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Entreprendre CCI du Lot n°136
La grande distribution alimentaire dans le Lot
Dans le Lot, la grande distribution alimentaire a doublé sa surface de venteen moins de deux décennies et n’entend pas ralentir sa progression. Les projets se multiplient en effet, notamment à l’initiative des enseignes du« discount ». C’est le cas de Aldi à Saint-Céré, de Netto à Souillac et de Ed à Prayssac. De son côté, l’hypermarché Leclerc de Capdenac-le-Haut va s’agrandir de 800 mètres carrés. Panorama.
Les enseignes nationales dans le département du Lot
EVOLUTION 1998-2007
  • Le plancher commercial de la grande distribution a progressé entre 1998 et 2007 de 7 585 m2 soit 16,7 %.
  • On observe que le nombre de points de vente a peu augmenté (de 43 à 46), et que l’évolution est due à l’agrandissement des magasins, parfois lié avec des changements d’enseignes.
  • Dans le département du Lot en 2007, la grande distribution généraliste compte :
    • 4 hypermarchés (+ 2 500 m2)
    • 29 supermarchés (entre 300 et 2 499 m2)
    • 13 hard discounts.
ENSEIGNES
  • 1998 :
    • ALDI : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²)
    • CARREFOUR : 1 Nbre de magasins, 3 440 Surface de vente (m²)
    • CASINO : 5 Nbre de magasins, 3 645 Surface de vente (m²)
    • CHAMPION : 4 Nbre de magasins, 5 500 Surface de vente (m²)
    • ECO MARCHE : 3 Nbre de magasins, 2 240 Surface de vente (m²)
    • HUIT à HUIT : 1 Nbre de magasins, 340 Surface de vente (m²)
    • INTERMARCHE : 6 Nbre de magasins, 7 915 Surface de vente (m²)
    • LEADER PRICE : 2 Nbre de magasins, 1400 Surface de vente (m²)
    • LECLERC : 7 Nbre de magasins, 12 200 Surface de vente (m²)
    • LIDL : 1 Nbre de magasins, 674 Surface de vente (m²)
    • NETTO : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²)
    • SPAR : 1 Nbre de magasins, 435 Surface de vente (m²)
    • SHOPI : 4 Nbre de magasins, 2 643 Surface de vente (m²)
    • TOPCO : 3 Nbre de magasins, 1 670 Surface de vente (m²)
    • CDM : 1 Nbre de magasins, 400 Surface de vente (m²)
    • LE MUTANT : 1 Nbre de magasins, 770 Surface de vente (m²)
    • SUPER RALLYE : 2 Nbre de magasins, 1670 Surface de vente (m²)
    • CODEC : 1 Nbre de magasins, 385 Surface de vente (m²)
    • TOTAL : 43 Nbre de magasins, 45 327 Surface de vente (m²)
  • 2007 :
    • ALDI : 2 Nbre de magasins, 1 361 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • CARREFOUR : 1 Nbre de magasins, 3 440 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : normal
    • CASINO : 3 Nbre de magasins, 2 950 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • CHAMPION : 3 Nbre de magasins, 5 119 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • ECO MARCHE : 4 Nbre de magasins, 2 728 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • HUIT à HUIT : 1 Nbre de magasins, 313 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • INTERMARCHE : 6 Nbre de magasins, 8 909 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • LEADER PRICE : 4 Nbre de magasins, 3 240 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • LECLERC : 7 Nbre de magasins, 14 639 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • LIDL : 4 Nbre de magasins, 3 331 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • NETTO : 3 Nbre de magasins, 2 230 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • SPAR : 3 Nbre de magasins, 1 295 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • SHOPI : 5 Nbre de magasins, 3 557 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en hausse
    • TOPCO : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • CDM : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • LE MUTANT : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • SUPER RALLYE : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • CODEC : 0 Nbre de magasins, 0 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : en baisse
    • TOTAL : 46 Nbre de magasins, 52 912 Surface de vente (m²), Evolution Surface de vente 2007/1998 : +16.7 %
Le bal
La croissance continue de la grande distribution alimentaire s’est accompagnée d’importantes restructurations et de nombreux changements d’enseignes. Ces dix dernières années auront par ailleurs été marquées par l’ascension impressionnante du hard discount :
Baromètre national de la grande distribution : le format hypermarché a le vent en poupe
Au niveau national, après avoir plafonné autour de 50 % en 2003 et 2004, la part de marché valeur des hypermarchés remonte pour atteindre 53,6 % en 2006. Entre produits de grande consommation et rayons frais, ce format a progressé de 4,4 % l’an passé. Sa réaction très vive sur les prix, face aux arguments frappants du hard discount, porte visiblement ses fruits.

