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Entreprendre CCI du Lot n°133

Inondations le coÛt du risque

Voir les biens et les personnes mis en périlpar un phénomène naturel mal maîtrisé n’est pas supportable. C’est particulièrement vrai dans le Lot,où près de huit communes sur dix sont exposées au risque d’inondation, soit 287 sur 360. De fait, l’enjeu concerne l’ensemble de l’économie lotoise, depuis les entreprises jusqu’aux administrations et aux collectivités, en passant par les particuliers. Au-delà des règlementations, parfois contestées du fait des contraintes potentiellement lourdes qu’elles imposent, les Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) ont plusieurs mérites : définir et identifier les zones sensibles, évaluer avec lucidité le risque d’inondation, anticiper les mesures à prendre pour éviter des catastrophes préjudiciables à tous les riverains. Par deux fois au cours de la dernière décennie, le département a pu mesurer l’ampleur du risque. De nombreux chefs d’entreprises de l’entrée sud de Cahors gardent ainsi le triste souvenir de la crue ravageuse du Bartassec en janvier 1996, et chacun a encore en mémoire les magazines/133/images d’un Lot et d’un Célé gonflés par des précipitations démesurées, en décembre 2003. Dans Entreprendre n° 117,nous revenions sur cet épisode climatique au cours duquel une quarantaine d’entreprises riveraines du Lot et du Célé avaient été sinistrées. Les installations hôtelières et touristiques, en particulier, avaient payé un lourd tribut aux inondations. Par ailleurs, quelques commerces ou entreprises industrielles n’avaient pas échappé à la crue : l’atelier de mécanique Bourrel à Bagnac-sur-Célé,la distillerie Lafarguette à Castelfranc, les établissements Reutenaueur, Titard Automobiles, l’Union laitière du Quercy, l’hôtel-restaurant La Chartreuse à Cahors annonçaient des dégâts importants. La facture globale étant elle, estimée à environ 3,5 millions d’euros. Certes, l’Etat était alors intervenu pour atténuer le choc, grâce à un dispositif d’aide exceptionnelle en faveur des entreprises touchées dans leurs installations, leurs stocks ou en terme de perte d’exploitation. Mais audelà, les pouvoirs publics se devaient de réagir en accélérant le dispositif particulier dénommé PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondations), chapitre essentiel désormais intégré au Plan de Prévention des Risques Naturels. En quoi consiste concrètement le PPRI ? Quel est son impact sur le développement économique ? Vers qui les entreprises doivent-elles se tourner pour obtenir de l’aide et des conseils ? Ce dossier propose un point complet sur les enjeux des risques d’inondation.
Le Lot a ses risques et périls
Le PPRI est l’outil dont s’est doté l’Etat en 1995 par le biais de la loi Barnier, renforçant la protection de l’environnement. Plus précisément, il s’agit d’un dispositif destiné à préserver les vies humaines et à réduire les coûts des dommages causés par une inondation.
Le PPRI a quatre finalités principales :
• établir une cartographie aussi précise que possible des zones à risque,
• maîtriser l’urbanisation en interdisant les implantations humaines dans les zones les plus dangereuses,
• réduire la vulnérabilité des installations existantes,
• préserver les capacités d’écoulement et d’expansion des crues. Les éléments composant un PPRI sont donc : le rapport de présentation, le document cartographique délimitant les zones réglementées et le règlement fixant les règles applicables dans ces zones délimitées. Le PPRI est établi par le Préfet du département et, sous son autorité, par la DDE. Bien sûr, les élus des villes concernées et leur service de l’urbanisme participent à son élaboration. Une étude est d’abord réalisée afin de déterminer à travers l’histoire, les hauteurs de référence sur différents points des communes. Ensuite, une phase de concertation est entamée avec les municipalités dans le but d’affiner la carte des aléas. Suite à cette étape, une carte des enjeux prend en compte l’état de l’urbanisation existante et ses développements envisageables. Du croisement des aléas et des enjeux, apparaît un plan de zonage qui précède la rédaction du règlement. Lorsque le PPRI a été élaboré sur l’ensemble du bassin concerné, le projet est soumis à l’avis des conseils municipaux puis à une enquête publique. Modifié ou non, il est approuvé et devient effectif et opposable aux tiers. Le préfet et le maire se partagent la responsabilité d’informer les populations : il revient au représentant de l’Etat d’établir un Dossier départemental des risques majeurs (DDRM) listant les communes placées sous la menace. Il recense les risques identifiés, leurs conséquences prévisibles sur les personnes et les biens, les mesures de protection limitant les
