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Entreprendre CCI du Lot n°134
Internet haut dÉbit : Comment en finir avec les zones blanches
Il existe pour le moins deux façons d’analyser la situation du haut débit dans le Lot. La première consiste à rappeler le développement extrêmement rapide du nombre d’accès ADSL depuis l’été 2004, date à laquelle le département et France Télécom ont signé une convention « Département innovant ». De ce point de vue, la progression est effectivement remarquable : au 31 décembre 2006, 85‰ des Lotois auront accès à l’ADSL, contre moins de 40 ‰ en 2004. Ce point de vue est logiquement défendu par France Télécom, qui ne manque pas de préciser qu’il aura équipé la totalité des centraux téléphoniques à la fin de cette année et investi un milliard d’euros au niveau national. Le second point de vue est celui des 15 ‰ de Lotois qui n’accèderont toujours pas à l’ADSL en 2007, sachant qu’il est désormais officiel qu’il ne s’agit plus d’une question de temps : ils devront faire appel à d’autres technologies, dites alternatives, pour accéder au haut débit. Par ailleurs, l’importance des zones blanches dans le département apparaît comme l’un des grands enjeux de l’aménagement du territoire pour les collectivités locales et l’Etat, qui ne peuvent laisser 15 ‰ des Lotois sans haut débit alors que la moyenne nationale n’est que de 2 ‰. Dans tous les cas, il apparaît que les zones blanches ne sont pas cantonnées à quelques communes : la quasi-totalité des territoires communaux sont concernés, dans des proportions qui varient de 80 ‰ à moins de 10 ‰. Dans ce contexte, la CCI du Lot a mené depuis le printemps une étude sur les attentes des entreprises en matière de haut débit. Les résultats font tout d’abord apparaître l’exigence légitime des entreprises de bénéficier d’une égalité de traitement et de tarif quelle que soit leur implantation. 80 ‰ des entreprises qui disposent d’un débit égal ou inférieur à 512 Kb/s souhaitent accéder au plus vite à un niveau de performance supérieur. Une demande qui concerne plus de 800 entreprises lotoises. Par contre, leurs attentes vis-à-vis du très haut débit restent mesurées : la grande majorité d’entre elles considère que le « bon » débit est de 1 Mb/s. Ce dossier détaille les résultats de cette enquête et fait le point sur l’avancement réel de l’ADSL et des technologies alternatives.
Forte mobilisation des entreprises et des collectivités
Dans le cadre des Journées de l’Entreprise, la CCI du Lot a organisé le 17 octobre dernier, à Souillac, une réunion d’information sur le thème « Internet haut débit en zone rurale », faisant notamment intervenir France Télécom, le Conseil Général, le Conseil Régional, des collectivités territoriales qui ont mené des projets de technologies alternatives, ainsi que des prestataires régionaux tel qu’Alsatis. Plus de cent entreprises et collectivités ont participé à ce rendez-vous.
Les entreprises lotoises et Internet
Enquête exclusive de la CCI du Lot
L’enquête menée par la CCI du Lot sur le haut débit confirme la forte progression de la part du territoire éligible à l’ADSL. Pour autant, les professionnels constatent que les disparités restent fortes et qu’il est encore impossible de parler d’une généralisation du haut débit. En l’occurrence, les demandes des entreprises lotoises paraissent raisonnables : 1 Mb/s partout ou pour tous.

Enquête par courrier auprès de 1 000 entreprises lotoises de 5 salariés ou plus.

