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Entreprendre CCI du Lot n°128
ROUTE, RAIL, AIR, INTERNET
Comment le Lot trace sa route
L’indispensable axe routier existera bien et il reliera le bassin d’activité de Bretenoux, Biars, Saint-Céré à l’autoroute A20 via Vayrac et Martel
La patience des entreprises lotoise a déjà été éprouvée de trop nombreuses fois. Cet été, le vent mauvais est venu du nord, lorsque le Conseil Général de Corrèze a décidé sans crier gare de se désengager d’un projet dans lequel il s’était investit avec le département du Lot depuis plus de dix ans. Un projet dont la pertinence avait pourtant été démontrée par plusieurs études et qui devait permettre de désenclaver, enfin, le nord-est de notre département. N’en parlons plus ? Si, au contraire : reparlons-en, pour mieux expliquer comment le Lot entend aujourd’hui dessiner la carte de son avenir. En l’occurrence, le Conseil Général du Lot a réagit en un temps record pour concevoir et valider un nouveau projet, propre au département. Concrètement : l’indispensable axe routier existera bien et il reliera le bassin d’activité de Bretenoux, Biars, Saint-Céré à l’autoroute A20 via Vayrac et Martel. L’autoroute, puisqu’il en est question, constitue bien un acquis et, au quotidien, une épine dorsale à partir de laquelle l’économie pourra irriguer l’ensemble de son tissu. Mais la route n’est pas le seul projet de communication pour lequel le Lot a entrepris de prendre son destin en main.

De même, les projets de développement du réseau ferroviaire ont récemment été précisés et présentés par le Ministère des Transports. Si l’échéance semble plus lointaine dans ce cas (la mise en service est prévue pour 2016), cette nouvelle liaison par rail placera Cahors à quatre heures de Paris, contre cinq heures trente aujourd’hui. Enfin, les « moyens » de communication devaient impérativement compléter les «voies » de communication. Au-delà de la couverture complète du département pour la téléphonie mobile, dont le Gouvernement vient de réaffirmer qu’elle sera acquise début 2007 grâce à de nouveaux investissements, l’attente la plus forte des entreprises est évidemment d’accéder dès maintenant à l’Internet haut débit, et ce où qu’elles se trouvent dans le département. Le Conseil général du Lot a accéléré cette mise à niveau en signant une nouvelle convention avec France Télécom. Et pour palier les carences de l’opérateur sur les zones blanches qui subsisterons assurément et dont le nombre et les limites ne seront dévoilées par lui que fin 2006 les collectivités du Lot comme de Midi-Pyrénées se sont investies dans le développement d’offres alternatives. Le développement économique du bassin Bretenoux - Biars - Saint-Cérépasse par un accès plus rapide à l’autoroute A20. Le nouveau tracéconçu par le département du Lot reliera Vayrac à l’échangeur deCressensac vers Paris, via la D96, Martel et la RN140. L’ouverture totale de cet axe est prévue pour 2010-2011.
Par ailleurs, un barreau entre Martel et l’échangeur de Souillac facilitera les trajets vers le sud.

Dans tous les cas, le Lot est maintenant engagé sur la voie d’un développement rapide. Et dont il est désormais le seul maître. Voici un panorama des leviers de croissance de l’économie lotoise.

LIAISON ROUTIÈRE ENTRE BRETENOUX-BIARS ET L’A20
Le Lot change d’itinéraire
La récente volte-face du département de la Corrèze, avec lequel le Lot était engagé dans une réflexion commune depuis 1995, oblige le Conseil général du Lot à relever seul le challenge du désenclavement d’un bassin d’activité au fort potentiel économique.Le Lot change d’itinéraire
Rappelons, tout d’abord, l’historique du dossier. Un dossier, dont les premières pages ont été écrites en 1992. A l’époque, les collectivités locales commencent à planifier la mise en oeuvre de dessertes destinées à relier les différents bassins d’activités à l’autoroute. Où en sont ces liaisons aujourd’hui ?
  • Pour le figeacois, la RD802 a été en grande partie réalisée en direction de l’échangeur de Montfaucon. Reste la portion entre Cambes et Figeac, ainsi que la déviation de la sous-préfecture.
  • Le gourdonnais doit être desservi par la RD801, vers ce même échangeur de Montfaucon.
  • Sauzet, et de la RD873 vers Gourdon. La zone de Souillac dispose de son propre échangeur. A l’époque déjà, l’interrogation majeure consistait à déterminer la meilleure façon de faciliter le transit des marchandises entre le bassin de Bretenoux-Biars-Saint-Céré et l’autoroute.

