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Entreprendre CCI du Lot n°146
Le Cahors face a son destin
Le Cahors doit-il rejoindre la nouvelle interprofession des vins du Sud-Ouest ou doit-il poursuivre seul la stratégie développée depuis deux ans ? Ce dossier n’a pas vocation à trancher. Son but est plutôt de faire un état des lieux chiffré et de donner la parole aux principaux intervenants, depuis les responsables de la région Midi-Pyrénées jusqu’aux négociants et aux producteurs, en passant par l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors, qui s’était largement exprimée dans les deux précédents dossiers que ce magazine a consacré à la filière viticole lotoise, en juillet 2007 et au printemps 2008. Quels que soient les avis de chacun, le consensus se fait autour d’un constat essentiel : la consommation de vin a diminué de moitié en France au cours du siècle dernier et elle va encore chuter de 30 ‰ au cours des quinze prochaines années; la seule et unique solution pour éviter l’arrachage des vignes consiste donc à exporter davantage. La tâche n’est pas simple, car près de 90% du chiffre d’affaires généré par le Cahors reste dépendant du seul marché français. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot s’est engagée à accompagner les entreprises de la filière dans le développement de leur activité à l’export, en collaboration avec la CRCI et les autres CCI de Midi-Pyrénées. Les différentes actions prévues pour l’année 2009 sont également précisées dans ce dossier. Dans tous les cas, il paraît certain qu’une solution sera trouvée pour unir les forces à l’échelle régionale. La vraie question devient aujourd’hui de savoir à quelle échéance elle se fera jour. Personne n’ignore que la filière doit apporter une réponse de façon urgente, car les autres vignobles français, et plus encore les autres pays producteurs de vin, ne marquent aucune pause dans leur progression.
Le bassin viticole Sud-Ouest en chiffres
Production :

360 millions de bouteilles, dont :

  • 206 millions de bouteilles de vins blancs
  • 154 millions de bouteilles de vins rouges et rosés
  • 27 ‰ en appellations d’origine
  • 59 ‰ en vins de pays
  • 14 ‰ en vins de table

Entreprises :

  • 1 000 caves particulières
  • 21 caves coopératives
  • 20 négociants
Emploi :
  • 2 900 salariés dans les exploitations
  • 500 salariés dans les caves coopératives

Valeur de la production de vins :

  • Supérieure à 800 millions d’euros
Source : Observatoire Economique Vins et Eaux de vie du Sud-Ouest(janvier 2008). Ces données portent uniquement sur la viticulture enMidi-Pyrénées et intègrent les chiffres du Cahors qui fait partie duBassin Sud-Ouest.

Les engagements du Conseil regional de Midi-Pyrenees
 
Le Conseil Régional de Midi-Pyrénées s’est engagé en 2006 dans une initiative de structuration de la filière viticole du Sud-Ouest. Ce travail a conduit à la création d’une interprofession des vins du Sud-Ouest, qui réunit près de 40 appellations d’origine contrôlée et de vins de pays. Quel est l’intérêt pour le Cahors de rejoindre cette nouvelle structure ? Les réponses de Martin Malvy, Président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, et de Jean-Claude Blanchou, Conseiller Régional et Président de la commission Agriculture et Agroalimentaire.
La création d’une interprofession desvins du Sud-Ouest est-elle une idée récente ?
Le Conseil Régional de Midi-Pyrénées a joué un rôle essentiel dans la création d’un organisme représentatif des vins du Sud-Ouest. En 2006, ce travail a tout d’abord conduit à la création d’une association qui a réuni l’ensemble des appellations du grand Sud-Ouest, hors les vins de Bordeaux. L’appellation Cahors a logiquement participé aux premières réunions. Fin 2006, la nécessité de créer une interprofession à l’échelle du bassin s’est imposée et le Conseil Régional a décidé de consacrer une enveloppe de 11 millions d’euros à la structuration de la filière sur la période 2007 à 2009. Cela représente plus de 12 ‰ des ressources allouées par la Région au secteur agricole. En septembre 2008, l’Union Interprofessionnelle des Vins du Sud-Ouest a été la première interprofession de bassin reconnue par l’Etat.
Le 20 octobre dernier, dans le Gers, Martin Malvy a rencontré les membres de l’Interprofession, à l’occasion des vendanges du lycée de Riscle.