effets, les dispositifs de surveillance et d’alerte. l appartient au premier magistrat, destinataire d’un Dossier communal synthétique (DCS), de relayer l’information par le biais d’un Document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), librement consultable par les résidents, particuliers ou entreprises. Le PPRI se fixe pour première exigence de réduire les risques par des règles relatives à l’occupation des sols et à la construction des futurs biens. Mais il émet aussi des prescriptions applicables aux biens existants. Les servitudes d’utilité publique qu’il contient sont intégrées dans le Plan local d’urbanisme (PLU) auquel toute demande de construction doit être conforme : celles ci peuvent être interdites, limitées à certaines catégories de biens, ou assujetties à l’emploi de matériaux résistant à une immersion prolongée. Dans certaines zones, les activités peuvent être autorisées à condition de prendre les dispositions nécessaires pour supporter une submersion prolongée. Les entreprises, notamment, doivent respecter quelques impératifs particuliers :
• protéger les stockages, surtout des produits polluants,
• déclarer ces derniers ainsi que les mesures de protection mises en place auprès des assureurs,
• surélever les équipements électriques, les citernes,
• isoler les réseaux, les compteurs, les ascenseurs. Quant aux ICPE (Installations classées pour la protection de l’environnement), certaines peuvent être interdites en fonction de leur nature, ou limitées aux extensions. Les mesures de protection exigées doivent être concrétisées dans un délai de cinq ans, à compter de la date d’entrée en vigueur du PPRI.
Le dispositif d’annonce des crues
Deux services d’annonce des crues (SAC), hébergés par les Directions Départementales de l’Equipement, se partagent le territoire lotois : celui de Montauban pour le bassin du Lot-Célé et celui de Périgueux pour la Dordogne, la Cère et le Céou. En janvier 2005, le Préfet du Lot a diffusé un règlement d’annonce des crues propre au département. Il prescrit les dispositions selon lesquelles seront transmis les avis relatifs aux crues. Trois stades d’évolution ont été envisagés :
• La mise en état de vigilance : tout ou partie du service est mobilisé.
• La mise en état de pré-alerte : quand le niveau d’eau atteint des seuils définis, le Préfet met en pré-alerte les services concernés.
• La mise en état d’alerte : le Préfet met en alerte les services concernés et les maires des communes affectées par la montée des eaux. Ces derniers sont, depuis peu, informés par le serveur d’alerte de la préfecture. A Cahors, la cote de vigilance est fixée à 3 mètres, la pré-alerte à 3,30 m, l’alerte à 3,50 m. A Figeac, la vigilance est déclenchée à 0,60 m, la pré-alerte à 0,70 m, l’alerte à 0,80 m.
Les plans de secours, l’information préventive
Les communes concernées par un PPRI doivent établir un Plan communal de sauvegarde : son objectif est d’organiser la mise en alerte et l’information des personnes en matière de secours et d’accompagnement des populations. Fin 2004, la commune de Cahors a établi un Plan communal d’organisation des secours pour les risques majeurs (verglas, neige, inondations). Par ailleurs, la Communauté de Communes du Pays de Cahors s’est dotée d’un système d’alerte ciblé sur une zone : il permet de prévenir très vite, par différents moyens adaptés (téléphone, e-mail, fax, SMS ou autre), les résidents de tout risque imminent.
Les règles du zonage :les cas de Labéraudie et du Bartassec
Le zonage réglementaire résulte de la délimitation des niveaux d’aléas et des objectifs de gestion des zones inondables. Plusieurs types de zones ont ainsi été définis :
• La zone verte est réservée à l’expansion des crues, qu’il s’agisse des zones d’aléa fort ou faible. Elle est en général très peu urbanisée, l’activité agricole y est dominante.
• La zone orange est équipée et urbanisée. Pour la crue de référence, les hauteurs de submersion sont supérieures à un mètre d’eau ou les vitesses de courant supérieures à 0,50 m/s (aléa fort). Elle comprend deux sous-zones, O1 et O2.
- O1 est une zone urbanisée de façon dense où, compte tenu de la continuité du bâti et de la mixité des usages entre logements, commerces et services, il est admis d’aménager les constructions existantes moyennant certaines prescriptions.
