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Quand le Lot conquiert la DÉfense
Avec la grande discrétion qui le caractérise, le secteur de la Défense s’est imposé comme l’un des marchés les plus porteurs pour l’économie lotoise. Dans le département, une douzaine d’entreprises réalise désormais une partie significative de son chiffre d’affaires dans les domaines de l’armement. En l’occurrence, les valeurs ajoutées développées par les fournisseurs et les prestataires de services lotois sont toutes liées aux hautes technologies. L’énumération de leurs offres pourrait former un étonnant inventaire, où l’on retrouverait des ballons dirigeables, les cartes électroniques de l’avion Rafale, des ensembles de tôle utilisés dans les chars Leclerc ou les Mirages F1, des prototypes d’hélicoptères, des générateurs haute tension d’impulsions électromagnétiques, les hélices de l’Airbus A400M ou des pièces de chaudronnerie de haute précision. Quelles que soient leurs spécialités, les fabricants de cette production hétéroclite sont les partenaires d’un acteur incontournable : le Centre d’Etudes de Gramat. Cette unité de recherche, rattachée à la DGA depuis 1959, emploie aujourd’hui près de 300 salariés dans le nord du département et irrigue l’économie locale en confiant plus du quart de son budget annuel en sous-traitance à des entreprises lotoises. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot a, une nouvelle fois, voulu soutenir le travail remarquable et volontairement sous médiatisé de ces PME en organisant et en co-finançant leur participation au plus important salon dédié aux marchés de la Défense. Il s’agit des rencontres d’Eurosatory, qui auront lieu du 12 au 16 juin 2006 à Paris-Le Bourget.
LOT : GRAND DÉPARTEMENT DE LA DÉFENSE
Dès qu’il est question de l’industrie de la Défense, la discrétion est de mise. Logiquement, la douzaine d’entreprises lotoises qui participe aujourd’hui à des programmes militaires fait valoir le devoir de réserve pour expliquer sa discrétion. Ce numéro d’Entreprendre vous entrouvre la porte de ces PME, fournisseurs de la Délégation Générale pour l’Armement, mais souvent spécialisées dans l’électronique, la mécanique, la chaudronnerie ou la recherche.
Disons-le en préambule : pousser la porte des entreprises lotoises mobilisées sur des marchés de la Défense nationale n’est pas une mince affaire. Leur discrétion n’a rien d’une coquetterie : la politique de communication de ces PME est dictée par une réglementation extrêmement stricte, qui fixe leurs contraintes en fonction de la « sensibilité » de leurs missions. Concrètement, le niveau de confidentialité le moins élevé dans le domaine de la Défense va bien au-delà de ce que l’on appelle une « communication de crise » dans une entreprise lambda. L’impératif de réserve est d’autant plus fort que les entreprises lotoises participent aux programmes les plus prestigieux et, par définition, les plus médiatiques : le Rafale, l’Airbus A400M, les chars Leclerc et AMX ou les hélicoptères Tigre et NH-90. Pour ces programmes comme pour tous les autres, les entreprises du département participent à des études préalables, des essais, des tests en laboratoire, des simulations ou des expérimentations sur le terrain. Dans la plupart des cas, ces entreprises ne sont pas complètement dédiées au secteur de la Défense. Fréquemment dynamiques sur les marchés civils, tels que l’aéronautique, la mécanique, les outillages, la tôlerie ou l’électronique, elles se sont tout naturellement orientées vers les commandes militaires pour compenser et amortir les effets de cycles. Comment se porte, au plan économique,ce secteur particulier ? Selon l’avis recueilli auprès des dirigeants consultés, le paysage est contrasté. La plupart considèrent que les activités de la Défense sont plutôt orientées à la hausse et que leur activité va continuer de progresser dans les années à venir : c’est le cas pour les entreprises dont les compétences recouvrent l’ensemble des activités de la mécanique, qu’il s’agisse de pièces ou ensembles montés. D’autres, spécialisées dans des secteurs où l’électronique prend une place essentielle, inscrites dans l’environnement du Centre d’Etudes de Gramat, sont moins optimistes. Elles estiment en effet à la baisse la sous-traitance dont elles bénéficieront de la part de ce gros donneur d’ordre, et doivent défendre leurs positions en se tournant vers une diversification civile. Soumis au code très strict des marchés publics, le CEG pratique une mise en concurrence probablement plus sévère que par le passé et ne peut, sauf conditions particulières permettant d’échapper à la logique du mieux disant, privilégier le tissu local. Globalement, l’économie de la Défense semble avoir trouvé un nouveau souffle, un peu plus de dix ans après les incertitudes qui ont pesé sur le marché militaire : c’était alors l’époque de la rigueur du côté de la programmation des budgets émanant du Ministère, et l’impératif défini de réaliser des gains de productivité sur l’industrie de l’armement dans son ensemble. On se souvient des coupes claires qui avaient alors frappé GIAT Industries (le groupement des industries de l’armement terrestre) en plein déficit. Elles avaient imposé des restructurations parfois douloureuses, entraînant dans la tourmente en cascade l’ensemble des sous-traitants. De ce cap difficile, franchi sans trop de dégâts par les entreprises lotoises, reste une pression sur les prix qui ne s’est jamais démentie.
