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Entreprendre CCI du Lot n°132
L’Économie lotoise redÉployÉe
« Ces deux dernières décennies, le Lot est devenu de plus en plus "rurbain", les cantons ruraux étant fortement réinvestis par des salariés travaillant dans les centres urbains et les nouvelles zones d’activité. C’est la zone d’emploi de Cahors qui bénéficie le plus largement de cette évolution, au profit de l’ensemble de la partie méridionale du département ».
Progression de la population totale 1er : canton de Lalbenque + 16,4‰ entre 1982 et 1999
Progression de la population salariée 1er : canton de Salviac + 73,7‰ entre 1982 et 1999
Progression des inscriptions au RCS 1er :zone d’emploi de Cahors + 24,2‰ entre 2002 et 2005
Progression de la population active ayant un emploi 1er : canton de Catus + 18,4‰ entre 1982 et 1999
Le tissu économique lotois a connu des changements progressifs mais déterminants au cours des deux dernières décennies. Si certaines de ces évolutions sont connues, l’étude menée par la CCI du Lot sur les trois zones d’emploi du département met en lumière des mutations plus inattendues. La première concerne les rythmes de croissance de chacun des bassins économiques : contrairement à une idée reçue trop tenace, c’est la zone d’emploi de Cahors - et l’ensemble de la partie méridionale du Lot - qui affiche les résultats les plus élevés. Elle se place ainsi en première position pour cinq des huit variables considérées, les chiffres étant issus des statistiques de l’INSEE, de l’ASSEDIC ou de la CCI : ce bassin est le premier en ce qui concerne l’augmentation du nombre d’habitants, l’évolution de la population active, la progression du nombre de salariés, les créations d’entreprises industrielles du secteur privé ou le nombre d’inscriptions au Registre du Commerce et des Sociétés. Il est clair que ce bilan très flatteur diffère largement de ceux qui claironnent que le secteur de Cahors serait, dans le meilleur des cas, en stagnation.En parallèle, la zone d’emploi de Figeac voit l’excellence de ses résultats dans le domaine aéronautique tempérés par le déclin de sa démographie et par la concentration du nombre d’entreprises. Là encore, la somnolence supposée de l’un et l’extrême dynamisme attribué à l’autre ne correspondent à aucune réalité statistique. Par ailleurs, la zone d’emploi du Nord du Lot, qui bénéficie elle aussi d’une forte réputation de dynamisme, présente dans les faits des croissances relativement modestes. Au-delà, cette étude de la CCI du Lot confirme que les développements ne profitent plus aux métropoles de chacune des zones d’emploi mais plutôt aux cantons limitrophes. En l’occurrence, les plus fortes progressions sont enregistrées par ceux de Lalbenque, de Saint-Géry, de Catus ou de Livernon. En résumé, cette étude accrédite deux tendances fortes : d’une part, les grands chantiers d’infrastructure liés aux transports, aux télécommunications et au tourisme ont effectivement conduit à une nouvelle répartition du travail ; d’autre part, les évolutions les plus marquantes concernent moins les nouveaux équilibres entre les trois zones qu’une nouvelle forme de partage, au sein de chaque zone, entre les métropoles et les espaces dits « ruraux ». Panorama.
Zones d’emploi les nouveaux Équilibres
Chacune des trois zones d’emploi du Lot (Cahors, Figeac et Nord du Lot) doit gérer l’écart grandissant entre son image et sa nouvelle situation économique et démographique. En l’occurrence, ces deux dernières décennies ont bien été marquées par un rééquilibrage du marché du travail, dont la zone d’emploi de Cahors apparaît comme le premier bénéficiaire.
