Votre message a été correctement envoyé !
contacter la rédaction web marquer dans vos favoris  
 
numero en cours
[ Lire le magazine ]
 
 

A la UNE Magazines Dossiers Partenaires Liens  
 

 
Entreprendre CCI du Lot n°150
La filière lotoise fait sa place au soleil
photovoltaique
Energie solaire photovoltaïque
Le Lot doit produire davantage

Pour le Lot, le développement du photovoltaïque est un enjeu d’autant plus important que le département est peu producteur d’électricité et qu’ il semble difficile de redimensionner le réseau si la consommation continue d’augmenter. En d’autres termes, soit le Lot réduit sa consommation, soit il produit lui-même davantage. En l’occurrence, tous les acteurs locaux sont persuadés que les deux options doivent être exploitées de concert. Dans le département, la montée en puissance du photovoltaïque ne résulte donc pas d’un effet d’aubaine lié aux conditions avantageuses d’achat de l’électricité, c’est une nécessité.

Si l’on considère son taux d’ensoleillement élevé, la région Midi-Pyrénées a en effet un beau défi à relever : elle doit rejoindre les deux champions méridionaux, le Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes, qui génèrent respectivement une puissance (raccordée au réseau électrique) de 13 et 8,7 mégawatts, alors qu’elle n’en produit que 3. Cela étant dit, Midi-Pyrénées fait mieux que Provence-Alpes-Côte d’Azur (2,9 mégawatts), l’Aquitaine (1,4 mégawatts) ou la Corse (0,25 mégawatts). Enfin, le solaire photovoltaïque dispose d’un atout décisif : c’est la source d’énergie qui créera le plus d’emplois dans les années à venir. Selon le Syndicat des Energies Renouvelables, la filière employait en France 1 800 personnes en 2006, avant la mise en place du dispositif d’achat, et l’effectif global dépassera 60 000 en 2020.
Energies fossiles : jusqu’à quand ?

La forte médiatisation du Grenelle de l’Environnement a relancé le débat sur la rareté prochaine des énergies fossiles. Si les spécialistes et les scientifiques ne s’accordent pas à la décennie près sur les réserves disponibles, les ordres de grandeur sont désormais plus précis et font apparaître que l’épuisement des ressources sera plus rapide que ce que l’on attendait il y a quelques années.

C’est notamment vrai pour le pétrole ou le gaz : il n’y en aurait plus que pour 40 ans. L’échéance serait d’environ un siècle pour le charbon, mais également pour l’uranium, c’est-à-dire pour l’énergie nucléaire.
Estimer le retour sous investissement

La réalisation d’une installation solaire photovoltaïque est désormais un projet économique, principalement fondé sur l’engagement d’EDF de racheter l’électricité produite. Les entreprises seront rapidement impliquées, sachant que la France doit multiplier sa production photovoltaïque par plus de 30 en douze ans.

Un des engagements forts du Grenelle de l’Environnement concerne la puissance installée du parc photovoltaïque français : elle doit atteindre 5 400 mégawatts en 2020, alors qu’elle n’a été que de 175 mégawatts en 2008. La France s’est donc donné douze ans pour multiplier sa production par 30 (elle a été multipliée par 14 entre 2000 et 2008).

Une telle progression n’est pas imaginable sans des incitations financières fortes. En la matière, la principale mesure est l’obligation pour EDF d’acheter l’électricité photovoltaïque. Le prix d’achat est de 60 centimes d’euros le kWh si les panneaux sont intégrés à la toiture et de 30 centimes s’ils sont simplement posés, au sol ou sur un toit existant. Au final, les énergies renouvelables (dont le solaire photovoltaïque) devront représenter 23 % de la consommation totale dans dix ans. Quel que soit leur statut particulier, entreprise, agriculteur les producteurs peuvent ainsi accéder à un complément de revenus. La première étape de tout projet photovoltaïque consiste logiquement à étudier la pertinence économique de l’investissement.
De neuf à douze ans pour amortir l’investissement

Dans le cas où le porteur du projet a recours à un prêt bancaire, le retour sur investissement est en moyenne de neuf à douze ans dans les conditions actuelles. Tenant compte de cette durée, EDF s’engage pour vingt ans sur un prix d’achat fixé par la réglementation à partir du jour de la signature du contrat. Concrètement, la première condition concerne les caractéristiques physiques du toit à équiper : au-delà du bon niveau d’ensoleillement du département, il doit être exposé plein sud et, idéalement, avoir une inclinaison de 30° pour garantir le potentiel le plus élevé.