L’Europe de la Défense s’ouvre à sens unique
Budgets militaires orientés à la baisse, restructuration en groupes transnationaux les années quatre-vingt-dix ont reflété le contexte qui a suivi l’effondrement du mur de Berlin : l’espoir de toucher les dividendes de la paix a conduit la plupart des grands pays européens à baisser la garde. Entre 1993 et 1998, les budgets du Royaume-Uni (-13,8 %), de la France (-14,1 %), de l’Allemagne ( 16,4 %) et de l’Italie (-35,1 %) ont traduit cette tendance. En 2002, une prise de conscience générale a permis de corriger le tir. La Grande-Bretagne, la France et la Grèce consacrent plus de 2 % de leur produit intérieur brut aux efforts de Défense. DOSSIER FILIèRE DéFENSE En terme de dépenses d’équipements, la France se situe en bonne position avec 0,7 % du PIB dédié à l’acquisition de matériel, contre 1 % pour les Etats-Unis, par exemple. Les 25 états membres de l’Union européenne dépensent 160 milliards d’euros pour leur défense, chiffre inférieur à la moitié du budget dégagé par le Pentagone, qui atteint 333 milliards d’euros. En 2000 est apparue l’Agence européenne de la Défense. Elle réunit 24 des 25 pays de l’Union, seul le Danemark n’en faisant pas partie. Cette entité devrait faciliter l’éclosion de projets technologiques réellement fédérateurs, ainsi qu’une harmonisation des équipements. D’autre part, elle pourrait soutenir en priorité les secteurs de la recherche. Un marché unique de l’armement protègerait mieux les industries européennes de la défense contre les éventuelles prises de participation extérieures, en dressant une liste des entreprises maîtrisant les technologies sensibles, indispensables à l’indépendance de l’Europe. Enfin, une règle du jeu clairement établie permettrait aux entreprises françaises de mieux pénétrer certains marchés internationaux. A ce titre, l’exemple d’Europulse à Cressensac est édifiant : cette PME lotoise, qui travaille pour des laboratoires de recherche militaire, ne peut vendre son expertise hors de France et des Etats-Unis, alors qu’elle est concurrencée sur son sol par des spécialistes arrivant des cinq continents.
4 entreprises lotoises à Eurosatory
Grâce au soutien financier de la CCI du Lot, quatre entreprises lotoises seront présentes Il s’agit de CRDE, Gerac, Sermati et SAS ANT, l’entité qui regroupe les sociétés AEM, FGD, APR et Techniques et Formages. Lors de la précédente édition, en 2004, Eurosatory avait rassemblé 978 exposants dont 65 % d’internationaux, 44 pays étaient représentés, on recensait 26 pavillons nationaux. 45 000 visiteurs professionnels issus de 144 pays y ont participé. Les PME-PMI représentaient 72 % des exposants. Eurosatory, salon international des acteurs de la défense terrestre, aéroterrestre et de la sécurité est l’événement-référence mondiale où tous les acteurs se rencontrent pour découvrir les avancées technologiques et les tendances de ces domaines. C’est aujourd’hui la plus grande plate-forme. Elle présente l’ensemble de l’offre disponible sur toute la scène internationale. Tous les secteurs d’activité y sont représentés : l’électronique, les applications informatiques, la simulation, les télécommunications, la logistique, la mécanique, la vétronique, les textiles techniques ou la robotique de défense.
