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Le marchÉ du jardinage dans le Lot
Dès que l’hiver lâche prise, une irrépressible envie de gratter la terre s’empare de tous : le plaisir de mettre fin à la grisaille et de voir bientôt éclater des couleurs, sollicite chaque nature un tant soit peu jardinière. Offrir des fleurs, cultiver son arpent, manger ses propres légumes, soigner son balcon, sont des préoccupations très partagées. Dans le Lot, pays d’espaces généreux et de douceur climatique, l’économie du végétal se porte bien. Les jardineries fleurissent un peu partout, présentant aux côtés des plantes, de larges gammes de produits, contenants, décors, outils, articles divers et variés qui répondent à des demandes très soutenues. A leur tête, on trouve fréquemment des producteurs maraîchers reconvertis dans le loisir à destination des mains vertes .Au-delà de cette présentation bucolique, le marché du jardinage doit relever plusieurs défis caractéristiques, comme l’adaptation de l’offre aux évolutions climatiques et aux besoins d’une clientèle de plus en plus nombreuse et de plus en plus novice, ou encore la diversification vers le « non végétal », depuis les produits d’aménagement ou de traitement jusqu’aux vêtements de loisirs, en passant par le rayon animalerie pour certains. Visite guidée autour de quelques serres d’envergure.
Les fruits économiques de la passion végétale
L’économie lotoise a su se « mettre au vert ». Dans le département, le marché du jardinage progresse en effet de 20% par an en moyenne. Un bilan positif qui doit justement être tempéré par… les intempéries, qui restent le premier levier pour le chiffre d’affaires. De fait, la « belle saison » ne porte pas toujours bien son nom. Pour être moins directement dépendants des aléas de la météo, nombre de professionnels privilégient une diversification vers l’aménagement, la décoration ou l’habillement de loisir. Explications.
Le Lot est décidément une destination de charme. Immédiatement perceptible, l’alchimie paysagearchitecture justifie cette affirmation. Pays d’espaces diversifiés et de douceur de vivre, le département attire de nombreux résidents en quête d’un bâti de caractère et d’un arpent de terre autour : le phénomène n’est pas nouveau. Outre celui des nouveaux propriétaires, il fait le bonheur des artisans, qu’il s’agisse de ceux qui s’occupent de restaurer les bâtiments comme des spécialistes des espaces verts. La création et l’entretien des jardins sont en effet de plus en plus souvent confiés àdes professionnels. Dans le Lot, une centaine d’entreprises, pour la grande majorité de très petite taille, propose ces services. Il est vrai que pour un résident secondaire, présent de façon très occasionnelle, s’appuyer sur un spécialiste pour entretenir son jardin est une option intéressante. L’autre clientèle concernée par l’appel àces métiers est logiquement celle des personnes âgées : avançant dans la vie, elles rencontrent des difficultés àmanier la bêche, la tondeuse ou le sécateur. Si elles veulent maintenir leur territoire dans un état présentable, la meilleure solution reste de faire réaliser le travail par un professionnel.
Une nouvelle clientèle
Au delà, ce marché est porté par l’ensemble des jardiniers, novices ou expérimentés, qui souhaitent s’investir physiquement dans l’élaboration de leur cadre végétal. Car le plaisir est le maîtremot qui sous-tend, pour 77 % des Français, l’acte de gratter la terre, de voir croître et embellir des plantes choisies avec soin. Deux nouveaux propriétaires sur trois fréquentent régulièrement les jardineries. Quand s’annonce la belle saison, capter des idées en admirant les parterres fleuris ou les pots de terre cuite, solliciter le professionnel pour des conseils avisés, font que ces lieux constituent un but tout naturel de promenade familiale et dominicale. Pour autant, l’économie du jardinage est directement tributaire du « beau » et du « mauvais » temps. Sitôt que les facteurs climatiques jouent les éléments perturbateurs, la fièvre retombe lourdement. Pour mémoire, durant la saison pluvieuse de 2001 ou au cours de la canicule et de la sécheresse de 2003, les ventes avaient plongé aussi vite que le moral des troupes jardinières. Bon an mal an, le marché du jardinage affiche une belle dynamique, avec une croissance annuelle moyenne de 20%.