L’idée a longtemps prévalu : il y aurait plusieurs économies lotoises. Selon cet a priori, les parties nord et est du département sont immanquablement en développement tandis que le sud du territoire resterait confronté à une stagnation, voire à un recul. L’étude exclusive menée par la Chambre de Commerce et d’Industrie sur les trois zones d’emploi du Lot conduit à fortement tempérer ces constats, hérités de réalités d’un autre temps. Concrètement, le concept de zone d’emploi a été défini dès le début des années quatre-vingts par le Ministère du Travail afin de faciliter le suivi des évolutions des différents bassins économiques. Le département a ainsi été divisé en trois zones, dont les limites sont sensiblement différentes des arrondissements. La zone d’emploi de Cahors, la plus importante, rassemble ainsi les treize cantons de l’arrondissement de la ville-Préfecture ainsi que ceux de Labastide-Murat, Saint Germain du Bel Air et Salviac. A elle seule, la zone d’emploi de Cahors représente près de 50‰ de la population du département. Selon ce découpage, le second bassin est, en termes de population, la zone d’emploi du Nord du Lot, qui réunit 9 cantons (Bretenoux, Gourdon, Gramat, Martel, Payrac, Saint-Céré, Souillac, Sousceyrac et Vayrac) et qui affiche la plus forte densité d’habitants au kilomètre carré (près de 35, contre 30,7 pour l’ensemble du département). Enfin, il faut noter que cette étude n’analyse que la partie lotoise de la zone d’emploi de Figeac, qui déborde par ailleurs largement vers l’Aveyron et le bassin économique de Decazeville. De fait, cette zone d’emploi ne compte que six cantons dans le département et apparaît à la fois comme la plus petite (moins de 22‰ de la superficie) et la moins peuplée (20,6‰ de la population du département). Dans tous les cas, l’évolution de ces trois entités économiques cohérentes vient contredire la plupart des idées reçues concernant les forces et les faiblesses des différents territoires lotois.
La dynamique cadurcienne
Fondée sur l’analyse des tendances plutôt que sur des constats réalisés à partir de l’actualité immédiate, cette étude permet tout d’abord de présenter trois conclusions. La première est que la zone d’emploi de Cahors est celle qui obtient les meilleurs résultats pour cinq des huit critères utilisés : évolution de la population totale, de la population active ayant un emploi, de la population salariée, du nombre d’entreprises industrielles du secteur privé et du nombre d’inscriptions d’entreprises au Registre du Commerce et des Sociétés. La seconde est que la zone d’emploi du Nord du Lot présente, sur le long terme (d’une manière générale, les chiffres couvrent une période allant de 1982 à 2005), des résultats très contrastés : si elle apparaît comme la plus dynamique pour trois des huit variables retenues (évolution du nombre de salariés des entreprises privées, du nombre de salariés dans les établissements privés et du nombre d’entreprises du secteur privé), la zone septentrionale est pénalisée par les reculs de la population active ayant un emploi et du nombre d’entreprises privées du secteur industriel. La troisième et la plus surprenante des conclusions concerne les difficultés rencontrées par la zone les reculs les plus marqués concernent la population (- 4,4‰ entre 1982 et 1999), la population active ayant un emploi (-5‰ sur la même période) et le nombre de créations d’entreprises (- 6,6‰ entre 2002 et 2005). Dans les faits, ces variables minimisent les performances pourtant remarquables de cette zone d’emploi, notamment dans le secteur aéronautique. Au-delà, ces tendances ne doivent pas faire perdre de vue que chacune de ces trois zones d’emploi doit gérer un historique et des tissus économiques difficilement comparables. Il n’en reste pas moins que les deux dernières décennies ont plutôt été marquées par un rééquilibrage que par une accentuation des disparités. Ce premier panorama de l’économie lotoise méritait donc d’être complété par des approches plus précises, concernant à la fois les différents cantons et les secteurs d’activités. Explications.Le verdict des chiffres contraste ainsi fortement avec l’image particulièrement dynamique de la région figeacoise :d’emploi de Figeac, qui obtient les résultats les plus faibles pour six des huit critères.
Autoroute A20, Internet haut débit ou aérodrome Brive-Souillac : les infrastructures jouent un rôle déterminant dans le développement des trois zones d’emploi du Lot.
Sur les 8 variables économiques prises en compte, la zone d’emploi de Cahors occupe la première position pour 5 d’entre-elles ; il s’agit de variables importantes, plutôt généralistes, relatives à la population, à l’emploi total et à la création d’entreprises. La zone d’emploi du Nord du Lot place 3 variables en première position dans des domaines plus spécifiques attachés à l’économie marchande et à l’industrie. La zone d’emploi de Figeac est caractérisée par une relative stabilité sur les périodes concernées avec des évolutions généralement inférieures à la moyenne départementale. Le contexte économique général absorbe et fait rentrer dans la moyenne quelques performances remarquables, notamment dans le domaine des activités liées à l’aéronautique.