Le Centre d’Etudes de Gramat, fer de lance de la DÉfense
Placé sous l’autorité de la Délégation générale pour l’Armement depuis 1959, le Centre d’Etudes de Gramat s’est discrètement imposé comme l’un des poids-lourds de l’économie lotoise. Implanté près de Gramat sur 360 hectares, l’unité de recherche emploie près de 300 personnes et investit chaque année plus de 5 millions d’euros chez des prestataires locaux.
Fort de ses 280 collaborateurs, injectant en sous-traitance cinq millions d’euros dans l’économie départementale, le Centre d’Etudes de Gramat fait figure de poids lourd quand on évoque les secteurs de l’industrie de l’armement. Depuis 1959, est placé sous l’autorité du Ministère de la Défense, via la Délégation générale pour l’Armement. Discrètes et très protégées, en plein Causses du Quercy, à quatre kilomètres de l’agglomération gramatoise, les installations du CEG se déploient sur 360 hectares. Le terrain se prête idéalement aux activités de recherche qui mobilisent les cerveaux. Il s’agit d’un des vingt centres d’expertise et d’essais répartis sur le territoire national. Le CEG travaille dans tous les secteurs de l’armement. Plus précisément, il est leader en France et référence en Europe dans le domaine de la protection des systèmes d’armes contre des agressions vulnérantes fort diverses. En effet, les équipements militaires doivent, aujourd’hui, savoir résister à plusieurs types d’armes, qu’elles soient nucléaires, électromagnétiques ou conventionnelles. Il faut même pousser plus avant la réflexion à propos de technologies encore au stade du balbutiement : lasers haute énergie, nouveaux explosifs, micro-ondes de forte puissance, etc... Le CEG utilise son expertise sur des programmes très variés, tous émanant de la Délégation Générale pour l’Armement : citons le M51, futur missile stratégique équipant les sous-marins nucléaires ; les hélicoptères Tigre et NH90, les avions Rafale et A400M, le char Leclerc, le missile de croisière Scalp-EG. Ils figurent parmi les équipements expertisés à Gramat. Les missions du Centre d’Etudes incluent le soutien aux Etats-Majors, quand il faut spécifier les besoins et optimiser les interventions dans le contexte opérationnel des conflits de demain. Une très faible part des activités du CEG (environ 2%) concerne certains organismes hors Défense et touchent des secteurs dépendant de la sécurité globale et du domaine spatial. Les clients s’appellent alors le CNES, l’ESA ou EDF (essentiellement en ce qui concerne la sûreté nucléaire). On le comprend aisément, ici seul le futur, proche ou lointain, à dix ou quinze ans, intéresse les ingénieurs et techniciens. L’essentiel des installations est consacré à tester les « boucliers » répondant à l’obsession constante dictée par la Défense : conserver une longueur d’avance dans la protection des systèmes d’armes. En corollaire, tout équipement devenu obsolète est transformé : l’impressionnant tunnel de souffle est démantelé, d’autres attributions lui seront dévolues dans le cadre de recherches ultérieures. Des recherches qui impliquent, de plus en plus, la simulation numérique. L’ordinateur de puissance acquis début 2004 était,lors de sa livraison, le troisième en France en termes de capacité de calculs. Une centaine de stations de travail profitent de ces énormes facultés, permettant aux ingénieurs de visualiser en un éclair les phénomènes physiques et de mieux les comprendre. Mais ces expérimentations virtuelles, aussi pointues soient-elles, ne dispensent pas les chercheurs des expérimentations physiques en laboratoire : elles demeurent le passage obligé de toute démarche scientifique exploratoire. Sur le territoire occupé par le CEG, une dizaine de sites regroupent l’ensemble de ces moyens, uniques en France et parfois en Europe : ils sont indispensables pour tirer tout le bénéfice de la simulation numérique. De nombreux partenariats rapprochent le CEG d’autres structures, dans le cadre de la Défense européenne mais pas seulement : avec les Allemands pour le secteur de l’électro-magnétisme, avec la Grande-Bretagne et l’Europe du Nord. Le CEG a également tissé des liens avec la Russie sur des achats de compétences et des partenariats avec les Etats-Unis. Si ces associations mettent en commun des compétences, permettent de partager des analyses, des codes de calcul ou des outils, l’exercice a des limites clairement définies : chacun garde les acquis de son expertise propre. Le plan de charge du Centre d’Etudes de Gramat est garni à trois ans, offrant une bonne visibilité aux chercheurs. De par ses objectifs d’anticipation permanente, recentré sur le coeur de ses missions, sa pérennité est assurée. Ce qui intéresse au premier chef les entreprises qui gravitent autour des installations : gardiennage, entretien des espaces verts, des bâtiments, génie civil, garantissant environ 90 emplois à temps plein. Parallèlement, la sous-traitance de capacité assure du travail à bon nombre de PME du tissu local, spécialisées dans des secteurs tels que la chaudronnerie, la mécanique, l’électronique. Sur 20 millions d’euros investis à l’extérieur, près d’un quart profite aux entreprises lotoises par le biais des appels d’offres pour lesquels elles ont été reconnues comme les « mieux disantes ». Certifié qualité et environnement, bientôt santé-sécurité au travail, le CEG veut offrir l’image d’une entreprise certes discrète mais cependant ouverte aux problématiques de son temps : en plein Parc naturel des Causses du Quercy, elle ne peut ignorer ses obligations ni sa valeur d’exemple.