    La topographie, le patrimoine imposaient des défis délicats à surmonter. Ceux concernant l’environnement et les conflits d’intérêts n’ont pas tardé à s’ajouter, épaississant les incertitudes et retardant les opérations. Parmi les différentes solutions proposées, l’une semblait recueillir le consensus des élus lotois et corréziens : après déviation des des bourgs de Puybrun, Bétaille, Vayrac, Condat et Les Quatre-Routes, elle franchissait le délicat passage de Turenne sous tunnel, et rejoignait l’échangeur de Noailles. Cet axe direct, aménageant une route existante, avantageait non seulement les bassins lotois mais aussi ceux situés en Corrèze : les cantons de Beaulieu et Meyssac en particulier. Pour faciliter les opérations, le Conseil général du Lot acceptait même de co-financer le barreau Jugeals-Nazareth - Noailles à hauteur de 950 000 euros. D’autre part, le Département lançait des travaux de renforcement sur les tronçons de routes lotoises non concernés par les déviations, lesquelles donnaient lieu aux habituelles procédures de déclarations d’utilité publique. De leur côté, les Corréziens engageaient des études et des enquêtes préalables, allant jusqu’à présenter lors d’une réunion organisée à Brive la maquette du tunnel de Turenne.
    La voie de la sagesse
    Face à la brutale et imprévisible décision de nos voisins, le Conseil général du Lot a aussitôt réagi. Son président, Gérard Miquel, s’est déplacé sur le terrain afin d’envisager quelques solutions strictement « lotoises ». L’option la plus sage a été rapidement retenue : il s’agit de la liaison Vayrac - Saint-Michel-de-Bannières - D96 - Martel - RN140 - échangeur de Cressensac vers Paris, un barreau Martel-Souillac étant créé pour la liaison vers le Sud puisque dans un premier temps, l’échangeur de Cressensac ne permet d’entrer qu’en direction de Paris. Bien que plus long avec ses 33,5 kilomètres entre Vayrac et l’échangeur de Noailles (contre 23,8 Km pour le tracé mis à mal par la Corrèze), le nouvel itinéraire ne donne lieu qu’à 14,6 km de linéaire à aménager, dont le tracé neuf pour le barreau séparant la RD820 et la RN140. D’autre part, contournant le Puy d’Issolud, les caractéristiques topographiques du tracé sont correctes : la pente moyenne du projet est évaluée entre 3 et 4 %, ce qui ne pénalise pas le trafic poids lourds. Une solution techniquement intéressante, dont le coût se situe autour de 20 millions d’euros, mais dont les délais de mise en oeuvre risquent d’être longs. Les premiers camions ne fréquenteront pas cet axe avant 2010, dans le meilleur des cas...

    Gérard Miquel, président du Conseil général du Lot : « Nous prenons nos responsabilités »

    Dès qu’il a eu connaissance du renoncement des élus corréziens, en parcourant la presse le 11 juillet 2005, Gérard Miquel a rapidement réagi : « Je me suis rendu sur le terrain en août, accompagné des élus du nord du Lot et du vice-président du Conseil général en charge des travaux publics. Ce déplacement nous

    a permis de choisir le meilleur tracé possible, 100 % lotois. Présenté en séance extraordinaire dès le 12 septembre, il a été approuvé à l’unanimité », explique Gérard Miquel. Aussitôt, les études et procédures réglementaires ont été lancées, tandis qu’il était demandé au Préfet de déclarer ce chantier Projet d’intérêt général. « Nous devions tout mettre en œuvre pour accélérer sa réalisation. Les acteurs économiques du nord-est lotois ne peuvent plus attendre. Nous sommes très attentifs au développement de ce secteur et nous souhaitons soutenir les entreprises qui contribuent à sa richesse économique», conclut le Président Miquel.
    Les calendriers routiers annoncés par le Conseil général du Lot
    • Déviation de Puybrun en 2006.
    • Déviation de Vayrac en 2007.
    • Démarrage du chantier de la nouvelle route en 2009.
    • Ouverture totale de l’axe en 2010-2011.
    • Déviations nord et sud de Gourdon : démarrage des travaux en 2007, ouverture à la circulation en 2009.
    • Déviation de Figeac : début des travaux en 2006, ouverture en 2009.
    • Liaison Cahors-Mercuès : réaménagée pour l’été prochain.
    • Liaison Cahors-Tournon d’Agenais via Sauzet : réaménagement côte du Cluzel terminé en 2009.
    • Axe Figeac-autoroute via Cajarc et Lalbenque : suppression prochaine de virages près de la carrière Séguy.
    Ce qu’espèrent les transporteurs et les chefs d’entreprises
    Face à ce nouveau retard dans la réalisation d’une sortie vitale vers l’autoroute A20, les chefs d’entreprises du secteur Biars-Brete-noux-Saint-Céré font le dos rond.Ils ont appris à devenir fatalistes, mais leur patience est mise à mal. Nous avons recontré trois transporteurs et un chef d’entreprise parmi d’autres. Ce dernier doit, coûte que coûte, expédier ses produits sans trop augmenter son budget transport.
    Transports Dumont « Qu’on nous épargne la traversée de Brive » Marie-Paule et Jean-Paul Masset sont en première ligne : ils disposent de quinze ensembles routiers, mobilisés en priorité pour la société Andros. Ils doivent effectuer entre 30 et 40 rotations hebdomadaires vers la capitale.« La traversée des villages comme Puybrun où