Le calcul de ce potentiel étant complexe, un pré diagnostic peut être réalisé par des associations telles que Quercy Energies, lequel est généralement complété ensuite par l’analyse d’un bureau d’étude. A titre d’exemple, on estime qu’une surface de 10 m² produit dans le Lot 1 000 kilowattheure par an. Au prix d’achat actuel, le revenu annuel généré serait donc d’environ 600 euros par an, tandis que l’investissement s’élève à plus ou moins 7 000 euros pour un professionnel. Ces données sont indicatives et peuvent fortement varier en fonction de la configuration de la toiture à équiper.
Un investissement conséquent

Dans le département, la majorité des porteurs de projets est aujourd’hui issue du secteur agricole. A court terme, ce sont toutes les entreprises qui disposent de surfaces de toiture importantes (supermarchés, entrepôts, unités de production, etc.) qui devront s’interroger sur l’opportunité de devenir des producteurs d’énergie au moment de faire construire.

Les mécanismes incitatifs finissent en effet de se mettre en place, le flou du calendrier ayant visiblement pour objectif de convaincre les investisseurs potentiels de se décider au plus vite. La principale évolution attendue serait le passage du prix d’achat de 60 centimes à 45 centimes le kWh en 2010, qui serait légitimé par la baisse des prix des matériels. Le fait d’investir avant ce changement de tarif permet d’avoir l’assurance de vendre le kWh à 60 centimes d’euro pendant vingt ans.

Pour les entreprises, il peut être intéressant d’étudier la pertinence économique d’un équipement photovoltaïque avant de construire un nouveau bâtiment.

Les trois technologies photovoltaïques

Il existe pour l’instant trois familles de cellules photovoltaïques : le silicium monocristallin, le silicium polycristallin et le silicium amorphe. La technologie monocristalline est à la fois la plus performante et la plus chère. 16 à 17 % de l’énergie solaire reçue par ce type de panneaux est transformée en électricité. La seconde technologie est le silicium polycristallin, dont le coût est moins élevé et dont le rendement n’est que légèrement inférieur (12 à 14 %). C’est le segment qui progresse aujourd’hui le plus rapidement. Enfin, la technologie la moins chère est le silicium amorphe, dont le rendement n’est par contre que de 6 %. Au-delà de son coût peu élevé, le silicium amorphe présente l’avantage d’être plus efficace que les deux autres technologies dans des conditions peu lumineuses. Par contre, ses performances baissent avec l’âge et il a donc une durée de vie plus limitée. On voit par ailleurs apparaître de nouvelles technologies photovoltaïques, à l’instar de celle appelée « couche mince », qui n’utilise pas de silicium.