Le bataillon des entreprises lotoises
Une douzaine d’entreprises lotoises travaillent officiellement pour l’industrie de la Défense, sachant que ce chiffre est en réalité plus élevé si l’on prend en compte les sous-traitants occasionnels et les prestataires strictement soumis au secret défense. Quel est leur profil et que proposent-elles ? Panorama.
Médiazepp : des ballons à tout faire
Livernon : cette jeune société, fondée par Dominique Viard, en 2002, s’est spécialisée dans deux volets : la publicité sur ballon dirigeable ou captif, la photo ou vidéo aérienne grâce à des appareils embarqués. Récemment, le Ministère de l’Intérieur s’est intéressé à ses compétences pour d’autres applications, classées sécurité-défense. Ces activités représentent environ 15 % du chiffre d’affaires de la société Médiazepp.La CCI du Lot a accompagné Médiazepp dès sa création. La société a notamment bénéficié d’un prêt QUID et a fait appel aux services de la CCI pour la présentation de dossiers de demande d’aide.
Europulse : de la radiographie ultra-rapide à la mise à feu
Cressensac : les impulsions à très haute tension et très fort courant, c’est le domaine où excelle Europulse. Jean-Claude Brion, ingénieur sorti du CEG*, a installé son entreprise à Cressensac en
1989. Depuis, son rayon d’action est essentiellement militaire, il concerne surtout les principaux laboratoires de recherche, en France et aux Etats-Unis. « Ailleurs, où se situe la demande, je n’ai pas le droit », regrette le dirigeant entouré d’un effectif de six spécialistes hautement qualifiés. Le Commissariat à l’énergie atomique, le Los Alamos laboratory outre-Atlantique figurent
au premier rang de son carnet d’affaires. Par contre, M. Brion souligne le fait que les commandes émanant du CEG*sont désormais inexistantes et s’en étonne : ses compétences sont largement reconnues partout ailleurs. Les compétences ? Radiographier une roquette, étudier son vol juste avant qu’elle perfore le blindage d’un char, exige un éclair très puissant, donc un générateur très performant. De même pour équiper des radars détectant des mines enterrées, des avions, des engins. « Mais nos marchés sont très irréguliers, tributaires des crédits de la Défense, soumis à leurs blocages et aux réformes intervenant au sein des directions techniques », relève M. Brion.
CRDE mise sur les cartes électroniques
Mercuès : filiale du Groupe Cahors (Maec) depuis 1985, cette société est spécialisée en électronique de pointe. Depuis peu, le militaire et l’aéronautique arrondissent son chiffre d’affaires, atteignant la moitié des 9 millions d’euros. Pour les marchés de la Défense, les clients s’appellent les Giat et NSE (ex Compagnie des Signaux). A titre d’exemple, des cartes signées CRDE sont placées dans l’avion Rafale. « L’aéronautique et le militaire, c’est l’avantage de commandes tombant régulièrement, la garantie d’une visibilité bien cadencée », explique l’ingénieur qui dirige l’entreprise, Marc-Gilles Simon. CRDE fait aujourd’hui travailler 80 professionnels, dont 23 aux études et méthodes. La CCI du Lot accompagne CRDE dans sa démarche de management environnemental.