C’est une belle reconnaissance du travail de la Région et surtout du chemin parcouru par l’Interprofession.

Qu’est-ce qui a motivé la mise enplace de cette structure ?
Cette démarche est tout d’abord fondée sur un constat simple : la consommation de vin ne cesse de baisser en France et il est indispensable de s’unir pour trouver des débouchés à l’export. L’alternative est simple : soit on exporte davantage, soit on arrache les vignes. Au-delà de l’enjeu que cela représente pour la filière viticole, c’est un problème d’aménagement du territoire. Dans le Lot, par exemple, cela bouleverserait le fragile équilibre économique de l’ensemble de la vallée. Si, un jour prochain, des difficultés majeures apparaissent, les responsables de la filière ne pourront pas expliquer qu’ils n’ont pas été informés de la menace. Les producteurs, eux, pourront effectivement dire qu’on ne leur a pas fourni une information complète. Nous ne sommes pas favorables à une solution qui conduirait à laisser un grand nombre d’entre eux sur le bord de la route. Le Cahors a toutes les qualités pour s’imposer comme le leader de cette grande interprofession. Le temps presse, mais il n’est pas trop tard.
Le constat de Martin Malvy, Président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées :
« Fin 2006, la nécessité de créer une interprofession à l’échelle du bassins’est imposée et le Conseil Régional a décidé de consacrer une enveloppede 11 millions d’euros à la structuration de la filière sur la période 2007 à 2009.Cela représente plus de 12‰ des ressources allouées par la région ausecteur agricole. »
Et si la stratégie de l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors était la bonne ?
Si le Cahors réussit à redresser sa situation sans l’aide de personne, on ne pourra que saluer la performance, mais les chiffres officiels qui sont diffusés aujourd’hui ne font pas apparaître un renversement de tendance. Pour le reste, il n’est pas question de décréter que la mise en avant du cépage malbec ou l’association avec le vignoble argentin sont des erreurs. Il faut plutôt rappeler que ce ne sont pas des solutions à tous les problèmes. Le Cahors ne risque-t-il pas de perdre son identité au profit du malbec ? Peut-on raisonnablement penser que la première préoccupation de l’Argentine est de permettre au Cahors d’accroître ses ventes ? On peut se poser ces questions, mais ce n’est pas au Conseil Régional d’y répondre. Dans tous les cas, l’UIVC pourrait poursuivre sa stratégie au sein de l’interprofession des vins du Sud-Ouest.
La solution ne pourrait-elle pas être de créer une fédération des interprofessions qui, outre le Cahors,réunirait d’autres appellations quin’ont pas rejoint UIVSO, comme le Jurançon ou le Bergerac ?
Plusieurs solutions sont étudiées mais on ne peut pas oublier que les mots ont un sens : il est difficile de parler d’une « fédération » lorsqu’on est seulement deux acteurs de la région Midi-Pyrénées, l’UIVC d’un côté et l’UIVSO de l’autre. Il faut en effet rappeler que le Jurançon et le Bergerac sont situés en Aquitaine. Plus concrètement, la raison d’être d’une telle fédération serait de mener des actions communes, ce qui n’est concevable que si chacun apporte sa contribution. Les vignobles qui cotisent à l’UIVSO comprendraient mal que les ressources bénéficient à des appellations qui refusent de rejoindre leur interprofession. C’est un principe d’équité que. chacun peut comprendre. Dans tous les cas, le saupoudrage des ressources n’est plus de mise.
Quelles sont les premières actionsmenées par l’UIVSO ?
Il faut comprendre que le bassin des vins du Sud-Ouest ne peut pas attendre plus longtemps pour aller de l’avant. D’ores et déjà, la Région a soutenu l’initiative Vinovalie, la restructuration des Etablissements Nicolas à Fronton ou la création de linéaires Sud-Ouest au Canada.
Alain Janicot, President delegue de l’Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors et President du Syndicat des negociants
 