Du côté des supermarchés, la courbe est à la baisse. Ces magasins pèsent 32,9 % des parts de marché, alors que leur part était évaluée à environ 35 % il y a quatre ans. Le nombre des points de vente reste très stable. Le parc est en forte restructuration, partagé entre grands supermarchés et format soft discount. Les ventes

étaient, en 2006, en érosion de 0,2 %. A eux de s’appuyer sur leurs atouts pour rebondir : le frais, la proximité, à condition de faire face à la dégradation des marges. Le hard discount est en pleine expansion géographique et crée toujours plus de points de vente. Pourtant, auprès du consommateur, l’embellie de 2004 semble en panne. La part de marché de ce format tourne autour de 13 %, en baisse de 2,1 %. Moins conquérant, le hard discount doit s’attacher à répondre aux critiques : modèles de magasins standardisés, présentations peu soignées, marques peu identifiées. Par ailleurs, sur son cheval de bataille des prix, il doit trouver la parade à la réaction efficace des hypermarchés.

La CDEC réformée en CDAC

Non conforme aux directives de Bruxelles car « entravant la liberté d’établissement », n’ayant pas répondu auxattentes des lois dites Royer (1973) et Raffarin (1996), la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) et son équivalent national la CNEC vont être totale ment réformées. Rappelons que leur mission est d’analyserles projets de créations et d’agrandissements des surfaces devente supérieures à 300 mètres carrés

Censées représenterun « garde fou » contre la course aux surfaces, elle n’a puempêcher celle-ci au plan national face à des critères pure ment économiques. Une Commission de modernisation del’urbanisme commercial planche sur les contours d’un nou veau système, faisant la part belle à la liberté d’implantationou d’agrandissement. Désormais, la CDAC (Commissiondépartementale d’aménagement commercial) remplacera l’ancienne structure.
  • De la CDAC seront écartés les professionnels ayant desactivités en concurrence avec les demandeurs.
  • Les demandes de créations seront couplées à celle de l’obtention du permis de construire.
  • Les critères d’utilité économique seront prohibés carcontraires à la liberté d’établissement figurant dans la loieuropéenne.
  • Les notions d’aménagement du territoire et d’environnement deviendront les principaux critères d’autorisation
Guerre de surfaces,mais guÈre de place…
Au début des années 90, le Lot comptait 35 grandes surfaces alimentaires qui occupaient ensemble un peu plus de 30 000 mètres carrés. A la fin de cette année, 50 magasins se partageront 60 000 mètres carrés.
Dans tous les cas, la grande distribution alimentaire peut mettre en avant un atout déterminant : son rôle sur le marché de l’emploi. 1 200 personnes travaillent dans ce secteur en 2007, soit 200 de plus qu’il y a huit ans.
Nouvelle accélération du « hard discount »
L’analyse des implantations prévues dans un futur proche confirme l’expansion soutenue des enseignes identifiées par l’appellation « hard discount ». Quatre nouveaux sites sont annoncés dans le Lot pour les mois à venir. Il s’agit là d’un particularisme lotois, car cette forme de distribution est mesurée en recul, en termes de parts de marchés, sur l’ensemble du territoire national. Jusqu’ici, ses atouts principaux étaient de mettre en avant une politique de forte maîtrise des prix, vendant des produits sans marque ou portant leur propre signature.
Ce quasi doublement de la surface, en moins de 20 ans, suffit à illustrer l’impressionnant dynamisme de la grande distribution et permet d’esquisser l’évolution de cette profession au cours des années à venir. Concrètement, il n’est pas question de ralentir le rythme : + 20 %, en termes de surface, pour la seule année 2007. La grande distribution comprend trois catégories de magasins : les hypermarchés (surface de vente supérieure à 2 500 m2), les supermarchés classiques (surface de vente entre 300 et 2 500 m2) et les hard-discount (supermarchés avec une politique com merciale axée sur les produits sans marque connue et à prix très bas). La course à la surface de plancher commercial se poursuit donc, légitimée par un argumentaire particulièrement efficace : la nécessité de s’adapter aux demandes des consommateurs et la lutte contre l’évasion commerciale vers les grands pôles implantés dans les départements limitrophes : Brive, Montauban, Toulouse, voire Fumel, Villeneuve-sur-Lot ou Villefranche-de-Rouergue. Economiquement, les gains en terme de parts de marché suivent - ou précèdent-ce mouvement vers la croissance : alors que la part du gâteau grignotée par la grande distribution représentait 59 % des achats en 1995, elle est aujourd’hui de 68 %. Bien sûr, la tendance n’est pas propre au département et il s’agit d’un constat largement partagé sur l’ensemble du territoire national. En fait, il apparaît que ce canal

de distribution évolue vers une formule hybride, appelée « soft discount » : ils se rapprochent ainsi des supermarchés classiques, notamment au niveau des aménagements. Chaque mois, la CDEC (Commission départementale d’équipement commercial) doit examiner de nouvelles demandes de création ou d’extension.Les élus locaux, les consommateurs et les chambres consulaires, représentés dans cette structure, doivent faire des choix et rendre des arbitrages difficiles : leur objectif est d’examiner ces projets tout en veillant à ne pas trop pénaliser le maillage des petits com merces de proximité, tellement essentiel pour le maintien d’une activité économique au cœur des villages lotois. Toutefois, cette formule de CDEC vit ses derniers mois puisqu’elle va être remplacée par un système plus libéral, conforme aux préconisations européennes en la matière. Reste que le meilleur moyen de prendre le pouls de la grande distribution ali mentaire est de donner la parole aux responsables de magasin. En l’occurrence, ils font preuve d’une certaine prudence dans leurs analyses, aussi bien au niveau des investissements qu’au sujet de la valorisation respective des rayons frais et non alimentaires. Témoignages.