FEM Aéro : des câblages, des armoires et des amplificateurs
Figeac : L'activité militaire et armement représente plus de 25% du chiffre d'affaires de FEM-AERO, ainsi que de sa filiale Métalformage, à Puy-l’Evêque (ex-MGP). Fem-Aero fourni au Centre d'Etudes de Gramat des amplificateurs conditionneurs haute performance,caractérisés par des fréquences d'acquisition très élevées, qui permettent de transmettre et d’amplifier les informations provenant des capteurs d'essais, vers les chaînes de mesures. Ce matériel est notamment nécessaire pour l'étude d'évènements brefs, comme une explosion. Par ailleurs, le groupe EADS, mais aussi les centres d'essais rattachés à la Direction Générale de l'Armement , tel que CEAT, CAEPE ou CEL font partie du fichier clients de FEM Aero. Dans un esprit de complémentarité, le rachat de Métalformage, spécialisé dans le travail de la tôlerie fine, a permis de conforter plusieurs marchés dans ce secteur de l’armement. Le Giat est client de l’entreprise, et on trouve des tôles découpées, soudées et assemblées par Métalformage dans les chars AMX et Leclerc ou dans les Mirages F1. FEM Aéro a par ailleurs fait appel à la CCI du Lot dans le cadre de son projet de management environnemental et pour la préparatin de dossiers de demande d’aide.
Sermati : des prototypes aux sous-ensembles mécaniques
Saint-Céré : depuis plus de trente ans, l’entreprise-phare du bassin de Saint-Céré travaille pour le secteur de la Défense. Mais ces dernières années, ne souhaitant pas placer la barre trop haut dans le domaine de l’aéronautique, elle a musclé ses compétences et fabrique des sousensembles mécaniques destinés à l’industrie de l’armement. Aujourd’hui, Sermati réalise des études et des prototypes pour Giat Industries, Thalès, Technicatome, Eurocopter. Sur un chiffre d’affaires estimé à 19 millions d’euros en 2005, la part attribuée au militaire atteint 22,5 % : un résultat plutôt mesuré à la hausse ces dernières années. De quoi fournir un avenir serein aux 200 salariés. La CCI du Lot accompagne également Sermati dans sa démarche de management environnemental.
Aérofonctions : études et montages de systèmes
Faycelles : quand il a repris les anciens ateliers de Macap en 2003, Jean-Pierre Lamamy s’est naturellement tourné vers les marchés de la Défense : une stratégie dictée par l’impératif de réduire la part du résultat réalisé avec Ratier-Figeac. Pari réussi, puisqu’aujourd’hui déjà, 7 % du chiffre d’affaires est alimenté par ces nouveaux marchés. Par ailleurs, les effectifs ont doublé, l’activité diversifiée offrant du travail à 34 salariés. Enfin, un déménagement se profile à l’horizon vers Cambes pour donner plus d’espace à cette croissance. Un projet soutenu dès l’origine par la CCI du Lot, notamment avec l’attribution d’un prêt QUID à l’occasion de la reprise des activités de MACAP. La CCI accompagne aujourd’hui l’entreprise dans sa démarche de management environnemental. Dans le domaine du militaire, les deux clients principaux d’Aérofonctions s’appellent Centre d’Etudes de Gramat et ITHPP à Thégra. Nul doute qu’ils seront rapidement rejoints par d’autres, tant ce secteur semble prometteur aux yeux du chef d’entreprise.