- O2 est une zone équipée, où compte tenu des enjeux urbanistiques et économiques, des opérations de constructions nouvelles pour des usages particuliers et dans des conditions d’aménagement précises, pourront être admises.
• La zone bleue est déjà urbanisée. Pour la crue de référence, les hauteurs de submersion sont inférieures ou égales à un mètre d’eau et les vitesses de courant sont inférieures ou égales à 0,50 m/s (zone d’aléa faible). Il est possible, à l’aide de prescriptions, de préserver les biens et les personnes.
• La zone rouge comprend la totalité des zones submersibles des petits bassins versants à régime torrentiel où les pentes fortes et l’absence de plaine d’expansion contribuent à considérer ces zones comme soumises à aléa fort.
Quels risques d’inondation dans le Lot ?
De nombreux cours d’eau parcourent le département. De façon variable, ils peuvent provoquer des inondations plus ou moins graves. La situation justifie le fait que 287 communes sur 360 peuvent être concernées par ces aléas : seuls les causses de Gramat et de Limogne sont à l’abri de ces phénomènes. Rappel des principales rivières « à risque ».
• Le Lot et ses affluents le Célé et le Vers.
• La Dordogne et ses affluents : la Cère, la Bave, la Sourdoire, la Tourmente,
l’Ouysse, la Borrèze, le Céou.
• Le Frances et l’Alzou qui se perdent dans les causses.
• Les affluents de la Garonne : la Barguelonne, la Lupte et le Lendou.
Lot et Célé
Le bassin versant du Lot couvre 11 400 km2, dont un tiers est situé dans le Massif Central avec la possibilité de crues de type Cévenol. Les crues du Lot se produisent essentiellement de novembre à mars mais les crues de fin de printemps existent (crues « des cerises »). Le Lot est peu sensible aux
pluies orageuses sauf dans sa partie amont (Lozère). On observe régulièrement sur chaque crue une montée de 10 à 20 centimètres par heure à Cahors. La dernière crue se situait
dans cette moyenne. Le bassin versant du Célé n’est que de 600 km2 à Figeac. Du fait de sa taille réduite et de sa forme circulaire, il est sensible aux précipitations orageuses, avec des vitesses de montée plus forte que sur le Lot, pouvant atteindre plus de 50 cm par heure. Les crues se produisent essentiellement de novembre à mai, mais on constate quelques crues en juin et septembre.
• Les plus hautes eaux mesurées :
  • sur le Lot à Cahors :
    • Janv. 1728 : 9,94 m
    • Mars 1783 : 10,03 m
    • Fév. 1823 : 9,17 m
    • Janv. 1994 : 5,30 m
    • Déc. 2003 : 7,21 m
  • sur le Célé à Figeac :
    • Sept. 1843 : 4,65 m
    • Déc. 1906 : 4,30 m
    • Janv. 1912 : 3,95 m
    • Janv. 1994 : 2,89 m
    • Déc. 2003 : 3,61 m
Dordogne, Cère et Bave
La vallée de la Dordogne lotoise est une longue vallée alluviale à large plaine inondable, longue de 57 km de Beaulieu à Souillac. Elle traverse les causses du Quercy avant son entrée en Périgord. Les crues se concentrent pendant la saison froide (de novembre à mai), avec une diminution des crues estivales depuis la mise en service des grands barrages. Les crues sont rapides et peuvent atteindre une grande puissance. La plupart des crues de la Cère ont lieu durant la saison froide (décembre, janvier, février) et les quinze plus fortes crues se sont produites entre novembre et mars Cependant des crues supérieures à 2,50 m à Bretenoux (cote de submersion grave) sont parfois constatées entre avril et juillet. Les crues moyennes de la Bave à Saint-Céré (supérieures à 1,70 m) sont étalées sur toute l’année avec de fortes eaux de printemps et d’été.