LA GRANDE DISTRIBUTION EN 2007
Les grands groupes de la grande distribution présents dans le Lot
Enseignes / Localité Surface de vente (m2)
  • LECLERC :
    • PRADINES : 3 419
    • CAPDENAC LE HAUT : 3 300
    • SOUILLAC : 2 900
    • BIARS SUR CERE : 1 900
    • GRAMAT: 1 320 m²
    • SAINT LAURENT LES TOURS : 1 200
    • FIGEAC : (Centre L. Gambetta): 600
    • Total : LECLERC: 14 639
  • CASINO :
    • CASINO : 2 950
    • CAHORS : 1 150
    • GOURDON : 1 000
    • SOUILLAC : 800

    • SPAR : 1 295
    • CAHORS : 391
    • CASTELNAU-MONTRATIER : 464
    • VAYRAC : 440

    • LEADER PRICE : 3 240
    • CAHORS : 700
    • GOURDON : 700
    • FIGEAC : 820
    • SAINT LAURENT LES TOURS : 1 020
    • Total: Casino : 7485
  • ITM (INTERMARCHE) :
    • INTERMARCHE : 8 909
    • GOURDON 2 300
    • CAHORS (Terre Rouge) : 1 715
    • MARTEL : 1 294
    • CAHORS (avenue M. Bastié) : 1 200
    • FIGEAC : 1 200
    • PRAYSSAC 1 200

    • ECO MARCHE : 2 728
    • PUY L’EVEQUE 800
    • LACAPELLE MARIVAL 798
    • BAGNAC SUR CELE 650
    • CAJARC 480

    • NETTO : 2 230
    • CAHORS (Regourd) 1 200
    • SOUILLAC 650
    • SAINT LAURENT LES TOURS 380
    • Total ITM : 13 867
  • LIDL :
    • LIDL : 3 131
    • GRAMAT 880
    • CAHORS 997
    • CAHORS (Le Montat) 674
    • BIARS SUR CERE 580
    • Total LIDL : 3 131
  • PROMODE-CARREFOUR :
    • CARREFOUR : 3 440
    • CAHORS : 3 440

    • CHAMPION : 5 119
    • GOURDON : 2 000
    • FIGEAC : 1 795
    • PRAYSSAC : 1 324

    • SHOPI : 3 557
    • GRAMAT : 1 050
    • MONTCUQ : 795
    • LES QUATRE ROUTES DU LOT : 718
    • LABASTIDE MURAT : 544
    • SAINT CERE : 450