Le printemps fait le chiffre d’affaires
Concrètement, cette progression n’est pas liée au végétal, alors qu’il représente près de 30% du chiffre d’affaires des professionnels. Produit vivant, il souffre en premier lieu de sa fragilité face aux contraintes de la logistique, du transport ou du stockage. D’autant plus que la production nationale est encore relativement faible, la plupart des fournisseurs se situant en Hollande ou en Belgique pour les plantes vertes, en Espagne ou Italie pour les plantes fleuries. Dans ce contexte, les responsables de jardineries font face àdes pesanteurs naturelles qui freinent le développement de leur secteur : il reste ainsi hasardeux d’anticiper le niveau de la demande et de gérer un stock àlong terme, tant le risque de pertes est fort. Par ailleurs, les professionnels sont d’abord jugés sur leur capacité àfournir du conseil et àassurer un rôle éducatif. Il faut, par exemple, faire comprendre àl’apprenti-jardinier qu’il est préférable de respecter les saisons en plantant àl’automne plutôt qu’au printemps : sur ce plan, l’apparition des plantes en conteneurs a faussé les perspectives. De fait, nombre de professionnels du jardinage constatent que l’essentiel des ventes se fait àla sortie de l’hiver, avec des conséquences qui peuvent être lourdes : si la belle saison n’est pas au rendez-vous, l’économie du secteur est immédiatement impactée. Autre défi de taille : le marketing. Il s’agit de s’inscrire dans les courants porteurs, suivre ou anticiper les modes, bien comprendre ce que recherche le client en terme d’esthétique de feuillages et de couleurs de floraisons. Dans le même esprit, l’enjeu consiste àfavoriser les produits faciles àtravailler et offrant des résultats garantis, ou encore àproposer des traitements uniques aux fonctions clairement précisées.
Le jardinage en quelques chiffres
• Le chiffre d’affaires national du marché
jardinage a progressé de 18 %
entre 2000 et 2005.
• Evolution du CA (en millions d’euros) :
1998 4807 %
1999 5067 + 5,40
2000 5396 + 6,48
2001 5325 - 1,32
2002 5632 + 5,76
2003 5650 + 0,30
• 61 % des personnes ayant un jardin
depuis moins de 5 ans aiment fréquenter
une jardinerie.
• 77 % des Français estiment que le
jardin est d’abord un plaisir.
• En 2002, les Lotois ont dépensé
11,5 millions d’euros pour les plantes,
fleurs, jardins, animaux.
L’offre et la demande àla loupe
Le magazine Entreprendre présente régulièrement les acteurs du marché du jardinage (voir la présentation des pépinières Jarrige dans le numéro 129). Dans le Lot, 19 jardineries de plus de 300 m2 ont en effet été recensées par la DDCCRF. Le plancher commercial représente 42 531 m2 de surface de vente, soit une moyenne de 2 238 m2 par magasin (écart très large entre points de vente : de 675 à6 295 m2). On dénombre, par ailleurs, plusieurs grands commerces de bricolage dotés de rayons « produits de jardin », une vingtaine de pépiniéristes (entreprises agricoles), 114 entreprises « espaces verts, entretien parcs et jardins », ainsi qu’une vingtaine d’entreprises de vente et réparation de motoculture de plaisance. Côté demande, le recensement de l’INSEE compte 68 456 résidences principales (dont plus de 80% de maisons individuelles), auquel il faut ajouter 19 409 résidences secondaires. Pour plus d’ information, contacter le Service Commerce : Tél. 05 65 20 35 41
Entretien d’espaces verts : une affaire de spécialistes
Au 1er janvier 2006, 114 entreprises étaient inscrites sous la rubrique « Entretien d’espaces verts, Elagage et débroussaillage » au fichier des entreprises de la CCI du Lot. Ces dernières sont majoritairement des entreprises individuelles (82%), dont les dirigeants sont des hommes (94%), âgés de moins de 45 ans (60%), n’employant pas de salariés (85%) et qui ont moins de cinq ans d’existence (77%). Elles sont localisées dans des villages lotois (80%).