« Le Cahors n’a absolument pas envie de s’isoler »
Le vin de Cahors ne risque-t-il pas des’isoler en ne rejoignant pasl’Interprofession des Vins du Sud-Ouest ?
Alain Janicot : L’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors n’a absolument pas envie de s’isoler ; elle a simplement pour ambition de mener ses projets jusqu’à leur terme. Sur cette base, l’UIVC souhaite naturellement travailler en partenariat avec cette nouvelle structure des vins du Sud-Ouest. Le succès des initiatives que nous avons prises depuis deux ans démontre dans tous les cas une chose essentielle : promouvoir l’identité d’un vignoble ne peut pas consister à travailler seul mais, au contraire, à développer un réseau de partenaires. Pour émerger dans ce contexte de mondialisation, la chance de Cahors est de pouvoir se revendiquer d’un « territoire » qui correspond aussi à un « terroir », et même à un « village ». A Cahors, l’essentiel du travail est fait, depuis longtemps. Historiquement, le nom de la ville est par définition associé à celui du vin. Par contre, la région Midi-Pyrénées et Toulouse, sa capitale, ne sont pas associées au vin : nous parlons de 22 vins de pays et de 16 appellations d’origine contrôlée, c’est-à-dire de 38 vignobles qui ont chacun leurs spécificités et qui sont souvent très différents. Et puis le « Sud-Ouest » ne se limite pas à Midi-Pyrénées. Or ne font pas partie de la nouvelle interprofession, les vignobles de Bergerac, Buzet, Côtes du Marmandais, Duras, sans parler bien sûr de Bordeaux qui à l’international est naturellement situé dans le « Sud-Ouest » de la France...
Le vin de Cahors peut-il se priver de ladynamique et des moyens dont vadisposer cette vaste association devignobles ?
Alain Janicot : Aujourd’hui, il est essentiel que tous les intervenants restent humbles. On peut nous dire que nous n’avons pas résolu tous les problèmes ; non seulement nous sommes prêts à l’entendre, mais nous sommes les premiers à le reconnaître. Ce que nous avons fait, c’est enclencher une dynamique et, cela, personne ne peut le nier. Le cours du vin en vrac, qui représente la moitié de la commercialisation de l’appellation, a par exemple progressé de 35 ‰ en deux ans ; ce travail de remontée des cours doit être poursuivi. C’est l’objectif du plan Malbec en cours d’élaboration par l’interprofession. La question des moyens est un autre débat. L’UIVC a investi de 600 000 à 800 000 euros par an dans la promotion du Cahors ces dernières années et la contribution de la Région à ces dépenses a été de 300 euros. Cela, c’est ce qui concerne le passé. Pour l’avenir, on nous dit que nous nous priverions du budget alloué pour la promotion des vins du Sud-Ouest, mais cet argument ne peut pas avoir de portée. Le budget de la nouvelle interprofession est en fait bien modeste : 3,2 millions d’euros au total, fonctionnement compris. Il suffit de se munir d’une machine à calculer pour estimer la part « théorique » de chacun lorsqu’on divise ce montant par 38... Dans tous les cas, si cette nouvelle entité a l’esprit de partenariat, nous sommes prêts à travailler avec elle sur des projets à convenir. Nous apporterons notre contribution financière et notre compétence. C’est cela qui compte. Pour le reste, il est inutile de mettre une pression disproportionnée sur les « Lotois » : cela fait des siècles qu’on tente de les faire changer d’avis sur tel ou tel sujet en agitant une carotte devant eux, avec le succès que l’on sait... Aujourd’hui, la stratégie de l’UIVC est soutenue par tous ses membres, à l’unanimité.
Selon vous, quelle serait la meilleuresolution ?
Alain Janicot : Comme je l’ai dit, la priorité, c’est de rester humble. Il faut donc accepter de tirer des leçons des succès ou des échecs enregistrés dans d’autres secteurs ou à l’étranger sur des sujets comparables. De ce point de vue, la réponse à tous les problèmes ne passe pas systématiquement par la création de nouvelles structures, qui s’ajouteraient à celles qui existent, ou les remplaceraient. Le véritable enjeu, c’est de constituer des réseaux et de tirer profit de la dynamique des locomotives. Prenons un exemple simple. Qu’est-ce qui est le plus avantageux pour le Cahors : expliquer qu’il représente 15 ‰ de la production de cette structure des vins du Sud-Ouest ou démontrer chiffres à l’appui qu’il est le deuxième producteur mondial de malbec ? Ce serait avoir une piètre opinion des professionnels du vin de Cahors que d’imaginer qu’ils se sont naïvement associés au vignoble argentin pour se « jeter dans la gueule du loup » ou pour « faire entrer le loup dans la bergerie ». L’Argentine a été l’invitée d’honneur des premières Journées Internationales du Malbec à Cahors au printemps dernier. Le Cahors sera l’invité d’honneur des secondes Journées Internationales du Malbec, en Argentine, et des journalistes de tous les pays pourront déguster notre vin noir aux pieds des Andes. Ce rapprochement de Cahors avec l’Argentine démontre que notre stratégie ne consiste pas à nous isoler mais à construire des partenariats et des associations véritables au vu des intérêts de notre vignoble et non pas d’un collectif répondant d’abord à des considérations « géo-politico-administratives ». La meilleure solution est donc de parler sereinement des articulations possibles entre nos structures. En l’occurrence, le Conseil de Bassin des Vins du Sud-Ouest, dont le Cahors fait naturellement partie, pourrait être un lieu d’échange pour imaginer les collaborations à venir. Sa vocation première est d’être un observatoire, mais il est également légitime pour aborder les sujets liés à la promotion des vins.
Cahors assure 11 ‰ de la production mondiale de malbec
Profil de l’AOC Cahors
PRODUCTION :