    • CARREFOUR : 3 440
    • CAHORS : 3 440
    • Total PROMODES CARREFOUR: 12 429
  • ALDI :
    • ALDI : 1 361
    • CAHORS 600
    • FIGEAC 761
Loïc CaraËs
Pdg du magasin Champion de Gourdon
« Une taille humaine et le choix du frais »
Avec 2 000 mètres carrés, le magasin Champion de Gourdon est considéré comme une moyenne surface, à l’instar de ses voisins Intermarché, Lidl et Leader Price. « Avec une zone de chalandise d’environ 22 000 habitants, il n’est pas question de se lancer dans une course effrénée. Gourdon apparaît même d’ores et déjà bien pourvue en termes de mètres carrés », constate Loïc Caraës, Pdg de Champion. A 47 ans, ce Brestois d’origine, pur produit de la grande distribution, est installé en Gourdonnais depuis
« J’ai revendu le magasin que je gérais en Bretagne suite à la fusion Promodès-Carrefour, en 2000, avec la ferme intention de rebondir ailleurs. J’ai pris ici une location-gérance avant d’acheter en 2004, juste avant l’agrandissement de 1 500 à 2 000 mètres carrés », précise le chef d’entreprise. Exprimant le souci de ne surtout pas pénaliser le centre-ville, mais de freiner le phénomène d’évasion commerciale vers Brive, Loïc Caraës veut favoriser l’émergence d’un pôle fort sur place : il a ainsi milité pour que JouéClub puisse s’installer sur sa zone commerciale, ainsi qu’un magasin de chaussures. « C’était nécessaire, en particulier
pour contrer l’autre paule commercial, plus proche du centre-ville et clairement des servie par un rond-point. Par ailleurs, le lotissement qui doit être construit avec une quarantaine de maisons, va me recentrer un peu », espère le dirigeant de Champion. Economiquement, le fait que Gourdon soit un peu trop richement pourvu en grandes surfaces induit à ses yeux une situation difficile pour chacun : force est de limiter les investissements, de moderniser sans excès et de savoir se démarquer en cultivant ses atouts.« Heureusement que nous disposons d’une bonne saison touristique. Mais il faut se battre et être très professionnel pour garder le cap des objectifs. Les atouts de notre magasin sont une taille raison nable, la valorisation des produits frais et du service à la coupe, notament le rayon boucherie, un choix important et la présence d’un rayon presse, sans oublier l’accueil et la propreté du magasin. Quant aux prix, nous proposons des produits de base souvent moins chers que ceux des hard-discounters, affirme Loïc Caraës. La dépense moyenne par panier est forte, ce qui prouve que les clients concentrent au maximum leurs achats au même endroit ». Pourtant, il constate que la consommation évolue peu en dépit d’une baisse globale des prix ces trois dernières années. Avec 37 salariés, le magasin réalise un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros, y compris l’activité de la station-service. « Nous avons réalisé une belle progression, car il ne générait que 8 millions lorsque je l’ai repris », remarque le Pdg. Quant à l’avenir, Loïc Caraës n’avance aucune idée arrêtée. « La grande distribu tion entre dans les années charnières liées à la loi Dutreil sur les marges arrières. Il faudra être de plus en plus professionnel pour tirer son épingle du jeu » conclut-il.
Nicolas Pilon
Pdg de l’hypermarché Leclerc de Capdenac-le-Haut
« Mettre en avant les professionnels des métiers de bouche »
Nicolas Pilon n’a que 34 ans. Son allure juvénile et sportive pourrait faire oublier qu’il a franchi les étapes au pas de charge : titulaire d’un MBA (Master of Business Administration) décroché aux Etats-Unis, son parcours s’inscrit dans l’historique familial : ses parents dirigent l’hypermarché Leclerc de Rodez. Polyglotte, le jeune homme aurait pu tenter une installation à l’étranger : il a préféré s’installer dans le Lot, après avoir fait ses preuves à Perpignan en qualité de chef de rayon, puis de cadre Le sésame, il l’a obtenu en recueillant les cinq parrainages nécessaires pour monter sa propre affaire, comme le veut la règle dans le groupe Leclerc. Créé en 1986 par Gérard Gouet, le supermarché à l’enseigne bleue et rouge a été agrandi une première fois en 1993, passant à 2 500 mètres carrés. « Cela fait quatorze ans que nous attendions un peu plus d’espace et nous avons multiplié les demandes. Nous avons obtenu l’autorisation de la CDEC et nous allons aménager 800 mètres carrés supplémentaires avant l’été », se réjouit Nicolas Pilon, aux commandes du magasin depuis l’an 2000. Depuis son arrivée, il n’a cessé de prendre des initiatives : 25 % du bénéfice est reversé aux salariés, la rénovation du magasin Leclerc du centre de Figeac et la création de l’atelier boulangerie-pâtisserie ont été menées à bien en 2001, l’hypermarché a été remodelé, la certification qualité AFAQ brillamment décrochée en 2004, le centre auto créé la même année, l’espace culturel en 2005 et la distribution de fuel domestique est l’une des innovations de l’année 2007. Au-delà de l’agrandissement programmé, Nicolas Pilon prépare le lancement d’une activité de traiteur, avec des fabrications maison. « Fait sur place, c’est meilleur et moins cher, à condition de trouver de bons professionnels. La certification nous oblige à l’excellence, c’est la barre au-dessus de laquelle nous devons nous maintenir. Nous avons donné l’exemple avec le rayon boucherie, animé par neuf spécialistes qui traitent six bêtes par semaine, toutes en provenance du terroir local, via l’abattoir de Saint-Céré », explique le chef d’entreprise. Par ailleurs, une centaine de fournisseurs locaux livrent leurs produits à l’hypermarché : du cabécou au poulet en passant par les conserves. Totalisant des effectifs de 168 équivalents temps plein sur ses quatre sites, tous mutualisés sous la même enseigne, le Centre Leclerc dessert une zone de chalandise de 60 000 habitants : certains clients viennent de Decazeville, d’autres de Maurs dans le Cantal proche. Il réalise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, incluant le carburant. « La situation est saine, en dépit d’un tassement général dans l’alimentaire. En proposant des produits culturels, qui arrivent en deuxième position du non alimentaire derrière le textile, nous amortissons cette érosion. Les magasins sont en audit permanent : une responsable qualité se met dans la peau du client et traque les points faibles. L’ensemble du personnel joue le jeu », se félicite Nicolas Pilon. Bientôt, vont apparaître les premiers chariots équipés d’un lecteur de code barre : le client, à mesure de ses achats, rentrera le code et appréciera le montant exact de ses courses. « Dans un premier temps, nous réserverons cet accès aux acheteurs les plus fidèles. C’est un gros investissement, qui va accélérer notablement le passage en caisse : les gens n’auront plus qu’à régler le montant. C’est un rapport de confiance à instaurer, mais à l’analyse il s’avère que ce système pousse très peu à la fraude » constate Nicolas Pilon.