Du kit végétal aux fleurs de collection
Par ailleurs, on voit timidement apparaître, en tête de gondole, des kits comprenant un bulbe, un contenant esthétique et un support de culture : une offre simple et évidente. Par ailleurs, on croise désormais des présentoirs dédiés aux collectionneurs monomaniaques : amoureux d’une fleur particulière, ils cherchent, par exemple, àla cultiver dans la gamme de coloris la plus large. Dans tous les cas, pour inciter àl’acte d’achat coup de coeur, la présentation doit être claire et originale, l’éventail et le classement des plantes aisément repérable. En résumé, le consommateur qui sait ce qu’il vient chercher doit pouvoir identifier les produits sans avoir àerrer de longues minutes dans le magasin. A l’inverse, les indécis doivent pouvoir s’appuyer sur les compétences d’un personnel bien formé. Dans ce domaine du végétal marqué par l’affectif, le client cherche àêtre rassuré, às’entendre confirmer de la bouche du vendeur l’information lue sur les fiches-conseils, dans le catalogue ou sur le prospectus. Si une plante présente des signes de maladie, l’acheteur doit pouvoir s’adresser àson professionnel pour identifier le mal et trouver les produits phytosanitaires adaptés àson cas.
Contre mauvaise fortune, beau temps
Pour les professionnels, la principal tendance concerne ainsi le développement de tous les produits « périphériques » au végétal lui-même. Cette évolution permet notamment de réduire la dépendance des ventes par rapport àla météo. « Le jour où il pleut, on ne voit personne. Par contre, le lendemain le soleil brille, et ça repart », constate, fataliste, le responsable d’une jardinerie cadurcienne. Pour minimiser l’incidence des aléas, la solution semble bien de développer les rayons consacrés àl’aménagement, àl’équipement ou au traitement du jardin : engrais et terreaux de qualités différentes, produits phytosanitaires, outillage, matériel d’arrosage, poteries et contenants divers, mobilier extérieur, éléments de décor, etc. En parcourant les jardineries, chacun perçoit combien ces commerces, consacrés àla base au domaine végétal, ont tendance àglisser de l’extérieur vers l’intérieur, du jardin vers la maison : c’est ainsi qu’on a vu se multiplier les éléments de décoration, les vêtements de loisir et de détente, voire l’alimentaire par le biais des produits de terroir. Au final, le marché du jardinage paraît dynamisé par deux évolutions : d’une part, le nombre de clients ne cesse de progresser ; d’autre part, les magasins élargissent constamment leur offre de produits. Voilàde quoi envisager de beaux jours… même en cas de météo capricieuse.
Où achètent les jardiniers ? (en %)
• Grandes surfaces de bricolage 21,8
• Jardineries 19,8
• Grandes surfaces 16,9
• Libre-service agricole 13,3
• Spécialistes motoculture 10,9
• Fleuristes, grainetiers 8,3
• Vente sur les marchés 5,8
• Vente àdistance 3,2
Evolution par secteur entre 1998 et 2003
•L'Equipement:  
- Mobilier de jardin et barbecue : + 22,36 % (soit 541 millions d’euros)
- Equipement consommable : + 20,64 % (soit 568,90 ME)
- Outils de jardin : + 15,39 % (soit 171 ME)
- Motoculture, outils portatifs àmoteur : + 5,79 % (soit 994 ME)
• L’aménagement :  
- Hors clôtures : + 53,34 % (soit 399,30 ME)
- Clôtures et occultations : + 18,8 % (soit 378 ME)
• Le végétal dans son ensemble  
- Les végétaux : + 14,63 % (soit 1603,85 ME)
- Les contenants : + 6,88 % (soit 292 ME)
- Les produits de jardin : + 26,24 % (soit 700,75 ME)
De serre en serre
Si chaque spécialiste du jardinage peut mettre en avant des spécificités, la plupart d’entre eux partage le même passé, qui faisait la part belle àla culture maraîchère. Portraits de quelques chefs de file du marché lotois du jardinage.