ZONES D’EMPLOI
  • Population totale (INSEE) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1982-1999
    • CAHORS : 7,25
    • FIGEAC : -4,43
    • NORD DU LOT : 3,66
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 3,51
  • Population active ayant un emploi (INSEE) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1982-1999
    • CAHORS : 3,46
    • FIGEAC : -4,98
    • NORD DU LOT : -1,25
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 0,14
  • Population salariée (INSEE) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1982-1999
    • CAHORS : 27,42
    • FIGEAC : 17,37
    • NORD DU LOT : 24,08
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 24,23
  • Salariés des Ets privés (ASSEDIC) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1993-2004
    • CAHORS : 29,05
    • FIGEAC : 30,62
    • NORD DU LOT : 36,56
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 31,82
  • Salariés des Ets privés industriels (ASSEDIC) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1993-2004
    • CAHORS : 3,3
    • FIGEAC : 0,5
    • NORD DU LOT : 18,8
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 8,5
  • Entreprises du secteur privé (ASSEDIC) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1993-2004
    • CAHORS : 11,0
    • FIGEAC : 6,1
    • NORD DU LOT : 19,1
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 12,6
  • Entreprises industrielles du secteur privé (ASSEDIC) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1993-2004
    • CAHORS : 5,2
    • FIGEAC : 2,9
    • NORD DU LOT : -2,5
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 1,9
  • Entreprises industrielles du secteur privé (ASSEDIC) :
    • PERIODE CONCERNEE : 1993-2004
    • CAHORS : 5,2
    • FIGEAC : 2,9
    • NORD DU LOT : -2,5
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 1,9
  • Inscriptions d’entreprises au RCS (CCI) :
    • PERIODE CONCERNEE : 2002-2005
    • CAHORS : 24,2
    • FIGEAC : -6,6
    • NORD DU LOT : 1,0
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 8,6
  • Score :
    • PERIODE CONCERNEE : Position 1-Position 2
    • CAHORS : 5 - 2
    • FIGEAC : 0 - 2
    • NORD DU LOT : 3 - 4
    • ENSEMBLE DEPARTEMENT : 0 - 0
Les chiffres clés des zones d’emploi du Lot
Définies par le Ministère du Travail en 1982, les limites des zones d’emploi n’épousent pas nécessairement les frontières des espaces administratifs (arrondissements ou départements) et ont été conçues pour correspondre à des bassins économiques cohérents,afin de faciliter l’étude des problèmes d’emploi. Le découpage a été modifié après le recensement de 1990 et il est devenu effectif au 1er janvier 1994.Ces zones d’emploi sont avant tout fondées sur des critères d’homogénéité et de solidarités économiques, de migrations alternantes et de taille minimum.
Zone d’emploi Canton Superficie population total
RP (1999)
DENSITE
  Nbr km² Nbr d’habitants Nbre
HABITANTS/km2
Cahors 16 2622 50.3 76 377 47.7 29.1
Figeac 6 1135 21.8 32 924 20.6 29.0
Nord du Lot 9 1459 27.9 50 733 31.7 34.8
Total Lot 31 5216 100 160 034 100 30.7
Source INSEE

FiliÉres
Le Nord du Lot conforte sa vocation industrielle
Le dynamisme de chaque zone d’emploi est en général évalué à l’aune des résultats du secteur le plus représenté. Le Nord du Lot affiche sans conteste les meilleures performances en ce qui concerne les créations d’emplois dans l’industrie : 42,5‰ des salariés de ce secteurs sont concentrés dans cette zone, qui représente pourtant moins du tiers de la population et du territoire du département.