Jean-Marie Dizol
Pdg du magasin Intermarché de Prayssac
« Moins de marges pour de meilleurs prix »
Chez Intermarché, le moral est au beau fixe : l’an passé, l’enseigne a été couronnée entreprise n° 1 en France, affirmant la notoriété de son image. « C’est la première fois qu’une société de grande distribution arrive en tête », précise avec le sourire Jean-Marie Dizol. En 1985, cet Agenais, scientifique de haut vol, a épousé le destin des adhérents Intermarché : il est passé devant ses pairs et a vu son projet retenu pour sa pertinence. Au terme des stages obligatoires, le postulant a été reconnu « affectable ». Il a pu alors fonder sa propre entreprise, consacrant toutefois un tiers temps au service du groupement : c’est ainsi que fonctionne Intermarché. Avec sa compagne, il a débarqué en 2003 dans la Basse-Vallée du Lot, de retour dans son pays après un crochet par la Savoie. « Intermarché a désormais digéré l’aventure allemande avec les magasins Spar : ce fut une expérience délicate qui a heureusement pris fin. Notre groupe a bien réagi à la concurrence des hard discounters, en serrant un peu plus encore les prix et en réduisant un peu plus les marges », analyse le Pdg. La carte de fidélité et ses points doublés le jeudi, les avantages du mardi, la gammeTop-Budget et ses 370 produits dans chaque famille de l’alimentaire, le développement des marques propres,l’ouverture du dimanche matin : tout cela a pesé dans la contre-offensive menée contre les enseignes qui jouent les prix bas. Adossés à des structures industrielles de fabrication, les responsables des magasins se sentent réellement soutenus par un groupe solidaire. « Ce printemps, nous passons de 1 200 à 1 600 mètres carrés. Cela ajoutera un confort très appréciable à l’acte d’achat. A Prayssac, la surface ramenée au nombre d’habitants est correcte et permet de bien travailler », estime Jean-Marie Dizol. Ce magasin, qui compte 31 salariés, réalise 10 % de son chiffre d’affaires avec les rayons non alimentaires : c’est plus qu’il y a trois ans. Avec la stationservice, ce chiffre atteint les 9,5 millions d’euros. Le chef d’entreprise n’oublie pas pour autant l’Ecomarché qu’il possède aussi à Puy-l’Evêque. Cette moyenne surface joue un rôle de commerce de proximité important dans cette commune.
Alexandre de Mareuil
Responsable régional d’expansion chez Lidl
« Privilégier desmoyennes surfaces à l’architecture soignée »
L’enseigne allemande a pris pied en France dès 1989, en partant de Strasbourg où elle a installé le siège de sa filiale. Le sigle, présent dans toute l’Europe, orne 1 200 magasins dans l’hexagone. Le concept est simple : favoriser les courses rapides, en moins de vingt minutes. Par défi nition, le nombre de références doit rester limité (moins de mille par magasin) mais le consommateur doit avoir le choix de la meilleure qualité. Ainsi, vous ne trouverez pas de carburant chez Lidl, ni de pain, de vien noiserie, de charcuterie ou de boucherie : aucun produit frais. « Ce choix du 100 % libre-service nous permet de proposer des prix infé rieurs de 30 à 40 % par rapport aux marques comparables. Certaines d’entre elles figurent d’ailleurs dans nos rayons pour que le client puisse comparer les prix. Tous nos sites sont par ailleurs identiques et amé nagés de la même façon, afin de faciliter la circulation des clients », précise Alexandre de Mareuil. Pour ce qui est du non alimentaire, les magasins proposent une forte rotation : chaque lundi et jeudi, denou veaux articles sont proposés. « Cela crée une animation et les prix prati qués sont réellement intéressants », explique Alexandre de Mareuil. Toutefois, les Lidl - deux sites à Cahors, un autre à Gourdon et un quatrième à Gramat - vendent à 80 % de l’alimentation. Quant aux sur faces, elles sont volontairement réduites : le magasin-type fait entre 800 et 900 mètres carrés. Les magasins sont bâtis de façon soignée, en évitant les bardages et en privilégiant les toits pentus. Les extérieurs, les parkings notamment, sont traités en pavés autobloquants. Une formule appliquée partout, puisque la société est totalement intégrée. « Il se crée environ 50 à 60 nouveaux magasins par an en France. Tous les magasins appartiennent à Lidl, le personnel et l’encadrement étant salariés par le groupe. Ils sont environ 34 à tra vailler sur les quatre sites lotois », recense Alexandre de Mareuil.
Le savoir-faire agricoleau service de tous

Le métier des entrepreneurs agricoles a fortement évolué au cours des dernières années et s’est étendu à de nouvelles activités, au-delà des travaux traditionnels de battage. Ils interviennent désormais sur l’ensemble des territoires avec deux nouvelles missions : les travaux forestiers et les travaux ruraux. Explications.