L’enquête menée par la CCI du Lot sur les attentes des entreprises du département en matière de liaisons Internet bouleverse bon nombre d’idées reçues. En premier lieu, la part des entreprises qui a accès au haut débit (ADSL) a augmenté dans des proportions inattendues au cours des derniers mois. D’autre part, la demande pour des accès de très haut débit est moins importante que prévue. Enfin, pour les entreprises implantées dans des « zones blanches » (le Lot est le département de Midi-Pyrénées qui en compte le plus), les solutions alternatives existent, mais se révèlent complexes à gérer. Le Lot apparaît ainsi comme un département rural et informatisé. C’est sans doute le premier enseignement de l’étude menée par la Chambre de Commerce et d’Industrie auprès des entreprises de cinq salariés et plus : 99,5 ‰ des sociétés ayant répondu possèdent au moins un ordinateur. Par ailleurs, 84 ‰ disposent d’au moins un ordinateur connecté à Internet. En ce qui concerne les niveaux de débit accessibles, les satisfecit se font plus rares : 68 ‰ des entreprises sondées n’accèdent qu’à un débit inférieur ou égal à 512 Kb/s. Concrètement, ce débit est insuffisant pour échanger des fichiers dans un cadre professionnel. Quel débit demandent les entreprises lotoises ? C’est assurément cette question qui génère le plus de surprise. En fait, la quasi-totalité des entreprises se satisferait d’un débit de 1 Mb/s et serait comblée avec 2 Mb/s. Cela signifie qu’il « suffirait » que les accès ADSL soient généralisés dans tout le département pour que tout le monde y trouve son compte. Or, le compte n’y est pas pour une raison simple : Orange (auparavant France Télécom) considère qu’il est allé au bout de ce qu’il pouvait réaliser à des coûts supportables. En la matière, l’opérateur rappelle légitimement qu’il est désormais une société privée et que l’Etat ne lui a confié une mission de service public que sur la téléphonie et non sur l’accès à Internet. En d’autres termes, ce n’est pas Orange qui prendra en charge l’équipement des zones dites « blanches ». Dans le Lot, les dites zones blanches concernent environ 15 ‰ des habitants et près d’un tiers du territoire. A leur sujet, le discours d’Orange est désormais plus explicite : il affirme qu’il ne peut pas financer leur disparition et qu’il s’agit désormais d’un dossier lié à l’aménagement du territoire, pour lequel seuls l’Etat et les collectivités territoriales sont compétents. Ce nouveau discours a pour le moins le mérite de la clarté et, de plus, il n’est pas réellement contredit par les attentes exprimées par les entreprises. Ainsi, l’enquête réalisée par la CCI du Lot met en lumière de fortes disparités entre les demandes selon le secteur d’activité, la taille ou le débit actuel auquel accède l’entreprise. Aussi surprenant que cela puisse paraître, à la question « souhaitez-vous accéder à un débit plus important ? », 45 ‰ des entreprises ayant répondu par la négative. Encore faut-il ajouter à celles-ci les 12 ‰ d’entreprises qui sou haiteraient un débit plus important en précisant « plus tard ». Dans les faits, un tiers seulement des entreprises du département demandent à accéder au plus vite à un débit plus important.
L’usage crée le débit, et inversement…
En toute logique, c’est le niveau de débit actuel qui détermine le taux de satisfaction des entreprises. Parmi celles qui disposent d’accès inférieurs à 512 Mb/s, 85 ‰ souhaitent passer à une vitesse supérieure. A l’inverse, seules 39 ‰ de celles qui utilisent des débits supérieurs à 512 Kb/s envisagent d’aller au-delà. Dans le détail, les différences apparaissent de façon encore plus marquées si l’on prend également en compte le métier et l’implantation de l’entreprise. Seules 10 ‰ des entreprises du bâtiment et des travaux publics accèdent à des débits de 512 Kb/s ou plus, contre près de 40 ‰ pour l’industrie ou le commerce. Dans ce contexte, les réponses des entreprises lotoises au sujet du « très haut débit » (100 Mb/s et plus) ne sont par définition pas exploitables. Le nombre d’entreprises qui accèdent, ou qui souhaiteraient accéder, à de tels débit n’est pas représentatif pour l’instant. Autre facteur déterminant : si les entreprises n’expriment pas plus massivement le souhait d’accéder à des débits plus élevés, c’est généralement parce qu’elles méconnaissent les usages qui peuvent en être faits. Dans leur grande majorité, les entreprises interrogées ont donc des demandes a prioritrès raisonnables, qui pourraient être résumées par « un débit de 1 Mb/s pour tous et partout ». Dans la pratique, c’est pourtant l’exigence la plus difficile à satisfaire à court terme. Le résultat de ce statuquo est que les usages d’Internet restent largement cantonnés dans les fonctions de consultation (recherche d’information, consultation des comptes bancaires ou veille technologique et professionnelle). A contrario, les services qui demandent une implication plus forte, comme l’achat ou encore plus la vente, réalise des achats via Internet et les plus réticents sont en l’occurrence les commerçants, principalement par manque de confiance dans la sécurité du système.
Les vitrines sur Internet
60 ‰ des entreprises lotoises ayant répondu ont créé un site Internet et 15 ‰ sont en train d’en créer un. Une proportion qui semble flatteuse mais l’analyse du contenu des sites conduit à modérer l’appréciation. Concrètement, la grande majorité des entreprises ont créé ce que les professionnels des nouvelles technologies appellent des « sites vitrines », c'est à-dire des contenus figés, qui présentent en quelques lignes l’activité de l’entreprise et qui rappellent ses coordonnées. Beaucoup plus rares sont les sites qui permettent de passer des commandes, de réserver ou d’obtenir immédiatement une réponse à une question spécifique. Enfin, quasiment aucun site ne permet aujourd’hui au client de payer en ligne. Là encore, le niveau d’avancement des entreprises dépend largement de leur secteur d’activité et de leur taille. Ainsi, 72‰ des petites entreprises du BTP (de 5à 9 salariés) ne disposent pas de site Internet alors que parmi les entreprises ayant répondu, 90 ‰ des professionnels du tourisme en sont dotés.
Au royaume du jargon
Les professionnels des technologies Internet abusent de sigles et d’acronymes incompréhensibles. Il n’est donc pas inutile de rappeler quelques définitions.