Avant de considérer l’évolution de chacune des zones d’emploi, il importe de rappeler que l’ensemble du département présente un bilan très positif. Pour la période 1993-2004, les chiffres rendus publics par l’ASSEDIC font apparaître une progression de près de 32‰ du nombre de salariés dans les établissements privés. Concrètement, le Lot comptait en 2004 environ 32 000 salariés dans le secteur privé, soit 7 700 de plus qu’en 1993. Mieux, cette évolution positive s’est vérifiée sur les trois zones d’emploi de façon relativement homogène : les progressions de chacune d’entre elles vont de + 29‰ à + 36,5‰, la plus forte évolution étant enregistrée par le Nord du Lot. La zone d’emploi du Nord du Lot présente la plus forte progression des effectifs salariés du secteur privé entre 1993 et 2004. Il faut toutefois noter que la part la plus importante de cette progression a été enregistrée entre 1993 et 1999. Dans le même temps, la zone d’emploi de Figeac affiche la plus forte proportion de salariés du secteur privé et Cahors se place logiquement en retrait du fait de son rôle de Préfecture. La principale différence dans les évolutions des différentes zones d’emploi semble liée au renforcement du pôle industriel du Nord du Lot : ce secteur représentait en 2004 42,5‰ des emplois de cette filière dans le département, contre 38,8‰ en 1993. De ce point de vue, la partie septentrionale du Lot a clairement creusé l’écart par rapport aux deux autres zones d’emploi. Une autre variable déterminante est que le Nord du Lot affiche la plus forte proportion d’entreprises (inscrites au registre du Commerce et des Sociétés) : 46 pour 1 000 habitants contre seulement 37,4 pour Cahors et 38,8 pour Figeac.
Les salariés des établissements privés affiliés à l’ASSEDIC
  2004
Zones d’emploi Salariés Taux sal. Evol. 99/04 Evol. 93/04
Cahors 13 896 43,5 17,66 9,62 29,05
Figeac 7 496 23,4 22,1 15,84 30,62
Nord du département 10 593 33,1 20,27 11,62 36,56
Département 31 985 100 19,40 11,69 31,82
Source ASSEDIC Taux de salariés : nombre de salariés pour 100 habitants.
Salariés des établissements privés industriels affiliés à l’ASSEDIC
  2004
Zones d’emploi SALARIES Taux sal. Evol. 93/04
Cahors 2 484 30,7 3,3 3,3
Figeac 2 173 26,8 6,6 0,5
Nord du Lot 3 446 42,5 6,8 18,8
Département 8 103 100 5,1 8,5
Source ASSEDIC Taux de salariés : nombre de salariés pour 100 habitants.
Zone d’emploi du Nord du Lot
Composée de 9 cantons - Bretenoux , Gourdon, Gramat, Martel, Payrac, Saint Céré, Souillac, Sousceyrac et Vayrac – cette zone d’emploi héberge 31,7‰ de la population lotoise et présente la plus forte densité (34,8 habitants au km2 contre 30,7‰ pour l’ensemble du Département).C’est par ailleurs la zone la plus composite avec 4 pôles d’activité dominants (Biars/Saint Céré,Souillac/Martel/Vayrac, Gourdon et Gramat), fédérés par une attractivité touristique importante. La zone est marquée par une forte diminution de la population active, tandis que la population totale et l’emploi salarié évoluent au même rythme que celui du département. Dans ce contexte, ce sont les cantons de Souillac et de Payrac qui présentent les meilleurs résultats, notamment en ayant contribué à hauteur de 55‰ à l’accroissement de la population de la zone de 1982 à 1999. Par ailleurs, le canton de Bretenoux, notamment avec la zone industrielle et commerciale de Biars sur Cère, apporte une contribution importante à l’accroissement de la population active et de l’emploi salarié.

L’aéroport de Brive-Souillac et le désenclavement de la zone de Bretenoux, Biars et Saint-Céré vont encore renforcer l’attractivité de ce bassin économique.
DÉmographie
La zone d’emploi de Figeac pénalisée
Le dynamisme démographique est devenu un indicateur essentiel pour anticiper le développement des différents bassins économiques. Les évolutions des deux dernières décennies ont conduit à d’importants mouvements de population vers la partie sud du département et, au sein de chaque zone, à un peuplement rapide des cantons limitrophes de villes comme Cahors ou Figeac. Des changements qui confirment que le lieu de résidence sera de moins en moins souvent le lieu de travail.