• Les plus hautes eaux mesurées :
sur la Dordogne à Souillac :
Déc. 1944 : 6,60 m
Déc. 1952 : 6,30 m
Janv. 1962 : 5,80 m
Janv. 1982 : 5,45 m
Fév. 1990 : 4,85 m
Janv. 1994 : 4,68 m
sur la Cère à Bretenoux :
Mars 1912 : 3,12 m

Janv. 1915 : 3,02 m
Déc. 1940 : 3,00 m
Déc. 1982 : 2,32 m
Déc. 1993 : 1,97 m
Nov. 2000 : 1,36 m
sur la Bave à Saint-Céré :
Oct. 1960 : 4,04 m
Juill. 1982 : 3,00 m
Mai 1983 : 2,32 m
Mai 1994 : 2,30 m

Céou-Bléou, Barguelonne
Les crues du Céou se concentrent lors de la saison froide, avec une quasiabsence durant les mois d’été. Les deux crues historiques sont celles d’octobre 1960 et de janvier 1996.Le bassin versant de la Petite Barguelonne est de 70 km2. La violence de la crue du 10 janvier 1996, comparable à celle d’octobre 1960, a été provoquée par une averse d’intensité et de durée exceptionnelles, exactement sur le bassin, avec 100 mm d’eau mesurés le 9 janvier à Montcuq.
Un impératif majeur : la maîtrise de l’urbanisme
Dans les zones définies comme sensibles par rapport au risque d’inondation, il s’agit de préserver les champs d’inondation de tout aménagement : ne pas remblayer les zones d’expansion des crues, et surtout ne pas construire dans ces zones. Il fallait donc soumettre ces zones, identifiées comme très exposées, à un règlement spécifique. D’où la création des PPRI dont voici le point précis à ce jour :
• PPRI bassin de Cahors, approuvé le 12 janvier 2004 (concerne six communes).
• PPRI Célé amont, approuvé le 20 janvier 2003 (neuf communes).
• PPRI Dordogne amont, prescrit le 26 juillet 1999 (21 communes).
• PPRI Dordogne aval, prescrit le 25 avril 2003 (23 communes).
• PPRI Lot aval/Vert et Masse, prescrit le 10 juillet 2003 (28 communes).
• PPRI Lot moyen/Célé aval, prescrit le 20 octobre 2004, modifié (21 communes).
• PPRI Petite Barguelonne, prescrit le 29 octobre 2004 (5 communes). Des études préalables à l’établissement du PPRI sont par ailleurs en cours pour :
• PPRI Lot amont (18 communes Lot et Aveyron).
• PPRI Céou-Bléou (22 communes). En l’absence de PPRI, la maîtrise de l’urbanisme dans une zone à risque est assurée par l’application de l’article R111-2 du Code de l’urbanisme : il permet de contrôler l’urbanisation si les projets sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique.
État, collectivitÉs et entreprises : les nouvelles synergies
Une bonne gestion des risques d’inondation passe une forte collaboration entre les différents intervenants. Entreprendre a recueilli les témoignages de la Communauté de Communes du Pays de Cahors, de la Mairie de Figeac, de la Direction Départementale de l’Equipement du Lot, de responsables de magasins et de porteurs de projets.
Marc Vignères, directeur du pôle Urbanisme et Développement de la Communauté de Communes du Pays de Cahors :
« Le conseil aux entreprises est déterminant »
Selon Marc Vignères, il faut clairement distinguer deux types de risques : les crues torrentielles et les
crues de plaines. « Les premières sont rapides, imprévisibles, aléatoires. En pays de Cahors, elles touchent essentiellement le Bartassec et les combes qui l’alimentent : là, les restrictions au développement sont draconiennes. Quant aux secondes, elles concernent le Lot, peuvent être importantes mais leur lenteur permet d’anticiper. L’Etat y ouvre des possibilités de construction, mais elles sont assorties de prescriptions lourdes », explique le directeur du service Urbanisme. Des événements récents ont rafraîchi la mémoire des candidats au développement : la crue destructrice de 1996, transformant le paisible Bartassec en torrent, a fait prendre conscience des périls liés aux
intempéries. La sécurité publique étant placée sous la compétence du maire, la Ville comme la Communauté se doivent de prendre en compte ces réalités. « Le PPRI est une servitude d’utilité publique, son règlement est annexé au document d’urbanisme : il s’impose au PLU », rappelle Marc Vignères. Dans ses missions, la Communauté de Communes du Pays de Cahors est chargée de l’entretien des berges du Lot, afin d’améliorer le libre écoulement des eaux. Par ailleurs, elle doit favoriser le développement économique : c’est dans ce cadre qu’elle va prochainement urbaniser la ZAC de Labéraudie afin que des entreprises commerciales puissent s’installer, face au magasin Conforama. « Avec la contrainte de bâtir sur pilotis, les parkings occupant le sous-sol des surfaces de vente », souligne Marc Vignères, qui estime que les premiers permis de construire devraient être délivrés début 2007.