Pour commencer, la traduction de Asymmetric Digital Subscriber Line (ADSL) pourrait être «Réseau de Raccordement Numérique Asymétrique», ce qui n’aide pas davantage à la compréhension. Concrètement, cette technologie permet d’utiliser les fréquences hautes d’une ligne téléphonique, les plus basse étant utilisées pour la voix. Le terme « asymétrique » prend toute sa signification lorsque l’on sait que le débit « descendant » (lorsqu’on navigue sur Internet, par exemple) est de quatre à dix fois supérieur au débit « montant » (qu’on utilise lors de l’envoi d’un fichier). Par ailleurs, l’importance du débit dépend de la distance qui sépare l’abonné du central téléphonique dont il dépend.

Au-delà de deux kilomètres, la déperdition est telle qu’il n’est plus possible de parler de «haut-débit». En l’occurrence, Orange affirme que 90 ‰ des lignes lotoises pourront accéder à l’ADSL à la fin de cette année. Pour les 10 ‰ restant à équiper, il n’existe aucun calendrier et il semble que, plutôt que vers l’ADSL, les entreprises concernées devront se tourner vers les solutions dites alternatives. Parmi elles, on trouve notamment le SDSL (soit le réseau de raccordement numérique symétrique) qui assure le même niveau de débit dans les sens ascendant et descendant, jusqu’à 2 Mb/s, mais qui ne permet pas de téléphoner. Les autres technologies sont le CPL (courant porteur en ligne) qui utilise le réseau électrique et leWiFi, basé sur les ondes hertziennes.
Votre entreprise possède-t-elle au moins un ordinateur connecté à Internet ?
  • Oui : 84 ‰
  • Non : 16 ‰

De quel débit disposez-vous ? (en ‰)

  • < 512 kb/s
    • Commerces : 14
    • Industrie : 16
    • BTP : 20
    • Tourisme : 17
    • Total : 13

  • 512 Kb/s
    • Commerce : 47
    • Industrie : 45
    • BTP : 70
    • Tourisme : 62
    • Total : 55