  • 3 600 ha environ de surface revendiqués en AOC Cahors (récolte 2006)
  • 180 000 hl environ agréés en AOCCahors (campagne 2006-2007)
  • 430 exploitations participent à laproduction de vin AOC Cahors
  • 75 ‰ environ des volumes agréésproviennent de caves particulières
COMMERCIALISATION :

 

  • 170 000 hl sortis des chais au cours de la campagne 2006-2007 (+14 ‰ par rapport à 2005-2006)
  • 60 ‰ environ en vrac (campagne2005-2006), acheté à 90 ‰ parles négociants locaux
  • 80 ‰ en moyenne des volumes sortis des chais sont commercialisés en France
  • 60 ‰ environ des volumes commercialisés à l’étranger sont destinés àdes marchés situés hors de l’Union Européenne (Ubifrance 2006)
  • 5 premiers marchés étrangers del’AOC Cahors : Canada, Danemark, Belgique, Etats-Unis, Japon
Source : UIVC

Michel Defrances, President de l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest (IVSO)
 
« Quelle est la visibilité d’une appellation classée dans la catégorie “autres vins du monde” ? »
La création de l’interprofessionunique de bassin n’est-elle pas intervenue trop rapidement, sans laisserle temps à d’autres projets de mûrir ?
Michel Defrances : Dans les faits, l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest a été officiellement reconnue par le Conseil Supérieur d’Orientation le 30 septembre dernier après deux ans de fonctionnement dans un cadre associatif, puisque nous avions déjà créé une association de préfiguration de l’interprofession unique. Cette structure est née de la volonté des professionnels d’apporter une réponse collective aux enjeux et de trouver un second souffle à l’export. Concrètement, l’IVSO est la première interprofession en France à regrouper des appellations d’origine contrôlée et des vins de pays. Elle réunit l’ensemble des acteurs de la filière, depuis les viticulteurs indépendants, jusqu’aux metteurs en marché, en passant par les GIE, les caves coopératives et les unions comme Vinovalie et Plaimont. C’est une belle puissance de feu pour relever le défi.
Quelle est votre stratégie pourgagner des points à l’export ?