Qui sont les Entrepreneurs des Territoires ? Pour mieux le comprendre, il faut se rappeler les appellations successives de cette profession séculaire. Ce métier est en effet né voilà plus d’un siècle avec pour premier objectif de permettre aux exploitants agricoles de réaliser la moisson dans des conditions moins pénibles et de façon plus efficace et rapide. On parlait alors d’entreprises de « battage à la ferme ». A partir de 1945, ces prestataires de services sont logiquement devenus les premiers promoteurs de la mécanisa tion de l’agriculture et la profession a adopté le terme d’entrepreneur agricole pour se désigner. Dès lors, la montée en puissance du machinisme dans toutes les zones rurales a pris une nouvelle ampleur. Le Lot a emboîté le pas de cette évolution dès les années 50 et, au cours des deux décennies suivantes, la mois-sonneuse-batteuse, notamment, est devenue une composante « naturelle » du paysage quercynois. Naturelle, certes, mais également de plus en plus chère et sophistiquée. Un chiffre suffit pour préciser l’ampleur de l’investissement : il faut aujourd’hui compter de 200 000 à 250 000 euros pour acquérir une moissonneuse-bat teuse de haute qualité. Ces vingt dernières années, les entrepreneurs agricoles ont vu ces investissements croître régulièrement et ont dû se prêter à des exercices financiers de plus en plus complexes pour pérenniser leur activité historique de battage. Ainsi, la plupart d’entre eux a constaté que l’amortissement des machines, traditionnellement réalisé en cinq ans, devait aujourd’hui être étalé sur sept ans, sachant que cette filière agricole fonctionne sans subvention ni aide particulière de l’Etat. Dans le même temps, les entrepreneurs agricoles ont dû s’adapter à la mutation des espaces ruraux, ce qui les a conduit à étendre leur champ d’action à deux nouvelles activités : les travaux forestiers et les travaux ruraux. Concrètement, cette évolution les amène désormais à intervenir au-delà des seules zones agricoles et à assurer des prestations sur l’ensemble des territoires et pour tout type de clientèle, depuis les collectivités jusqu’aux particu liers en passant par les entreprises et les grands fournisseurs d’infrastructures, tels qu’EDF ou la SNCF. Il était donc temps de changer de nom. C’est chose faite depuis 2005 : ce sera désormais « Entrepreneurs des Territoires ». Au-delà de cette diversification, les entrepreneurs des territoires se sont fixés de nouvelles missions, liées au développement durable, à la préservation de l’environnement, à l’entretien du patrimoine naturel ou à la promotion des énergies renouvelables. Par définition, cette profession « nouvelle » réunit des métiers traditionnels, que l’INSEE avait coutume d’identifier avec trois codes NAF (014 A, 014 B et 020 D). Sur cette base, les statistiques estiment que le Lot compte 260 entrepreneurs des territoires, faisant travailler plus de 400 actifs. Encore faut-il noter que cette estimation laisse de côté les entrepreneurs qui ne sont pas recensés sous les trois codes NAF officiels. On peut donc, avec toutes les réserves liées à une approximation, parler de 300 entreprises qui réunissent plus de 500 actifs. Pour mesurer le poids écono mique des Entrepreneurs des Territoires dans le Lot, il suffit de se prêter à une comparaison simple : ils représentent ensemble un nombre d’emplois comparable à celui de la MAEC à Cahors ou du groupe Pivaudran à Souillac et SOLEV à Martel… Et il est entendu que ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreux emplois saisonniers aux quels ont recours ces entrepreneurs durant l’été.
Des prestations innovantes pour de nouveaux besoins
Une des meilleures illustrations du rôle déterminant que joueront les Entrepreneurs des Territoires au cours des années à venir concerne la gestion des terres agricoles. On le sait, c’est dans l’agriculture que la vague massive de départs à la retraite aura l’ampleur la plus forte. C’est dans ce secteur également que les transmissions et les reprises d’activité sont et resteront les moins nombreuses. Pour tous ceux qui souhaitent conserver leur patrimoine agricole sans devenir eux-mêmes exploitants, l’alternative est simple : soit ils placent leurs terres en fermage, sachant que la formule reste rigide et difficilement révocable ; soit ils font appel à un prestataire qui exploitera la terre en leur nom d’un bout à l’autre de la chaîne, depuis le semis jusqu’à la livraison aux organismes stockeurs. En l’occurrence, cette fonction de maintien des terrains agricoles va jouer un rôle déterminant dans le développement des Entrepreneurs des Territoires. De la même manière, la redéfinition des missions des DDE intervenue dans le cadre des lois de décentralisation nécessite une implication croissante de ces TOTAL 260 400 entrepreneurs dans l’entretien des routes, des cours d’eau, des parcs régionaux, des espaces verts et, dans certains cas, dans les aménagements fonciers. Ces deux exemples permettent de mieux apprécier les nouvelles perspectives qui s’ouvrent aux « ex » entrepre neurs agricoles. Pour autant, les défis ne manquent pas. Au-delà de l’importance croissante des investissements qu’ils doivent réaliser pour leur activité histo rique – le battage – les entrepreneurs sont confrontés aux délais d’exploitation très courts de leurs machines : les matériels de battage ont beau coûter 200 000 euros et plus, ils ne sont utilisés que 250 à 300 heures par an. Conséquence de cette durée réduite du battage : les horaires de travail sont d’abord fixés par les caprices du ciel, qui tiennent rarement compte de la trêve du week end… Dans ces conditions, les Entrepreneurs des Territoires sont confrontés à des problèmes de main d’œuvre sans équivalent. Ils doivent par ailleurs consentir de nouveaux investissements pour se mettre en conformité avec une réglemen tation de plus en plus contraignante en matière de circulation, de sécurité et de protection de l’environnement. Pour passer ces obstacles, les Entrepreneurs des Territoires ont décidé de se réunir au sein d’une fédération afin de s’engager ensemble dans une démarche de qualité et de formation. 15 entrepreneurs détiennent d’ores et déjà la certification DAPA (Distributeur et Applicateur de Produits Antiparasitaires). Le syndicat lotois compte aujourd’hui 33 membres. Nul doute qu’ils seront de plus en plus nombreux au fil des mois et des années qui viennent au vu des deux atouts majeurs de la profes sion : le développement est assuré… et l’activité n’est pas délocalisable.
Entreprises de travaux agricoles : des parts de marché impressionnantes
Les parts de marché des entreprises de travaux agricoles au niveau national sont supérieures à 50% pour plusieurs activités majeures, comme les récoltes de céréales à paille (55%), les récoltes de maïs grain(70%) ou les récoltes légumières (90%). Pour les secteurs qui le concernent,le Lot enregistre des chiffres comparables aux moyennes nationales.
Les Entrepreneurs des Territoires dans le Lot
  • Code Naf : 014 A
  • Libellé de l’activité (INSEE) : Services aux cultures productives
  • Entreprises : 110
  • Actifs (estimation) : 150

