Votre message a été correctement envoyé !
contacter la rédaction web marquer dans vos favoris  
 
numero en cours
[ Lire le magazine ]
 
 

A la UNE Magazines Dossiers Partenaires Liens  
 

 
Entreprendre CCI du Lot n°137
Comment sÉcuriser le commerce de centre ville
Certes, le Lot et ses deux villes principales, Cahors et Figeac, ne se distinguent pas par une délinquance hors du commun. Pourtant l’actualité récente du chef-lieu du département, faite de quelques altercations entre marginaux et commerçants ou - plus alarmant - d’incendies volontaires touchant des magasins de centre-ville, met en lumière un climat potentiellement dangereux. D’autant que plus récemment, des voitures ont brûlé dans deux concessions automobiles.

Quel est précisément l’état des lieux ? Comment organiser la sécurité et la convivialité au cœur de la cité ? Que dit la loi et comment l’appliquer sur le terrain ?

Voilà quelques unes des questions auxquelles veut répondre ce dossier, qui se veut avant tout un outil de travail et un guide pratique.

A la reconquÊte de la convivialitÉ
Un centre-ville doit d’abord et avant tout demeurer un lieu de convivialité. Il suffit pour s’en convaincre d’emboîter le pas des promeneurs et des passants, fort nombreux, qui arpentent le boulevard Gambetta à Cahors : rénové, embelli, il favorise le lèche-vitrine en toute sécurité. L’acte de commerce ne peut s’effectuer convenablement sans ce climat de sérénité, dans un cadre de vie urbain aménagé pour favoriser la convivialité sous toutes ses formes. Revers de la médaille, ces lieux très fréquentés, largement ouverts sur et pour le public, attirent des convoitises indésirables. Ces derniers mois, une série de malveillances a marqué les esprits, depuis les actes délictueux, les vols en tous genres ou les agressions. Autre problème récurrent, l’augmentation du nombre de personnes sans domicile fixe ou marginaux accompagnés de nombreux chiens,ce qui perturbe parfois la libre circulation des consommateurs. S’ils ne sont pas, fort heureusement, tous facteurs de troubles, leur présence massive devant les commerces instaure un climat de nature à dissuader ou à perturber la clientèle. Les événements récents constatés à Cahors, l’incendie de deux magasins, une sévère altercation entre un agent immobilier et une personne visiblement déséquilibrée, l’incendie de nombreux véhicules appartenant à deux concessions automobiles, exigent une attention certaine, tout en évitant de céder à une dramatisation qui n’a pas lieu d’être dans un département relativement épargné.
Cahors se donne des moyens, dans les limites de la loi
La mairie de Cahors a pris des mesures importantes, sous la forme d’un arrêté municipal limitant la mendicité en centre-ville. Du 1er avril au 30 septembre, et ce pour la troisième année, les rues de l’hypercentre sont concernées. « Nous faisons le maximum, mais nous sommes évidemment obligés de concentrer strictement nos actions dans le cadre de la loi. En particulier, l’arrêté stipule que les chiens doivent être tenus en laisse. Concrètement, comment fait-on pour verbaliser des individus qui n’ont pas d’adresse à Cahors et ne font parfois qu’y passer ? » s’interroge Marie-Pierre Bonnave, conseillère municipale en charge du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Le sentiment souvent recueilli auprès des commerçants est que Cahors serait une ville trop accueillante pour les vagabonds et que cette réputation peu enviable est largement connue des sans domicile fixe. Pourtant, l’accueil de jour de La Boussole est aujourd’hui fermé, les bénévoles ayant jeté l’éponge devant de multiples difficultés relationnelles face à ces populations aux réactions imprévisibles. Par ailleurs, Bernard Vollant, éducateur et responsable du Pôle Jeunesse à la Ville de Cahors, s’attache à dialoguer avec ce public et à vider les «squats» autant que possible : plusieurs ont été fermés plaine du Pal, au Mont Saint-Cyr, à la Combe Saint-Julien, dans les rues Saint-James, Nationale et des Trois-Baudus. « Avec l’appui des partenaires spécialisés comme la DDASS, la Mission Locale qui vient d’instaurer un Point d’Ecoute et d’Accueil Jeunes, nous tentons d’intégrer tous ceux qui peuvent l’être. Certains ont des appartements en ville et sont ouverts au dialogue. Par contre, il existe une poignée d’irréductibles et ce sont eux qui posent problème. Nous sommes à l’écoute permanente des commerçants pour essayer d’améliorer la situation. La collaboration étroite entre le maire et le commissaire de police permet d’obtenir des résultats encourageants », poursuit Marie-Pierre Bonnave. Consciente de la nécessité de multiplier les structures complémentaires, en évitant les empilages stériles, l’élue cadurcienne mobilise tous les réseaux habilités. Pour l’avenir, elle estime qu’il faudra créer des Services prévention-sécurité associant tous les partenaires, aussi bien pour prévenir que pour guérir.