  • > 512 Kb/s
    • Commerce : 39
    • Industrie : 39
    • BTP : 10
    • Tourisme : 21
    • Total : 32
Souhaitez-vous un débit plus important et, si oui, dans quel laps de temps ? (en ‰)
  • Commerce :
    • Oui, rapidement : 36
    • Oui, plus tard : 25
    • Non : 36
    • Ne sait pas : 3

  • Industrie
    • Oui, rapidement : 36
    • Oui, plus tard : 15
    • Non : 41
    • Ne sait pas : 8

  • BTP
    • Oui, rapidement : 33
    • Oui, plus tard : 24
    • Non : 43
    • Ne sait pas : 0

  • Tourisme
    • Oui, rapidement : 25
    • Oui, plus tard : 8
    • Non : 63
    • Ne sait pas : 4

  • Total
    • Oui, rapidement : 33
    • Oui, plus tard : 18
    • Non : 45
    • Ne sait pas : 4
Quel débit souhaiteriez-vous avoir ?
  • 1 Mb/s : 42‰
  • Plus d'1 Mb/s : 58‰

Votre entreprise utilise-t-elle Internet pour les fonctions suivantes ? (en ‰)

  • Recherches d'informations
    • Commerce : 90
    • Industrie : 90
    • BTP : 90
    • Tourisme : 90
    • Total : 90

  • Services bancaires et financiers
    • Commerces : 70
    • Industrie : 80
    • BTP : 55
    • Tourisme : 70
    • Total : 71

  • Veille professionnelle
    • Commerce : 50
    • Industrie : 65
    • BTP : 40
    • Tourisme : 45
    • Total : 53
  • Services après-vente
    • Commerce : 35
    • Industrie : 40
    • BTP : 35
    • Tourisme : 30
    • Total : 36

  • Achat de logiciels
    • Commerce : 15
    • Industrie : 30
    • BTP : 20
    • Tourisme : 30
    • Total : 24

  • Achats de matières premières ou de fournitures stratégiques
    • Commerce : 20
    • Industrie : 15
    • BTP : 25
    • Tourisme : 40
    • Total : 25
Votre entreprise possède-t-elle son site Internet en propre ? (en ‰)
  • Commerce :
    • Oui : 45
    • En cours : 20
    • Non : 35
  • Industrie :
    • Oui : 60
    • En cours : 5
    • Non : 35
  • BTP :
    • Oui : 40
    • En cours : 0
    • Non : 60
  • Tourisme :
    • Oui : 90
    • En cours : 4
    • Non : 6
  • Total:
    • Oui : 68
    • En cours : 7
    • Non : 25
Votre entreprise a-t-elle recours à des sites spécialisés dans les appels d’offre et fonctionnant comme des places de marché ou des bourses d’affaires ? (en ‰)

  • Commerce :
    • Oui, pour vendre : 22
    • Oui, pour acheter : 11

  • Industrie :
    • Oui, pour vendre : 24
    • Oui, pour acheter : 13

  • BTP :
    • Oui, pour vendre : 33
    • Oui, pour acheter : 28

  • Tourisme :
    • Oui, pour vendre : 48
    • Oui, pour acheter : 36

  • Total :
    • Oui, pour vendre : 30
    • Oui, pour acheter : 20
Haut dÉbit
Une généralisation incomplète
Ces cinq dernières années, plus de 10 millions de foyers français ont pu accéder à l’ADSL et la France est désormais l’un des trois pays les mieux équipés d’Europe. Si le Lot a, lui aussi, bénéficié du développement accéléré de l’Internet haut débit, le département doit faire appel aux technologies alternatives pour équiper ses nombreuses zones blanches.

D’un point de vue statistique, le Lot fait figure de parent pauvre en ce qui concerne l’accès à l’ADSL. Le département est ainsi le moins bien pourvu de la région Midi-Pyrénées, laquelle est elle-même loin d’atteindre le niveau d’équipement de la plupart des autres régions de France. Deux chiffres permettent de prendre la mesure de l’écart qui sépare le Lot de la moyenne nationale. Selon l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP), 2 ‰ de la population française demeurera en zone blanche (absence totale d’accès au haut débit) ou grise (débit inférieur à 512 Kb/s) après le 31 décembre 2006. Dans le Lot, cette pro portion atteindra 15 ‰, une fois que la totalité des 126 centraux téléphoniques auront été équipés (16 l’auront été au cours du dernier trimestre de cette année).