Gerac : la compatibilité électromagnétique
Gramat : toute proche du CEG*, fondée voici vingt ans à la demande de la DGA, la société Gerac fait partie de la branche communication du géant Thalès. Les activités de l’agence gramatoise où se trouve le siège social sont à 100 % orientées vers la Défense, tandis que trois autres sites (Toulouse, Limoges, Elancourt) travaillent sur la compatibilité électromagnétique pour des applications militaires ou civiles. Un nouveau site, près de Bordeaux, va être dédié à des recherches dans le domaine médical. En terme de chiffre d’affaires, son grand voisin de Gramat fournit à Gerac 10 à 15 % de ses commandes directes. Les opérations concernées sont le maintien en condition opérationnelle des stations de transmission ainsi que des générateurs haute tension d’impulsions électromagnétiques. Avec l’objectif de les protéger contre les agressions rayonnées, la foudre, les explosions. Un autre volet est dans le développement d’outils de simulation et de calculs numériques. « Nous devons suivre de près l’évolution des gros moyens du CEG afin de pouvoir le maintenir en conditions opérationnelles », explique le responsable de l’établissement, Jean-Noël Tixier. Gerac fait travailler quarante salariés, dont sept à Gramat. Le chiffre d’affaires de l’entité lotoise est évalué à 1,3 million d’euros.
Techniques et Formages : des cages de Faraday aux cibles de tir
Biars-sur-Cère : cet atelier de chaudronnerie, dont le cheval de bataille principal est l’industrie du ferroviaire, travaille depuis longtemps pour les marchés militaires. Il a jadis beaucoup réalisé pour le Centre d’Etudes de Gramat, avant d’élargir sa clientèle : initiative salutaire puisque le donneur d’ordres lotois fait beaucoup moins appel à ses compétences. Techniques et Formages assure 5 à 15 % de son chiffre d’affaires, 4,5 millions d’euros, avec les établissements de la Défense. « C’est très irrégulier, ça vient par périodes. Sur la plupart de ces marchés publics, nous sommes confrontés à des concurrences sérieuses », souligne Michel Labaigt. Les clients actuels sont le Centre d’Essai de Toulouse, les DCN (construction navale) de Ruelle (près d’Angoulême) et Saint-Tropez qui passent des appels d’offres à peu près tous les trois ans. A ces établissements, Techniques et Formages a livré des séries de porte-torpilles, des pièces techniques d’accès pour frégates, des ensembles constitutifs pour bancs d’essais, etc. Actuellement l’entreprise, qui sous-traite les parties purement mécaniques, a quelques gros appels d’offres en cours : des cages de Faraday, des réservoirs métalliques, des outillages de manutention. Une importante commande vient d’être signée, il s’agit d’une série de cibles de tir mouvantes sur rail : 17 véhicules et 34 remorques,obtenue en partenariat avec un bureau d’études toulousain. Pour peser plus lourd et couvrir un champ de métiers plus vaste, l’atelier biarnais s’est rapproché de quatre entreprises lotoises aux expertises complémentaires. L’objectif est de mener des actions communes comme, par exemple, participer ensemble au salon Eurosatory. La CCI du Lot accompagne Techniques et Formages dans sa démarche de managment environnemental.
Ratier et Figeac Aéro : l’Airbus A400M et le Rafale
Figeac : les deux poids lourds de l’aéronautique figeacoise réalisent une part différente de leur chiffre d’affaires sur des produits spécifiques Défense. Surtout Ratier, bien sûr, dont on connaît les nombreux succès : équipements de cockpits, actionneurs électrohydrau-mécaniques, hélices. Entre les avions Transall, C130 et le patrouilleur maritime Atlantic, en bout de course mais assurant encore du travail de maintenance, et le prochain décollage de l’Airbus A400M, la première entreprise du département dispose d’un plan de charge impressionnant. Du côté de Figeac Aéro, dont les ateliers et les effectifs connaissent un développement très soutenu, les produits destinés au marché Défense concernent l’avion Rafale mais pour une part marginale du chiffre d’affaires : 0,5 % environ. Par ailleurs, l’entreprise travaille sur le missile Storm Shadow, ce produit représentant 1 % d’un CA prévu autour de 40 millions d’euros pour 2006.
Thiot Ingénierie, ITHPP : la discrétion avant tout
Saint-Michel-Loubéjou : Thiot Ingenierie réalise entre autres des lanceurs de laboratoire et des chambres de confinement d'explosion. Le chef d’entreprise est également passé par le Centre d’Etudes de Gramat avant de lancer sa propre société en 1988. Il est aujourd’hui considéré comme le spécialiste mondial du lanceur à deux étages à propulsion par hydrogène ou hélium. Depuis quelques années, Patrick Thiot a trouvé quelques diversifications dans des domaines civils,notamment le traitement sous haute pression de produits alimentaires (Pascalisation) pour en augmenter la durée de vie en linéaire.