  • Code Naf : 014 B
  • Libellé de l’activité (INSEE) : Réalisation et création de plantations ornementales
  • Entreprises : 130
  • Actifs (estimation) : 200

  • Code Naf : 020 D
  • Libellé de l’activité (INSEE) : Services forestiers
  • Entreprises : 20
  • Actifs (estimation) : 50

  • TOTAL :
  • Entreprises : 260
  • Actifs (estimation) : 400

Quercy Techniques Vignobles
Au service des viticulteurs
Créé en 2005 à Albas, Quercy Techniques Vignobles a développé un savoir-faire exclusif à l’attention du secteur viticole. Un secteur en pleine restructuration porté par une nouvelle demande de services spécifiques.
Mardi 6 mars, 9h30, le rendez-vous est fixé près d’Albas, dans la vallée du Lot. Aux commandes de son imposante machine, Laurent Dubernard pré-taille ce matin une parcelle de vigne. Chaque année, ce type d’intervention représente quelques 200 heures de travail pour ce jeune entrepreneur des territoires qui a créé son entreprise, Quercy Techniques Vignobles, en 2001, après avoir fait ses premières armes professionnelles dans les grandes entreprises agricoles du Nord de la France et dans le Gers. « Entre 2004 et 2006, j’ai saisi l’opportunité qui m’était offerte de reprendre 25 hectares de vignes en fermage sur la commune, en plus de ma propriété familiale. Je disposais de tout l’équipement nécessaire me permettant de proposer mes services à l’extérieur », explique Laurent Dubernard. Dans les faits, les vendanges représentent la plus grosse part de l’activité de Quercy Techniques Vignobles. « Nous avons ven dangé 200 hectares de vigne en 2006, et nous devrions passer le cap des 300 hectares cette année », indique l’entrepre neur. Au-delà du département, celui-ci intervient également dans l’Héraut, où il travaille en collaboration avec un entrepreneur agricole du Languedoc qui, en retour, le seconde ponctuellement dans le Lot. « Nous pratiquons des échanges de services. Cela nous offre davantage de souplesse et, surtout, nous permet de mieux rentabiliser nos investissements matériels qui sont très lourds. » En l’occurrence, le coût d’une machine « multifonctions » pour effectuer les travaux de pré-taillage, d’application

des traitements et de vendange, oscille autour de 150 000 euros. Pour faire face à l’inflation de la demande, Quercy Techniques Vignobles prévoit d’acquérir une seconde machine de ce type dans le courant de 2007. « Depuis le revirement de conjoncture survenu dans les années 2003-2004, le vignoble lotois est en pleine restructuration et cette situation engendre de nouvelles demandes de prestations spécifiques. Au-delà de notre clientèle historique de petites propriétés, nous côtoyons de plus en plus de clients qui disposent de surfaces plus importantes. Ces derniers souhaitent sous-traiter la maintenance de leurs vignobles, notamment en raison de la difficulté à recruter du personnel spécialisé », commente Laurent Dubernard. L’entrepreneur réalise aujourd’hui tous types de travaux d’entretien sur les vignobles. En particulier, il est agréé par le Ministère de l’Agriculture pour l’application des traitements phytosanitaires, via la certification DAPA (Distributeurs et Applicateurs de Produits Antiparasitaires) garantissant la qualité de ses connaissances et de ses compétences professionnelles dans le domaine. A l’avenir, il souhaiterait proposer à ses clients ses différentes prestations dans le cadre de contrats de services annuels.

« Cela nous permettrait d’optimiser nos plannings d’interventions et de lisser les pics de demande. C’est par ailleurs un excellent moyen de fidéliser sa clientèle », souligne Laurent Dubernard qui nourrit également l’ambition de recruter à terme un technicien spécia lisé, en charge du suivi de l’évolution des besoins des exploitations pour une meilleure qualité du service rendu.