Earl Simon àSaint-Céré : du maraîchage àla fleur

A l’origine, le père de Serge Simon était exploitant agricole : éleveur, il possédait quelques vaches et moutons qu’il vendait en maquignon expert lors des foires alentour. Aussi maraîcher, il cultivait ses légumes sur des terres irriguées par la Bave toute proche et partait écouler sa production sur les marchés des environs, en vélo tractant une petite charrette. C’est dans les années soixante-dix que les plantes àmassif, les géraniums, apparaissent dans les serres nouvellement édifiées. A partir de 1987, la partie légumes a doucement décliné : « Les collectivités, qui représentaient l’essentiel de nos ventes, n’achetaient pratiquement plus de produits frais. Nous avons donc décidé de tourner la page », constate Serge Simon, qui a pris sa place dans l’entreprise au sortir de sa formation àl’école d’horticulture d’Objat. En 2001, la première serre de vente a pris sa place aux côtés de celles qui étaient dédiées àla production. Le virage du commerce était négocié, le concept étant affiné après des visites de très nombreuses installations en jardinerie. Aujourd’hui, les Serres Simon s’étendent sur une surface de vente atteignant mille mètres carrés couverts et autant en horextérieur. Les installations se colorent de plantes àmassifs, de géraniums, de chrysanthèmes selon la saison, et de toutes les plantes que réclame un adepte : fleuries, vertes, arbustes... La gamme s’est élargie àtout ce qui accompagne l’activité de jardinage : les poteries, puis l’arrosage, l’outillage, les traitements de toute nature, la décoration ou, depuis peu, les aliments pour chiens et chats « Nous avons décidé d’étoffer fortement notre offre afin d’assurer les emplois tout au long de l’année. Nous employons en effet cinq personnes pour la vente et une dizaine pour les pépinières, car nous avons conservé un volet production sur site, notamment pour quelques légumes, toujours dans le but de préserver l’emploi. Un de mes salariés est par ailleurs présent sur les marchés de détail, àBrive et àVillefranche-de-Rouergue. Nous avons commencé àdévelopper une activité de commerce de gros », explique Serge Simon. Toute l’année, les Serres Simon accueillent le visiteur sept jours sur sept. « Le dimanche est une journée importante. C’est même la seconde de la semaine en termes de recette. Ce jour-là, le client est plus calme et prend son temps pour s’informer », confie le dirigeant. Autre évolution, Serge Simon a voulu diversifier ses gammes de végétal, pour sortir du sacro-saint géranium : « Les clients demandent notamment des plantes cultivables sans contraintes et réclamant peu d’eau. Les conteneurs pour récupérer les eaux de pluie remportent également un beau succès. Dans tous les cas, nous devons adapter notre offre en tenant compte du marketing des grandes marques, qui investissent dans des campagnes publicitaires télévisées ». Les atouts qu’il met en avant sont essentiellement liés àune présentation très soignée : le personnel doit veiller àla bonne santé des plantes, et l’épouse du chef d’entreprise est chargée de créer des décors au rythme des saisons. Les Serres Simon couvrent une zone de chalandise s’étendant sur une trentaine de kilomètres àla ronde autour de Saint-Céré. Le chef d’entreprise remarque une certaine baisse du panier moyen : l’an dernier, il aurait chuté de 5 à10 %. Un phénomène heureusement compensé par un nombre croissant de clients. « Le pouvoir d’achat ne va pas en augmentant et les évolutions climatiques pèsent inévitablement sur l’activité. Il est clair que les clients recherchent de plus en plus des plantes qui résistent mieux àla chaleur ». Pour fidéliser et développer sa clientèle, l’entreprise mise tout d’abord sur des campagnes de publicité sur les radios. Une communication complétée, en saison, par la diffusion de tracts présentant les offres promotionnelles. A Pâques, l’entreprise organise traditionnellement une journée portes ouvertes. A cette occasion, une animation est conduite par un fleuriste « meilleur ouvrier de France », résidant àSaint-Jean-Lagineste. Enfin, la Fête des mères, la Toussaint ou encore Noël sont autant d’occasions de communiquer dans la presse locale.