Avec seulement 6 cantons - Cajarc, Figeac Est et Figeac Ouest, Lacapelle Marival, Latronquière et Livernon – la zone d’emploi de Figeac est la moins étendue (21,8‰ de la superficie) et la moins peuplée(20,6‰ de la population totale) des trois entités du département. Au-delà, c’est la seule zone du Lot à présenter un solde négatif pour l’évolution de sa population : elle a reculé de 4,43‰ entre 1982 et 1999, tandis que la zone d’emploi de Cahors enregistrait dans le même temps une progression de 7,25‰. Cette situation démographique peut se révéler pénalisante pour cette zone, à l’heure où les autres bassins du Lot connaissent de leur côté une accélération des flux migratoires. Les projections établies à partir des recensements intermédiaires réalisés depuis 1999 indiquent que le cap des 180 000 habitants sera passé avant 2020, soit 25 000 habitants de plus qu’en 1982. Cette forte progression bénéficie tout d’abord aux communes des cantons limitrophes de ceux de Cahors et de Souillac. C’est notamment le cas pour Lalbenque, Catus ou Saint-Géry (voir le tableau « Les plus fortes variations de population »). Une évolution conforme aux tendances relevées à l’échelon national : les cantons situés en périphéries des villes et des grands axes routiers accueillent un nombre croissant de salariés qui travaillent à l’extérieur de leur territoire. Les deux zones d’emploi traversées par l’autoroute A20 apparaissent ainsi particulièrement concernées par le « divorce » entre le lieu de travail et le lieu de résidence. En toute logique, ce divorce bénéficie à de nombreuses communes proches de centres urbains où de zones d’implantations économiques : leur population progresse significativement, générant des besoins nouveaux en matière d’infrastructures, de commerces et de services de proximité. Concrètement, la plupart de ces cantons connaît une progression exponentielle de sa population salariée : + 73,7‰ pour Salviac en 1982 et 1999, + 70,4‰ pour Lalbenque ou + 66,6‰ pour Saint-Géry. Au cours de la même période, la population salariée de Cahors n’a progressé que de 13,8‰. Ces mouvements de population conduisent donc à des rééquilibrages entre les trois zones d’emploi aussi bien qu’à l’intérieur de chacune d’entre elles. De la même manière, la population salariée de Livernon a progressé de 51,4‰ quand celle de Figeac évoluait de 14,4‰.

Emploi et population salariÉe
Les nouveaux atouts de la zone d’emploi de Cahors
Toutes les statistiques conduisent au même constat : le Lot a engagé sa révolution « rurbaine », cet adjectif inélégant étant construit sur un néologisme associant « rural » et « urbain ». Concrètement, cette évolution est marquée par l’installation de nouvelles populations salariées dans des cantons ruraux et, dans le Lot, elle bénéficie tout d’abord à la zone d’emploi de Cahors.
Au-delà de son dynamisme démographique, la zone d’emploi de Cahors a bénéficié d’une évolution favorable du marché du travail. C’est ainsi le seul des trois bassins du département à avoir vu évoluer positivement sa population active (salariée et non salariée). Elle a en effet progressé de 3,46‰ entre 1982 et 1999, quand les zones de Figeac et du Nord du Lot accusaient respectivement des reculs de 4,98‰ et 1,25‰. Pour l’essentiel, ce bon résultat a été obtenu au cours de la décennie quatre-vingt-dix et permet à la zone cadurcienne de conserver le taux d’actifs le plus élevé dans le département. En l’occurrence, il faut noter que la période analysée n’intègre pas les retombées liées à l’achèvement de l’autoroute A20. S’il est désormais avéré qu’il a accéléré l’installation de nouveaux salariés autour du nouvel axe routier, il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur des mouvements de populations ainsi générés. Dans tous les cas, avant même l’ouverture de cette infrastructure, la