Jean-Claude et Florent Planques
Des champs aux forêts
Créée en 1971, l’entreprise de travaux agricoles de Jean-Claude Planques n’a jamais cessé d’investir dans de nouveaux matériels pour assurer la diversification de ses activités. Au-delà du battage et du stockage de la paille, les travaux forestiers représentent aujourd’hui un tiers de son chiffre d’affaires.
La famille Planques a suivi au plus près les évolutions de l’agriculture dans le département et, plusieurs fois, elle les a anticipé. Dès 1962, l’exploitation était ainsi dotée de sa première moissonneuse-batteuse. Lorsqu’il reprend la ferme familiale en 1969, Jean-Claude Planques constate rapidement que les activités doivent être réorientées : il décide notamment d’abandonner la production laitière et investit dans une nouvelle machine, pour créer une entreprise de travaux agricoles en 1971. L’activité progresse alors rapidement et Jean-Claude Planques parvient à acquérir une seconde moissonneuse-batteuse en 1975. Dès lors, les investissements vont se multiplier et permettre les premières diversifications de l’entreprise : la récolte du maïs, les semis de tournesol, l’élagage, le pressage en balle ronde, puis en balles carrées, ou encore le broyage forestier. Les travaux de moissonnage, qui représentaient le cœur de l’activité à la création de l’entreprise, ne représentent plus aujourd’hui qu’un tiers du chiffre d’affaires, les deux autres tiers étant générés à égalité par le stockage de la paille et par les travaux forestiers. « Nous avons démarré nos activités au début des années 90 grâce à l’acquisi tion des premiers broyeurs, explique Jean-Claude Planques. Nous avons rapidement eu l’opportunité d’intervenir sur des projets importants, comme le débroussaillage du camp militaire de Gramat. Avec une entreprise forestière, nous avons traité près de 150 hectares ». Implantée à l’extrême sud-est du département, à Saux, au-delà de Saint-Matré, à quelques encablures du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne, l’entreprise a élargi son rayon d’action vers les territoires voisins, mais également vers la Dordogne, où elle a pour clients plu sieurs propriétaires de forêts privées. Cette activité forestière conduit également l’entreprise à devenir un acteur du patrimoine naturel. C’est le cas pour ses prestations dans le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy ou encore pour le travail mené à Luzech, où une association pastorale a été créée pour aménager de nouveaux espaces de pâturage aux moutons. A l’heure où il s’apprête à passer le témoin à son fils Florent, âgé de 28 ans, Jean-Claude Planques reste toujours animé par la même passion pour le machinisme : « c’est cette passion qui a permis notre développement et mon premier objectif était de la transmettre à mon fils ». Ce premier pari est gagné. L’entreprise se prépare désormais à finaliser la transmission de l’activité et prépare les développements à venir, ce qui passera probablement par la constitution d’une SARL.

Ce faisant, l’entreprise se conforme aux objectifs définis par la Fédération des Entrepreneurs des Territoires : valoriser le savoir-faire accumulé dans les tra vaux agricoles pour le mettre au service de l’ensemble de l’espace rural.

Claude Bouyssou
Compléter les travaux agricoles en relançant la scierie
Claude Bouyssou fut l’un des premiers entrepreneurs agricoles lotois à investir dans des matériels complexes, tels que les éclateurs à maïs sur récolteuses-hacheuses à maïs Kemper. Il développe aujourd’hui son activité en relançant la scierie familiale
A l’est du département, Claude Bouyssou arpente ses terres pentues en bleu de travail. Il assure des prestations pour la moisson et l’ensilage auprès des exploitants du Ségala lotois et des territoires limitrophes du Cantal et de l’Aveyron. Une activité qui implique de disposer de matériels nombreux et parfaitement entretenus. Il suffit d’ailleurs de parcourir les hangars pour prendre la mesure des investissements réalisés : moissonneuses-batteuses, ensileuses… « J’ai été le premier dans la région à disposer d’un éclateur à maïs monté sur une récolteuse-hâcheuse et à utiliser une moissonneuse-batteuse de type coteaux. J’ai également la possibilité d’en siler les céréales immatures, ce qui se révèle très utile lors des périodes de sécheresse », ajoute Claude Bouyssou. Au-delà des investissements, l’enjeu porte sur l’amortis sement des machines, dans un contexte où le nombre d’exploitations est en diminution. De fait, les engins ne sont utilisés que quatre mois par an en moyenne. Sachant qu’il faut investir environ 150 000 euros pour une récolteuse-hâcheuse, sans compter les coûts annexes liés aux accessoires indispensables, l’exercice financier est com plexe. C’est pourquoi Claude Bouyssou souhaitait relan cer la scierie familiale, délaissée pendant plusieurs années. Le redémarrage de cette activité s’imposait d’au tant plus qu’il dispose de la surface couverte nécessaire et maîtrise parfaitement les techniques pour travailler ce matériau noble : mécanique, hydraulique et affûtage. « Il n’y a pas de scierie de ce côté nord de Figeac. Il n’est pas question de voir les choses en grand et je tiens à privilé gier une qualité optimale pour des applications de menuiserie. J’envisage d’acheter une scie moderne et de recruter deux personnes polyvalentes parmi les saisonniers que j’emploie pour les missions agricoles », précise Claude Bouyssou. Ecologiste de nature, soucieux d’abattre ses arbres dans les règles de l’art et surtout de reboiser en essences variées, l’entrepreneur prend également en charge l’entretien de parcs et de jardins.