    Vayrac pose surtout problème aux habitants, qui doivent s’accommoder d’une situation très difficile. Pour nous, ça n’est pas trop pénalisant : nous ralentissons, nous redoublons d’attention, c’est tout. Par contre, la traversée de Brive est une véritable épreuve pour nos chauffeurs », souligne Jean-Paul Masset. Une heure trente pour parcourir les 40 kilomètres jusqu’à l’autoroute, c’est long. Alors, la perspective de réduire ce temps d’un bon tiers grâce à la liaison rapide ne sera pas sans incidence pour les professionnels : il suffit pour s’en convaincre de recenser les 80 semi-remorques qui, chaque jour, desservent en entrée ou en sortie les seules installations d’Andros.

    Transports Maury « Nous empruntons déjà l’itinéraire prévu »

    Jean-Pierre Maury conduit une entreprise de 32 salariés. Basée à Loubressac, elle transporte à longueur de semaines des fruits et des légumes entre Lille et Toulouse. «Je trouve ce projet excellent. Il permet de ne pas trop tirer sur la mécanique, il n’y a pas de grande côte .Je

    le connais bien puisque, depuis la fermeture pour travaux de la route de Turenne-gare, nos chauffeurs l’empruntent. Bien sûr, il y a quelques virages pour monter à Martel, mais ils seront supprimés. «Je trouve ce projet excellent. Il permet de ne pas trop tirer sur la mécanique, il n’y a pas de grande côte. Je le connais bien puisque, depuis la fermeture pour travaux de la route de Turenne-gare, nos chauffeurs l’empruntent. Bien sûr, il y a quelques virages pour monter à Martel, mais ils seront supprimés. Et puis on ne traversera pas Martel, puisqu’on coupera avant vers la nationale 140 », note-t-il. Les ensembles routiers de Maury Primeurs circulent surtout la nuit, quand le trafic est faible. Comme tous les professionnels du secteur, le chef d’entreprise ne veut plus traverser Brive. « Pendant le chantier, par contre, nous devrons trouver une autre solution. Et le temps qu’il soit terminé, je ne serai pas loin de la retraite », souligne Jean-Pierre Maury.
    Transports Chaylac « Les Corréziens nous ont enclavé »

    Daniel Chaylac dirige, lui aussi, une entreprise de transports largement dédiée aux confituriers du bassin de Biars. Il assure entre 15 et 20 rotations par semaine. « Il semble que la solution définie par le Lot soit la meilleure. Et compte tenu

    du revirementcorrézien, nous devrons nous en contenter. Je voudrais préciser que nos voisins nous ont déjà largement enclavés en interdisant la traversée de Tulle, que nous empruntions par le passé », explique-t-il. Daniel Chaylac admet que, parfois, des camions circulent sur certaines portions de petites routes entre Nespouls et Noailles, ce qui n’est pas sans danger. Il aurait souhaité un aménagement de la côte des Matthieux pour rejoindre l’échangeur de Souillac, mais comprend que les importants terrassements auraient entraîné un surcoût dissuasif pour la collectivité chargée des routes.
    Traiteur du Val-de-Cère «J’espère limiter mon budget transport » Pierre Mombertrand expédie chaque jour quatre camions au départ de l’entreprise familiale dont il est le directeur commercial, le Traiteur du Val-de-Cère, implantée sur la ZI de Biars. « C’est une bonne initiative. La défection de la Corrèze montre que, parfois, il faut se débrouiller seul. Mes marchandises partent par Brive, et la traversée est fort délicate. Bientôt, elle risque même d’être interdite aux poids lourds », craint-il. Le chef d’entreprise sous-traite l’activité transport. Mais il en paie le prix, et espère mieux maîtriser son budget grâce à cet itinéraire rapide. « Cela devrait également nous permettre de réduire sensiblement nos délais de déplacement », livre Pierre Mombertrand.
    RAIL
    Paris-Cahors en 4 heures ?