zone d’emploi affichait le plus fort taux de salariés (29,5 pour 100 habitants en 1999 contre 24,8 en 1982) et la plus forte progression (27,4‰, contre 24‰ pour la zone du Nord du Lot et 17,4‰ pour celle de Figeac). Des statistiques plus récentes, fondées sur le nombre d’inscriptions et de radiations au Registre du Commerce et des Sociétés, confirment les bons résultats de la zone d’emploi de Cahors, avec une progression de 24,2‰ du nombre d’inscriptions entre 2002 et 2005, contre un évolution de 1‰ pour la zone du Nord du Lot et un recul de 6,6‰ pour celle de Figeac. Dans le même temps, le nombre de radiations d’entreprises a progressé de moins de 15‰ dans l’espace cadurcien quand il a atteint 22,8‰ dans le nord du département et 29‰ dans le figeacois. Là encore, les variations ne doivent pas seulement être observées entre les trois espaces économiques mais également au sein de chacun d’entre eux. De fait, le développement de l’Internet à haut débit et la multiplication des projets de très haut débit sont susceptibles d’amplifier l’installation d’entreprises et de salariés dans les cantons limitrophes des centres urbains et de l’autoroute. A moyen terme, d’autres projets d’infrastructure viendront accentuer les rééquilibrage entre les différentes zones. C’est notamment le cas pour le désenclavement du bassin économique de Bretenoux-Biars-Saint-Céré et pour l’ouverture de l’aérodrome de Brive-Souillac. Chaque zone d’emploi est par ailleurs engagée dans plusieurs projets de création, d’extension ou de requalification de zones d’activité et la plus ou moins grande spécialisation de chacune d’elle déterminera le niveau de complémentarité – ou de concurrence – entre les trois zones d’emploi du département. Dans tous les cas, il faut à la fois se réjouir du bon niveau d’infrastructure dont disposera le Lot à la fin de cette décennie et constater que les départements voisins disposeront d’atouts comparables. En d’autres termes, les Lotois ne gagneront rien à se tromper de concurrents…
Population active ayant un emploi (recensements de 1982 à 1999)
  1982 1999
Zones d’emploi ACTIFS Taux actifs ACTIFS Taux actifs Evol. 90/99 Evol.89/90
Cahors 28 024 46,6 39,3 28 995 48,2 37,9 6,22 3,46
Figeac 13 035 21,7 37,8 12 386 20,6 37,6 0,18 - 4,98
Nord du Lot 19 037 31,7 38,9 18 798 31,2 37,0 3,56 - 1,25
Département 60 096 100,0 38,9 60 179 100,0 37,6 4,09 0,14
Source INSéE
Taux d’actifs : population active ayant un emploi pour 100 habitants.
Population salariée (recensements de 1982 à 1999)
  1982 1999
Zone d’emploi SALARIéS Taux sal. SALARIéS Taux sal. Evol. 90/99 Evol. 82/99
Cahors 17 676 47,9 24,82 22 523 49,1 29,49 18,48 27,42
Figeac 7 958 21,5 23,10 9 340 20,4 28,37 13,71 17,37
Nord du Lot 11 291 30,6 23,07 14 010 30,5 27,62 17,33 24,08
Département 36 925 100 23,88 45 873 100 28,66 17,13 24,23
Taux de salariés : nombre de salariés pour 100 habitants.
L’attractivité des territoires n’influe pas uniquement sur l’économie du tourisme ; elle joue également un rôle croissant dans le repeuplement des cantons ruraux.
Evolution du nombre d’inscriptions au RCS (2002-2005)

Zone d’emploi de Cahors : + 24,2‰
Zone d’emploi du Nord du Lot : + 1‰
Zone d’emploi de Cahors : - 6,6‰
Source : CCI du Lot

Cantons Population totale Population active ayant un emploi Population salariée
  Evolution en ‰ Evolution en ‰ Evolution en ‰
CAHORS (3) 9,9 9,3 13,8
CASTELNAUMONTRATIER 6,1 7,3 63,9
CATUS 15,8 18,4 61,3
CAZALS 3,3 -15,9 45,8
LABASTIDE-MURAT -8,2 -12,2 24,8
LALBENQUE 16,4 13,9 70,4
LAUZES -3,3 -13,0 33,2
LIMOGNE 2,7 -14,3 50,5
LUZECH 9,0 5,1 23,1
MONTCUQ 5,5 -13,7 42,2
PUY-L’EVEQUE -1,9 -3,7 23,8
ST-GERMAIN-DU-
BEL AIR
6,9 -2,4 55,6
ST-GéRY 13,6 8,1 66,6
SALVIAC 9,2 -1,4 73,7
ENSEMBLE ZONE
D’EMPLOI DE CAHORS
7,2 3,5 27,4
ENSEMBLE DEPARTEMENT
DU LOT
3,5 0,1 24,2
Source INSÉE