Pour toute personne non spécialiste, la première question qui s’impose est : pourquoi tant de Lotois n’auront-ils toujours pas accès à l’ADSL alors que 100 ‰ des centraux téléphoniques seront équipés ? Deux problèmes expliquent qu’une telle proportion de Lotois soit exclue du haut débit. La première est liée à un habitat très dispersé sur la plupart des territoires communaux, sachant que le signal ADSL commence à faiblir dès que la distance entre le central et l’abonné dépasse trois kilomètres et qu’il disparaît quasiment au-delà de cinq kilomètres.

La seconde est que France Télécom a dû installer de nombreux équipements en renfort des centraux (tels que les multiplexeurs ou les concentrateurs) pour assurer complètement sa mission de service public, dite « service universel », sur les com munications téléphoniques. Or, ces équipements sont incompatibles avec la technologie ADSL, sauf à engager des investissements lourds.

Concrètement, cela signifie qu’aucune commune ne sera complètement à l’écart de l’ADSL mais que, pour chacune d’entre elles, la part du territoire couverte par l’ADSL varie de moins de 10 ‰ jusqu’à 80 ‰ et plus. A titre d’exemple, il est désormais officiel que 70 mairies lotoises, sur 340, seront toujours dans des zones blanches ou grises l’an prochain, tout simplement parce qu’elles ne sont pas situées sur la partie « éligible » de la commune.

Face à ce constat général, les différents intervenants en charge de l’ADSL font tous valoir des analyses divergentes et cherchent à redéfinir leur rôle. Ainsi, France Télécom propose sa propre définition de ce qu’est une zone blanche : un territoire où moins de 50 ‰ de la population n’est pas éligible à l’ADSL. Selon ce critère, seules 70 communes du département se trouvent dans une zone blanche. De son côté, le Conseil Régional estime que la zone est blanche dès lors que moins de 80 ‰ des habitants n’accèdent pas au haut débit, ce qui porte le nombre de zones blanches à 125, sur 340.

Qui sont les « exclus » de l’ADSL ?
26 800 Lotois ne peuvent pas accéder à l’ADSL. Contrairement à l’idée communément admise, près de 40 ‰ d’entre eux vivent dans des communes réputées éligibles au haut débit, notamment dans les agglomérations les plus importantes du département. Ainsi, les 215 communes dont le territoire est couvert à plus de 80 ‰ génèrent à elles seules 10 400 personnes « inéligibles », tandis que les 50 communes dont le taux de couverture ADSL est inférieur à 20 ‰ ne réunissent que 8 400 habitants. En théorie, la quasi totalité des communes lotoises disposent ainsi d’au moins un accès ADSL (l’étendue de la couverture avoisinerait donc 100 ‰). Dans la pratique, 85 ‰ des Lotois seront éligibles à l’ADSL (profondeur de la couverture).
‰ du territoire couvert par l’ADSL
  • moins de 20‰ :
    • nombre de communes concernées : 50
    • estimation du nombre de personnes sans accès ADSL : 8 400

  • de 20‰ à 50‰ :
    • nombre de communes concernées : 20
    • estimation du nombre de personnes sans accès ADSL : 2 600
  • de 50‰ à 80‰ :
    • nombre de communes concernées : 55
    • estimation du nombre de personnes sans accès ADSL : 5 400