La police nationale à l’écoute des acteurs de l’économie
Le commissaire Jean-Paul Ortet tient tout d’abord à garder raison : « Dans une ville de taille modeste, le moindre événement prend tout de suite des proportions démesurées. Bien sûr, la vigilance s’impose. Mais il faut différencier les actes commis et se féliciter que les responsables aient pu être identifiés et arrêtés rapidement. Par ailleurs, ces incidents ont détruit des biens, mais les vies humaines n’ont pas réellement été menacées », tempère-t-il. Selon le commissaire, plus vite les faits sont élucidés, et moins la psychose risque de s’étendre. C’est le cas pour les deux magasins incendiés, les Pompes Funèbres Générales et le fleuriste : l’auteur, un marginal domicilié à Cahors, a été très vite arrêté et jugé. L’affaire de la concession Ford a, elle aussi, connu un dénouement rapide. « Les deux frères interpellés sont des pyromanes. Leurs actes n’ont aucun rapport, en tous cas, avec certaines réactions post-électorales, comme on aurait pu le penser dans un premier temps. Mais les responsables des concessions automobiles sont inquiets et cela se comprend aisément : on ne sait jamais où peuvent mener des attitudes de mimétisme chez des individus psychiquement fragiles », estime le commissaire. A la galerie Fénelon, le policier reconnaît volontiers la gravité des nuisances provoquées par quelques jeunes, souvent en état d’ébriété. Il ne veut pas non plus évacuer la présence, là ou ailleurs, de petits revendeurs de drogue, tout en précisant bien qu’il ne s’agit en aucun cas de trafics de grande envergure. Quant au phénomène des sans domicile fixe, Jean-Paul Ortet n’estime pas les populations en surnombre par rapport à la taille de la ville : « La situation à Cahors est proche de celle constatée dans beaucoup de villes du sud. Certes, ces gens sont concentrés sur quelques lieux de l’hypercentre, et engendrent des nuisances en déstabilisant certains habitants plus fragiles que d’autres, les personnes âgées notamment ». Le commissaire est d’ailleurs allé leur rencontre à plusieurs reprises, en compagnie des élus ou des associations qui les défendent. « Ils ne sont, dans leur grande majorité, pas dangereux. On leur fait comprendre qu’il faut adopter une attitude correcte et qu’ils doivent, le cas échéant, se déplacer pour ne pas entraver la circulation des passants et des chalands. Depuis début janvier 2007, nous avons réalisé près de 300 interventions sur le marché et en centre-ville à la demande de commerçants ou de riverains incommodés », évalue Jean-Paul Ortet. Par ailleurs, il faut le préciser, aucune loi n’interdit de posséder de nombreux chiens ni de pratiquer la mendicité, à condition toutefois de le faire sans exprimer d’agressivité à l’égard des passants.
Un contact direct avec les commerçants
En ce qui concerne la prévention, « dont on ne voit jamais les effets, par définition », souligne le commissaire, les forces de l’ordre ne restent évidemment pas inactives : la présence policière a été largement étoffée, surtout la nuit, sur toute l’agglomération cadurcienne, en collaboration avec les gendarmes. Globalement, le commissaire se félicite de la bonne entente qu’il entretient avec les commerçants. « Ils ont un esprit très positif, n’hésitent pas à porter plainte. Ils m’appellent directement, ou via le responsable de l’association Cahors Actif. De cette façon, on peut les aider à régler les situations délicates au coup par coup. De plus, je m’entretiens souvent avec les élus pour évoquer les questions de sécurité. Dans le cadre du Contrat local de sécurité, réactivé fin 2006 sous l’égide de la Préfecture, des dispositifs permettent à chacun des acteurs concernés de se rencontrer et de croiser les informations. D’autre part, la présence en uniforme de la police municipale dans les rues est aussi un facteur d’apaisement », confie-t-il.
SÉcuritÉ : les faits et les outils
C’est un fait connu : le sentiment d’insécurité est rarement proportionnel au niveau réel d’insécurité. Pour autant, il est indispensable de donner la parole aux professionnels victimes de malveillances et de rappeler les outils et les dispositifs opérationnels.