    Destinée à favoriser le développement économique, la future ligne permettrait de désenclaver le nord de Midi-Pyrénée.

    L’annonce est alléchante. Elle émane du Ministre des Transports en personne, Dominique Perben. Cet énorme gain de temps (il faut aujourd’hui 5 h 30 minimum pour effectuer le trajet) serait le résultat dérivé de l’implantation d’une ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux, baptisée « Sud Europe Atlantique », permettant à des TGV de circuler à plus de 300 km/h.

    Dans le cadre de ce projet en effet, un tronçon à grande vitesse long de 120 kilomètres, parallèle à la ligne actuellement desservie par les trains express régionaux, relierait Poitiers à Limoges. La durée d’un voyage Paris-Limoges serait ainsi réduite à deux heures, Brive serait à trois heures de la capitale. Jusqu’en gare de Cahors, accessible par les voies classiques, le trajet ne dépasserait pas quatre heures. Dans cette perspective, encore soumise au conditionnel, la préfecture du Lot serait desservie par cinq trains quotidiens de type Corail Teoz aller-retour. Lors d’une réunion organisée dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Brive, le 15 octobre dernier, la SNCF a déclaré porter un intérêt soutenu à ce projet. Elle y discerne deux objectifs majeurs. D’une part, le désenclavement du Limousin et du Nord de Midi-Pyrénées. La future ligne ouvrirait à 75 % de la population française l’accès à Limoges et à sa région, contre 25 % aujourd’hui. D’autre part, cette ligne offrirait un renforcement de la traversée de l’Europe, avec l’avancée d’une connexion Nord-Sud.

    Un décret, début 2006 ?

    On l’imagine, ce projet ambitieux n’est pas prêt d’être achevé. Espérons toutefois, qu’il ne sera pas mis aux oubliettes, du fait de revirements politiques dont notre pays est coutumier. En principe, le décret devrait être pris début 2006. La procédure de mise en œuvre débuterait en 2007, tandis qu’on ne verrait pas circuler les premières rames avant 2016. Quant au coût, du projet : il pourrait avoisiner 1,3 milliard d’euros. La liaison Limoges-Poitiers, inscrite dans le programme Sud Europe Atlantique, devrait bénéficier de financements croisés public-privé, déjà pratiqués dans d’autres pays

    européens. Centré sur le développement économique régional, il pourrait être soutenu par des fonds européens dans le cadre du Feder Objectif 2. Nous ne saurions conclure ce point de vue sur l’avenir du rail dans le Lot sans évoquer le fret ferroviaire. Le dossier que nous avons récemment consacré à ce sujet, dans le n° 125 d’Entreprendre, recensait les difficultés rencontrées par quelques entreprises, dont la survie était directement liée à ce mode de transport. Trop peu de trains et de wagons mis à disposition de la société DAM à Thédirac, pour extraire les produits de carrière, une desserte potentiellement menacée à Bagnac-sur-Célé risquant de pénaliser deux sites industriels... l’horizon du fret ferroviaire n’est pas totalement dégagé dans notre département.
    AIR
    Un aéroporttout neuf en 2008
    Peu après Cressensac, une route de création récente conduit vers un rond-point que domine un belvédère explicatif. Là, sur le causse qui étend son horizontalité entre Lot et Corrèze, le vaste chantier prend son rythme de croisière. Grâce aux schémas placés sous nos yeux, nous pouvons déjà imaginer la tour de contrôle, la piste, les bâtiments du futur aéroport de Brive-Souillac. Début 2008, cet équipement qui sera sans doute le seul de ce type implanté en France durant cette décennie, permettra aux Cadurciens de prendre l’avion après trois-quarts d’heure d’autoroute, et aux Figeacois après une heure à peine. Ces futurs passagers auront à leur disposition trois vols quotidiens sur Paris, deux sur Lyon en principe, et deux autres sur Londres en compagnie low cost. Au total, près de 16 500 mouvements sont prévus sur l’année. Par contre, ce site n’assurera aucune activité de fret ni de vol de nuit. La piste, longue de 2 100 mètres, pourra accueillir dans des conditions atmosphériques idéales des Airbus A320, des Boeing 737. Appelé à remplacer l’aéroport de Brive-Laroche, trop petit et jugé difficile d’abord, cet équipement va doter la région briviste - et le bassin souillagais - d’un formidable outil de développement. Près du carrefour autoroutier A20-A89.
    INTERNET HAUT DÉBIT
    Ressérer encore les mailles du filet
    Le maillage en ADSL du département se poursuit. Mais pour l’heure, seule une poignée d’entreprises lotoises peut accéder aux offres de très haut débit.