Par contre, ces nouvelles formes de la technologie amorphe intègrent des produits tels que le cadmium, considéré comme toxique. De ce fait, les professionnels lotois restent partagés sur l’utilisation de ces panneaux de nouvelle génération : « peut-on produire une énergie propre en utilisant des matériaux polluants ? », s’interroge ainsi l’un d’eux. Les quinze premiers fabricants de panneaux photovoltaïques représentent à eux seuls 75 % de la production mondiale. Si l’on ne trouve aucune entreprise française dans ce top 15 (les 3 principaux producteurs français sont Tenesol en Haute-Garonne, Photowatt dans l’Isère et Batisolar dans le Lot), l’Europe a gagné du terrain et le leader mondial est depuis 2007 l’allemand Q-Cells, qui a devancé le japonais Sharp, leader historique de l’industrie du photovoltaïque. La forte progression de Q-Cells est principalement expliquée par son positionnement sur le silicium polycristallin, qui représente 92 % de ses ventes, contre seulement 8 % pour le monocristallin. Pour le reste, ce secteur est largement dominé par les industriels asiatiques : les Japonais sont traditionnellement spécialisés sur les produits de moyen et haut de gamme, tandis que les Chinois ont fait émerger le segment du silicium amorphe et tirent les prix vers le bas. Dans ce contexte, le Lot peut s’enorgueillir d’héberger un fabricant français, Batisolar, spécialisé dans les solutions haut de gamme ou sur-mesure.
Les acteurs du photovoltaïque
Depuis l’implantation du fabricant Batisolar à Lalbenque et à Fontanes, on peut réellement parler d’une filière du solaire photovoltaïque dans le Lot, sachant quetous les types d’acteurs sont désormais présents, depuis les industriels jusqu’aux installateurs, en passant par les distributeurs, les bureaux d’études ou les associations. Panorama.
Le fabricant
Le solaire au service du bâtiment
Le positionnement des entreprises est souvent guidé par le parcours professionnel du dirigeant. La stratégie choisie par Batisolar confirme la pertinence de cet adage. Alain Fauvet n’est pas issu de l’industrie électrique, mais de celle du verre. Il a notamment été Secrétaire Général pour la France de Pilkington, grand rival de Saint-Gobain au niveau mondial. Parmi les autres associés de Batisolar, on retrouve Fabrice Maronnier, qui a également acquis des compétences dans l’industrie du verre. Cette expérience conduit BATISOLAR à considérer les panneaux photovoltaïques comme un élément de construction des bâtiments plutôt que comme une « pièce rapportée », qui viendrait s’ajouter aux architectures traditionnelles. « Pour l’instant, notre savoir-faire s’applique aussi bien à la fourniture de solutions standard qu’aux niches du « sur-mesure », analyse Alain Fauvet. Nous sommes ainsi capables de proposer des réalisations sur-mesure qui respectent trois impératifs : l’esthétique, la performance et la longévité ». En France, il n’existe qu’une demi-douzaine d’entreprises comparables.Pour autant, ce créneau ne restera pas longtemps une « niche », car le champ des applications imaginables est illimité : les toitures des abribus, l’éclairage autonome de la voirie pour les collectivités, les portails, les coupe-soleil, les toits de véranda, voire les rideaux, etc. « En la matière, il n’y a pas d’autre limite que l’imagination des architectes et des professionnels du bâtiment, que nous connaissons bien en tant qu’anciens spécialistes du verre », précise Alain Fauvet. En attendant l’explosion de ce nouveau marché, cette entreprise, créée en juin 2008, doit alimenter sa trésorerie en distribuant des éléments standard aux meilleurs prix. « Nous devons réaliser un travail permanent pour optimiser notre approvisionnement et notre sourcing, poursuit Alain Fauvet.
Alain Fauvet, Président de Batisolar

Pour nous, l’enjeu est de ne pas agir comme des girouettes qui changent de fournisseurs chaque fois qu’on leur propose un prix plus bas, mais de garantir à nos clients professionnels la gamme la plus étendue en termes de dimensions et de puissance ». Ce potentiel de développement a incité Midi-Pyrénées Croissance à prendre une participation de 20 % dans le capital de Batisolar. En termes de stratégie commerciale, Batisolar s’appuie aujourd’hui sur un réseau de partenaires installateurs et de revendeurs, et s’interdit par définition de travailler en direct avec les clients finaux. Si la montée en puissance de l’entreprise se confirme, elle pourrait employer de 20 à 25 personnes sur la zone de Cahors Sud d’ici fin 2010, alors que quasiment toutes les tâches sont externalisées pour l’instant. « Au-delà de notre capacité à nous aligner sur les prix les plus compétitifs, ce que nos partenaires apprécient est que nous n’arrivons pas chez eux avec un produit à vendre, mais que nous analysons ensemble le besoin de leur client et que nous pouvons proposer la solution la mieux adaptée », conclut Alain Fauvet.

L’installateur
18 ans de solaire

Jean-Pierre Montagnan, artisan à Fontanes

Electromécanicien de formation, Jean-Pierre Montagnan s’est spécialisé dans les énergies solaires dès 1981. « A cette époque et jusqu’à ces dernières années, les systèmes photovoltaïques étaient destinés à rendre autonomes des sites isolés. Au début, mes principaux clients étaient des pêcheurs ou des chasseurs qui voulaient alimenter leurs cabanes, ou encore des agriculteurs qui souhaitaient électrifier une clôture », explique-t-il. Parallèlement, Jean-Pierre Montagnan réalisait un nombre croissant d’installations de systèmes solaires destinés à la production de chaleur. Le nouveau dispositif favorisant le solaire photovoltaïque a effectivement changé son rythme de travail. « Nous faisons désormais un chantier par mois au lieu d’un par an auparavant, souligne-t-il, mais nous restons focalisés sur les projets de petite dimension et notre plus grande réalisation dépasse juste 100 m». De fait, Jean-Pierre Montagnan travaille uniquement avec son fils et un apprenti, qu’il espère pouvoir embaucher.