Quant à la collectivité, elle doit conserver à l’état naturel une large bande riveraine du Lot et placer des bassins conformes à la loi sur l’eau : il est important de garder les eaux pluviales pour limiter l’apport dans la rivière, lequel menacerait à son tour les zones d’activités de Regourd ou d’Englandières. Par contre, l’entrée Sud de Cahors pose un problème autrement épineux. Classée en zone rouge, soit l’aléa maximum, la zone d’activités est aujourd’hui figée : ce
qui pénalise lourdement les entreprises qui souhaitent s’installer ou agrandir Communes est en discussion avec les services de l’Etat pour tenter de débloquer la situation. A long terme, des bassins de rétention placés en amont pourraient contenir l’eau. Mais ça ne sera pas suffisant : il faudrait aussi élargir, approfondir ou déplacer le lit du Bartassec. Car on imagine difficilement déplacer des enseignes comme Carrefour ou But », explique Marc Vignères. Actuellement, il est possible de surélever un bâtiment d’un étage, mais sur plan commercial, la solution reste pénalisante. Des bureaux peuvent certes y prendre place, mais pas l’hébergement de personnes ou le logement, tous deux strictement interdits. Grâce à un dialogue constructif avec l’Etat, des extensions peuvent être autorisées si elles sont placées dans le sens d’écoulement du courant, et si elles vont de pair avec la démolition de vieux murs risquant d’y faire obstacle. Par ailleurs, en rénovant la voirie du chemin de Bellecroix, la Communauté de Communes du Pays de Cahors souhaite favoriser l’implantation d’entreprises le long de cet axe qui échappe aux contraintes définies par la zone rouge. « Dans tous les cas, nous sommes présents pour faciliter les dialogues entre l’Etat et les chefs d’entreprises. Notre mission est de les assister, les conseiller dans le cadre des négociations, face à des préconisations qui sont parfois d’une certaine complexité », conclut Marc Vignères.
Yannick Fresquet, porteur de projet plaine de Labéraudie à Cahors :
« Un parcours semé d’obstacles »
Depuis cinq ans, Yannick Fresquet se bat pour réaliser son projet : implanter deux magasins plaine de Labéraudie afin de lutter contre l’évasion commerciale vers Brive ou Montauban. « J’ai l’intention de créer deux enseignes à Cahors sur cette zone d’aménagement concerté : Mr Bricolage et Fly, sur une surface totale de 6 500 mètres carrés. J’ai déjà des commerces du même type à Agen mais, originaire du Lot, j’ai envie de participer au dynamisme de Cahors », concède Yannick Fresquet. En effet, s’ouvrant de ses intentions à quelques amis et aux maires successifs de Cahors, il a écouté leurs mises en garde quant au caractère inondable de la zone. « Quand j’ai acheté ces 30 000 mètres carrés en plaine, fin 2001, j’ai certes pris un risque important. Mais je suis d’un naturel têtu, et j’ai pensé que la situation finirait bien par s’arranger », lâche-t-il. Une rencontre avec Chantal Jourdan, Préfète du Lot à l’époque, a rendu un certain optimisme au porteur de projet : elle s’est montrée intéressée par son initiative, et a pris la décision d’autoriser les constructions sur une bande éloignée des rives du Lot. « Je dois rendre justice à Marc Lecuru, Maire de Cahors, M. Ducros, adjoint au Maire, ainsi qu’à Marc Vignères : ils se sont battus pour que le PLU soit modifié afin d’implanter des commerces. Mais à chaque étape, on prend du retard et c’est dommage. De mon côté, pour tenter d’accélérer les choses, je vais présenter le projet finalisé au début de l’automne avec mon architecte et dans la foulée, demander le permis de construire. J’ai obtenu l’aval de la CDEC (Commission départementale d’équipement commercial) pour Mr Bricolage, et j’ai bon espoir de le décrocher pour Fly », affirme Yannick Fresquet. Tout en regrettant deux surcoûts pénalisants : le ticket d’entrée exigé par la Communauté de Communes du Pays de Cahors, en qualité d’aménageur, lui semble un peu élevé en fonction d’une zone de chalandise limitée à 80 000 habitants. Et, bien sûr, l’obligation d’implanter ses commerces sur pilotis pour un plancher à 1,30 m du sol naturel. Un ascenseur permettra aux clients, stationnés en sous-sol, d’atteindre le niveau commercial. « L’investissement global va atteindre les 4,5 millions d’euros. Mes architectes doivent consulter bientôt l’architecte des Bâtiments de France pour définir l’aspect des façades. Les travaux devraient commencer courant 2007. J’espère une ouverture début 2008 », annonce Yannick Fresquet. Les deux magasins devraient permettre la création de plus de 30 emplois.