  • plus de 80‰ :
    • nombre de communes concernées : 215
    • estimation du nombre de personnes sans accès ADSL : 10 400
En elles-mêmes, ces différences d’appréciation ne présentent pas un intérêt flagrant pour les entreprises. Dans les faits, elles illustrent pourtant les évolutions des rôles entre les opérateurs télécoms, les collectivités territoriales, l’Etat et les instances européennes. En d’autres termes, elles permettent aux entreprises de mieux identifier les interlocuteurs auxquels elles doivent s’adresser lorsqu’elles demandent un débit plus important. En la matière, le discours de France Télécom est devenu beaucoup plus clair, comme l’atteste l’interview reproduite en page 10: l’opérateur respectera son engagement d’adapter tous les centraux téléphoniques à l’ADSL, mais il n’ira pas plus loin. Quelles sont ses raisons ? D’une part, l’opérateur explique à juste titre qu’il est désormais une entreprise privée et que sa mission de service public concerne la téléphonie et non l’ADSL. D’autre part, il n’a plus le droit de percevoir des subventions publiques et investir lui-même pour compléter la couverture ADSL l’amènerait à financer des infrastructures qui pourront profiter gratuitement à ses nouveaux concurrents. L’accès au haut débit dépend donc désormais du talent et de l’entregent des collectivités territoriales pour monter des projets alternatifs et obtenir des financements auprès de l’Etat ou de l’Europe. En matière de solutions alternatives, ni la région Midi-Pyrénées ni le département du Lot ne sont novices. Concrètement, la plupart des « plans B » ont été expérimentés. L’expérience a en l’occurrence montré que la pertinence technologique des différentes solutions était une condition nécessaire, mais pas suffisante. Encore faut-il que chaque technologie demande des investissements supportables pour l’opérateur, pour l’Etat, pour les collectivités, pour les abonnés et, dans tous les cas, pour le contribuable. Sur la base de cette grille de lecture, la prometteuse technologie du courant porteur en ligne (CPL), censée utiliser le réseau électrique pour généraliser le haut débit, paraît inadaptée. Les investissements se sont révélés trop importants pour les différents intervenants (depuis l’Etat jusqu’à EDF, en passant par France Télécom). A titre d’exemple, le projet WiFi mené à Sauliac-sur-Célé a coûté 45 000 euros quand une solution comparable en CPL aurait représenté un investissement d’environ 150 000 euros, notamment parce que l’adaptation de chaque transformateur nécessite près de 5 000 euros. Pour les particuliers, la solution qui semble la plus viable est la technologie WiFi, désormais proposée aussi bien par France Télécom que par des sociétés régionales. En ce qui concerne les entreprises, l’option désormais mise en avant par France Télécom est le SDSL, qui est assurément la plus performante avec des débits de 2 Mb/s mais également la plus chère, avec un abonnement de 377 euros par mois.
Débits et transmissions
L’importance du débit conditionne notamment le temps nécessaire pour envoyer des données. Voici, à titre d’exemple, quelques simulations concernant l’envoi de textes, de photographies, de musiques et de vidéos.
  • Texte
    • volume : 200 Ko
    • 56 Kb/s : 4 secondes
    • 51 2Kb/s : 4 secondes
    • 2 Mb/s : 1 seconde
    • 32 Mb/s : 0,06 seconde

  • Photo
    • volume : 300 Ko
    • 56 Kb/s : 2 minutes
    • 51 2Kb/s : 8 secondes
    • 2 Mb/s : 2 secondes
    • 32 Mb/s : 0,12 seconde
  • Musique (3 minutes)
    • volume : 3 Mo
    • 56 Kb/s : 10 minutes
    • 51 2Kb/s : 1 minute
    • 2 Mb/s : 15 secondes
    • 32 Mb/s : 1 seconde

  • Vidéo (3 minutes)
    • volume : 50 Mo
    • 56 Kb/s : 2 h 45
    • 51 2Kb/s : 17 minutes
    • 2 Mb/s : 4 minutes
    • 32 Mb/s : 16 secondes
Entretien avec Annie Algranti
Directrice des relations avec les collectivités locales, France Télécom - Direction Régionale Midi-Pyrénées.

« Les entreprises demandent le bon débit pour elles, qui n’est pas nécessairement du très haut débit »

Pourquoi tant de zones blanches subsisteront-elles dans le Lot ? Quelles sont les technologies alternatives les plus pérennes ? Où en sont les expériences d’Internet à très haut débit ? Les réponses de France Télécom.