Ses 18 années d’expérience l’ont convaincu de ne travailler qu’avec des panneaux haut de gamme, achetés chez l’un des deux leaders mondiaux, l’Allemand Q-Cells et le Japonais Sharp. Quant à la baisse des prix des matériels, il estime qu’elle est bien moins importante que prévue. En 2007, Jean-Pierre Montagnan a suivi les formations nécessaires pour acquérir le label QualiPV (moins de 20 installeurs l’ont obtenu dans le Lot). « Au-delà des compétences techniques, la valeur ajoutée d’un installateur est de pouvoir calculer l’aide réelle dont pourra bénéficier le client, entre les crédits d’impôts, les prêts à 0 % ou les revenus de la production d’électricité. C’est quasiment de l’ingénierie fiscale », remarque-t-il. Enfin, cet installateur chevronné rappelle que la démarche est longue : selon lui, il faut environ six mois entre les premières demandes et l’obtention de la promesse d’achat par EDF, tandis que la mise en place de l’installation peut être finalisée en quelques semaines, en attendant le raccordement au réseau qui est lui assuré par ERDF. Une autre caractéristique de cet installateur est que son approche environnementale s’est forgée sur le terrain et qu’il n’est pas dupe des grands discours « verts » qui font flores ces derniers mois. « Il ne faut jamais oublier que l’énergie photovoltaïque a un coût écologique et qu’il faut environ cinq ans pour que l’économie générée compense la pollution nécessaire pour fabriquer les panneaux solaires. Il s’agit d’une démarche où l’on doit dépasser le court terme et garder à l’esprit qu’il suffirait qu’un grand quart sud ouest de la France soit équipé de cellules photovoltaïques, pour satisfaire la consommation mondiale d’électricité », conclut Jean-Pierre Montagnan.
L’association
« La croissance du photovoltaïque doit avoir des retombées économiques locales »

Johann Vacandare, Directeur de Quercy Energies, et Mathias Autesserre,
Chargé de Mission Agriculture, Energie et Photovoltaïque

Le Lot ne s’est pas intéressé aux énergies renouvelables sous l’effet d’un récent effet de mode : l’association Quercy Energies a été créée il y a exactement vingt ans, en 1989, avec le soutien de l’Etat, des collectivités locales, des usagers ou encore des professionnels de l’énergie. Elle a pris une nouvelle ampleur en 1994, lorsque l’Union Européenne a renforcé son financement pour qu’elle assure une mission d’information gratuite, dont les deux piliers sont les études thermiques dans les logements sociaux et la lutte contre la précarité énergétique. Plus de cent communes du Quercy adhèrent désormais au programme de l’association. En ce qui concerne l’énergie solaire photovoltaïque, Quercy Energies a tout d’abord pour rôle de réaliser des « pré diagnostics » et des « diagnostics » qui permettent de valider la pertinence de l’investissement. « Notre premier impératif est de rester impartial, sachant que nous ne travaillons ni pour l’industrie ni pour les distributeurs d’équipements photovoltaïques », précise Johann Vacandare, Directeur de Quercy Energies. De fait, le rôle de l’association consiste principalement à apporter une assistance technique à la maîtrise d’ouvrage et elle voit passer la plupart des projets liés au solaire photovoltaïque, qu’ils soient portés par des collectivités, des agriculteurs, des entreprises ou des particuliers.