Philippe Planes, responsable de l’agence cadurcienne des Pompes Funèbres Générales : « Une situation peu compatible avec l’activité commerciale »

Dans la nuit du 12 au 13 avril derniers, boulevard Gambetta à Cahors, le magasin à l’enseigne des PFG était dévoré par les flammes. Deux semaines après, les forces de l’ordre ne tardaient pas à arrêter l’auteur du délit, un homme de 23 ans bien connu des services de police. « D’après ce que je sais, il voulait prendre la caisse mais il n’y en a pas au magasin.

C’était plutôt, je pense, un coup de folie de sa part », estime Philippe Planes. un coup de folie de sa part », estime Philippe Planes. Quoi qu’il en soit, tout a brûlé dans la boutique, mis à part le fichier clients et le matériel informatique, qui ont pu être sauvés. Dès le lendemain, sur intervention de la mairie, le commerce était provisoirement relogé dans un local libre, sous la résidence Fénelon. « Nous avons pu reprendre notre activité dès la semaine suivante. Mais en cet endroit, des personnes sans domicile fixe se réunissent aussi parfois. Lorsque je leur demandais de quitter mon pas-de-porte, ils le faisaient en général », indique le commerçant. Car leur présence est, reconnaît-il, peu compatible avec une activité commerciale. Trois semaines avant l’incendie, il avait déploré une vitre cassée suite à une bagarre dans la rue. « Je sens pourtant un léger mieux depuis avril, il me semble qu’on en voit moins », conclut Philippe Planes.
Philippe Rauffet, agence IGC à Cahors : « C’est un harcèlement quotidien »
L’antenne cadurcienne de la société IGC Construction est implantée sous la résidence Fénelon, dans une zone un peu isolée et, de ce fait, particulièrement fréquentée par les marginaux désoeuvrés. « La situation est devenue intenable : incivilités chroniques, gestes obscènes à l’égard de ma clientèle féminine et de ma secrétaire, excréments des chiens un peu partout, canettes brisées, sacs-poubelles déversées devant la porte, gens qui urinent contre la vitrine, échanges de drogue, etc. », recense Philippe Rauffet, qui estime être obligé de travailler en fermant son bureau à double tour et d’éviter tout rendez-vous après 18 heures. Le fait le plus grave a été une première agression physique contre le responsable, les coups de poing ayant entraîné un arrêt de travail. Le même agresseur est revenu début mai, hurlant, menaçant le professionnel et sa cliente d’un couteau. « J’ai fini par apprendre qu’il avait été interné en établissement médicalisé, mais que fera cet individu quand il sera libéré ? », s’interroge Philippe Rauffet. « J’ai travaillé auparavant à Toulouse, dans des quartiers sensibles, sans connaître de situations aussi tendues. C’est une chose de défendre des personnes sous l’emprise de substances diverses, mais il faut également penser à ceux qui travaillent. Nous passons des nuits blanches, à tel point que nous allons quitter cet emplacement. D’ailleurs, d’autres commerces vont en faire autant et la galerie Fénelon risque d’être désertée. Je trouve dommage que personne ne s’intéresse à nous tant qu’il n’y a pas eu de blessure grave », regrette Philippe Rauffet.
Eric Seguin, Procureur de la République : « Devant l’urgence et la gravité, nous avons agi au plus vite »
Le représentant du Parquet ne pense pas que Cahors soit une ville particulièrement accueillante pour les personnes sans domicile fixe. « Tout cela est question d’appréciation personnelle, mais ça n’est pas évident », commente-t-il. Eric Seguin se félicite, par contre, que les récentes affaires aient pu être rapidement élucidées. « Face à la gravité de ces situations, la police et la justice ont agi très rapidement.La personne qui a incendié les commerces, un marginal disposant d’un appartement, a été identifiée et arrêtée sans délai. Quant à celui qui a menacé d’un couteau l’agent immobilier de la résidence Fénelon, il a fait l’objet d’un placement d’office en hôpital psychiatrique », précise le Procureur.

Qu’est-ce qu’un Contrat local de sécurité ?