SNC Cassan filles àCahors : priorité au végétal
Deux soeurs, Sylvie Perrin et Christine Arrighi, ont repris il y a sept ans l’entreprise Cassan, créée par leurs parents. Le grand-père était maraîcher et, dans les années soixante-dix, ses enfants se sont orientés vers la culture des fleurs. « Nous avons cessé l’activité de production horticole. Nous achetons, nous menons jusqu’àéclosion et nous revendons », résume Sylvie Perrin. En fonction des saisons, la société Cassan propose les chrysanthèmes àl’automne, puis les azalées, les cyclamens, les pensées et les primevères. Les deux soeurs commercialisent les compositions automnales qu’elles conçoivent et réalisent elles-mêmes. Quand le printemps s’annonce, c’est le tour des géraniums et des plantes àmassifs : bégonias, impatiens, oeillets d’Inde ou pétunias. Suivent de gros éventails de rosiers et des petits arbustes de décoration. A longueur d’année, elles vendent des orchidées et des plantes vertes. « Nous achetons principalement en Hollande, au cadran qui regroupe tous les producteurs. Pour le reste, nous nous approvisionnons surtout en Belgique et en Espagne, via des revendeurs », explique la jeune commerçante. Elle constate que le marché se maintient, en dépit d’une légère baisse du panier : souvent, les clients se regroupent pour acheter en commun une belle plante. Les comités des fêtes, par exemple, passent également des commandes. Par ailleurs, quelques fleurs sont cédées en gros pour alimenter les gammes des fleuristes locaux. « Après chaque hiver long, chacun a besoin de couleurs vives. Il faut que nos compositions soient lumineuses. Notre rôle consiste également àleur remonter le moral…», confie Sylvie Perrin. Pour l’instant, les établissements Cassan restent concentrés sur le végétal : dans leurs serres, on ne trouve aucun des produits annexes qui se sont multipliés dans les jardineries, àl’exception notable d’un terreau de haute qualité, àbase de tourbe, produit en Allemagne. Les deux soeurs assument toutes les tâches sans salariés, simplement aidées de temps àautres par leurs parents. Des tâches parfois lourdes, comme la vaporisation de la chaux, en période estivale, sur 1 000 mètres carrés de serres. « Notre atout principal, c’est le très grand choix de plantes d’appartement que nous proposons àla vente. Par contre nous ne proposons pas d’arbres fruitiers, de grands arbustes ou des plantes de haies », explique Sylvie Perrin.
La Jardinerie du Quercy àCahors : le soutien d’une centrale d’achats
Les grandes idées se rencontrent : quand, en 1982, le négociant en grains et engrais Pierre Bonnave décide d’implanter une jardinerie àCahors, il se trouve que le pépiniériste Pierre-François Pouzergues a la même intention. Les deux hommes choisissent d’unir leurs forces au lieu de se lancer dans une concurrence frontale. Aujourd’hui, Jacques Bonnave, fils du co-fondateur, est aux commandes de la Jardinerie du Quercy. « Depuis 1998, nous sommes rattachés àune centrale d’achat, la SO.JA, comme Sud-Ouest Jardineries, explique Georges Blanquet, responsable des ventes. A l’époque, nous l’avions créée avec cinq autres magasins. Aujourd’hui, elle regroupe 18 adhérents. Je consacre un tiers de mon temps àla structure collective. » Au travers de sa centrale d’achats, la Jardinerie du Quercy essaie de privilégier les fournisseurs régionaux pour tout ce qui est végétal, ce dernier représentant jusqu’à60 % des ventes. « C’est une sécurité pour les approvisionnements, car nous pouvons être livrés très rapidement. Bien sûr, certains produits ne peuvent venir que de Belgique, des Pays-Bas ou d’Espagne, mais les professionnels français font de plus en plus d’efforts pour proposer une alternative intéressante », précise Georges Blanquet. L’entreprise ne produit rien, ce qui, aux yeux de son responsable, est plutôt un avantage face au client : « Nous ne forçons pas la main des clients, comme nous serions peut-être conduits àle faire si nous avions àécouler le stock d’une production forcément limitée en choix variétal », analyse Georges Blanquet. Les dix salariés de l’entreprise sont tous des techniciens du végétal, diplômés d’écoles d’horticulture, option floriculture, pépinière, parcs et jardins ou protection des cultures. Ils sont présents dans les rayons, afin de répondre aux attentes et de favoriser le système du libre-service assisté. Selon le responsable des ventes, la saisonnalité est réellement pénalisante. Il y a quelques années, les véritables mains vertes achetaient leurs plantes àl’automne. Désormais, avec la présentation en conteneur, plus de 60 % des recettes annuelles sont réalisées entre le 1er mars et le 15 juin. Au final, l’entreprise a su sauvegardé l’essentiel : le chiffre d’affaires est orienté en hausse continue et ni les conditions climatiques, ni l’ouverture du magasin GammVert, le concurrent le plus important, n’ont fait trembler les résultats. Aujourd’hui, le magasin est largement amorti et il suffit d’y pénétrer pour constater que, àl’intérieur comme àl’extérieur, la moindre place est occupée sur les 3 600 mètres carrés. « Nous avons absolument besoin d’oxygène : il faudrait idéalement passer à5 000 mètres carrés, pour intégrer une animalerie ou pour organiser plus confortablement des décors thématiques au moment de la fête des mères ou en fin d’année. Le projet d’évolution en zone commerciale de Labéraudie nous intéresse et pourrait nous permettre de développer l’outil de travail sur son site actuel. Il y a de la place pour une véritable jardinerie àCahors, et il serait dommage de l’abandonner àune grande enseigne nationale. Aujourd’hui j’estime que l’évasion commerciale vers Montauban a diminué ». Fournisseur de quelques collectivités, la Jardinerie du Quercy profite d’un excellent ambassadeur : le responsable du pôle Nature, Cité et Jardins àla mairie de Cahors, Patrick Charoy. « Très souvent, les clients ont admiré ses espaces verts et ses Jardins secrets. Ils veulent absolument se procurer les plantes qu’ils ont aimé dans la ville, comme les graminées et réaliser les mêmes assemblages de couleurs », remarque Georges Blanquet.
