd'hui, sans attendre une évolution du PPRI, comme l'éclairage public, les horaires du ramassage des ordures ou le traitement paysager de la zone.

Selon elle, l'enjeu à  court terme est que les décisionnaires - l'Etat et les élus - précisent leurs priorités. « Soit on permet au tissu économique actuel de se développer, sachant qu’il est en grande majorité mené par des entrepreneurs indépendants, soit on favorise l’implantation de grandes enseignes dont les établissements sont gérés par des directeurs salariés. Il n’est pas possible de viser ces deux objectifs en parallèle », conclut Lydie Pierrich.

MAGASIN BIOCOOP : « Les atouts de cette zone commerciale peuvent être davantage exploités »

Le magasin Biocoop est l'un des commerces les plus récents sur la zone du sud de Cahors. Après près de trois années d'activité, il affiche une progression supérieure à  la moyenne nationale et estime que le potentiel de cette zone reste sous-exploité. Explication.

Avant la création du magasin, on nous expliquait que l'agglomération de Cahors était déjà  richement dotée en produits "bio". Au terme de notre première année d'activité, en 2007, nous avons pourtant fait plus du double de ce que nous avions prévu », explique Denis Pacaud, Directeur du Biocoop de Cahors et membre du bureau de l'association Cahors Sud Dynamic. Cette réflexion préliminaire appelle deux commentaires : primo, la zone commerciale de Cahors Sud conserve une forte attractivité ; deuxio, toutes les créations de commerces bénéficient aux magasins voisins. « Nous avons rapidement compté plus de 130 clients par jour, nous avons embauché, comptons désormais sept salariés et nous avons pu nous agrandir : la marge de progression de cette zone reste donc importante », ajoute Denis Pacaud.

Notamment en charge de l'animation au sein de l'association Cahors Sud Dynamic, Denis Pacaud peut analyser les ratios de fréquentation avec un Å“il d'expert : il était auparavant Directeur d'un magasin Intermarché.

« Les chiffres sont bons et la progression est plus forte que la moyenne nationale, souligne-t-il, le frein n'est donc pas lié aux atouts de cette zone, qui sont bien réels, mais au fait qu'ils ne sont pas suffisamment exploités ».

Selon lui, sans attendre un éventuel aménagement du PPRI, il faut sans tarder régler des sujets prioritaires tels que la propreté, l'esthétique, la circulation, la signalisation ou l'affichage publicitaire. « N'oublions jamais que nos véritables concurrents ne sont pas d'autres commerçants cadurciens mais les pôles commerciaux voisins, ajoute Denis Pacaud. Notre appartenance à  une enseigne nationale nous permet d'avoir un point de vue moins "loto-lotois" sur ce sujet : le plus grand Biocoop de France se trouve en Bretagne et a une surface de 800 m2, le plus petit se trouve dans le Lot à  Limogne-en-Quercy avec moins de 100 m2. Avec 270 m2, nous nous situons à  Cahors à  peu près au niveau de la moyenne nationale, qui est de 300 m2. Cela étant dit, nous avons une croissance de près de 20 % depuis la création du magasin en 2007 ». Pour lui, l'enjeu immédiat est clair : « pour les commerà§ants de cette zone, ne pas agir revient à  placer ses poubelles devant l'entrée de son magasin ».