    Aéronautique, agroalimentaire, télécommunications, transport, distribution… Quel que soit leur secteur d’activité, les entreprises lotoises ont un point en commun : toutes aspirent, légitimement, à pouvoir bénéficier de l’ADSL. Pour certaines, qui interviennent en sous-traitance dans des domaines à forte valeur ajoutée, l’Internet à grande vitesse est même devenu un passage obligé pour communiquer avec les donneurs d’ordre. Mais un an après la signature d’une charte Département Innovant entre France Télécom et le Conseil Général du Lot, où en est le maillage en ADSL du département ? « Cette charte a permis d’accélérer les délais d’équipement en ADSL des centraux téléphoniques», répond Gérard Miquel, Président du Conseil Général du Lot. De fait, selon les chiffres fournis par la Direction régionale Midi-Pyrénées de l’opérateur,

    83 centraux devraient être ouverts à l’ADSL à la fin de l’année, contre seulement 29 un an auparavant, sachant que France Télécom s’est engagé à raccorder l’ensemble des centraux téléphoniques du Lot d’ici à la fin de 2006. « Cette opération achevée, tous les abonnés résidant dans un rayon de cinq kilomètres autour d’un central pourront accéder au haut débit. Mais il restera des zones blanches», poursuit Gérard Miquel. Selon l’opérateur, 9 % de la population lotoise resterait ainsi inéligible à l’ADSL fin 2006, un chiffre que les collectivités locales jugent pour leur part sous-évalué. Pour résorber ces zones blanches, le Département a donc commencé à travailler en partenariat avec la Région qui a lancé, le 27 octobre, son plan d’action « Midi-Pyrénées numérique ». L’objectif de ce plan est d’aider, tant au plan financier que technique et juridique, les communes et les intercommunalités n’ayant pas accès à l’ADSL, à s’équiper de solutions alternatives, notamment au travers des technologies Wifi et Wimax. Pour autant, il sera difficile d’identifier précisément les contours des zones blanches avant la fin de 2006. D’ici là en effet, certaines zones relativement proches des centraux pourraient être raccordées à l’ADSL, et les collectivités locales n’ont bien sûr pas l’intention de concurrencer France Télécom sur ce terrain…

    Ouverture du très haut débit sur le Sycala

    Dans le domaine du très haut débit, des avancées significatives ont eu lieu cet été. Ainsi, depuis juillet, les entreprises implantées dans la Zone d’Activités Economique Le Sycala, ont accès aux offres ADSL très haut débit de l’opérateur, et peuvent « surfer » sur le Net à des vitesses de 8 Mbits/s, 16 Mbits/s, voire jusqu’à 100 Mbits/s, en accès optique. D’autres projets sont à l’étude pour le nord du département. En particulier, le projet d’une desserte en fibre optique des Zones d’Activités Economique de Figeac et de Cressensac.

    « Nous avons avancé sur ce dossier, qui ne pourra recevoir son aval que lors du vote du budget 2006, en janvier prochain », précise le Président du Conseil Régional. « Nous souhaitons exploiter au mieux l’existant, soit la fibre du réseau ASF et de la nouvelle ligne électrique à 3 600 volts, reliant Souillac à Cahors, et construire les tronçons manquants pour irriguer les ZAE ». Ce programme ambitieux, dont le montant pourrait osciller autour de 10 millions d’euros, a également pour objectif de favoriser l’arrivée de nouveaux opérateurs et de faire jouer la concurrence, pour que les entreprises lotoises puissent accéder à des offres économiquement plus offensives. Leur compétitivité est à ce prix.