Gamm Vert et Les Jardins de Figeac : deux adresses pour un propriétaire
Les deux sociétés figeacoises sont « distinctes et concurrentes », souligne d’entrée Dominique Olivier, directeur des deux structures : l’une, àl’enseigne Gamm Vert, occupe un emplacement dominant au Foirail. L’autre, baptisée Les Jardins de Figeac, a été implantée voici quatre ans route de Villefranche. La première est une émanation de la Sicaseli (société d’intérêt collectif agricole du Ségala-Limargue), elle-même fusion des deux coopératives agricoles cantonales de Bagnac-sur-Célé et Lacapelle-Marival. « Gamm Vert existait dès 1982. Nous avons agrandi et refait le magasin en 1992, pour passer à950 mètres carrés et il a une nouvelle fois été réaménagé en 2003. C’est un site intéressant que nous souhaitions conserver, mais il ne peut plus être agrandi : c’est pourquoi j’ai fait le choix de monter Les Jardins de Figeac ailleurs Les deux sociétés figeacoises sont « distinctes et concurrentes », souligne d’entrée Dominique Olivier, directeur des deux structures : l’une, àl’enseigne Gamm Vert, occupe un emplacement dominant au Foirail. L’autre, baptisée Les Jardins de Figeac, a été implantée voici quatre ans route de Villefranche. La première est une émanation de la Sicaseli (société d’intérêt collectif agricole du Ségala-Limargue), elle-même fusion des deux coopératives agricoles cantonales de Bagnac-sur-Célé et Lacapelle-Marival. « Gamm Vert existait dès 1982. Nous avons agrandi et refait le magasin en 1992, pour passer à950 mètres carrés et il a une nouvelle fois été réaménagé en 2003. C’est un site intéressant que nous souhaitions conserver, mais il ne peut plus être agrandi : c’est pourquoi j’ai fait le choix de monter Les Jardins de Figeac ailleurs Si la saison est mauvaise, l’année l’est aussi », résume Dominique Olivier. Heureusement, l’aménagement de la maison, de la véranda, de la terrasse ou de la piscine est en plein essor. Quant àl’animalerie, àlaquelle le fondateur ne croyait pas réellement, elle rencontre également un succès croissant et représente àelle seule près de 28 % du chiffre d’affaires global. « Ces rayons me permettent de garantir une dizaine d’emplois àl’année. Sans ces activités porteuses, une jardinerie comme la nôtre fonctionnerait avec seulement six personnes en permanence et six saisonniers », estime Dominique Olivier. Il ne regrette donc pas d’avoir réparti l’activité sur deux établissements et estime qu’ils ont développé des magazines/131/images parfaitement complémentaires. Gamm Vert a diminué l’activité pépinière pour laisser de la place aux semences, au potager, aux vêtements de détente, aux produits de terroir et aux approvisionnements destinés aux agriculteurs. A l’inverse, Les Jardins de Figeac ont installé la pépinière et un marché couvert. Ils attirent beaucoup d’Aveyronnais proches, des jeunes séduits par un concept plus dynamique, plus festif. « Le personnel est formé pour répondre àtoutes les situations et fait preuve de souplesse sur la nécessaire adaptation de son temps de travail. Bientôt, nous allons agrandir en plaçant une serre àl’avant du magasin. Elle nous apportera 700 mètres carrés supplémentaires, une aisance précieuse pour rendre l’outil de travail plus confortable », conclut Dominique Olivier.