« Nous relayons les objectifs ambitieux des directives européennes. A moyen terme, c’est-à-dire d’ici 2020, les émissions de gaz à effet de serre doivent avoir diminué de 20 %. La part des énergies renouvelables devra représenter plus de 20 % du total et l’efficacité énergétique est, elle aussi, censée avoir progressé de 20 %, explique Johann Vacandare. En ce qui concerne plus particulièrement la France, la part des énergies renouvelables devra peser 23 % de la production, alors que nous n’en sommes qu’à 13 % aujourd’hui, et à moins de 6 % si l’on exclue l’énergie hydroélectrique. Il faut donc aller très vite ». Dans ce contexte, l’une des principales préoccupations de Quercy Energies est que la production d’énergie photovoltaïque ait des retombées locales importantes. On peut en effet imaginer que les revenus de l’énergie solaire ainsi produite ne bénéficient pas au département et qu’ils arrivent directement dans les caisses d’investisseurs, au premier rang desquels on retrouve les principaux groupes pétroliers internationaux. Pour éviter cette dérive, l’Etat français a demandé en juin dernier à toutes les régions de la moitié sud de lancer des appels d’offres pour s’équiper de deux centrales solaires produisant chacune 10 mégawatts (soit environ 20 hectares par centrale). « La montée en puissance du solaire photovoltaïque ne doit pas avoir pour seul levier un effet d’aubaine qui profiterait à de grands investisseurs étrangers. Il faut que les acteurs lotois considèrent cet investissement comme un véritable projet économique. C’est ce qui est en train de se passer et qui explique la multiplication des projets dans les collectivités et le monde agricole », conclut Mathias Autesserre, Chargé de Mission Agriculture, Energie et Photovoltaïque à Quercy Energies.
Les bureaux d’Étude
« Les mesures financières incitatives ne doivent pas être la première motivation »

Ancien cadre de la CAPEL et passionné par les énergies renouvelables, Michel Belon a créé le bureau d’étude Quercy Innovations Développement Durable en 2007, au moment où l’Etat mettait en place le dispositif favorisant la montée en puissance du solaire photovoltaïque. Quel est le rôle d’un bureau d’étude dans ce contexte ? « La principale mission consiste à valider la faisabilité technique et économique du projet. Notre vocation n’est pas de décourager les bonnes intentions, mais un bureau d’étude ne fait bien son travail que s’il est capable, le cas échéant, de dire à son client que l’investissement n’est pas pertinent », résume Michel Belon. Dans le département, on compte 4 bureaux d’étude lotois capables d’analyser en amont les projets liés à l’énergie photovoltaïque.

« Il est désormais avéré que c’est une solution viable pour compléter ses revenus, que l’on soit agriculteur, entreprise ou particulier, estime Michel Belon. Cela étant, la démarche des investisseurs ne doit pas être uniquement motivée par l’opportunité des mesures incitatives qui ont été mises en place. Avant même de se lancer dans un projet photovoltaïque, il est souvent souhaitable d’identifier les solutions d’économies d’énergie possibles dans l’entreprise. Pour cela, une subvention de l’ADEME peut être obtenue ». Pour ce cabinet d’étude, il est également essentiel de tenir compte du contexte lotois. Concrètement, le département, comme l’ensemble du sud-ouest, est sous-équipé en matière de réseaux électriques et EDF a tout intérêt à favoriser le développement Michel Belon, Gérant de Quercy Innovations Développement Durable (QIDD)d’une production d’électricité locale plutôt que d’investir dans des travaux d’infrastructures coûteux. « Tous ceux qui font aujourd’hui construire doivent se poser la question, car c’est en amont de la réalisation des bâtiments que l’essentiel des économies est possible », conseille Michel Belon.
« Le solaire photovoltaïque n’est pas l’énergie nouvelle la plus prometteuse »
Créé en 1976, le bureau d’étude Ingénierie Energies Structures (IES) travaille en partenariat avec les architectes sur tous les types d’énergie et de chauffage. Spécialisé dans les moyennes et grandes réalisations, telles que les maisons de retraite, les HLM et les réalisations des collectivités, IES constate que le solaire photovoltaïque n’est pas l’énergie nouvelle la plus développée dans le Lot. « Si l’on analyse les projets que nous menons, on voit que le chauffage au bois, les chauffe-eau solaires ou la géothermie présentent des perspectives de développement plus importantes dans le département », explique Françoise Chastagnol, directrice administrative de IES. Récemment, le bureau d’étude a ainsi conduit deux projets de géothermie à Vayrac et à Assier, tous deux fondés sur onze puits de 99 mètres de profondeur, ou encore des systèmes de chauffe-eau solaires dans les maisons de retraite. « Les collectivités se préparent à réduire leur consommation d’énergie de 50 % dans les années qui viennent. Dans ce contexte, il semble que le solaire photovoltaïque est tout d’abord considéré comme un moyen de devenir producteur d’électricité et de faciliter cette évolution. Pour l’instant, on reste dans une phase d’incitation régionale pour les installations de grande puissance », constate Alain Malique.
Le porteur de projet
« L’essentiel est de se fonder sur un prévisionnel de production fiable »