    Le haut débit leur est indispensable

    TransQuercy : >« Nous supervisons en ligne le cheminement de toutes nos expéditions »

    Planifier les itinéraires, assurer un suivi des livraisons, effectuer les formalités de douane… : la société TransQuercy, franchise lotoise du réseau de transporteurs Géodis Calberson, utilise quotidiennement Internet dans son métier. « Chaque matin, nous nous connectons sur le site du groupe Geodis Calberson, où nous bénéficions d’un espace privatif, afin de consulter les récépissés expédiés la veille au soir par nos clients. Nous pouvons ainsi suivre dans le détail le cheminement de toutes nos expéditions. Nous faisons le point sur les colis qui ont été livrés, sur ceux qui sont encore en cours de livraison et sur ceux qui manquent à l’appel.Les récépissés

    présentant des anomalies sont automatiquement indexés pour être traités de façon spécifique. Nous pouvons également recevoir par Internet une photo attestant du bon état du colis à l’ouverture, ce qui peut s’avérer utile en cas de litige », explique Anne-Marie Monferrand, la responsable Qualité de l’entreprise. Par ailleurs, TransQuercy effectue d’ores et déjà sur le Net les formalités de douane des produits qui lui sont confiés, sachant que cette procédure sera rendue obligatoire à partir de 2006. Enfin, l’entreprise utilise Internet dans le cadre de son activité de logistique. Une initiative qui lui a permis de remporter récemment l’appel d’offre de la Caisse Régionale du Crédit Agricole, portant sur la gestion du service économat de la banque pour quatre départements de Midi-Pyrénées (46, 81, 82 et 12). « Les agences passent leur commande en ligne une fois par mois. Nous stockons les fournitures (papier, enveloppes, etc.) sur place et, dès réception de la commande, nous préparons et nous livrons les colis demandés. Internet nous a permis d’optimiser nos délais de réaction et de simplifier les procédures, tout en réduisant les risques d’erreur », conclut la responsable Qualité de TransQuercy.
    Hit Music : « Nous communiquons quotidien-nement avec nos fabricants chinois »

    Importateur et distributeur de matériels de sonorisation et d’éclairage, Hit Music a une particularité : l’entreprise fait fabriquer en Chine 70 % de ses produits. « Vingt fabricants chinois travaillent pour nous, explique Pierre Denjean, le directeur général de l’entreprise, qui commercialise ses produits sous ses propres marques (Audiophony, pour le son et Contest, pour la lumière). Nous sommes en contact quasi permanent avec nos sous-traitants. Nous échangeons en ligne des schémas, des photos numériques, ainsi que les documentations et les modes d’emploi des produits que nous rédigeons ici. Le haut débit nous a permis de raccourcir considérablement le délai de gestion de ces données et d’optimiser la remontée des

    informations techniques. ». Par ailleurs,Hit Music qui commercialise ses produits exclusivement en indirect, au travers d’un réseau national de revendeurs, a équipé d’ordinateurs portables ses quatre commerciaux, basés à Cahors, Amiens, Nantes et Saint-Etienne. Lorsqu’ils sont en clientèle, ces derniers peuvent ainsi se connecter au serveur de l’entreprise pour recueillir les informations dont ils ont besoin, comme par exemple vérifier la disponibilité en stock d’un produit. Pour optimiser encore ses relations commerciales, Hit Music ouvrira le mois prochain un site Internet dédié à ses partenaires. Ses 530 revendeurs auront alors accès en temps réel au stock de l’entreprise et pourront passer leurs commandes en ligne, bénéficier d’un suivi de leurs livraisons et recevoir un historique de ces opérations. « Nous ne pouvions pas travailler de manière aussi efficace avec le bas débit, constate Pierre Denjean. C’est pourquoi nous avons souscrit en 2004, une offre alternative de connexion par satellite, à 1 Méga. Une solution efficace, mais très coûteuse. Depuis cet été, nous bénéficions d’une connexion ADSL à 8 Méga, beaucoup plus avantageuse en terme financier. Nous devrions réaliser une économie de l’ordre de 5 000 euros sur nos factures Internet cette année », se félicite le responsable.
    Les chiffres clé de l’ADSL dans le Lot :
    • Plus de 63 000 lignes connectées àl’ADSL fin 2004, soit une couverture de 68 % de la population.
    • 83 centraux raccordés à l’ADSL fin 2005.
    • 37 centraux supplémentairesseront équipés en 2006.
    • 91 % de la population lotoise seraéligible à l’Internet haut débit (à512 Ko) fin 2006, selon FranceTélécom.
    • 8 Mbits/s, 16 Mbits/s ou 100 Mbits/s : depuis le 21 juillet2005, les entreprises implantéessur la ZAE Le Sycala sont éligiblesaux offres de connexion très haut débit de l’opérateur.