Guy Dumas, responsable du bureau des risques majeurs et environnement à la DDE du Lot :
« Chaque commune est un cas particulier »
ingénieur de la DDE est en première ligne du dispositif PPRI : c’est lui qui est en charge des risques majeurs. «L’historique, le profil des vallées, la nature des alluvions, la hauteur des eaux et la vitesse du courant déterminent le classement en zones d’aléas forts et faibles. Pour le Bartassec, tout est en zone rouge depuis la crue de 1996. Auparavant, on a construit très librement car le risque n’était pas mesuré. Aujourd’hui, peut-être faudra-t-il détourner le lit là où c’est possible, et créer des espaces de Pour la plaine de Labéraudie, force est d’appliquer les préconisations de l’Etat : édifier sur pilotis afin que les planchers soient situés au-dessus des plus hautes eaux. « Le surcoût à la construction peut être chiffré autour de 15 à 20 % », estime l’ingénieur de la DDE. Concernant le reste du département, Guy Dumas s'attache à observer qu'à Figeac, dès le début des années 90, des précautions ont été prises pour la gestion des sites d'activités économiques situés en lieux inondables par le Célé. « A la sortie ouest, le magasin Aldi a été construit sur pilotis et le restaurant McDonald‚s a été surélevé. Quant à la zone d‚activités de Laffarayrie, son niveau a été remonté et elle est protégée par une digue. Par ailleurs, cette zone ne sera pas prolongée vers Ceint-d‚Eau afin de préserver les aires d‚expansion des eaux », indique-t-il.
Maurice Pons, responsable des travaux à la mairie de Figeac :
« Nous pouvons informer les chefs d’entreprise à tout moment »
D’après Maurice Pons, responsable des travaux, voirie, eau et assainissement aux services techniques de la mairie de Figeac, la Ville va se doter d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) afin, notamment, de pouvoir prévenir les dirigeants< d’entreprises aux heures de fermeture. « La commune est équipée d’un système d’information géographique, base de données qu’il suffira d’enrichir », explique Maurice Pons. Par ailleurs, dans le cadre du contrat de rivière Célé, des opérations de nettoyage des berges sont conduites régulièrement, tandis que le lit du cours d’eau est curé pour faciliter l’écoulement. Récemment, le système de canalisation des eaux pluviales a été amélioré : un bassin d’orages a été installé aux Miattes. Pour l’application correcte du PPRI, un accord a été trouvé avec le magasin Champion : celui-ci a pu assurer son extension en s’orientant différemment, dans le sens d’écoulement des eaux, et en s’éloignant des rives. A Laffarayrie, zone d’activités rehaussée et protégée par une digue, sept grosses pompes connectées sur le réseau pluvial permettent de vider la zone en cas de crue prolongée. « La nouvelle usine Ratier est située en totalité au-dessus de la crue centennale », précise Maurice Pons.
Marc Esculié, magasin Sport 2000 à Figeac :
« Nous avons placé des barrages provisoires »
Le magasin Sport 2000, avenue Jean-Jaurès, a été victime de graves dégâts en 2003 : 37 centimètres d’eau ont envahi le local commercial, entraînant la perte de vêtements et articles de sports pour une valeur chiffrée à 300 000 euros « On n’avait pas vu d’eau ici depuis 50 ans. Le rond-point au bout du pont du Gua dessine une cuvette et nous envoie les eaux. Dans le cadre du PPRI, on nous a demandé de rehausser le bâtiment avec une chape de 7 centimètres. De notre côté, nous avons pris une décision de bon sens : placer des batardeaux à l’entrée du magasin quand le risque est signalé », explique Marc Esculié. De leur côté, les responsables du magasin Aldi situé à la sortie ouest de Figeac ont dû prévoir une construction surélevée par des pilotis : une contrainte imposée pour l’obtentiondu permis de construire. « Nous avons ouvert en 2002, et le parking a été inondé en 2003. Le client est certes obligé de monter quelques marches, mais il peut aussi utiliser le plan incliné qui sert pour les caddies et les personnes à mobilité réduite », confie la responsable du magasin.