Entreprendre : Quel est l’état d’avancement du haut débit dans le Lot ?

Annie Algranti : Rappelons tout d’abord que France Télécom aura investi plus d’un milliard d’euros au niveau national pour étendre l’accès au haut débit et que la France est le pays européen qui bénéficie des tarifs les plus bas, qu’il s’agisse de l’Internet Haut Débit, de la téléphonie fixe ou de la téléphonie mobile. 11 millions de foyers français sont aujourd’hui raccordés à Internet Haut Débit, et ce via l’ADSL dans plus de 95 ‰ des cas. Quoi qu’il en soit, conformément à nos engagements, le 31 décembre 2006, tous les centraux téléphoniques du Lot auront été équipés pour l’ADSL, ce qui portera le taux de couverture à 90 ‰ des lignes pour les débits égaux au minimum à 512 Kb/s et à 80 ‰ pour les débits d’au moins 1 Mb/s. Ces investissements ont été intégralement pris en charge par France Télécom.

Entreprendre : Pourquoi France Télécom ne garantit-elle pas l’accès à l’ADSL pour la totalité des lignes ?

Annie Algranti : France Télécom est allée très loin, aussi loin que le permettait la technologie ADSL, et même au-delà, en faisant évoluer le réseau avec le re-adsl notamment. Mais une couverture à 100 ‰ avec une seule technologie aussi fiable et pérenne soit-elle, n’est pas réaliste. Ainsi, les 10 ‰ de lignes non éligibles sont celles qui sont trop éloignées des centraux téléphoniques et celles qui sont raccordées derrière des multiplexeurs ou des concentrateurs incompatibles avec la technologie ADSL. L’ARCEP qui a bien compris ce contexte, vient d’attribuer à deux opérateurs sur la région Midi-Pyrénées, une licence WiMax. Cette attribution comporte pour ces derniers, l’obligation de couvrir des zones d’ombre.

Entreprendre : Les communes comme les entreprises situées sur des territoires non couverts vivent légitimement cette situation comme une injustice. Comment expliquer que France Télécom se retire de ces zones blanches ?

Annie Algranti : Ainsi que je vous le disais, nous avons fait le maximum en ADSL. Sur les zones d’ombre, nous avons des offres et nous menons des expérimentations fondées sur la plupart des technologies alternatives, depuis les solutions WiFi immédiatement déployables, jusqu’au courant porteur en ligne, sans oublier le recours au SDSL pour les entreprises. Nous savons proposer des solutions adaptées à la totalité du territoire lotois.

Entreprendre : Quels sont les engagements de France Télécom vis-à-vis de ces différentes technologies alternatives ?

Annie Algranti : France Télécom propose aujourd’hui aux collectivités, pour les besoins du grand public, une solution dédiée aux zones d’ombres basée sur la technologie WiFi, le Pack Surf WiFi, et conduit notamment une expérimentation avec le Courant Porteur en Ligne en Dordogne.

Entreprendre : Quelles sont les actions menées pour satisfaire les besoins des entreprises ?

Annie Algranti : France Télécom aura investi 8,5 millions d’euros en 2005 et 2006 dans le Lot. Les entreprises ont naturellement bénéficié dans une large mesure de ces investissements, notamment via le plan « très haut débit » destiné aux zones d’activités économiques. En l’occurrence, l’engagement de France Télécom était clair : proposer le très haut débit dans 2 000 Zones d’Activité Economiques d’ici la fin 2008. En ce qui concerne le Lot, la zone du Sycala a été équipée dès l’été 2005. Il est possible d’avoir du 100 Mb/s sur cette zone à des tarifs identiques à ceux pratiqués à Toulouse ou à Paris la Défense. Des projets d’équipement d’autres zones du département sont par ailleurs en cours de finalisation.