Michel Defrances : Depuis deux ans, nous avons mené des actions ciblées en Allemagne, au Royaume Uni, mais également au Canada où nous n’étions jusqu’alors présents qu’en ordre dispersé.
Sur un marché de cette envergure, quelle est la visibilité d’une appellation classée dans la catégorie « autres vins du monde » ? En l’occurrence, nous avons signé avec la Société des alcools du Québec un accord portant sur l’ouverture d’un linéaire dédié aux vins du Sud Ouest dans l’ensemble des magasins québécois. Ce linéaire sera officiellement inauguré en 2009. Nous allons maintenant décliner cette initiative dans l’Ontario (second marché pour les vins français au Canada), avec le soutien du LCBO (Liquor Control Board of Ontario) qui détient le monopole de la vente d’alcool dans cet Etat. Il est à noter que nous avons déjà fait venir l’acheteur principal du LCBO à Cahors où il a pu rencontrer de nombreuses entreprises. De la même manière, nous allons intensifier en 2009 nos actions de communication en Suisse, en Norvège, en Chine et, bien sûr, aux Etat-Unis, premier marché mondial en termes de croissance de la consommation. Une appellation pourrait-elle s’inscrire dans une telle dynamique ? A l’échelle nationale et à fortiori internationale, il faut atteindre une taille critique pour être visible. Sur les marchés export, la mention « Vins du Sud-Ouest » est elle même complétée par le qualificatif « France ».
Quels sont vos moyens financierspour mener ces opérations ?
Michel Defrances : Nous consacrons à ces actions de promotion un budget annuel de 3 millions d’euros.
Production des AOC et vins de pays adhÉrents À l’Interprofession

RECOLTES AOC 2003-2006 (sources douanes)

CATEGORIES AOC APPELATIONS Gaillac Production moyenne 2003-2006 182 626
AOC Fronton 87 685
AOC Madiran 68 272
AOVDQS Saint-Mont 73 359
AOVDQS Tursan 15 362
AOVDQS AOVDQS Coteaux du Quercy Côtes du Brulhois 13 525 10 693
AOVDQS Saint-Sardos 5 900
AOC Pacherenc du Vic Bilh 10 000
AOC AOC Irouleguy Marcillac 7 000 7 276
AOVDQS Lavilledieu 2 116
AOVDQS Côtes de millau 1 918
Cette stratégie de marketing ombrellelaisse-t-elle aux appellations les moyens de cultiver leurs différences ?
Michel Defrances : Il ne faut pas voir d’opposition là où il n’y en a pas. Nous n’intervenons jamais sur le projet d’une appellation. Notre vocation n’est pas de gommer les identités des vins de nos terroirs ; au contraire puisque cette diversité est un atout. Nous mutualisons des moyens pour faire fructifier un capital commun, notamment grâce aux aides régionales et européennes que nous allons chercher. En outre, la cotisation de l’interprofession est de 0,90 euros, chaque appellation pouvant déterminer un complément de cotisation pour leur communication spécifique. Par exemple, sur une base de contribution de 3,60 euros, 90 centimes vont au chapeau et 2,70 euros sont reversés à la section pour la promotion de l’appellation. Dans ce contexte, la mission de l’Interprofession est bien de concevoir le meilleur marketing ombrelle pour segmenter notre offre et définir un axe de communication fédérateur. Autant de chantiers qui devront être menés à bien rapidement pour relever les nouveaux défis liés à la réforme de l’Organisation Commune de Marché (OCM).

RECOLTES VINS DE PAYS 2003-2006 (sources douanes)


CATEGORIES APPELATIONS Production moyenne 2003-2006
VDP de zone Côtes de Gascogne 693 251
VDP de région Compté Tolosan 238 529
VDP de zone Côtes du Tarn 153 015
VDP de département Gers 67 210
VDP de département Lot 19 859
VDP de zone Agenais 18 805
VDP de zone Terroir Landais 8 312
VDP de département Landes 7 755
VDP de zone Côtes du Condomois 6 291

VDP de département Tarn-et-Garonne 3 045
VDP de zone Thézac-Perricard 2 290
VDP de zone Côteaux de Glanes 1 494
VDP de zone Côteaux et Terrasses de Montauban 1 416
VDP de département Ariège 1 201
VDP de département Lot-et-Garonne 471
VDP de département Aveyron 417
VDP de département Pyrénées Atlantiques 387
VDP de zone Bigorre 353
VDP de département Tarn-et-Garonne 151
VDP de département Cantal 54
TOTAL 20 Vins de Pays : 1 224 306
Source : IVSO
Bertrand Vigouroux, President du Syndicat des Negociants en Vin du Sud-Ouest :
 