Jean-Marc Soulayrès, co-gérant du GAEC Les Alix à Rocamadour

Le G.A.E.C des Alix, qui couvre plus de 400 hectares sur la complètent cette activité avec une cinquantaine d’hectares de céréales et un centre d’élevage de gibiers à plume (20 000 faisans et perdrix rouges par an). Par ailleurs, Jean-Marc Soulayrès a créé une SARL pour gérer le restaurant « Le Roc du Berger ». De fait, la ferme dispose de bâtiments en proportion de ses besoins en termes de surfaces de stockage et de stabulation, et donc de plusieurs milliers de mètres carrés de toiture.

C’est l’envie de valoriser ces bâtiments agricoles qui a conduit les responsables du GAEC à étudier la pertinence d’un investissement dans un système solaire photovoltaïque. « Nous avons fait ce travail en 2007, notamment en visitant quelques réalisations dans le département et en prenant plusieurs avis pour avoir un prévisionnel de production fiable et un montage financier cohérent », explique Jean-Marc Soulayrès. Le GAEC a ainsi fait réaliser plusieurs devis, a consulté l’association Quercy Energies et s’est rapproché d’un bureau d’étude. Cette surface lui permet d’atteindre une capacité de 36 « kilowatts crête ». Après avoir validé ses études financières, le GAEC a retenu un installateur allemand, qui avait déjà réalisé des projets de cette dimension. Au final, l’installation des panneaux en elle-même n’aura pris qu’une dizaine de jours, alors que l’ensemble du projet, depuis la réflexion jusqu’au raccordement au réseau électrique, aura, elle, duré près de deux ans. « Il ne faut pas se lancer dans ce type de projet si l’on ne se donne pas les moyens d’être patient », résume Jean-Marc Soulayrès.
Une place au soleil
Pour les éventuels porteurs de projets « photovoltaïques », ce sont bien sûr les premiers constats du GAEC sur la réalité de sa production d’électricité qui présentent le plus d’intérêt. En l’occurrence, les résultats sont au rendez-vous. « Nous avons volontairement fondé nos calculs sur une hypothèse basse, inférieure de 10 % à la production moyenne estimée. La réalité, après sept mois, c’est que nous dépassons cette moyenne de 10 % ». Pour autant, Jean-Marc Soulayrès se garde bien d’affirmer que cette bonne surprise est systématique. « Nous avions choisi d’être pessimistes car l’inclinaison du toit n’était pas idéale, elle est de 25° au lieu de 30° pour un rendement optimal. Je pense que l’essentiel est d’avoir la meilleure exposition plein sud possible, ce qui est notre cas ». Ce jour de juillet 2009, alors qu’un soleil de plomb domine Rocamadour, Jean-Marc Soulayrès peut regarder avec satisfaction le compteur d’achat installé par EDF : le nombre de kilowatts produits grimpe à un rythme soutenu. « Depuis, novembre 2008, nous avons déjà produit près de 30 000 kilowattheure et nous devrions atteindre notre objectif de 42 000 kilowattheure d’ici novembre ». Au total, le GAEC a investi plus de 165 000 euros et estime que le retour sur investissement sera de douze ans. « On ne se lance pas dans une telle opération pour espérer avoir des apports de trésorerie immédiats. C’est un investissement sur le moyen terme ». Le meilleur indicateur du niveau de satisfaction du nouveau producteur d’électricité, ce sont ses projets pour l’avenir : « nous finalisons le montage d’un second projet sur un autre bâtiment », confie Jean-Marc Soulayrès.
La production peut être suivie au jour le jour sur le compteur d’achat installé par EDF.

A ce propos, il apporte un témoignage intéressant sur la baisse des prix des matériaux : pour le premier projet, le GAEC avait opté pour la technologie du silicium amorphe, sensiblement moins chère ; moins de deux ans plus tard, les devis qu’il reçoit proposent pour le même prix du silicium polycristallin, au rendement sensiblement plus élevé.