Dans tous les cas, ces premières expériences nous amènent à constater un décalage entre ces offres et les besoins réels des entreprises. Concrètement, nous n’avons pas de client à ce jour dans le département du Lot, pour des accès très haut débit à 100 Mb/s. Il n’est pas pertinent de vouloir absolument proposer du « très haut » débit. Mieux vaut savoir proposer le bon débit au bon moment et s’engager à accompagner l’évolution des besoins. Pour les entreprises situées hors zone d’éligibilité, la solution privilégiée est désormais le SDSL. France Télécom a en effet pris l’engagement, en décembre 2005, de rendre cette technologie accessible partout en France. Il n’existe donc aucune limite liée à l’isolement ou à la topographie des lieux. Par ailleurs, le SDSL garanti un débit égal pour la réception et l’émission de données, jusqu’à 2 Mb/s. En la matière, il est important de rappeler que les abonnés au SDSL paient tous le même prix, qu’ils se trouvent dans une zone éligible ou non.
Zone blanche
La réponse de Sauliac-sur-Célé
Ces cinq dernières années, plus de 10 millions de foyers français ont pu accéder à l’ADSL et la France est désormais l’un des trois pays les mieux équipés d’Europe. Si le Lot a, lui aussi, bénéfi cié du développement accéléré de l’Internet haut débit, le département doit faire appel aux tech nologies alternatives pour équiper ses nombreuses zones blanches.
Vis-à-vis de l’Internet à haut débit, ce village de la vallée du Célé semble cumuler tous les handicaps : une centaine d’habitants seulement, une topographie dominée par des falaises et une distance de 18 kilomètres du central téléphonique le plus proche. Le Maire de Sauliac, René Magné, avait d’abord eu l’idée de se rapprocher des communes voisines de Marcilhac et Saint-Sulpice, qui connaissaient les mêmes difficultés. Avant que le projet ait pu voir le jour, les deux communes ont finalement pu bénéficier de l’ADSL. « Pour nous, la situation devenait très claire : fin 2005, France Télécom nous a informé que nous n’aurions jamais accès à l’internet haut débit par ADSL. Or, nous ne voulions pas priver la population de ce service essentiel. Après une phase d’études, largement financées par la région Midi-Pyrénées, nous avons finalement créé le premier réseau WiFi du département », explique René Magné. L’Arcep, autorité de régulation des communications électroniques, a donné son aval au projet. Parallèlement, une enquête avait fait ressortir les besoins et attentes : une vingtaine de foyers exprimaient leur souhait de pouvoir doper leur ordinateur. Suite à l’appel d’offre, deux réponses arrivaient en mairie : celles de France Télécom et d’une petite société toulousaine, Als@tis. Cette dernière a remporté le marché et aujourd’hui, 90 ‰ du territoire communal est couvert. « L’ADSL arrive jusqu’à la mairie, qui est équipée d’une antenne. Ensuite, le signal passe par ondes hertziennes et arrose la commune. Grâce à un accord, un pylône TdF a pu être utilisé comme support du relais Wi-Fi : il s’agit de la première convention de ce type en France », souligne l’élu.

Du fait de la topographie difficile, deux autres relais ont été nécessaires : l’un, placé chez un particulier, irrigue un camping naturiste. Un autre côté sud, alimenté par des panneaux solaires, est fixé sur un poteau en bois. Depuis septembre dernier, le réseau exploité par Als@tis fonctionne parfaitement en 1024 kilo bytes. La minoterie Grépon, implantée au bord du Célé, est la seule activité professionnelle à disposer de l’équipement à ce jour. « Mais nous ne désespérons pas d’attirer des télétravailleurs chez nous.

Nous comptons 22 abonnés, et nous devrions passer rapidement à une quarantaine », recense le Maire de Sauliac. L’opération, d’un coût de 45000 euros, a été financée à 80 ‰ grâce à des fonds régionaux et européens. En l’occurrence, dans le cadre du programme « Zones Blanches », le Conseil Régional finance 60 ‰ de l’investissement (aide plafonnée à 15 000 euros) et 30 ‰ des coûts de fonctionnement (aide plafonnée à 1 000 euros par an pendant trois ans).

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M.Marrot :05 34 31 93 87