« Une interprofession unique des vins du Sud-Ouest est un passage obligé »
Quel est l’intérêt de créer une inter-profession unique pour l’ensembledes vins du Sud-Ouest ?
Bertrand Vigouroux : Le premier est de pouvoir développer une stratégie de notoriété à l’export, ce qu’aucune appellation ne peut aujourd’hui faire seule par manque de moyens. Il faut bien prendre conscience que le déclin du marché intérieur français est réel, que ce n’est pas nouveau et que cela va se poursuivre. Les Français consommaient 120 litres de vin par an au début du siècle, cette consommation est tombée à 50 litres actuellement et elle va encore chuter de 30 ‰ dans les quinze années qui viennent, pour arriver à environ 35 litres. Par rapport à aujourd’hui, cela représente 15 millions d’hectolitres en moins. Par contre, la consommation progresse de 1,5 million d’hectolitres par an à l’étranger. Les données du problème sont donc très claires : il faut se concentrer sur l’exportation sans négliger le marché national. Si on ne le fait pas, il faudra arracher des vignes.
Est-il nécessaire pour cela de rassembler un aussi grand nombre devignobles ?
Bertrand Vigouroux : C’est indispensable pour disposer de moyens suffisants et pour réaliser les économies d’échelle nécessaires ; c’est le problème des masses critiques. On a vu les communes se rassembler en communautés de communes, qui se fédèrent elles-mêmes en communautés d’agglomérations : ce qui se révèle efficace pour les collectivités l’est tout autant pour les filières agricoles et à fortiori pour le vin. Néanmoins, pour construire une interprofession performante, il faut convaincre et non contraindre. C’est dans cet esprit que je travaille.
Le vin de Cahors n’a-t-il pas améliorésa situation grâce à une démarcheautonome ?
Bertrand Vigouroux : Si l’on s’en tient aux faits et aux chiffres, on constate que les cours du Cahors ont été divisés par deux depuis 1999, passant de 123,18 euros à 68,31 euros l’hectolitre. Par ailleurs, rien ne permet d’être optimiste pour l’avenir, car l’appellation doit aujourd’hui gérer quasiment quatre ans de stock réel, ce qui ne peut pas permettre de redresser les cours. Il faut donc réagir rapidement sur les questions d’équilibre du marché.
Le fait d’adhérer à cette nouvelle union interprofessionnelle permet-il effectivement d’obtenir de nouveaux moyens ?
Bertrand Vigouroux : L’enveloppe globale que la Région Midi-Pyrénées consacrera au bassin Sud-Ouest est de 11 millions d’euros sur trois ans. De plus, chaque euro investi par la profession sera amendé d’autant par la Région, ce qui constitue un véritable levier économique : mutualisation et subvention. En l’occurrence, le Cahors investirait 140 000 euros pour percevoir immédiatement la même somme et accéder ensuite aux nouveaux moyens dégagés par la Région. L’apport est donc bien réel. Pourquoi s’en priver, alors que l’on sait que la moindre opération de promotion d’envergure sur un pays demande un budget d’au moins 500 000 euros ? Le modèle argentin est un exemple en la matière.
Le Cahors pourra-t-il toujours cultiversa spécificité au sein de cette structure ?
Bertrand Vigouroux : Les actions menées par l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors autour du cépage malbec et du concept de vin noir sont pertinentes et ne doivent absolument pas être remises en cause. Concrètement, le but de l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest n’est pas de faire disparaître les stratégies d’identité des vignobles existants, mais de s’appuyer sur elles. Son rôle est de fédérer les moyens pour donner plus de visibilité à nos vignobles régionaux. Je rappelle que Bordeaux est la bannière des Médoc, Saint-Emilion, Pommerol, Saint-Julien,Saint-Estèphe, Margaux. Bourgogne est celle des Meursault, Nuits Saint-Georges, Gevrey Chambertin, etc. Ce ne sont pas les vins du Nouveau Monde ni les autres appellations françaises ou européennes qui aideront le Cahors à se faire une plus grande place sur les marchés. On peut et on doit tirer des enseignements de ce qui se fait en France ou à l’étranger et qui fonctionne, comme les clusters. Il faut garder à l’esprit que, par exemple, l’Argentine vend aux Etats-Unis l’équivalent de deux fois la production totale de Cahors, quand nous n’en mettons pas 2 ‰ sur ce marché.
Comment la CCI du Lot accompagne les exportateurs
La CCI du Lot a multiplié les initiatives pour permettre aux entreprises de développer leurs ventes à l’export, notamment dans le cadre du programme régional « Accession Export » ou en association avec le Club des Vins et Spiritueux. Panorama.
Toutes les entreprises inscrites au registre du commerce et des sociétés (RCS) peuvent aujourd’hui accéder au programme «Accession Export », relayé par l’ensemble des Chambres de Commerce et d’Industrie de Midi-Pyrénées. Ce programme est en premier lieu destiné aux entreprises qui n’ont pas ou que peu d’expérience à l’export. Cet accompagnement débute avec un premier diagnostic sur le potentiel de l’entreprise en matière d’exportation et va jusqu’à la mise en contact avec des acheteurs ou des partenaires étrangers, en passant par la formation ou le soutien technique. Chaque entreprise participante reçoit par ailleurs un guide pratique, un carnet d’adresses et des modèles de contrat. Les CCI s’appuient pour cela sur des partenaires comme la Région Midi-Pyrénées, les missions économiques, les bureaux Ubifrance ou les CCI françaises à l’étranger. « Accession Export » permet aux entreprises de bénéficier de ces prestations pendant un an pour 750 euros.
Les opérations dédiées au vin
Dans ce contexte, la CCI du Lot s’associera en 2009 à plusieurs opérations internationales dédiées au vin, tels que les salons Fancy Food Show aux Etats-Unis ou Polagra en Pologne, des rencontres d’acheteurs au Portugal ou une mission de prospection au Japon. Ces opérations bénéficient systématiquement à l’ensemble des entreprises régionales et sont organisées par la CRCI et les CCI de Midi-Pyrénées. Dans le même esprit, la CCI du Lot a rejoint le Club des Vins et Spiritueux de France, animé par la chambre consulaire de Libourne. Cette structure permet notamment d’organiser l’accueil d’acheteurs étrangers et de conduire des missions à l’étranger. En 2009, les principales actions sont l’accueil d’acheteurs de Grande-Bretagne, d’Irlande, du Japon, de Corée et des Emirats Arabes Unis, ainsi que des missions dans les pays baltes.
Les opérations internationales de la CRCI et des CCI de Midi-Pyrénées