L’insécurité n’épargne pas les villes préfectures ou sous-préfectures de taille modeste, et face au sentiment d’insécurité de plus en plus partagé par les populations, l’Etat a instauré en 1997 les Contrats locaux de sécurité. Leur objectif est d’associer tous les partenaires concernés par la prévention, la dissuasion et la répression de la délinquance. Il s’agit d’un outil favorisant la coopération transversale de tous les acteurs : Etat, police, gendarmerie, Ville, Education nationale, Département, bailleurs sociaux ou transporteurs.

Les progrès attendus

En première ligne quand il s’agit de soutenir ses ressortissants, notamment les commerçants de centre-ville, les CCI demandent que des mesures simples soient prises :

  • Une plus large participation de la chambre consulaire et des associations de commerçants au suivi du Contrat local de sécurité.
  • Simplifier les procédures de dépôt de plainte en ouvrant un bureau spécifiquement destiné aux chefs d’entreprises. Ceci afin d’éviter les pertes de temps au regard des suites données, qui dissuadent parfois les dirigeants d’opérer cette démarche. Le dépôt de plainte est nécessaire pour mieux cerner les faits de délinquance et partant, les contrer plus efficacement.
  • Organiser une « main-courante » spécialisée pour les commerçants. Elle permettrait de mieux connaître l’ampleur de faits moins importants, mais qui trop souvent préparent le terrain de méfaits plus graves : tags, petits larcins, etc. Dans ce but, un formulaire de dépôt de plainte simplifiée serait le bienvenu.
Vol et vandalisme : comment choisir le bon contrat d’assurance ?

La zone géographique dans laquelle se situe un commerce, mais aussi convoitise que peuvent susciter les marchandises qu’il pro pose, définissent la vulnérabilité d’une affaire face aux risques de vol ou de dégradations par vandalisme. La garantie correspondante couvre le vol par effraction, commis avec violence ou menace. Les détériorations causées aux biens suite au vol ou à la tentative sont aussi prises en compte,

notamment celles qui concernent le système de fermeture des locaux et les ins tallations d’alarmes. Le contenu du magasin, mobilier et marchan dises, les biens immobiliers, les espèces monnayées, les chèques, les billets, titres et valeurs sont assurés sous certaines conditions. Pour fixer la garantie la mieux adaptée, votre assureur va vous questionner sur des points précis :
  • localisation géographique,
  • activité et type de marchandises vendues,
  • moyens de protection des locaux,
  • organisation des transferts de fonds, montant maximal des liquidités.
Comment se protéger contre la délinquance ?

Rappelons les mesures de bon sens, telles qu’elles figurent dans un petit dépliant édité pour les commerçants par la CCI du Lot.

Vous êtes menacé.
Avez-vous choisi les bonnes parades ?

- En renforçant les dispositifs de fermeture (grille de protection, serrures de sûreté, verre feuilleté) sans oublier les réserves.
- En installant l’alarme adaptée à vos locaux.
- En mettant en place une protection anti-bélier offrant une bonne résistance aux chocs : pierres, plots en béton ou en fer.
- En protégeant l’accès des objets de convoitise et matériels sensibles et en plaçant, la nuit, les objets de valeur dans un coffre scellé.
- En améliorant la vision globale du magasin et le système d’annonces des clients (sonnerie, vidéo).
- En améliorant l’éclairage des abords.

Dans votre magasin, votre bureau, êtes-vous suffisamment vigilant ?

- Pendant les heures d’ouverture, soyez attentifs : impression du repérage du magasin, comportements suspects, véhicule anormalement présent.

N’hésitez pas à relever les immatriculations. Notez le signalement de suspects, informez en composant le 17
- Au moment de la fermeture, redoublez de vigilance. Vérifiez les abords des bâtiments, signalez toute présence douteuse au 17. N’oubliez pas de fermer toutes les issues.

- Soyez prudent avec l’argent : évitez de garder en caisse des sommes importantes. Videz régulièrement votre tiroir-caisse et n’exposez pas inutilement son contenu. Pour le transport des recettes, changez vos horaires et vos trajets. Faites-vous accompagner si possible. Evitez la sacoche.

Réflexe : composer le 17.

- Vous êtes victime d’une agression, ne mettez pas votre vie en danger. Composez immédiatement le 17.
- Ne touchez à rien avant l’arrivée des forces de l’ordre. renseignements aux enquêteurs. des personnes, couleurs, marques et numéros des véhicules.
- Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
- Déclarez le vol à votre assureur dans les 48 heures.