La CCI du Lot participera en 2009 à lapromotion des opérations suivantes :

  • Rencontres d’acheteurs au Portugal,les 12 et 13 mars
  • Salon Fancy Food Show à New York, du 28 au 30 juin

  • Salon Polagra à Poznan (Pologne) du 14 au 1au 17 septembre
  • Missions de prospection au Japon, en octobre et novembre
La CCI du Lot membre du Club des Vins et Spiritueux
Créé à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Libourne, le Club des Vins et Spiritueux deFrance célèbre cette année son vingtième anniversaire. La CCI du Lot a rejoint cette structure pour permettreà ses ressortissants d’accéder facilement à des opérations d’enverguremenées à l’échelle du vignoble français, qu’il s’agisse de réception d’acheteurs étrangers ou de missions dansles grands pays consommateurs. Le club a ainsi accueilli ces dernières années des acheteurs chinois ou indiens et a conduit une mission de prospection au Japon. En 2009, la CCI du Lot pourra aider les entreprises à participer aux opérations suivantes :
  • Accueil d’acheteurs de Grande-Bretagne et d’Irlande, du 7 au 11 mars
  • Mission de prospection dans les paysBaltes et les pays de l’Est, en avril
  • Mission de prospection au Japon et en Corée, du 24 au 30 octobre
  • Accueil d’acheteurs des Emirats Arabes Unis en fin d’année